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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2103940

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2103940

jeudi 7 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2103940
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème Chambre
Avocat requérantGASIOR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mai 2021, Mme A B, représentée par Me Gasior, demande au tribunal :

1°) de condamner solidairement la métropole d'Aix-Marseille-Provence et la société mutuelle d'assurance des collectivités locales à lui verser une somme de 14 992 euros en réparation du préjudice qu'elle a subi à la suite de l'accident dont elle a été victime le 24 février 2017 ;

2°) de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence et de la société mutuelle d'assurance des collectivités locales une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le défaut d'entretien normal de l'ouvrage public est établi ;

- son préjudice a été évalué par un médecin à 1 250 euros de déficit fonctionnel temporaire, 1 242 euros d'aide humaine, 6 000 euros de souffrances endurées, 6 500 euros de déficit fonctionnel permanent, soit une somme globale de 14 992 euros.

Par des mémoires en défense enregistrés les 30 juin 2021 et 1er décembre 2021, la métropole d'Aix-Marseille-Provence et la société mutuelle d'assurance des collectivités locales, représentées par Me Pontier, concluent à titre principal à la mise hors de cause de la métropole d'Aix-Marseille-Provence, à titre subsidiaire au rejet de la requête, au prononcé d'une expertise contradictoire avant-dire droit aux frais avancés par la requérante, et à titre infiniment subsidiaire à ce que les indemnités susceptibles d'être prononcées soient ramenées à de plus justes proportions et que la société Enedis relève et garantisse la métropole d'Aix-Marseille-Provence de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre. Elles demandent enfin qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles font valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 septembre 2021, la société Enedis, représentée par Me Rubin, conclut à titre principal à sa mise hors de cause, à titre subsidiaire au rejet de l'appel en garantie formé par la métropole d'Aix-Marseille-Provence, au rejet de la requête et de toute demande susceptible d'être présentée par la caisse primaire centrale d'assurance maladie, et à titre infiniment subsidiaire à ce que les indemnités susceptibles d'être prononcées soient ramenées à de plus justes proportions. Elle conclut également à ce que soit mise à la charge de la partie perdante la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire enregistré le 14 février 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne demande au tribunal de condamner la métropole d'Aix Marseille-Provence à lui verser une somme globale de 1 964, 40 euros, assortie des intérêts de droit au taux légal à compter de sa première demande en justice, en remboursement des frais qu'elle a exposés pour son assurée Mme B à la suite de l'accident dont elle a victime le 24 février 2017, auxquels il conviendra d'ajouter les prestations non connues à ce jour ainsi qu'une somme de 655 euros au titre de l'indemnité forfaitaire. Elle conclut également à ce que soit mise à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été fixée au 4 avril 2022 par une ordonnance du 4 mars précédent.

Des mémoires respectivement présentés pour la société Enedis et pour la société mutuelle d'assurance des collectivités locales ont été enregistrés les 29 mars 2022 et 18 octobre 2022, après la clôture de l'instruction, et n'ont pas été communiqués.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ollivaux,

- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,

- et les observations de Me Durand pour la métropole d'Aix-Marseille-Provence.

Considérant ce qui suit :

1. Après que sa demande préalable indemnitaire présentée auprès de la métropole d'Aix-Marseille-Provence a été implicitement rejetée, Mme B demande au tribunal de déclarer cette dernière ainsi que la société mutuelle d'assurance des collectivités locales, son assureur, solidairement responsables d'une chute dont elle aurait été victime sur le boulevard de la Libération à Marseille (13004). Elle demande également la réparation de son préjudice par l'allocation d'une indemnité de 14 992 euros.

Sur la responsabilité :

2. Il appartient à la victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public d'apporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public dont elle était usagère et le dommage dont elle se prévaut. La collectivité en charge de l'ouvrage public peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.

3. Mme B soutient avoir chuté le 24 février 2017 sur le trottoir du boulevard de la Libération à Marseille, et produit aux débats un certificat médical de l'Hôpital européen de Marseille du 25 février 2017 faisant état d'une fracture du poignet nécessitant une ostéosynthèse et d'une fracture de la pointe de la malléole externe sans déplacement, nécessitant une botte de marche pendant quatre semaines. En outre, la requérante verse à l'instance d'une part des photographies peu précises, non datées, figurant la présence d'un trou dans le trottoir du boulevard dont les dimensions ne sont pas indiquées où la chute se serait produite, annotées de mentions manuscrites illisibles, et d'autre part deux attestations de témoins rédigées entre trois et quatre mois après les faits, qui ne précisent ni le jour, ni l'heure de la chute. Dès lors, Mme B n'établit pas les circonstances exactes de la chute alléguée. En tout état de cause, ainsi que le fait valoir la métropole, elle n'indique pas avoir été prise en charge par les pompiers suite à son accident. Dans ces circonstances, ni la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence, ni celle de la société mutuelle d'assurance des collectivités locales ne peuvent être engagées pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public à raison de la chute de Mme B.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme B à fin d'indemnisation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, en l'absence de condamnation, les conclusions d'appel en garantie présentées respectivement par la métropole d'Aix-Marseille-Provence à l'encontre de la société Enedis et par la société Enedis à l'encontre de la métropole d'Aix-Marseille-Provence, doivent être rejetées.

Sur les conclusions de la caisse primaire centrale d'assurance maladie d'assurance maladie de l'Essonne :

5. Par voie de conséquence de ce qui précède, les conclusions de la caisse primaire centrale d'assurance maladie de l'Essonne tendant au remboursement des débours et des frais de gestion qu'elle a dû engager pour son assurée doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence et de la société mutuelle d'assurance des collectivités locales la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle pour la présente instance et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au même titre par la métropole d'Aix-Marseille-Provence, par la société mutuelle d'assurance des collectivités locales et par la société Enedis.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la caisse primaire centrale d'assurance maladie de l'Essonne, de la métropole d'Aix-Marseille-Provence et de la société Enedis sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la métropole d'Aix-Marseille-Provence, à la société mutuelle d'assurance des collectivités locales, à la société Enedis et à la caisse primaire centrale d'assurance maladie de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lopa Dufrénot, présidente,

Mme Niquet, première conseillère,

Mme Ollivaux, première conseillère,

Assistés de M. Giraud, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 décembre 2023.

La rapporteure,

signé

J. Ollivaux

La présidente,

signé

M. Lopa Dufrénot

Le greffier,

signé

P. Giraud

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

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