LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2103973

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2103973

vendredi 20 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2103973
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELARL COUBRIS COURTOIS ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 mai 2021 et 14 mars 2022,

Mme I F, M. D G, M. J F, M. C F et Mme E G, représentés par le cabinet Coubris Courtois et associés, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier (CH) de Digne-les-Bains à verser une somme de 75 090 euros à Mme I F et M. D G, en qualité d'ayants droit de M. A G, leur père, en réparation des préjudices qu'il a subi avant son décès, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 mai 2021 ;

2°) de condamner le CH de Digne-les-Bains à verser une somme de 41 911,59 euros à Mme I F en réparation des préjudices propres qu'elle a subi du fait du décès de son père, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 mai 2021 ;

3°) de condamner le CH de Digne-les-Bains à verser une somme de 35 374,88 euros à M. D G en réparation des préjudices propres qu'il a subi du fait du décès de son père, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 mai 2021 ;

4°) de condamner le CH de Digne-les-Bains à verser une somme de 15 000 euros chacun à M. C F et M. J F en réparation du préjudice d'affection qu'ils ont subi du fait du décès de leur grand-père, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 mai 2021 ;

5°) de condamner le CH de Digne-les-Bains à verser une somme de 10 000 euros à Mme E G en réparation du préjudice d'affection qu'elle a subi du fait du décès de son frère, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 mai 2021 ;

6°) de mettre à la charge du CH de Digne-les-Bains, une somme de 3 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le centre hospitalier de Digne-les-Bains doit voir sa responsabilité pour faute engagée compte-tenu du retard de prise en charge chirurgical commis s'agissant de M. A G, victime décédée ;

- le taux de perte de chance de 20% retenu par les experts, sous-évalué compte tenu du retard de prise en charge chirurgicale et des chances de survie de leur père, doit être porté à 94% au moins ;

- en tant qu'ayants-droit, ils sont fondés à solliciter l'indemnisation des préjudices de la victime décédée, au titre du déficit fonctionnel temporaire par l'allocation d'une indemnité de 90 euros, les souffrances endurées par celle de 40 000 euros, le préjudice de mort imminente par le versement d'une somme de 30 000 euros et le préjudice esthétique temporaire par celui de 5 000 euros ;

- ils sollicitent également l'indemnisation de leur préjudices propres et notamment leur préjudice d'affection respectif par l'allocation d'une indemnité totale de 75 000 euros, le préjudice d'accompagnement de Mme F et de M. G par le versement de 5 000 euros chacun, les frais d'obsèques supportés par Mme F à hauteur de 6 428,86 euros et des frais divers, notamment des frais de déplacement pour Mme F et M. G correspondants à une somme globale de 857,61 euros ;

- le centre hospitalier a également commis une seconde faute constituée par un dysfonctionnement dans l'organisation du service en l'absence de communication du dossier médical du défunt à sa famille, en dépit de sa demande pour faire valoir les droits de ses membres ;

- cette autre faute a engendré un préjudice moral et psychologique pour Mme F et M. G dont ils sollicitent réparation par le versement de la somme de 5 000 euros chacun.

Par un mémoire, enregistré le 8 juillet 2021, la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-de-Haute-Provence informe le tribunal qu'elle n'entend pas produire dans la présente instance.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2022, le centre hospitalier de Digne-les-Bains, représenté par la SELARL Carlini et associés conclut à ce que les prétentions indemnitaires des requérants et de la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-de-Haute-Provence soient limitées à de plus justes proportions.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ludivine Journoud, rapporteure,

- les conclusions de Mme Amélie Lourtet, rapporteure publique,

- et les observations de Me Robert pour les consorts F G, les observations de Mme F et de M. G et les observations de Me Le Goues pour le centre hospitalier de Digne-les-Bains.

Considérant ce qui suit :

1. M. A G, âgé de 80 ans, victime d'une chute dans son jardin le 14 avril 2019, a été admis aux urgences du CH de Digne-les-Bains à 21 heures 08 en raison de fortes douleurs à l'abdomen du côté droit à la suite de cette chute. A la suite d'examens, d'une surveillance et la prise d'un traitement antidouleur, M. G a présenté des signes de difficulté respiratoire avec des marbrures sur les membres inférieurs. Compte-tenu de l'aggravation de son état de santé, il a été décidé à 7 heures le 15 avril suivant de procéder, en urgence, à une laparotomie exploratrice sous anesthésie générale à 13 heures 30. Durant l'intervention, une plaie ponctiforme de perforation intestinale a été constatée au niveau de la valve caecale et suturée. Toutefois, les suites post-opératoires se sont compliquées par un syndrome de détresse respiratoire aigüe et un choc septique qui ont nécessité son hospitalisation en réanimation. L'état de santé de M. G a évolué vers une défaillance multi viscérale jusqu'à son décès 17 avril suivant à 00h20.

2. Mme I F et M. D G, enfants majeurs du défunt ont, en qualité d'ayants droit, saisi la commission de consultation et d'indemnisation de Provence-Alpes-Côte d'Azur (CCI PACA) le 17 juin 2020. Le collège d'experts médicaux, composé du Dr B et du Dr H, désignés le 19 juin 2020 a remis son rapport d'expertise le 21 octobre 2020. Et, la CCI PACA a rendu son avis le 20 janvier 2021 en suivant les conclusions expertales. Les requérants engagent la responsabilité du centre hospitalier de Digne-les-Bains et demande sa condamnation à indemniser les préjudices subis par la victime directe décédée, d'une part et en tant qu'ayants droit, de leurs préjudices propres, d'autre part.

Sur la responsabilité du centre hospitalier de Digne-les-Bains :

En ce qui concerne le refus fautif de non communication du dossier médical :

3. Aux termes de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique : " Toute personne a accès à l'ensemble des informations concernant sa santé détenues, à quelque titre que ce soit, par des professionnels et établissements de santé (), qui sont formalisées ou ont fait l'objet d'échanges écrits entre professionnels de santé, notamment des résultats d'examen, comptes rendus de consultation, d'intervention, d'exploration ou d'hospitalisation, des protocoles et prescriptions thérapeutiques mis en œuvre, feuilles de surveillance, correspondances entre professionnels de santé, à l'exception des informations mentionnant qu'elles ont été recueillies auprès de tiers n'intervenant pas dans la prise en charge thérapeutique ou concernant un tel tiers () ".

4. La circonstance que les éléments constituant le dossier médical de M. G n'aient pas été transmis à ses enfants ayants droit, n'est pas de nature à établir l'existence d'un manquement fautif de l'établissement de santé dans la prise en charge du patient et ne lui a pas préjudicié, dans les circonstances de l'espèce, dès lors qu'il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que l'ensemble du dossier médical de M. G a été transmis en amont de l'accédit, permettant aux experts médicaux désignés de se prononcer de manière complète et éclairée sur les circonstances du décès de la victime directe. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à rechercher la responsabilité du CH de Digne-les-Bains sur ce fondement.

En ce qui concerne la faute médicale de retard de prise en charge :

5. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".

6. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

7. D'une part, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du Dr B et du Dr H, que l'aggravation de l'état de santé de M. G, due à une perforation intestinale consécutive à la chute dont il avait été victime le 14 avril 2019, a fait l'objet d'une intervention chirurgicale en urgence décidée à 7 heures le 15 avril suivant. Or, l'intervention n'a eu lieu qu'à 13 heures 30 le même jour, soit plus de 6 heures après la prise de décision d'une intervention pourtant considérée comme urgente. Le retard de la prise en charge chirurgicale, qui n'est pas contesté en défense, lequel est né à compter du matin du 15 avril 2019 et non de la veille au soir comme le soutiennent les requérants, constitue un manquement dans l'organisation du service engageant la responsabilité du centre hospitalier de Digne-les-Bains. Dès lors, l'établissement a commis une faute médicale dans la prise en charge chirurgicale, ayant provoqué l'aggravation de l'état de santé de M. G.

8. D'autre part, il résulte de l'instruction, principalement du rapport d'expertise, que cette faute médicale imputable au CH de Digne-les-Bains est à l'origine d'une perte de chance d'éviter le décès de M. G à concurrence de 20%. Les consorts F et G qui font valoir que leur père, en bonne santé, jardinait encore le jour de sa chute, soutiennent que le taux de perte de chance consécutif à la faute médicale commise ne saurait être inférieur à 94%. Toutefois, en l'absence d'éléments médicaux précis versés aux débats de nature à remettre en cause les conclusions des experts sur le taux de perte de chance retenu, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et compte-tenu de l'âge de la victime, 80 ans, d'évaluer le taux de perte de chance pour M. G d'éviter son décès à 20 %.

Sur l'évaluation des préjudices :

En ce qui concerne les préjudices des ayants droit de la victime décédée :

9. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède avant d'avoir elle-même introduit une action en réparation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers. Chaque héritier a dès lors qualité, le cas échéant sans le concours des autres indivisaires, pour exercer l'action indemnitaire tendant à obtenir, au bénéfice de la succession, la réparation du préjudice subi.

10. Mme I F et M. D G sont en droit, en leur qualité d'héritier qu'ils établissent, d'obtenir la réparation de leur préjudice du fait des fautes commises lors de la prise en charge de leur père, leur droit étant né dans leur patrimoine, avant le décès de celui-ci.

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

11. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que M. G a subi un déficit fonctionnel temporaire total durant les trois jours de sa prise en charge au centre hospitalier de Digne-les-Bains du 14 avril 2019 à 21 heures 08 au 17 avril suivant à 00 heures 20. Toutefois l'hospitalisation de M. G ne découle pas de la faute retenue à l'encontre du centre hospitalier, mais de la chute dont il a été victime le 14 avril 2019 en fin de journée à son domicile. Par suite, les demandes des ayants droit de M. G au titre du déficit fonctionnel temporaire dont le lien de causalité avec la faute n'est pas suffisamment direct et certain doivent être rejetées.

S'agissant des souffrances endurées :

12. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par M. G ont été évaluées par l'expert à 3 sur une échelle de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice, après application du taux de perte de chance retenu au point 5, par l'allocation d'une indemnité de 720 euros.

S'agissant du préjudice d'angoisse et de mort imminente :

13. Il ne résulte pas de l'instruction, notamment pas du rapport d'expertise, que

M. G ait subi un préjudice d'angoisse dit de mort imminente, dès lors qu'il était inconscient à partir du milieu de la nuit du 15 avril 2019 et ce, jusqu'à son décès le 17 avril suivant. M. G n'a ainsi pas eu conscience de la dégradation irréversible de son état de santé jusqu'à son décès. Par suite, Mme F et M. G ne sont pas fondés à solliciter l'indemnisation de ce chef de préjudice.

S'agissant du préjudice esthétique temporaire :

14. Il ne résulte pas de l'instruction et notamment pas du rapport d'expertise, que M. G ait subi un préjudice esthétique. Il n'y a donc pas lieu de retenir ce poste de préjudice lié à la nécessité de se présenter dans un état physique altéré au regard des tiers, durant les soixante-douze heures de son hospitalisation à la suite de la faute retenue par le présent jugement. Par suite, la demande d'indemnisation de ce poste de préjudice doit être rejetée.

15. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier de Digne-les-Bains doit être condamné à verser aux ayants-droit de M. G, la somme totale de 720 euros.

En ce qui concerne les préjudices propres de Mme F :

S'agissant du préjudice d'affection :

16. Mme I F, fille majeure de M. G, a subi un préjudice d'affection en raison du décès de celui-ci, qui sera justement apprécié par le versement d'une somme de 6 000 euros. Par suite, le centre hospitalier de Digne-les-Bains doit verser une somme de 1 200 euros à Mme F, après application du taux de perte de chance de 20%.

S'agissant du préjudice d'accompagnement :

17. Le préjudice d'accompagnement est destiné à réparer le préjudice moral, dont sont victimes les proches de la victime directe pendant l'hospitalisation de celle-ci jusqu'à son décès. Il a pour objet d'indemniser les bouleversements que le décès de la victime directe entraîne sur le mode de vie de ses proches au quotidien. Mme F sollicite l'indemnisation de son préjudice d'accompagnement. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle ait subi des troubles dans ses conditions d'existence ayant résulté pour elle de l'obligation d'apporter une aide à son père, qui a été hospitalisé durant trois jours et ce, nonobstant sa présence à l'hôpital. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter une indemnisation, à ce titre.

S'agissant des frais d'obsèques et des frais divers :

18. Il résulte de l'instruction que Mme F a exposé des frais d'obsèques pour un montant de 6 428,86 euros. Il y a lieu, compte tenu du taux de perte de chance de 20%, de mettre à la charge du centre hospitalier la somme de 1 286 euros. Par ailleurs, Mme F établit avoir payé des frais de copie du dossier médical de son père dans le cadre de la procédure devant la CCI pour un montant de 13,20 euros, soit 2,64 euros après application du taux de perte de chance. Enfin, Mme F fait valoir des frais de déplacement pour rendre visite à son père au centre hospitalier situé à 56 kilomètres de son domicile, pour se rendre à la réunion d'expertise diligentée par la CCI le 1er septembre 2020 puis pour se rendre à la réunion de la CCI à Marseille le 20 janvier 2021 incluant des frais kilométriques et des frais de péage à hauteur de 469,53 euros, soit 94 euros après application du taux de perte de chance. Par suite, il y a lieu de mettre un montant global de 1 382,64 euros à la charge du centre hospitalier s'agissant des frais d'obsèques et frais divers supportés par Mme F.

19. Il résulte de ce qui précède que Mme F est seulement fondée à obtenir la condamnation du centre hospitalier de Digne-les-Bains à l'indemniser les chefs de préjudices précités à hauteur d'une somme globale de 2 582,64 euros.

En ce qui concerne les préjudices propres de M. G :

S'agissant du préjudice d'affection :

20. M. D G, fils majeur de M. G, a subi un préjudice d'affection en raison du décès de celui-ci, qui sera justement apprécié par l'allocation de la somme de 6 000 euros. Par suite, le centre hospitalier de Digne-les-Bains versera une somme de 1 200 euros à M. G, après application du taux de perte de chance de 20%.

S'agissant du préjudice d'accompagnement :

21. M. G sollicite l'indemnisation de son préjudice d'accompagnement à hauteur de 5 000 euros. Compte-tenu de ce qui a été dit au point 11, il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressé ait subi des troubles dans ses conditions d'existence ayant résulté pour lui de l'obligation d'apporter une aide à son père, qui a été hospitalisé durant trois jours et ce, nonobstant sa présence à l'hôpital. Par suite, il n'est pas plus fondé que sa sœur à solliciter une indemnisation au titre de ce chef de préjudice.

S'agissant des frais divers :

22. Enfin, M. G fait valoir des frais de déplacement pour se rendre d'une part à la réunion d'expertise diligentée par la CCI le 1er septembre 2020 puis pour se rendre à la réunion de la CCI à Marseille le 20 janvier 2021 incluant des frais kilométriques et des frais de péage à hauteur de 374,88 euros, soit 75 euros après application du taux de perte de chance retenu.

23. Il résulte de ce qui précède que M. G est seulement fondé à obtenir du centre hospitalier de Digne-les-Bains une indemnisation de certains de ses préjudices à hauteur d'une somme globale de 1 275 euros.

En ce qui concerne le préjudice d'affection respectif des petits-fils et de la sœur du défunt :

24. M. J F et M. C F, petits-fils majeur et mineur de M. G, âgés de 20 et 17 ans au moment des faits, ont subi un préjudice d'affection en raison du décès de celui-ci, qui sera justement apprécié en condamnant le centre hospitalier de Digne-les-Bains à verser une somme de 800 euros à M. J F et à M. C F, chacun et après application du taux de perte de chance de 20%.

25. De plus, Mme E G, sœur majeure de M. G, a subi un préjudice d'affection en raison du décès de celui-ci. A ce titre, il y a lieu d'en faire une juste appréciation en allouant à celle-ci la somme de 6 000 euros. Par suite, le centre hospitalier de Digne-les-Bains versera une somme de 1 200 euros à Mme G, après application du taux de perte de chance de 20%.

Sur les intérêts au taux légal :

26. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil alors en vigueur : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte. Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l'intérêt moratoire ".

27. Les requérants ont demandé le versement des intérêts au taux légal à compter de la date d'introduction de leur requête. Ils ont droit, conformément à l'article 1231-6 du code civil, à ce que les sommes qui doivent leur être payées soient assorties des intérêts à compter du 5 mai 2021.

Sur les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-de-Haute-Provence :

28. La caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-de-Haute-Provence n'entend pas produire dans la présente instance et communique pour information le montant de ses débours. Par suite, il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.

Sur les frais du litige :

29. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du centre hospitalier de Digne-les-Bains une somme de 1 500 euros à verser aux requérants.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Digne-les-Bains est condamné à verser une somme de 720 euros à Mme F et M. G en leur qualité d'ayants droit de la victime décédée, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 mai 2021.

Article 2 : Le centre hospitalier de Digne-les-Bains est condamné à verser une somme de 2 582,64 euros à Mme F en réparation de ses préjudices propres, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 mai 2021.

Article 3 : Le centre hospitalier de Digne-les-Bains est condamné à verser une somme de 1 275 euros à M. G en réparation de ses préjudices propres, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 mai 2021.

Article 4 : Le centre hospitalier de Digne-les-Bains est condamné à verser une somme de 1 200 euros à Mme G, sœur de la victime décédée, et une somme de 800 euros chacun à M. J F et M. C F, petits-fils de la victime, sommes assorties des intérêts au taux légal à compter du 5 mai 2021.

Article 5 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-de-Haute-Provence.

Article 6 : Le centre hospitalier de Briançon versera une somme globale de 1 500 euros à Mme I F et autres en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions de Mme F et autres est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme I F, M. D G, M. J F, M. C F, à Mme E G au centre hospitalier de Digne-les-Bains et à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-de-Haute-Provence.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Micheline Lopa Dufrénot, présidente,

M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,

Mme Ludivine Journoud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 octobre 2023.

La rapporteure,

signé

L. Journoud

La présidente,

signé

M. KLa greffière,

signé

A. Vidal

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions