mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105082 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | MAILLARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 juin 2021 et le 31 août 2022, M. A et Mme B C, représentés par Me Maillard, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015 à raison de la réintégration dans le résultat de la SCI Les Cinq, des charges inhérentes aux deux appartements situés 67 avenue Benjamin Delessert à Marseille ;
2°) à titre subsidiaire, la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu afférent à la plus-value réalisée sur la vente, en 2014 et 2015, des appartements situés 67 avenue Benjamin Delessert à Marseille ;
3°) la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu afférent à la plus-value réalisée sur la vente, en 2013 et 2014 des appartements situés 96 impasse de la passerelle à Aubagne ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- à titre principal, les charges déduites du résultat de la société civile immobilière (SCI) Les Cinq sont justifiées dès lors qu'ils ont réalisé les diligences nécessaires pour mettre en location les deux appartements situés 67 avenue Benjamin Delessert à Marseille ;
- à titre subsidiaire, le coût des travaux doit être admis en déduction de la plus-value déclarée lors de la revente de ces deux appartements le 23 décembre 2014 et le 23 mars 2015 ;
- dès lors que les dépenses de travaux réalisés sur l'ensemble immobilier situé 96 impasse de la Passerelle à Aubagne ont été réintégrées au résultat de la SCI Les Cinq, il convient de les admettre en déduction des plus-values réalisées lors de la revente, le 19 décembre 2013 et le 13 mars 2014 de ces appartements ;
- la pénalité pour manquement délibéré n'est pas justifiée dès lors que les activités de marchand de biens ou de constructions de maisons individuelles exercées par les sociétés dans lesquelles M. C est associé, de même que les fonctions de gérance d'une agence de gestion de biens immobiliers exercées par Mme D, ne présument en rien de leurs connaissances fiscales ;
- les biens immobiliers concernés ayant été acquis en vue d'une location, la SCI ayant accompli les diligences nécessaires pour les mettre en location, et n'en ayant pas conservé la jouissance, la non location effective de ces biens ne suffit pas à caractériser la mauvaise foi de sa gérante ou de ses associés ;
- Mme C pensait en toute bonne foi que les loyers impayés se rapportant à des locaux professionnels pouvaient être déduits des revenus fonciers ;
- ni l'intervention de la société Imm'Gest, ni les activités exercées par les sociétés dans lesquelles M. C est associé, ne permettent de déduire que la SCI connaissait les règles de réintégration des régularisations pour charge de copropriété.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 novembre 2021, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 31 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Les Cinq, détenue à hauteur de 50 % chacun par M. et Mme C, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité. À l'issue de celle-ci, l'administration fiscale a remis en cause la déduction de dépenses afférentes à deux appartements situés 67 avenue Benjamin Delessert à Marseille et à deux appartements situés 96 impasse de la Passerelle à Aubagne et a procédé en conséquence à un rehaussement en base du résultat imposable de la SCI. Les associés des SCI étant personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part des bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société, M. et Mme C se sont vus notifier en conséquence, par une proposition de rectification datée du 12 décembre 2017, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2014 et 2015, à raison de leur part dans la SCI. Ils demandent, à titre principal, la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de contributions sociales résultant de la remise en cause de la déduction des dépenses afférentes aux appartements situés 67 avenue Benjamin Delessert et à titre subsidiaire, la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu afférent à la plus-value réalisée sur la vente de ces deux biens, le 23 décembre 2014 et le 23 mars 2015, à raison de la majoration de leur prix d'acquisition afin de prendre en compte le coût des travaux réintégrés dans leur revenu foncier. Les requérants demandent également la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu afférent à la plus-value réalisée sur la vente de deux appartements situés 96 impasse de la Passerelle à Aubagne, le 19 décembre 2013 et le 13 mars 2014, à raison de la majoration de leur prix d'acquisition afin de prendre en compte le coût des travaux réintégrés à leur revenu foncier.
Sur la réintégration au revenu foncier de M. et Mme C, des dépenses afférentes aux appartements situés 67 avenue Benjamin Delessert :
2. Aux termes du 1 de l'article 13 du code général des impôts : " Le bénéfice ou revenu imposable est constitué par l'excédent du produit brut, y compris la valeur des profits et avantages en nature, sur les dépenses effectuées en vue de l'acquisition et de la conservation du revenu ". Aux termes du II de l'article 15 du même code : " Les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu ". Seuls les contribuables ne bénéficiant pas de l'exonération édictée par les dispositions précitées du II de l'article 15 du code général des impôts sont, par voie de conséquence, autorisés à déduire de leurs revenus fonciers compris dans le revenu global soumis à l'impôt sur le revenu, les charges afférentes au logement dont ils sont propriétaires.
3. Il résulte de l'instruction que l'ensemble immobilier situé 67 avenue Benjamin Delessert à Marseille a été acquis le 17 juin 2013 par la SCI Les Cinq, qui l'a rénové et divisé en deux appartements. Ces derniers ont été revendus respectivement le 23 décembre 2014 et le 23 mars 2015 sans avoir jamais été loués.
4. D'une part, M. et Mme C n'ayant jamais perçu de loyer pour les appartements situés au 67 avenue Benjamin Delessert, les dépenses de travaux dont ils demandent la déduction de leurs revenus fonciers n'ont pas été engagées " en vue de l'acquisition et de la conservation du revenu " au sens de l'article 13 du code général des impôts. D'autre part, en se bornant à produire un mandat de gestion accordé à la société IMM'GEST le 1er juillet 2013, une liste de sites internet sur lesquels auraient été déposées par cette même société via le logiciel Périclès des annonces de location des deux biens sans que ce ne soit pour autant établi, ainsi que deux documents intitulés " fiche commercial " comportant une description des deux appartements qui ne démontrent pas, contrairement à ce que soutiennent les requérants, " la gestion de la mise en location par une commerciale ", M. et Mme C ne justifient pas des diligences nécessaires pour donner en location les deux appartements situés 67 avenue Benjamin Delessert. Ils doivent donc être regardés comme s'étant réservé la jouissance de ces biens au sens du II de l'article 15 du code général des impôts. Par suite, ils ne sont pas fondés à soutenir qu'ils pouvaient déduire de leurs revenus fonciers soumis à l'impôt sur le revenu les dépenses exposées au titre de ces logements dont ils sont propriétaires.
Sur la demande de compensation :
5. Aux termes du I de l'article 150 U du code général des impôts : " () les plus-values réalisées par les personnes physiques ou les sociétés ou groupements qui relèvent des articles 8 à 8 ter, lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH ". Aux termes de l'article 150 V du même code : " la plus ou moins-value brute réalisée lors de la cession de biens ou droits mentionnés aux articles 150 U à 150 UC est égale à la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition par le cédant ". Aux termes du II de l'article 150 VB du même code : " Le prix d'acquisition est, sur justificatifs, majoré : () / 4° Des dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration, supportées par le vendeur et réalisées par une entreprise depuis l'achèvement de l'immeuble ou son acquisition si elle est postérieure, lorsqu'elles n'ont pas été déjà prises en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu et qu'elles ne présentent pas le caractère de dépenses locatives. "
6. Aux termes de l'article 203 du livre des procédures fiscales : " Lorsqu'un contribuable demande la décharge ou la réduction d'une imposition quelconque, l'administration peut, à tout moment de la procédure et malgré l'expiration des délais de prescription, effectuer ou demander la compensation dans la limite de l'imposition contestée, entre les dégrèvements reconnus justifiés et les insuffisances ou omissions de toute nature constatées dans l'assiette ou le calcul de l'imposition au cours de l'instruction de la demande ". Aux termes de l'article 205 du même livre : " Les compensations de droits prévues aux articles L. 203 et L. 204 sont opérées dans les mêmes conditions au profit du contribuable à l'encontre duquel l'administration effectue une rectification lorsque ce contribuable invoque une surtaxe commise à son préjudice ou lorsque la rectification fait apparaître une double imposition ". Le droit de compensation prévu par ces dispositions ne peut être opposé que dans la mesure où les surtaxes et les insuffisances appelées à être compensées concernent des impositions établies la même année.
7. M. et Mme C soutiennent que les dépenses de travaux réalisés sur ces quatre biens n'ayant pu être déduites de leurs revenus fonciers, ils sont en droit de demander, pour le calcul de la plus-value immobilière réalisée et imposée lors de la vente de ces immeubles, que leur montant soit ajouté au prix d'acquisition de l'immeuble en application de l'article 150 VB du code général des impôts. Ils doivent donc être regardés comme demandant que les cotisations supplémentaires auxquelles ils ont été assujettis en 2014 et 2015 soient compensées par la réduction de la plus-value résultant de la réintégration de ces sommes dans le prix d'acquisition des quatre appartements cédés.
8. Toutefois, en premier lieu, l'appartement situé au 96 impasse de la Passerelle à Aubagne et vendu le 19 décembre 2013 a généré une plus-value imposable en 2013, année antérieure aux années des impositions en litige. Une compensation ne peut donc être opérée entre l'impôt sur le revenu au titre des années 2014 et 2015 et l'imposition afférente à la plus-value réalisée à l'occasion de la vente de ce bien.
9. En deuxième lieu, l'administration a refusé la déduction des revenus des requérants, des sommes de 135 048 euros et 3 171 euros correspondant à des travaux réalisés respectivement en 2012 et 2013 sur le second appartement situé au 96 impasse de la Passerelle à Aubagne, vendu le 13 mars 2014. Elle a également refusé la déduction des revenus des requérants, de la somme de 32 515 euros correspondant à des travaux réalisés en 2013 sur un appartement situé au 67 avenue Benjamin Delessert à Marseille, vendu le 23 décembre 2014. Le service a, en conséquence, annulé le déficit foncier reportable, déclaré par les requérants au titre des années 2012 et 2013. Ces derniers ne sont donc pas fondés à demander de compenser l'annulation du déficit reportable créé en 2012 et 2013, par la déduction des charges précitées pour le calcul de plus-values réalisées en 2014.
10. En troisième lieu, si les requérants demandent de déduire de la plus-value réalisée à l'occasion de la vente, le 23 décembre 2014, de l'appartement situé au 67 avenue Benjamin Delessert à Marseille, la somme de 1 500 euros, il résulte de l'instruction que celle-ci correspond à une facture émise par la SARL Batim Soft Architecture pour l'obtention et la régularisation de permis de construire. Cette somme ne correspond donc pas à des " dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration " au sens de l'article 150 VB du code général des impôts. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à demander de déduire la somme de 1 500 euros de la plus-value réalisée le 23 décembre 2014.
11. Enfin, et en tout état de cause, il résulte de l'avis d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2014 de M. et Mme C versé aux débats, qu'il ne mentionne aucune imposition au titre des plus-values.
12. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à solliciter une compensation entre les impositions acquittées par la SCI Les Cinq sur les plus-values immobilières réalisées entre 2013 et 2015 et les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015.
Sur les pénalités :
13. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ".
14. Pour établir le caractère délibéré du manquement, l'administration, qui supporte la charge de la preuve, fait valoir que M. et Mme C sont titulaires de parts dans quatre autres SCI de gestion et dans des SCI de construction-vente, que M. C est gérant de la société Camela Travaux dont l'objet est la construction et la rénovation de tout corps d'état, que la gérante, Mme D, également gérante de la SARL Imm'Gest et fille des requérants, est une professionnelle de l'immobilier et que les associés ont pu bénéficier de ses conseils. Eu égard à la qualité de professionnels de l'immobilier des parties en cause et aux liens familiaux existant entre M. et Mme C, qui à eux deux détiennent l'intégralité de la société, et la gérante de cette dernière, l'administration établit suffisamment, ce faisant, tant le caractère délibéré des manquements qu'elle a relevés que la part que les requérants y ont personnellement prise. Ils ne sont donc pas fondés à demander la décharge des pénalités infligées par l'administration sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts.
15. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme C doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et Mme B C et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente rapporteure,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
La rapporteure,
signé
G. Pouliquen
La présidente,
signé
A. MenasseyreLa greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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