mercredi 22 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2104218 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SCP PELLEGRIN SOULIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 mai 2021, M. A C représenté par Me Soulier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 février 2021 par laquelle la commission de recours amiable a confirmé la décision de la caisse d'allocations familiales du 20 octobre 2020 mettant à sa charge une somme de 3 858,24 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période de janvier 2019 à août 2020 et la décision de la caisse d'allocations familiales du 4 novembre 2020 mettant à sa charge une somme de 1 407,66 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période de janvier 2019 à octobre 2020.
2°) d'ordonner le remboursement des sommes prélevées, à hauteur de la somme de 935,78 euros, arrêtée à la date du mois d'avril 2021 ;
3°) de le rétablir dans ses droits au revenu de solidarité active ;
4°) de lui accorder une remise de sa dette ;
5°) de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône le versement, à son conseil, d'une somme de 2 000,00 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait, en ce que d'une part, les ressources non déclarées correspondent à des remboursements de sommes avancées par lui et d'autre part, il est hébergé à titre gratuit depuis 2018 chez ses parents et non locataire, comme il l'a indiqué dans ses déclarations ;
- un remboursement des indus mis à sa charge lui causerait un préjudice financier non négligeable.
Le 25 avril 2022, le département des Bouches-du-Rhône a produit l'entier dossier en application des dispositions de l'article R. 772-8 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2023, le département des Bouches-du-Rhône conclut au non-lieu à statuer sur l'indu INK002 et au rejet de la requête pour le surplus.
Par courrier du 3 octobre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin de remise de dette des indus de revenu de solidarité dès lors que, dans son recours administratif préalable obligatoire du 16 décembre 2020, le requérant a seulement contesté le bien-fondé de ces indus.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Charbit, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Charbit, rapporteure,
- et les observations de Mme B et de Mme D représentant le département des Bouches-du-Rhône.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été bénéficiaire du revenu de solidarité active dans le département des Bouches-du-Rhône à compter de 2011. Dans le cadre de la vérification des droits aux prestations, à la suite d'un contrôle diligenté par un agent assermenté, effectué le 21 août 2020, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône lui a, par courrier du 20 octobre 2020, demandé le reversement d'une somme de 3 858,24 euros correspondant à un trop-perçu de revenu de solidarité active constitué sur la période de janvier 2019 à août 2020 (INK001) et par courrier du 4 novembre 2020, demandé le reversement d'une somme de 1 407,66 euros correspondant à un trop-perçu de revenu de solidarité active constitué sur la période de
janvier 2019 à octobre 2020 (INK002). Par un recours administratif préalable du
16 décembre 2020, adressé au président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône,
M. C a contesté le bien-fondé de ces indus. A la suite d'une décision de la commission de recours amiable du 26 février 2020, la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a, le 17 mars 2021, confirmé l'existence des indus précités. M. C demande l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Il résulte de l'instruction qu'après réexamen de la situation de M. C, la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a reconsidéré sa position et a émis un bordereau en date du 30 octobre 2023, portant annulation de la créance INK002 sur la période de
janvier 2019 à octobre 2020. Par suite, les conclusions relatives au revenu de solidarité active en tant qu'elles portent sur cet indu sont devenues sans objet.
Sur l'étendue du litige :
3. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active (). La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Aux termes de l'article L. 262-47 de ce code : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article
L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ".
4. Si la décision prise par l'administration sur une demande de remise d'un indu de revenu de solidarité active n'a pas à faire obligatoirement l'objet d'un recours administratif avant la saisine du juge, l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles impose néanmoins à la personne demandant une remise gracieuse de sa dette de solliciter l'autorité administrative avant de saisir le juge. Le recours administratif préalable daté du
16 décembre 2020 tend uniquement à contester le bien-fondé des indus mis à la charge de
M. C par une décision du 20 octobre 2020 et une décision du 4 novembre 2020 et non à en demander la remise gracieuse. En l'absence de justification de l'existence d'une telle demande, les conclusions de la requête à fin de remise de dette sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
5. En premier lieu, la décision attaquée comporte les éléments de droit et de fait qui la fonde. Ainsi, elle se réfère notamment à la nature des revenus que M. C n'a pas déclarés, à la période de perception indue et à l'existence de fausses déclarations de l'intéressé. Contrairement aux allégations du requérant, les modalités de liquidation de l'indu et le montant de ce dernier lui sont, par ailleurs, précisés dans la décision contestée. Ainsi, cette décision est suffisamment motivée au regard des prescriptions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration reprenant celles de l'article 3 de la loi du 11 juillet 1979.
6. En second lieu, lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
7. Aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux.() " . Aux termes de l'article R. 262-11 du même code : " Pour l'application de l'article R. 262-6, il n'est pas tenu compte : () 14° Des aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation ; (). ". Aux termes de l'article R. 262-14 du même code : " Sur décision individuelle du président du conseil départemental au vu de la situation exceptionnelle du demandeur au regard de son insertion sociale et professionnelle, il n'est pas tenu compte des libéralités consenties aux membres du foyer. ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ". Il résulte de ces dispositions que, pour déterminer ses droits au revenu de solidarité active, le demandeur doit déclarer l'ensemble des ressources perçues par lui-même et par toutes les personnes composant le foyer.
8. Les indus de revenu de solidarité active mis à la charge de M. C ont pour origine la prise en compte, au titre de ses ressources, notamment, d'aides financières de sa famille qu'il a omis de déclarer. Il résulte de l'instruction, et notamment du contrôle effectué le 21 août 2020 dans le cadre de la vérification des droits aux prestations que M. C a bénéficié de virements sur son compte bancaire. Alors que le conseil départemental fait valoir qu'il a procédé à un nouveau calcul des droits au revenu de solidarité active de M. C, en intégrant aux déclarations trimestrielles de l'intéressé seulement certaines sommes au titre des libéralités
(200 € en décembre 2018, 300 € en mai 2019, 500 € en décembre 2019 et 250 € en mai 2020), le requérant, en se bornant à produire ses seuls relevés de compte, n'établit pas que ces sommes correspondent à des remboursements effectués par ses parents pour des dépenses qu'il aurait engagées pour leur compte. Ainsi, ces sommes ne pouvaient être regardées comme devant être exclues des ressources prises en compte pour le calcul du revenu de solidarité active.
9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône du 20 octobre 2020 mettant à sa charge une somme de 3 858,24 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période de janvier 2019 à août 2020. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
10. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : le présent jugement sera notifié à M. A C, au département des Bouches-du-Rhône et au ministre des solidarités et des familles.
Copie à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2023.
La magistrate désignée,
signé
C. CHARBITLa greffière,
signé
M.F. BONCET
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et des familles en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026