lundi 10 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105025 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LELIEVRE SAINT-PIERRE |
Vu la procédure suivante :
O une requête enregistrée le 7 juin 2021, Mme K M, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de ses fils B et I E, et
Mme C E, représentés O Me Saint Pierre, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) à titre principal, de désigner un collège d'experts composé d'un gynécologue-obstétricien et d'un neuropédiatre en leur confiant une mission complète relative à la responsabilité médico-hospitalière portant sur les conditions dans lesquelles Mme M a été prise en charge au sein du centre hospitalier de Gap, à compter du 14 janvier 2005 pour son suivi obstétrique, puis au sein de l'hôpital Nord, à compter du 9 mars 2005, pour l'accouchement de ses enfants jumeaux ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner solidairement le centre hospitalier de Gap ainsi que l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) à verser à Mme M la somme de 15 000 000 euros en sa qualité de représentante légale de son fils B E en réparation de l'ensemble des préjudices qu'il a subis en raison des complications survenues lors de sa naissance, ainsi que la somme de 400 000 euros en réparation des préjudices subis O Mattéo E et la somme de 200 000 euros en réparation des préjudices subis O Anaïs E et enfin la somme de 700 000 euros en réparation du préjudice personnel de Mme M ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, affections iatrogènes et infections nosocomiales (ONIAM) à réparer les conséquences des accidents médicaux non fautifs identifiés, notamment celui survenu au décours de l'intervention chirurgicale subie O B E le 21 juillet 2005 ;
4°) de mettre à la charge, selon le cas, du centre hospitalier de Gap, de l'AP-HM et de la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) ou de l'ONIAM le versement à
Mme M d'une somme de 50 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en sa qualité de représentante légale de son fils B E, ainsi qu'une somme de 5 000 euros à chacun des autres requérants sous les mêmes conditions.
5°) d'assortir ces sommes des intérêts au taux légal capitalisés à compter du 2 avril 2018.
Elles soutiennent que :
- les experts n'ont tenu aucune discussion médico-légale sur la prise en charge de la broncho-dysplasie et les troubles respiratoires associés en réanimation, puis en service de néonatologie à l'AP-HM, enfin au centre hospitalier de Gap ; ils ne se sont pas prononcés sur la conformité des décisions médicales relatives aux ventilations mécaniques et à leur sevrage aux données acquises de la science ;
- les experts n'ont pas analysé les conditions de retour à domicile d'Enzo, en particulier la décision de ne pas prévoir de ventilation assistée le 3 août 2005 et sans consignes particulières données aux parents, ni les conditions de sortie de l'hôpital de Gap en septembre 2005 après une première alerte respiratoire ;
- ils n'ont pas tenu de discussion médico-légale portant sur l'origine de la détresse respiratoire au réveil de l'intervention chirurgicale du 21 juillet 2005 qui a nécessité un séjour en réanimation ;
- ils ne se sont pas prononcés sur l'étiologie des troubles neurologiques et des lésions cérébrales de manière circonstanciée alors que de telles lésions étaient absentes dans les premières semaines de vie et qu'elles ne sont apparues que postérieurement à un ultime épisode hypoxique en septembre 2005 ;
- la responsabilité de l'AP-HM et du centre hospitalier de Gap est engagée dès lors que la prise en charge des troubles respiratoires d'Enzo n'était pas conforme et qu'elle est à l'origine de ses lésions cérébrales et de ses troubles neurologiques associés ;
- à titre subsidiaire, la détresse respiratoire survenue au décours de l'anesthésie du
21 juillet 2005 constituait un accident médical non fautif ouvrant droit à indemnisation O l'ONIAM ;
- B E, représenté O sa mère, a droit à être indemnisé au titre de ses préjudices patrimoniaux à hauteur de 13 000 000 euros, et de ses préjudices extrapatrimoniaux à hauteur de 2 000 000 euros, Mme M a droit à être indemnisée de ses préjudices patrimoniaux à hauteur de 500 000 euros et de ses préjudices extrapatrimoniaux à hauteur de 200 000 euros,
M. I E, représenté O sa mère, a droit à être indemnisé de ses préjudices patrimoniaux à hauteur de 200 000 euros et de ses préjudices extrapatrimoniaux à hauteur de 200 000 euros et Mme C E de ses préjudices patrimoniaux à hauteur de 100 000 euros et de ses préjudices extrapatrimoniaux à hauteur de 100 000 euros.
O un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2021, l'AP-HM et la SHAM, représentées O Me Deguitre, concluent au rejet de la requête.
Elles font valoir que la réalisation d'une nouvelle expertise est inutile et qu'en conséquence les prétentions indemnitaires de la requérante doivent être rejetées.
O un mémoire, enregistré le 8 juillet 2021, la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes informe le tribunal qu'elle n'entend pas intervenir dans l'instance.
O un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2021, le centre hospitalier de Gap, représenté O Me Zandotti, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les experts ont conclu que la prise en charge médicale de
Mme M O le centre hospitalier de Gap a été irréprochable et que cette conclusion a été expliquée à la requérante au cours d'une réunion d'expertise du 22 juin 2020, que les requérantes ne versent aucune pièce aux débats de nature à contredire la position des experts, qu'au surplus les demandes indemnitaires de Mme M ne sont pas individualisées mais évaluées de manière forfaitaire.
O un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2022, l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté O Me Welsch, conclut ne pas s'opposer pas à la demande de nouvelle expertise de Mme M et au rejet des prétentions indemnitaires des requérants.
Il fait valoir que s'il ne s'oppose pas à la réalisation d'une nouvelle expertise, les conclusions expertales concluent à l'absence de lien de causalité entre les préjudices d'Enzo E et un acte de soins, de sorte que les conditions d'engagement de la solidarité nationale ne sont pas remplies.
O un mémoire en intervention, enregistré le 8 septembre 2022, M. A E, représenté O Me Louis Saint-Pierre, agissant en son nom personnel et en qualité de représentant légal de ses enfants mineurs H et F E, fait valoir que M. B E est décédé le 29 avril 2022, qu'il intervient, ainsi que ses enfants, aux droits de M. B E et qu'il entend poursuivre la procédure initiée.
Mme M a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale O une décision du 5 juillet 2021.
Vu :
- l'ordonnance n° 1906730 du 16 janvier 2020 O laquelle le juge des référés du Tribunal a désigné le docteur G en qualité d'expert ;
- le rapport d'expertise du docteur G remis le 15 septembre 2020 ;
- l'ordonnance n° 1906730 de la présidente du tribunal administratif de Marseille du
19 janvier 2021 taxant les frais et honoraires du docteur G à la somme de 5 760 euros ;
- la décision désignant le docteur L N, en qualité de sapiteur ;
- le rapport d'expertise du docteur L N remis le 21 septembre 2020 ;
- l'ordonnance n° 1906730 de la présidente du tribunal administratif de Marseille du
19 janvier 2021 taxant les frais et honoraires du docteur L N à la somme de
2 500 euros ;
- la décision désignant M. J, en qualité de sapiteur ;
- le rapport d'expertise de M. J, remis le 3 décembre 2020 ;
- l'ordonnance n° 1906730 du 19 janvier 2021 taxant les frais et honoraires de M. J à la somme de 3 214,80 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Ricard, rapporteur public ;
- et les observations de Me Saint Pierre pour les requérantes et Me Deguitre pour
l'AP-HM et la SHAM.
Considérant ce qui suit :
1. Mme M a débuté une grossesse gémellaire qui s'est déroulée sans difficulté jusqu'au 3 mars 2005. Alors qu'elle observait vingt-quatre semaines d'aménorrhée, elle a été admise le 4 mars 2005 au centre hospitalier de Gap pour la surveillance et le traitement de ses contractions utérines. Le 9 mars 2005, deux jours après son retour à domicile, l'intéressée a été de nouveau hospitalisée pour un écoulement de liquide amniotique. Transférée à l'hôpital Nord de Marseille en maternité de niveau trois, et alors qu'elle présentait une rupture prématurée des membranes, elle a accouché le 13 mars 2005 de deux jumeaux O voie basse à vingt-cinq semaines d'aménorrhée et cinq jours. Présentant une détresse respiratoire, l'enfant B a fait l'objet d'une intubation, d'une ventilation et d'une antibiothérapie avant d'être transféré en service de réanimation de l'hôpital Nord de Marseille jusqu'au 30 mai 2005. Au cours de ce séjour, l'enfant a notamment présenté des épisodes de bradycardie, désaturation et une dysplasie bronchopulmonaire sévère. Après un sevrage progressif de la ventilation mécanique, B a quitté le service de réanimation pour être transféré en service de néonatologie du même hôpital. Le
19 mai 2005 une échographie trans fontanellaire a mis en évidence une anomalie, en l'espèce une hémorragie sous épendymaire bilatérale. Une IRM pratiquée le 26 mai 2005 a mis en évidence des séquelles discrètes d'hémorragie sous épendymaire bilatérale. Dans les suites immédiates de son opération pour une hernie inguinale gauche réalisée le 21 juillet 2005, B a présenté une désaturation à son réveil qui a nécessité son transfert en service de réanimation de l'AP-HM jusqu'au 25 juillet suivant. Les suites ont été marquées O plusieurs séjours au centre hospitalier de Gap pour des malaises avec apnées et cyanose, reflux gastro-oesophagien et suspicion d'épilepsie les 3 et 24 septembre 2005, ainsi qu'un séjour en service de néonatologie de l'AP-HM jusqu'au 4 novembre suivant au cours duquel des troubles neurologiques ont notamment été constatés. A la suite de la remise des rapports de l'expertise diligentée O le tribunal, les requérants ont saisi l'AP-HM, le centre hospitalier de Gap ainsi que l'ONIAM O courriers reçus le
2 avril 2021 d'une demande d'indemnisation des conséquences de l'accident médical qui s'est produit à l'occasion de la naissance d'Enzo qui ont été implicitement rejetées. Les requérants, estimant que les expertises sont incomplètes, demandent au tribunal, à titre principal de diligenter une nouvelle expertise médicale et à titre subsidiaire d'accueillir leurs conclusions indemnitaires à l'encontre de l'AP-HM, du centre hospitalier de Gap ou de l'ONIAM.
Sur la recevabilité de l'intervention de M. A E, H E et Louka E :
2. M. A E en sa qualité d'ayant-droit de M. B E, décédé le 29 avril 2022 et de représentant légal de ses enfants mineurs H et F E, tous trois héritiers de
M. B E, sont recevables dans leur intervention à la présente instance.
Sur la responsabilité :
3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () / ".
4. Il résulte de l'instruction et notamment des rapports d'expertise des docteurs G et L qu'Enzo E a présenté une bronchodyplasie avec déformation thoracique qui a nécessité une prise en charge médicale, laquelle, en l'espèce a été conforme aux recommandations de prise en charge des enfants nés en état d'extrême prématurité comme tel était le cas d'Enzo. En outre, les experts concluent sans ambiguïté que l'ensemble des complications survenues, y compris neurologiques, dont il n'est pas contesté qu'elles ont fait l'objet d'une discussion médico-légale au cours des réunions d'expertises en présence de Mme M et de son conseil, sont en lien direct avec les séquelles de l'extrême prématurité d'Enzo. A cet égard, si l'expert pédiatre constate que l'enfant a présenté, le 13 mai 2005, une échographie transfontanellaire douteuse au niveau péri ventriculaire et, le 19 mai suivant, que le même examen a mis en évidence une hémorragie sous épendymaire bilatérale avec doute sur une possible hémorragie intra-ventriculaire gauche et droite et un parenchyme anormal en péri ventriculaire, ces hémorragies intra ventriculaires sont documentées comme étant à l'origine, si elles sont associées à une leucomalacie péri ventriculaire, de la survenance de déficits neurologiques ultérieurs. L'expert pédiatre en conclut que ces hémorragies sont à l'origine des déficits neurologiques d'Enzo, lesquels résultent des séquelles de sa naissance prématurée. O suite, en l'absence de toute faute constatée et alors que les requérantes ne produisent aucune pièce de nature médicale, notamment concernant la prise en charge d'Enzo en service de réanimation, de nature à remettre en cause la complétude des conclusions expertales, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que la responsabilité de l'AP-HM et du centre hospitalier de Gap est engagée.
Sur le droit à indemnisation au titre de la solidarité nationale :
5. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé O décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. () ". Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1.
6. Il résulte de l'instruction et notamment des rapports d'expertise du docteur G et du docteur L, qu'ainsi qu'il a été dit au point 3, que les séquelles d'Enzo, qui sont le résultat exclusif des conséquences de sa naissance en état d'extrême précarité, ne peuvent être regardées comme directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins qui lui ont été dispensés depuis sa naissance. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à solliciter l'indemnisation des préjudices d'Enzo ou de leurs préjudices personnels au titre de la solidarité nationale.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit nécessaire de diligenter une nouvelle expertise médicale, que les conclusions aux fins d'indemnisation présentées O
Mme M et Mme C E ainsi que les conclusions en intervention de M. A E doivent être rejetées ainsi que, O suite, les conclusions présentées en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur la déclaration de jugement commun :
8. La caisse primaire centrale d'assurance maladie des Hautes-Alpes, mise en cause, n'a pas produit de mémoire. O suite, il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur les frais d'expertise :
9. Mme M ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale O décision du 5 juillet 2021, il y a lieu de mettre à la charge définitive de l'Etat-Trésor Public les frais de l'expertise du docteur G, qui ont été liquidés et taxés à la somme de 5 760 euros O ordonnance de la présidente du tribunal du 19 janvier 2021, de l'expertise du
docteur L N, qui ont été liquidés et taxés à la somme de 2 500 euros O ordonnance du même jour, et de l'expertise de M. J, qui ont été liquidés et taxés à la somme de
3 214,80 euros O ordonnance du même jour.
DECIDE :
Article 1er : L'intervention de M. E est admise.
Article 2 : La requête de Mme M et de Mme E est rejetée.
Article 3 : Les frais de l'expertise du docteur G, liquidés et taxés à la somme de 5 760 euros O ordonnance de la présidente du tribunal du 19 janvier 2021, de l'expertise du
docteur L N, liquidés et taxés à la somme de 2 500 euros O ordonnance du même jour, et de l'expertise de M. J, liquidés et taxés à la somme de 3 214,80 euros O ordonnance du même jour sont mis à la charge définitive de l'Etat-Trésor Public.
Article 4 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Hautes-Alpes.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme K M et Mme C E, à M. A E, à l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille, la société hospitalière d'assurances mutuelles, au centre hospitalier de Gap, à l'office national des accidents médicaux, des infections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Hautes-Alpes.
Copie en sera adressée au docteur G, au docteur L N et à M. J.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Journoud, conseillère,
Assistées de Mme Ibram, greffière.
Rendu public O mise à disposition au greffe le 10 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
E. D La présidente,
signé
I. HOGEDEZ
La greffière,
signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026