mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105357 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7è Ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | PERROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 juin 2021 et le 14 septembre 2021, M. A B, représenté par Me Perrot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 30 octobre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul et les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré quatre points, un point et trois points à la suite des infractions constatées les 4 juin 2019, 9 août 2019 et 23 juillet 2019 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de rétablir les points illégalement retirés dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu l'information préalable conformément aux dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route avant le prononcé des retraits de points consécutifs aux infractions relevées les 9 août et 23 juillet 2019 ;
-les différentes décisions portant retrait de points ayant concouru au solde nul de son permis de conduire ne lui ont pas été notifiées ;
-la réalité de l'infraction du 4 juin 2019 n'est pas établie dès lors qu'il l'a contestée auprès de l'officier du ministère public et que cela a donné lieu à un classement sans suite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2021, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision référencée " 48 SI " et contre le retrait de points consécutif à l'infraction commise le 4 juin 2019 et au rejet du surplus de la requête.
Il soutient que :
-les points retirés consécutivement aux infractions des 9 août 2019 et 4 juin 2019 ont été restitués à M. B ; la décision 48 SI est réputée avoir été retirée ; les conclusions dirigées contre ces décisions sont dépourvues d'objet ;
- les décisions de retraits de points portant sur les autres infractions antérieures à la décision d'invalidation ont été portées à la connaissance du requérant ;
- il n'appartient pas à la juridiction administrative d'apprécier la réalité des infractions.
Un courrier a été adressé à M. B le 2 novembre 2022, sur le fondement de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.
Par mémoire enregistré le 15 novembre 2022, M. B a indiqué maintenir ses conclusions.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Menasseyre magistrate désignée ;
- les observations de Me Perrot, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée " 48 SI " en date du 30 octobre 2020, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. B et a récapitulé les décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 21 septembre 2020, 4 juin 2019, 9 août 2019 et 23 juillet 2019 qui ont concouru à cette invalidation. M. B demande au tribunal administratif d'annuler la décision référencée " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire ainsi que les décisions de retrait de points du 4 juin 2019, 9 août 2019 et 23 juillet 2019.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B, édité le 27 août 2021, que les mentions relatives à l'infraction du 4 juin 2019, ainsi que celles relatives à la décision " 48 SI " du 30 octobre 2020, ont été supprimées postérieurement à l'introduction de la requête de M. B. Ainsi, l'administration doit être regardée comme ayant, postérieurement à l'introduction de la requête, procédé au retrait de ces décisions. Il s'ensuit que les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " du 30 octobre 2020 et de la décision de retrait de points consécutives à l'infractions du 4 juin 2019 sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors pas lieu d'y statuer. Par ailleurs, le point retiré à la suite de l'infraction constatée le 9 août 2019 avait été restitué avant même l'introduction de la requête qui était, dès son introduction, sans objet sur ce point et donc irrecevable.
3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a seulement lieu pour le tribunal de se prononcer sur la légalité de la décision portant retrait de points intervenue à la suite de l'infraction commise le 23 juillet 2019.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision retirant 3 points à la suite d'une infraction relevée le 23 juillet 2019 :
4. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B que l'infraction relevée le 23 juillet 2019, constatée par procès-verbal électronique, a fait l'objet de l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, lequel établit la réalité des infractions en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code la route. Toutefois, ces mentions ne permettent pas, à elles seules et en l'absence, notamment, de production d'une attestation de paiement ou d'un bordereau de situation émanant du comptable public, d'établir que l'intéressé se serait acquitté de l'amende forfaitaire majorée correspondante. Le ministre n'établit pas davantage, par la seule production d'un historique des documents émis, que, comme il l'allègue, l'avis de contravention correspondant à l'infraction du 23 juillet 2019 aurait été vainement adressé à M. B par lettre recommandée avec accusé de réception. Enfin, le procès-verbal relatif à cette infraction n'a pas été signé par l'intéressé et ne comporte, en toute hypothèse, aucune mention selon laquelle le contrevenant aurait reçu l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le ministre n'apporte pas la preuve que le requérant a reçu, à l'occasion de cette infraction, les informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. M. B est dès lors fondé à soutenir que la décision par laquelle le ministre a retiré trois points du capital de son permis de conduire à la suite de l'infraction constatées le 23 juillet 2019 est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, et à en demander l'annulation.
Sur les conclusions en injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une décision dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
6. Eu égard aux motifs du présent jugement, il doit être enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. B les trois points illégalement retirés de son permis de conduire à la suite de l'infraction relevée le 23 juillet 2019 dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, en en tirant lui-même toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B dirigées contre la décision référencée " 48 SI " du 30 octobre 2020 en tant qu'elle invalide le permis de conduire de M. B ni sur la décision de retrait de points consécutive à l'infraction relevée les 4 juin 2019 et 9 août 2019.
Article 2 : La décision par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré trois points du capital affecté au permis de conduire de M. B à la suite de l'infraction relevée le 23 juillet 2019 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. B les trois points illégalement retirés de son permis de conduire dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement en en tirant lui-même toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le capital de points de l'intéressé.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
La magistrate désignée,
signé
A. CLa greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026