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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2103744

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2103744

mardi 9 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2103744
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantGAYDON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 23 avril 2021, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Marseille le 29 avril 2021, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Marseille la requête présentée par la société de droit canadien Manaser Establishment Limited.

Par une requête, enregistrée le 5 mars 2021 au greffe du tribunal administratif de Montreuil, la société de droit canadien Manaser Establishment Limited, représentée par Me Gaydon, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des retenues à la source mises à sa charge au titre des années 2012 et 2013 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'avis de mise en recouvrement des retenues à la source en litige qui lui a été notifié ne mentionnait pas les voies et délais de recours ;

- la proposition de rectification qui lui a été notifiée était insuffisamment motivée et n'a pu interrompre valablement le délai de reprise dont disposait l'administration ;

- le service qui a procédé à la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet était territorialement incompétent ;

- elle n'est pas assujettie à l'impôt sur les sociétés en France ;

- l'administration ne pouvait faire application des dispositions de l'article 119 bis du code général des impôts mais seulement de celles de l'article 115 quinquies dudit code ;

- la valeur vénale de la villa qu'elle possède estimée par l'administration est excessive et un abattement de 30 % doit lui être appliqué.

Par un mémoire, enregistré le 14 septembre 2021, la directrice du contrôle fiscal Sud-Est conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que la réclamation préalable de la société requérante était tardive ;

- les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 18 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 8 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Claudé-Mougel, rapporteur,

- les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. A l'issue de la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet au titre de la période du 1er février 2012 au 31 décembre 2013, la société de droit canadien Manaser Establishment Limited a été assujettie à des retenues à la source au titre des années 2012 et 2013 sur le fondement du 2 de l'article 119 bis du code général des impôts, à raison de revenus distribués à Mme A sur le fondement du c de l'article 111 du même code, pour un montant total, majorations comprises, de 15 787 euros. Elle demande au tribunal d'en prononcer la décharge.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. " Aux termes de l'article R. 196-1 du même livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement () ". Aux termes de l'article R. 196-3 de ce livre : " Dans le cas où un contribuable fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification de la part de l'administration des impôts, il dispose d'un délai égal à celui de l'administration pour présenter ses propres réclamations. ".

3. Il résulte de l'instruction que l'avis de mise en recouvrement des retenues à la source en litige a été notifié à la société requérante le 14 décembre 2016, et que la proposition de rectification lui a été notifiée, à la suite de la vérification de sa comptabilité, le 27 juillet 2015. Celle-ci disposait donc pour présenter, conformément aux dispositions de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, une réclamation à l'encontre de ces impositions, d'un délai courant jusqu'au 31 décembre 2018 en application des dispositions de l'article R. 196-1 comme de celles de l'article R. 196-3 du même livre qui, contrairement à ce qu'elle soutient, étaient mentionnées au verso de cet avis de mise en recouvrement, de même que le service qui devait en être destinataire, ainsi que la forme qu'elle devait revêtir et son contenu. Sa réclamation présentée le 20 février 2020 était dès lors irrecevable de même, par conséquent, que les conclusions de sa requête tendant à la décharge de ces retenues à la source. En tout état de cause, lorsque ni la notification d'une proposition de rectification, ni aucun des autres actes mentionnés à l'article L. 189 du livre des procédures fiscales, n'a régulièrement interrompu la prescription du droit de reprise ouvert à l'administration, le contribuable ne dispose pas, pour présenter ses propres réclamations, du délai mentionné à l'article R. 196-3 du livre des procédures fiscales. A cet égard, la requérante ne peut utilement soutenir que la proposition de rectification était insuffisamment motivée et n'a pu dès lors interrompre le délai de reprise dont disposait l'administration. La fin de non-recevoir soulevée par celle-ci en défense doit donc être accueillie.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la société Manaser Establishment Limited doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la société Manaser Establishment Limited est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Manaser Establishment Limited, à la directrice du contrôle fiscal Sud-Est et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Menasseyre, présidente,

M. Claudé-Mougel, premier conseiller,

Mme Pouliquen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.

Le rapporteur,

signé

A. Claudé-Mougel La présidente,

signé

A. MenasseyreLa greffière,

signé

A. Vidal

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

5

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