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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2105066

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2105066

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2105066
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantBOUSCASSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 juin 2021 et le 16 septembre 2021, M. B A C, représenté par Me Bouscasse, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la réduction des bases d'imposition des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti à raison des revenus distribués par la société " La Calanque de Sormiou " à hauteur d'une somme de 4 080 euros au titre de l'année 2013 et d'une somme de 589 euros au titre de l'année 2014 ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'administration n'apporte pas la preuve qu'il a appréhendé les revenus distribués en cause par sa seule qualité de maître de l'affaire ni sur le fondement du 2° de l'article 109.1 du code général des impôts au titre de l'année 2013, ni sur celui du c de l'article 111 du même code au titre de l'année 2014 ;

- il doit être déchargé par voie de conséquence des pénalités appliquées aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales correspondant à ces revenus.

Par un mémoire, enregistré le 30 août 2021, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'elle entend substituer le c de l'article 111 du code général des impôts au 2° de l'article 109.1 du code général des impôts pour fonder les rehaussements au titre de l'année 2014 et que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 18 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 8 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Claudé-Mougel, rapporteur,

- et les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'une vérification de comptabilité de la société " La Calanque de Sormiou " dont il était gérant et associé, M. A C a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2013 à 2015 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, en qualité de maître de l'affaire. Il demande au tribunal de prononcer la réduction de la base d'imposition des revenus que l'administration a considérés comme lui ayant été distribués par cette société au cours des années 2013 et 2014, en la limitant respectivement à des sommes de 4 080 euros et de 589 euros.

Sur le bien-fondé de l'imposition :

En ce qui concerne les revenus distribués en 2013 :

2. D'une part, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. () ". S'il n'a pas donné lieu, en l'absence de solde bénéficiaire, à l'établissement d'une cotisation d'impôt sur les sociétés, le rehaussement des résultats d'une société ne saurait par lui-même révéler l'existence de bénéfices ou produits non mis en réserve ou incorporés au capital, taxables entre les mains de leur bénéficiaire comme revenus distribués. Pour soumettre à l'impôt sur le revenu de tels revenus sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, il incombe à l'administration d'établir qu'ils ont été mis à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts. La circonstance que le contribuable que l'administration entend imposer soit le maître de l'affaire est à cet égard sans incidence.

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. (). ". Il appartient toujours à l'administration d'établir l'appréhension par le contribuable des revenus réputés distribués qu'elle impose entre ses mains, quelle que soit la procédure d'imposition suivie, même si, en application de ces dispositions, il revient au contribuable qui n'a pas produit d'observations à la proposition de rectification dans le délai qui lui était ouvert, de démontrer le caractère exagéré des impositions mises à sa charge en résultant.

4. Il résulte de l'instruction que le résultat de la société " La Calanque de Sormiou " était déficitaire au titre de l'exercice clos en 2013 et que, comme elle l'indique en défense, l'administration entend ainsi fonder les impositions en litige uniquement sur le 2° du 1. de l'article 109 du code général des impôts, et non plus également sur le 1° du même article. Toutefois, en se fondant uniquement sur sa qualité de maître de l'affaire, l'administration ne démontre pas l'appréhension par M. A C de revenus distribués par cette société alors que, contrairement à ce qu'elle fait valoir, la preuve de cette appréhension lui incombe quand bien même, ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, ce dernier n'aurait pas présenté, dans le délai qui lui était imparti à cette fin, d'observations sur la proposition de rectification du 9 décembre 2016 qui lui a été notifiée au titre de l'année 2013. Le requérant est dès lors fondé à demander que la base d'imposition des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux soit réduite à une somme de 4 080 euros.

En ce qui concerne les revenus distribués en 2014 :

5. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () c. Les rémunérations et avantages occultes ; () ". Les bénéfices résultant de recettes non comptabilisées réintégrés dans le résultat d'une société ne peuvent de ce seul fait, être regardés comme distribués au maître de l'affaire sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts, à défaut pour l'administration d'établir à tout le moins l'existence de rémunérations ou avantages occultes.

6. Il résulte de l'instruction que l'administration a entendu fonder initialement les rehaussements des revenus de M. A C au titre de l'année 2014 sur le 2° du 1. de l'article 109 du code général des impôts alors que, ainsi qu'il a été dit aux points 2 et 4 du présent jugement, sa qualité de maître de l'affaire est sans incidence sur l'appréhension des revenus distribués en cause. Si elle entend, dans le cadre de la présente instance, substituer à ce fondement celui du c de l'article 111 du même code, cette qualité ne peut suffire à démontrer l'appréhension de revenus distribués par M. A C, alors que l'existence de rémunérations ou d'avantages occultes n'est pas établie. Ce dernier est ainsi fondé à demander que la base d'imposition des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux soit réduite à une somme de 589 euros.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A C est fondé à demander la réduction des bases d'imposition des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti à la somme de 4 080 euros au titre de l'année 2013 et de 589 euros au titre de l'année 2014, et la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales ainsi que des pénalités correspondantes.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à M. A C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Les bases des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles M. A C a été assujetti au titre des années 2013 et 2014 sont ramenées respectivement aux sommes de 4 080 euros et 589 euros.

Article 2 : M. A C est déchargé des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2013 et 2014, et des pénalités correspondantes, à raison de la réduction des bases d'imposition définie à l'article 1er.

Article 3 : L'Etat versera à M. A C la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Menasseyre, présidente,

M. Claudé-Mougel, premier conseiller,

Mme Pouliquen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.

Le rapporteur,

signé

A. Claudé-Mougel La présidente,

signé

A. MenasseyreLa greffière,

signé

A. Vidal

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

5

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