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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2104059

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2104059

mardi 28 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2104059
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantDEBORD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 mai 2021 et le 30 mai 2022, Mme C B, représentée par Me Gleize, de la SELARL DBGL, cabinet d'avocats, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires, en droits et pénalités, d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 ;

2°) à titre subsidiaire, d'une part, de prononcer la réduction de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de contributions sociales à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2016 à raison de la prise en compte de la déduction du revenu foncier de charges pour un montant de 106 073,15 euros correspondant à des travaux réalisés en 2012, ainsi que la réduction des pénalités en conséquence, et d'autre part la décharge de la cotisation supplémentaire, en droits et pénalités, d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2017 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle aurait dû recevoir une proposition de rectification propre à l'année 2012, même en l'absence de conséquences financières sur l'imposition acquittée au titre de cette année-là ;

- la proposition de rectification qu'elle a reçue est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne détaille pas les redressements propres à chacun des membres de son foyer, Claire A étant actionnaire de la SCI (société civile immobilière) Arcla et un enfant à charge ;

- la circonstance que la décision de rejet partiel de la réclamation précise que l'administration abandonne la part des redressements incombant à Claire A ne permet pas de régulariser l'insuffisance de motivation de la proposition de rectification ;

- la proposition de rectification adressée à la SCI Arcla est insuffisamment motivée en ce que l'administration s'est contentée d'indiquer que les loyers sont anormalement bas sans préciser les éléments de calcul de la valeur locative et sans apporter d'éléments de comparaison ;

- dès lors que l'administration a considéré le bail comme fictif, elle aurait dû appliquer la procédure d'abus de droit fiscal prévue à l'article L. 64 du livre des procédures fiscales ;

- si l'administration apporte quelques éléments supplémentaires de comparaison dans la décision de rejet de la réclamation préalable, elle ne produit aucun justificatif à l'appui de ses allégations ;

- les travaux réalisés en 2012 sont déductibles dès lors que :

- cinq sixièmes de l'ensemble immobilier constituaient déjà une surface affectée à l'habitation, la pharmacie n'occupant que la moitié du rez-de-chaussée ;

- les travaux d'amélioration ont été réalisés sur un bien à usage d'habitation qui était en mauvais état, en vue d'en assurer une meilleure utilisation à usage locatif ;

- dès lors que l'administration a identifié des travaux de gros œuvre pour un montant de 67 975,30 euros, le reste des travaux, pour un montant de 82 230,31 euros, était donc nettement dissociable des travaux portant sur le gros œuvre et donc par nature déductibles ;

- les travaux réalisés pour un montant de 106 073,15 euros sont des travaux de réparation, d'entretien et de rénovation par nature déductibles ;

- le paiement des loyers, et a fortiori de la somme totale de 24 987 euros, supérieure au montant annuel du loyer de 8 040 euros, au cours de l'année 2017, prouve l'existence d'un contrat verbal de bail ;

- si le bail écrit est entaché de certaines irrégularités :

- elle était de bonne foi car elle n'a pas antidaté le bail au jour de l'acquisition de la maison par la SCI,

- elle n'a pas cherché à imiter la signature de son concubin défunt,

- les dates de signature et d'entrée sont de simples erreurs matérielles dont elle ne tire aucun avantage ;

- les confusions dans les qualités de bailleur et de locataire sont dues à une erreur matérielle ;

- le loyer n'est pas anormalement bas car :

- la maison est située dans une commune rurale, loin de la ville et des activités économiques ;

- le loyer est comparable à ceux pratiqués dans la région ;

- les caractéristiques de la maison qu'elle habite ne sont pas les mêmes que les appartements qu'elle loue ;

- en 1992, la maison était louée à 473 euros par mois, ce qui, en comptant l'indexation équivaut au loyer actuel à 50 euros près ;

- le loyer moyen au mètre carré qu'on trouve sur les sites seloger.com et logic-immo.com n'est pas suffisamment fiable ;

- le site meilleursagent.com propose une fourchette de prix allant de 6,5 à 10,3 euros le mètre carré, la fourchette basse correspondant au prix du mètre carré appliqué à la location de la maison de Graveson ;

- la seule circonstance que les deux appartements lui appartenant en propre présentent moins de services que la maison de Graveson ne permet pas d'affirmer que le loyer de la maison est anormalement bas dès lors que d'autres facteurs doivent être pris en compte pour fixer la valeur du loyer ;

- l'administration n'explique pas en quoi la comparaison avec le prix de location pratiqué par la SCI Le Valla de Sagadelle est pertinente dès lors qu'elle n'indique pas en quoi les biens sont comparables ;

- le loyer a bien été versé tout au long de l'année 2017, la circonstance que la somme n'ait pas été égale à 670 euros pour les versements effectués de juin à octobre étant indifférente dès lors que les versements cumulés sont bien supérieurs au loyer annuel ;

- le fait que le loyer n'ait pas été régulièrement versé ne peut être pris en compte pour considérer que les associés s'étaient réservé la disposition gratuite du logement dès lors que l'irrégularité des versements est concomitante au décès de M. A et à la désorganisation qui s'en est suivie ;

- s'agissant de la déduction des travaux réalisés en 2012, la pénalité pour manquement délibéré n'est pas justifiée car :

- ces travaux répondaient aux conditions générales de déduction ;

- elle n'avait pas connaissance de la distinction entre les travaux d'entretien, de réparation et de rénovation d'une part et les travaux de construction et d'agrandissement d'autre part ;

- les deux autres SCI dont elle est associée minoritaire n'ont jamais fait de travaux ;

- l'administration ne précise pas si Mme B était déjà associée de ces SCI en 2012 et si elle était en charge de la gestion comptable et fiscale de ces SCI ;

- l'importance des montants en jeu ne saurait révéler par elle-même le caractère délibéré des manquements ;

- le manquement n'est pas répété ;

- s'agissant de la pénalité appliquée à la déduction des travaux réalisés en 2017 :

- la pénalité n'est pas justifiée dès lors qu'elle a payé plus que ce qui était due au titre des loyers et que l'irrégularité des paiements à compter du mois de mai est due au décès de M. A ;

-elle a rédigé le contrat de bail de bonne foi, sans chercher à tromper l'administration mais le contrat oral existait avant et a été exécuté ;

-la SCI est une personne morale distincte de ses associés.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 mars 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 18 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 21 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est associée de la SCI Arcla à hauteur de 48,21 %, le reste de la société était détenu à 48,21 % par son concubin, les parts restantes appartenant à leurs enfants. M. A étant décédé le 15 avril 2017, les deux enfants ont hérité de ses parts. La société a acquis, le 28 octobre 2016, un bien situé 5 impasse du Gros Tilleul à Graveson, maison habitée par la requérante et son défunt concubin depuis 1992. Mme B a fait l'objet d'un contrôle sur pièce au titre des années 2016 et 2017. Concomitamment, la SCI a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur l'année 2017. A l'issue de ces contrôles, l'administration a notifié à la SCI Arcla, par une proposition de rectification du 4 octobre 2019, le rehaussement de ses bénéfices résultant de la remise en cause du caractère déductible des dépenses supportées par cette société civile immobilière en vue de la réalisation de travaux en 2017 sur le bien immobilier précité. Mme B a été également destinataire d'une proposition de rectification en date du 4 octobre 2019 dans laquelle le service a, d'une part, en application de l'article 8 du code général des impôts, tiré les conséquences du rehaussement des bénéfices de la SCI. D'autre part, l'administration a remis en cause la déductibilité de travaux réalisés en 2012 sur un bien situé 44 rue Bertherigues à Barbentane et a rehaussé en conséquence les revenus fonciers de Mme B déclarés en 2016 et 2017. La requérante demande, à titre principal, la décharge des cotisations supplémentaires, en droits et pénalités, d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 à raison de la remise en cause de la déductibilité des travaux effectués en 2012. A titre subsidiaire, elle demande la réduction de cette cotisation à raison de la déduction du revenu foncier d'une part de ces travaux pour un montant de 106 073,15 euros, ainsi que la réduction des pénalités en conséquence. Elle demande également la décharge de la cotisation supplémentaire, en droits et pénalités, d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2017.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, aucun texte n'impose à l'administration d'adresser une proposition de rectification au contribuable, propre à une année d'imposition qui n'a donné lieu à aucune rectification. Par suite, Mme B ne peut utilement soutenir que l'administration aurait dû lui adresser une proposition de rectification pour l'année 2012, distincte de la période contrôlée.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon utile. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.

4. En l'espèce, l'administration a admis que la proposition de rectification du 4 octobre 2019 adressée à la requérante était insuffisamment motivée quant à la quote-part du déficit foncier revenant à sa fille, rattachée à son foyer fiscal. Le service a accordé, le 2 mars 2021, un dégrèvement partiel de l'imposition en litige en conséquence. Par suite, Mme B ne peut utilement soutenir, à l'appui de ses conclusions aux fins de décharge de l'imposition restant en litige, que la proposition de rectification est insuffisamment motivée en l'absence de précision relative aux rectifications propres à chacun des membres de son foyer fiscal.

5. En troisième lieu, aux termes de la proposition de rectification du 4 octobre 2019 adressée à la SCI Arcla : " l'unique actif de la SCI Arcla à savoir la maison d'habitation sise 5 impasse du gros tilleul à Graveson acquise le 28 octobre 2016 a été donnée en location, pour un loyer très modique acquitté qu'une partie de l'année 2017, à ses associés prépondérants qui en ont fait leur résidence principale après que des travaux d'amélioration ayant généré un important déficit y ont été effectués ". Ainsi, l'administration a fondé la rectification du revenu foncier de l'année 2017 sur les irrégularités du contrat de location signé entre la SCI, Mme B et son concubin défunt, sur les anomalies relevées par le service quant au paiement des loyers à la SCI, sur le caractère anormalement bas du loyer versé par la requérante et sur la comparaison entre la faiblesse des loyers et l'importance des travaux. Par suite, si la proposition de rectification relative à la SCI Arcla ne précise ni les éléments de calcul de la valeur locative du bien habité par la requérante, ni les éléments de comparaison ayant conduit l'administration à regarder le loyer comme anormalement bas, et si celle-ci n'apporte pas de justificatif à l'appui de ses éclaircissements dans le rejet de la réclamation préalable, la proposition de rectification de la SCI Arcla indique de façon suffisante les motifs retenus par l'administration pour fonder les rectifications proposées. La motivation de la proposition de rectification adressée à la SCI Arcla répond par ailleurs aux autres exigences mentionnées au point 3. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales : " Afin d'en restituer le véritable caractère, l'administration est en droit d'écarter, comme ne lui étant pas opposables, les actes constitutifs d'un abus de droit, soit que ces actes ont un caractère fictif, soit que, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes ou de décisions à l'encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ils n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer les charges fiscales que l'intéressé, si ces actes n'avaient pas été passés ou réalisés, aurait normalement supportées eu égard à sa situation ou à ses activités réelles. / En cas de désaccord sur les rectifications notifiées sur le fondement du présent article, le litige est soumis, à la demande du contribuable, à l'avis du comité de l'abus de droit fiscal. L'administration peut également soumettre le litige à l'avis du comité ".

7. Il résulte de l'instruction que l'administration, qui a fondé les rectifications auxquelles elle a procédé sur les dispositions de l'article 15 du code général des impôts, s'est bornée, sans écarter comme ne lui étant pas opposable le contrat passé entre Mme B et la SCI Arcla, à relever les irrégularités entachant ce contrat. Le service a considéré qu'il s'agissait d'éléments, parmi d'autres indices, de nature à révéler que le propriétaire du bien s'en était réservé la jouissance au sens de l'article 15 du code général des impôts. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'administration aurait dû mettre en œuvre la procédure de répression des abus de droit prévue à l'article L. 64 du livre des procédures fiscales, et respecter les droits et garanties fondamentaux inhérents à cette procédure.

Sur le bien-fondé des impositions :

En ce qui concerne la déductibilité des travaux réalisés en 2012 sur l'ensemble immobilier situé à Barbentane :

8. Aux termes du I de l'article 31 du code général des impôts : " Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire () / b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement () ". Au sens de ces dispositions, doivent être regardés comme des travaux de reconstruction ceux qui comportent la création de nouveaux locaux d'habitation, ou qui ont pour effet d'apporter une modification importante au gros œuvre, ainsi que les travaux d'aménagement interne qui, par leur importance, équivalent à des travaux de reconstruction, et comme des travaux d'agrandissement ceux qui ont pour effet d'accroître le volume ou la surface habitable des locaux existants. Lorsque des travaux n'ayant pas ce caractère sont effectués dans la même opération, les dépenses exposées à ce titre ne sont déductibles que si les différents travaux sont dissociables.

9. Il résulte de l'instruction que l'administration a remis en cause un déficit foncier imputé par Mme B sur ses revenus fonciers de 2016 et 2017, qui trouve son origine dans la réalisation de travaux en 2012 sur l'ensemble immobilier situé au 44 avenue Bertherigues à Barbentane. Ces travaux ont été effectués pour un montant de 150 205,61 euros, dont 67 975,30 euros de travaux réalisés sur le gros œuvre, ainsi que l'indique l'administration dans sa réponse aux observations du contribuable. Si la requérante soutient que les travaux effectués pour un montant de 82 230,31 euros sont dissociables des travaux effectués sur le gros œuvre et que, à hauteur de 44 132,46 euros, ces travaux ont permis la transformation en habitation du local professionnel que constituait l'officine de pharmacie préexistante, Mme B n'indique pas quel est le montant des travaux qui n'ont, tout à la fois, ni porté sur le gros œuvre ni servi à la transformation de la pharmacie. Le tableau des dépenses qu'elle produit dans sa requête, retraçant les dépenses de travaux pour un montant de 106 073,15 euros ne permet pas non plus de déterminer ce montant dès lors que le libellé de chacun des travaux ne permet pas de savoir si ces travaux concernaient tout ou partie du bâtiment et que les factures ne sont pas produites à l'appui de ses prétentions. Par suite, la requérante n'établit pas que c'est à tort que l'administration a remis en cause le déficit foncier des années 2016 et 2017 résultant de la déduction des travaux réalisés en 2012.

En ce qui concerne la déductibilité des travaux réalisés en 2017 sur la maison située à Graveson :

10. Aux termes de l'article 8 du code général des impôts : " () les associés des sociétés en nom collectif () sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. () / Il en est de même, sous les mêmes conditions : / 1° Des membres des sociétés civiles qui ne revêtent pas, en droit ou en fait, l'une des formes de sociétés visées au 1 de l'article 206 et qui, sous réserve des exceptions prévues à l'article 239 ter, ne se livrent pas à une exploitation ou à des opérations visées aux articles 34 et 35 () ". Aux termes du II de l'article 15 du même code : " Les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu () ". Les contribuables bénéficiaires de l'exonération prévu au II de l'article 15 du code général des impôts ne sont, par voie de conséquence, pas autorisés à déduire de leurs revenus fonciers compris dans le revenu global les charges afférentes à ces logements.

11. En l'espèce, l'administration fiscale, qui a considéré que les associés de la SCI s'étaient réservé la jouissance du bien, s'est fondée sur les motifs énumérés au point 5. Pour qualifier le loyer d'anormalement bas, le service a retenu qu'il n'avait pas été augmenté depuis 1992 et s'établissait à 6,57 euros par mètre carré, soit un prix inférieur au prix du marché ainsi que cela ressortait des comparaisons effectuées sur les sites seloger.com et lacoteimmo.com. L'administration a également relevé que Mme B louait deux autres appartements, situés sur le territoire de la commune, comparable, de Barbentane, dépourvus de jardin et de garage, à des tiers étrangers à sa famille, pour un loyer moyen de 10 euros par mètre carré, soit un prix bien supérieur à celui du loyer de la maison habitée par la requérante. Elle a également retenu que la SCI Le Valla De Sagadelle, dont la requérante est associée à hauteur de 25 % loue, dans la même rue, des appartements au prix de 10 euros par mètre carré.

12. Si la requérante soutient que la maison qu'elle occupe est située dans une commune rurale, loin de la ville et des activités économiques, il résulte de l'instruction que l'administration a tenu compte de la localisation du bien pour établir des comparaisons. La requérante soutient également mais toutefois sans l'établir, que le loyer est comparable à ceux pratiqués dans la région. Si elle invoque des caractéristiques du bien qu'elle occupe telles que le caractère mitoyen de la maison, le fait que la terrasse est commune de même que l'entrée qui comporte un droit de passage, elle n'explique pas comment ces spécificités devraient se répercuter sur le prix. La requérante ne conteste pas le fait que le loyer qu'elle paie n'a pas augmenté depuis 1992. De plus, si la maison était louée à 473 euros par mois en 1992, Mme B indique elle-même qu'en tenant compte de l'indexation, il y aurait une différence de 50 euros par mois entre ce loyer et celui qu'elle paie effectivement. Si la requérante soutient encore que le loyer moyen au mètre carré qu'on trouve sur les sites seloger.com et logic-immo n'est pas suffisamment fiable alors que le site meilleursagent.com propose une fourchette de prix allant de 6,5 à 10,3 euros le mètre carré, le prix du mètre carré appliqué à la location de la maison de Graveson correspond au prix le plus bas de cette dernière fourchette qui au demeurant est très étendue, sans que cela soit justifié par les caractéristiques du bien. De plus, si les services associés à un bien immobilier ne sont pas, à eux seuls, déterminants pour fixer la valeur d'un loyer et que d'autres paramètres tels que le montant des charges de copropriété, l'emplacement privilégié, l'orientation et l'état du bien doivent être également pris en compte, ainsi que le fait valoir la requérante, elle n'indique pas comment ces paramètres conduiraient en l'espèce, à remettre en cause l'appréciation de l'administration. Enfin, si, ainsi que l'indique Mme B, l'administration n'explique pas en quoi la comparaison avec le prix de location pratiqué par la SCI Le Valla de Sagadelle est pertinente, la requérante n'apporte aucun élément pour remettre en cause la pertinence de cette comparaison. Ainsi, les éléments relevés par Mme B ne sont pas suffisants pour remettre en cause ceux qui ont conduit l'administration à considérer que le loyer qu'elle paie pour l'habitation du bien situé à Graveson est anormalement bas.

13. Pour remettre en question la déduction des travaux réalisés en 2017, le service s'est également fondé sur le fait que Mme B avait arrêté de verser le loyer à compter du mois de mai 2017. L'administration a considéré que les versements effectués par celle-ci à la SCI Arcla pour des montants de 1 300 euros, 1 000 euros, 2 000 euros et 1 000 euros en juin, juillet, août et octobre ne correspondaient pas au paiement du loyer car ils avaient servi, au regard de leur date et de leur montant, à " honorer les remboursements des échéances mensuelles du prêt immobilier et le paiement de factures de travaux ". En se bornant à soutenir qu'elle a versé, au cours de l'année 2017, une somme totale supérieure au montant annuel du loyer, et que l'irrégularité des paiements est due à la mort de son concubin, la requérante, qui ne conteste pas que ces sommes ont permis le remboursement du prêt immobilier et le paiement des travaux en litige, n'établit pas avoir payé un loyer à la SCI entre mai et décembre 2017.

14. Il résulte de ce qui a été dit aux points 11 à 13 que Mme B a occupé un logement détenu par une SCI dont elle est associée à 48,21 %, dont son concubin détenait également 48,21 % jusqu'à son décès le 15 avril 2017, les parts restantes appartenant aujourd'hui toutes à leurs enfants, pour un loyer anormalement bas de janvier à avril 2017 et à titre gratuit de mai à décembre 2017. Ce faisant, et indépendamment des nombreuses irrégularités entachant le contrat de bail écrit conclu entre la SCI Arcla et la requérante, les associés de la SCI doivent être regardés comme s'étant réservé la jouissance de leur bien au sens de l'article 15 du code général des impôts. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a remis en cause le déficit foncier résultant de la déduction des travaux réalisés en 2017 sur le bien situé 5 impasse du Gros Tilleul à Graveson.

Sur les pénalités :

15. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ".

16. Il résulte de l'instruction que pour infliger à Mme B des pénalités sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts, s'agissant des pénalités liées à la déduction des travaux de 2012, l'administration s'est fondée sur le fait que la requérante est associée de plusieurs sociétés civiles immobilières louant des biens immobiliers et qu'elles pouvaient accéder à toute la documentation fiscale disponible en ligne sur la déductibilité des travaux. Si Mme B relève que l'administration n'indique pas qu'elle était déjà associée de ces sociétés en 2012, ni ne précise si elle était en charge de la gestion comptable et fiscale de celles-ci, la requérante n'apporte aucun élément sur ces questions de nature à contredire le bien-fondé de la pénalité. Par suite, la requérante qui ne peut avoir déduit 150 205,61 euros de travaux de son revenu foncier sans chercher à se renseigner sur la législation applicable, n'est pas fondée à contester l'application de la majoration de 40 % prévue par l'article 1729 du code général des impôts infligée pour avoir délibérément déduit à tort, le coût des travaux effectués en 2012.

17. S'agissant des rectifications issues du contrôle de la SCI Arcla, pour infliger à Mme B une pénalité sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts, le service s'est fondé sur le fait que celle-ci avait mis en place les conditions lui permettant d'imputer sur son revenu les charges liées aux travaux engagés en 2017 tout en se réservant la jouissance de son bien au sens de l'article 15 du code général des impôts. Au regard de ce qui a été dit aux points 11 à 14, l'administration doit être regardée comme ayant établi l'intention de la requérante de minorer ses impositions. Par suite, la requérante n'est pas fondée à contester l'application de la majoration de 40 % prévue par l'article 1729 du code général des impôts.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Menasseyre, présidente,

Mme Charbit, première conseillère,

Mme Pouliquen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.

La rapporteure,

signé

G. Pouliquen

La présidente,

signé

A. MenasseyreLa greffière,

signé

A. Vidal

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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