mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105185 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | JAULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juin 2021, M. B C, représenté par Me Jaulin, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales ainsi que des majorations auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017, à raison de la plus-value réalisée sur la vente de la maison située 300 chemin de la Campane à Aix-en-Provence ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la taxation d'office a été appliquée indûment ;
- la maison d'Aix-en-Provence constituait sa résidence principale au sens et pour l'application du 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts ;
- le délai de deux ans et demi doit être regardé comme un délai normal de vente, au regard de sa volonté de vendre au meilleur prix, du prix fixé par les agences immobilières, de l'état du marché immobilier aixois, des problèmes d'humidité apparus et de la non obtention du prêt par un acquéreur ;
- la location partielle du bien (studio) ne remet pas en cause le bénéfice de l'exonération de plus-value au titre de la résidence principale ;
- la majoration de 40 % prévue par l'article 1728 du code général des impôts pour défaut de production de la déclaration de plus-value dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure ne trouve pas à s'appliquer.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 novembre 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 mars 2023 :
- le rapport de Mme Charbit, rapporteure,
- les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hamila substituant Me Jaulin, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et Mme A, alors en instance de divorce, ont vendu, le 20 janvier 2017, un bien dont ils étaient copropriétaires indivis, en réalisant une plus-value de 117 539 euros. Il a été stipulé dans l'acte de cession que ce bien constituait la résidence principale des vendeurs jusqu'à leur séparation et que l'opération était, en conséquence, exonérée d'impôt sur le revenu en application des dispositions du 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts. M. C doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales ainsi que de l'application de la pénalité de 40 % auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 à raison de la plus-value réalisée sur la vente de la maison située 300, chemin de la Campane à Aix-en-Provence (section MO n° 451, lieudit saint Martin de Célony).
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales dans sa rédaction alors applicable : " Sont taxés d'office : 1° A l'impôt sur le revenu, les contribuables qui n'ont pas déposé dans le délai légal la déclaration d'ensemble de leurs revenus ou qui n'ont pas déclaré, en application des articles des articles 150-0 E et 150 VG du code général des impôts, les plus-values imposables qu'ils ont réalisées, sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 67 () ". Aux termes de l'article L. 67 du même livre : " La procédure de taxation d'office prévue aux 1° et 4° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une première mise en demeure. () ".
3. Il est constant que M. C n'a déclaré aucune plus-value immobilière au titre de la vente qu'il a réalisée le 20 janvier 2017 et que l'administration fiscale lui a adressé le 26 août 2020 une mise en demeure de déposer les déclarations n° 2048-IMM, 2048-M et 2048 bis. Aucune déclaration n'ayant été déposée dans les trente jours suivant la réception de la mise en demeure, l'administration fiscale, estimant que le bien immobilier ne constituait pas la résidence principale de M. C et de Mme A, a fait application de la procédure de taxation d'office prévue aux articles L. 66-1° et L. 67 du livre des procédures fiscales. La circonstance selon laquelle le service, par courrier du 20 novembre 2020, lui a indiqué la possibilité de souscrire une déclaration assortie de la mention " néant " ne saurait être interprétée comme ayant ajouté une condition à la loi fiscale, s'agissant d'une simple possibilité évitant la procédure de taxation d'office. Par suite le moyen tiré de ce que l'administration aurait illégalement subordonné le bénéfice des garanties attachées à la procédure contradictoire à la souscription d'une déclaration doit être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
4. Aux termes de l'article 150 U du code général des impôts : " I.- Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques (), lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH. () / II.- Les dispositions du I ne s'appliquent pas aux immeubles, aux parties d'immeubles ou aux droits relatifs à ces biens : 1° Qui constituent la résidence principale du cédant au jour de la cession () ; / () 3° Qui constituent les dépendances immédiates et nécessaires des biens mentionnés aux 1° et 2°, à la condition que leur cession intervienne simultanément avec celle desdits immeubles () ". Pour l'application de ces dispositions, un immeuble ne perd pas sa qualité de résidence principale du cédant au jour de la cession du seul fait que celui-ci a libéré les lieux avant ce jour, à condition que le délai pendant lequel l'immeuble est demeuré inoccupé puisse être regardé comme normal. Il en va ainsi lorsque le cédant a accompli les diligences nécessaires, compte tenu des motifs de la cession, des caractéristiques de l'immeuble et du contexte économique et réglementaire local, pour mener à bien cette vente dans les meilleurs délais à compter de la date prévisible du transfert de sa résidence habituelle dans un autre lieu.
5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si un contribuable remplit les conditions légales d'une exonération. M. C ayant été taxé d'office pour défaut de déclaration, malgré une mise en demeure qui lui a été adressée, la charge de la preuve lui incombe en application de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales.
6. Pour remettre en cause le bénéfice de l'exonération prévue par les dispositions précitées du II du 1° de l'article 150 U du code général des impôts, sous l'empire desquelles le contribuable s'était initialement placé, l'administration fiscale a considéré que le bien cédé n'était pas la résidence principale de M. C. Il est constant que l'intéressé avait quitté ce logement dès le 1er juillet 2014, et n'est pas contesté que son épouse était domiciliée sur le territoire de la commune de Venelles dès le 1er janvier 2014. Il résulte également de l'instruction que le bien a été mis en location partiellement dès l'année 2014, comme cela ressort des déclarations des revenus fonciers 2014 et 2015 souscrites par M. C. Le couple a mandaté en mai 2014, deux agences immobilières pour procéder à la vente de leur bien, l'agence Venelles Immobilier, pour le prix de 880 000 euros et l'agence La Forêt, pour le prix de 850 000 euros. Pour justifier du caractère normal du délai qui s'est écoulé entre son départ le 1er juillet 2014 et la vente conclue le 20 janvier 2017, M. C invoque sa volonté de vendre au meilleur prix, le prix fixé par les agences immobilières, l'état du marché immobilier aixois, les problèmes d'humidité apparus et la non obtention du prêt par un acquéreur en novembre 2015. Si l'intéressé fait valoir qu'il a accompli toutes les diligences nécessaires pour mener à bien cette vente dans les meilleurs délais, notamment en signant deux mandats de vente, en sus des deux mandats susvisés, l'un en décembre 2014 avec l'agence Era, l'autre en septembre 2016 avec l'agence Immobilier de France, que le manque de dynamisme du marché immobilier aixois et les remontées d'humidité qui auraient, selon lui, allongé le délai de vente de trois mois, sans que cela ne soit justifié, ont retardé la vente, il ne justifie pas de conditions particulièrement difficiles de cession de ce type de bien, dans le contexte économique des années 2014 à 2016 et ne justifie pas avoir ramené, dans un délai raisonnable, le prix de cession de son bien, au prix du marché, étant précisé que le prix de vente finalement consenti a été de 40 % inférieur au prix de vente initial. Dans ces conditions, le délai pendant lequel l'immeuble a été inoccupé doit être regardé comme anormalement long et l'administration a pu à bon droit estimer que celui-ci avait perdu sa qualité de résidence principale au jour de la cession.
Sur les pénalités :
7. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : () b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai () ".
8. La cession de la maison située à Aix-en-Provence ne portant pas, ainsi qu'il a été indiqué ci-dessus, sur la résidence principale de M. C, ce dernier aurait dû déclarer la plus-value de cession de ce bien. En raison de la non déclaration de cette plus-value, malgré la mise en demeure que l'administration lui a adressée, l'administration était fondée à appliquer la majoration de 40 % prévue par les dispositions précitées du b) de l'article 1728 du code général des impôts, sans que puisse avoir d'incidence sur l'application de cette pénalité la circonstance que M. C, ait cru pouvoir bénéficier de l'exonération de plus-value de cession, alors même que l'acte de vente précise que le notaire a averti les vendeurs que cette exonération est soumise à une appréciation circonstanciée par l'administration fiscale de chaque situation.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente,
M. Claudé-Mougel, premier conseiller,
Mme Charbit, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La rapporteure,
signé
C. Charbit
La présidente,
signé
A. Menasseyre
La greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026