mercredi 22 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2104348 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | LUCCHINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 mai 2021, M. A B, représenté par Me Lucchini, demande au tribunal :
1°) de condamner la ville de Marseille à lui verser la somme de " 20 400 " euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait d'agissements constitutifs d'un harcèlement moral ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été victime de faits constitutifs de harcèlement moral dans l'exercice de ses fonctions ;
- du fait de son évincement des astreintes de nuit et le week-end, il a subi un préjudice financier estimé à 2 400 euros ;
- l'administration doit réparer son préjudice résultant de troubles dans ses conditions d'existence, notamment eu égard à la dégradation de son état de santé, à hauteur de 20 000 euros.
La requête a été communiquée à la ville de Marseille, qui n'a pas produit de mémoire en défense avant la clôture de l'instruction, intervenue le 12 juillet 2022, malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 17 mars 2022 en application des dispositions de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Un mémoire présenté par la ville de Marseille a été enregistré le 3 novembre 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 2016-200 du 26 février 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, admis à la retraite en janvier 2020, était adjoint territorial de 1ère classe à la ville de Marseille et exerçait les fonctions de chauffeur d'un adjoint municipal depuis 1995. A la suite d'une réorganisation du service intervenue en 2018, M. B a été affecté au " pool " automobile. Estimant être victime d'agissements constitutifs d'un harcèlement moral de la part de sa hiérarchie, M. B a, par courrier du 16 février 2021, demandé au maire de Marseille de lui verser la somme de 20 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de ces agissements. Cette demande étant restée sans réponse, par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner la ville de Marseille à lui verser la somme de " 20 400 " euros.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. () / Les dispositions du présent article sont applicables aux agents non titulaires de droit public ".
3. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
4. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.
5. Pour justifier de l'existence d'un harcèlement moral, M. B expose que depuis la réorganisation du service des chauffeurs en 2018, son supérieur hiérarchique direct n'a eu de cesse de le " traiter différemment de ses collègues ". Il fait également valoir que sa hiérarchie a fait montre de mépris à son égard.
6. Si M. B se plaint d'abord de ce que son supérieur hiérarchique l'aurait évincé du tableau des astreintes à compter d'avril 2019, il n'établit pas que l'intérêt du service justifiait que son supérieur lui confiât des astreintes qui, en tout état de cause, ne constituaient pas un droit pour lui S'il soutient ensuite qu'il se serait vu imposer ses dates de congés annuels ou refuser les entretiens avec sa hiérarchie qu'il sollicitait, il n'apporte aucun élément utile à l'appui de ses allégations. Le requérant soutient encore qu'il n'aurait pas bénéficié d'un avancement comparable à celui de ses collègues alors qu'il remplissait les conditions statutaires pour être promu au grade d'agent de maîtrise. Toutefois, alors que la réussite à un examen professionnel d'agent de maîtrise ne donne pas au lauréat un droit à être nommé dans ce grade, l'intéressé n'apporte aucun élément permettant d'établir qu'il aurait été désavantagé par rapport à ses collègues dont les mérites ou l'ancienneté seraient inférieurs aux siens. En outre, pour soutenir que sa hiérarchie refusait de faire droit à ses demandes sans motif légitime, M. B fait valoir qu'il n'a été fait droit ni la protection fonctionnelle qu'il a sollicitée en juillet 2019 ni à sa demande du 26 juin 2019 de permutation de ses missions avec un collègue. Toutefois, d'une part, l'autorité territoriale n'est pas tenue d'octroyer la protection fonctionnelle demandée par un agent si elle estime que le harcèlement moral mis en avant n'est pas caractérisé par les éléments invoqués par l'intéressé, tandis que le refus d'accorder la protection fonctionnelle ne saurait, à lui seul, être constitutif d'un indice de harcèlement moral, alors même qu'il serait infondé, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. D'autre part, M. B ne justifie pas, par les pièces qu'il produit, que ses collègues auraient bénéficié de la possibilité de permuter leurs missions, laquelle permutation constitue, au demeurant, une simple tolérance comme le reconnaît l'intéressé lui-même. Enfin, s'il ressort des certificats médicaux produits que le requérant souffre depuis 2018 d'un syndrome anxieux aigu rendant nécessaire un changement de poste, ces constatations médicales, qui reposent sur les seules déclarations de l'intéressé, ne sont pas de nature à établir que sa pathologie serait liée à la dégradation de ses conditions de travail. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le médecin du travail aurait préconisé un changement d'affectation de l'intéressé. Quant aux attestations dont se prévaut M. B, émanant de proches ou de parents et étant peu circonstanciées, elles sont insuffisamment probantes pour faire présumer l'existence d'un harcèlement moral.
7. Par suite, les éléments de fait allégués par M. B ne sont pas susceptibles de faire présumer l'existence d'une situation de harcèlement moral. Il en résulte que M. B n'est pas fondé à soutenir que la responsabilité de la ville de Marseille doit être engagée à raison de ces agissements. Par suite, ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la ville de Marseille, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ville de Marseille.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
F. Gaspard-Truc
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026