mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105961 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | REYNAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 juillet 2021 et le 4 avril 2022, la SCI Marseille City, représentée par Me Reynaud, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la taxe sur les logements vacants à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 pour un montant total de 21 191 euros, frais de gestion compris à raison de logements dont elle est propriétaire situés aux numéros 25, 73, 75, 83 de la rue de la République et aux numéros 41 et 45 du boulevard des Dames à Marseille ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les logements situés aux 2ème, 3ème et 5ème étages de l'immeuble situé au 25, rue de la République étaient inhabitables et faisait l'objet d'importants travaux de rénovation au cours de la période de référence fixée par l'article 232 du code général des impôts ;
- un appartement au 5ème étage était loué à un particulier de ce même immeuble, et un autre au 4ème à la société Marseille Furniture durant cette même période ;
- les deux appartements situé au 73, rue de la République à raison desquels elle a été assujettie à la taxe litigieuse étaient loués à cette même société ;
- il n'y a pas d'appartement au 6ème étage du 75, rue de la République et plusieurs logements à cette adresse étaient loués meublés ;
- un appartement était loué à un particulier dans l'immeuble situé au 83, rue de la République ;
- la taxe sur les logements vacants ne s'applique pas aux logements meublés, ainsi que cela ressort de l'instruction administrative référencée BOI-IF-AUT-60, et elle ne pouvait dès lors y être assujettie à raison des logements situés boulevard des Dames, et de ceux situés aux 75 et 83 de la rue de la République.
Par deux mémoires, enregistrés le 24 décembre 2021 et le 28 mars 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 7 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 22 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Claudé-Mougel, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Marseille City a été assujettie à la taxe sur les logements vacants au titre de l'année 2020 à raison des logements dont elle est propriétaire situés aux numéros 25, 73, 75, 83 de la rue de la République et aux numéros 41 et 45 du boulevard des Dames à Marseille pour un montant total de 21 191 euros, frais de gestion compris. Elle demande au tribunal d'en prononcer la décharge.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 25 mars 2022, postérieure à l'introduction de la requête, l'administration a prononcé le dégrèvement de la taxe sur les logements vacants à laquelle la requérante a été assujettie au titre de l'année 2020 pour un montant de 5 328 euros, correspondant à cinq appartements situés au 75, rue de la République et identifiés par les numéros d'invariant 8080999096F, 8080999385J, 8080999048E, 8080999411L, 8080999403J, à six appartements situés au 83, rue de la République et identifiés par les numéros d'invariant 8081001449X, 8081001445P, 8080674235L, 8081015094K, 8080104900W8081001438H et à 2 appartements situés au 41, boulevard des Dames et identifiés par les numéros d'invariant 8081000816Z, 8080105689Z. Par suite, les conclusions à fin de décharge de la taxe litigieuse sont devenues sans objet s'agissant de ces logements, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer à hauteur de ce montant.
Sur le surplus :
3. Aux termes de l'article 232 du code général des impôts, dans sa version alors applicable : " I.- La taxe annuelle sur les logements vacants est applicable dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de cinquante mille habitants où existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements, entraînant des difficultés sérieuses d'accès au logement sur l'ensemble du parc résidentiel existant, qui se caractérisent notamment par le niveau élevé des loyers, le niveau élevé des prix d'acquisition des logements anciens ou le nombre élevé de demandes de logement par rapport au nombre d'emménagements annuels dans le parc locatif social. Un décret fixe la liste des communes où la taxe est instituée. / II.- La taxe est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année, au 1er janvier de l'année d'imposition (). / III.- La taxe est acquittée par le propriétaire, l'usufruitier, le preneur à bail à construction ou à réhabilitation ou l'emphytéote qui dispose du logement depuis le début de la période de vacance mentionnée au II. () V. - Pour l'application de la taxe, n'est pas considéré comme vacant un logement dont la durée d'occupation est supérieure à quatre-vingt-dix jours consécutifs au cours de la période de référence définie au II. / VI. - La taxe n'est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable. () ". Le Conseil Constitutionnel, dans ses décisions n° 98-403 DC du 29 juillet 1998 et n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012, n'a admis la conformité à la Constitution des dispositions instituant la taxe sur les logements vacants que sous certaines réserves en précisant que : " Ne sauraient être assujettis des logements dont la vacance est imputable à une cause étrangère à la volonté du bailleur, faisant obstacle à leur occupation durable, à titre onéreux ou gratuit, dans des conditions normales d'habitation, ou s'opposant à leur occupation, à titre onéreux, dans des conditions normales de rémunération du bailleur ; (). " et il a également jugé que : " () ne sauraient être assujettis des logements qui ne pourraient être rendus habitables qu'au prix de travaux importants et dont la charge incomberait nécessairement à leur détenteur ; / (). ". Il appartient au juge de l'impôt, saisi par un contribuable qui fait valoir qu'un logement est exclu pour une telle raison du champ d'application de la taxe sur les logements vacants, de se prononcer sur cette question au terme de l'instruction dont le litige qui lui est soumis a fait l'objet.
En ce qui concerne les logements situés au 25, rue de la République :
4. En premier lieu, la SCI Marseille City soutient que les logements situés au 25 rue de la République étaient inhabitables, et que des travaux importants devant être réalisés aux 2ème, 3ème et 5ème étages de l'immeuble qui les abrite, pour un montant total de 224 309 euros. Toutefois, si l'administration ne conteste pas que deux des appartements à raison desquels la requérante a été assujettie à la taxe sur les logements vacants étaient en travaux, les factures et devis établis en 2019 et 2020 que cette dernière produit n'établissent pas, à eux seuls, le caractère inhabitable de ces logements compte tenu de la nature des travaux qui y sont décrits, ni, en tout état de cause, l'importance des travaux à y réaliser au sens de la réserve d'interprétation émise par le Conseil constitutionnel dans ses deux décisions citées au point 3, faute notamment de disposer de documents probants établissant leur valeur vénale respective.
5. En second lieu, si la SCI Marseille City soutient que les deux autres appartements du même immeuble étaient loués, elle ne l'établit pas en produisant seulement un bail conclu le 30 avril 2016 avec un particulier et un autre conclu le 14 avril de la même année avec la société Marseille Furniture, sans les assortir de documents probants, notamment de quittances, susceptibles d'établir que ces baux étaient toujours en vigueur au cours de la période de référence au sens du V de l'article 232 du code général des impôts, alors en outre que ces baux ont été conclus par la société ANF Immobilier, précédente propriétaire de ces appartements, en qualité de bailleur, auprès de laquelle elle a acquis les logements en cause en 2017, qu'aucun avenant les transférant à la SCI requérante n'est produit, et que ce second bail intitulé " contrat de bail civil lots diffus " a uniquement pour objet de permettre à la société ANF République, en qualité de preneur, de louer les logements en meublés à des tiers, en ne démontrant dès lors aucune occupation effective de ces logements.
En ce qui concerne les logements situés au 73, rue de la République :
6. Si la SCI requérante soutient que les appartements situés dans cet immeuble étaient donnés en location, elle produit deux contrats " de bail civil " conclus par la société ANF Immobilier en qualité de bailleur et la société ANF République en qualité de preneur le 14 avril 2016 qui, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, n'établissent pas que les logements en cause n'étaient pas vacants.
En ce qui concerne les logements situés au 75, rue de la République :
7. En premier lieu, si la SCI requérante soutient qu'il n'y a pas de logement au sixième étage de cette immeuble, elle n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par ailleurs, les baux de location meublés d'une durée d'un an qu'elle produit ne sont pour la plupart pas signés et, en tout état de cause, la description des logements sur lesquels ils portent ne permettent pas de les relier aux numéros d'invariant auxquels la SCI requérante se réfère elle-même dans ses écritures, et donc d'établir qu'il s'agit de ceux à raison desquels elle a été assujettie à la taxe sur les logements vacants.
8. En second lieu, si la SCI requérante soutient que la taxe sur les logements vacants ne s'applique pas aux logements meublés, en se prévalant de l'instruction référencée BOI-IF-AUT-60, selon laquelle " Les logements vacants s'entendent des logements non meublés et, par conséquent, non assujettis à la taxe d'habitation en application du 1° du I de l'article 1407 du CGI. Les résidences secondaires, notamment, sont donc exclues du champ d'application de la TLV. ", ce paragraphe porte sur l'articulation entre la taxe d'habitation et la taxe sur les logements vacants. A ce titre, et aux termes de l'article 1407 du code général des impôts, un logement, n'est soumis à la taxe d'habitation, notamment, que s'il est meublé. Toutefois, aux termes des articles 1408 et 1415 du même code, un tel logement n'est soumis à cette taxe, au titre d'une année, que s'il dispose, au 1er janvier de cette année, d'un occupant, la taxe d'habitation étant alors mise à la charge de l'occupant qui en a la disposition, distinct du propriétaire. En revanche, il ressort des dispositions précitées de l'article 232 du même code que la taxe sur les logements vacants s'entend des logements, susceptibles d'être donnés en location, et qui, durant plus d'une année, sont restés vacants, indépendamment de leur caractère meublé ou non meublé. La précision doctrinale invoquée ne comportant, eu égard à son objet, aucune interprétation contraire de la loi sur ce point, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les logements situés au 83, rue de la République :
9. En premier lieu, si la SCI requérante soutient qu'un des appartements situés à cette adresse aurait été loué durant la période de référence mentionnée au V de l'article 232 du code général des impôts, elle ne l'établit pas en produisant seulement un avenant conclu le 25 février 1997 à un bail d'occupation conclu en 1984, alors qu'ainsi qu'il a été dit, il résulte de l'instruction qu'elle a acquis l'immeuble en cause en 2017.
10. En second lieu, le moyen tiré de ce que la location de logements meublés ne serait pas soumise à la taxe sur les logements vacants doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8.
En ce qui concerne les logements situés aux 41 et 45 du boulevard des Dames :
11. Le moyen tiré de ce que la location de logements meublés ne serait pas soumise à la taxe sur les logements vacants doit également être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la SCI Marseille City doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la SCI Marseille City tendant à la décharge de la taxe sur les logements vacants à laquelle la requérante a été assujettie au titre de l'année 2020 à concurrence du dégrèvement de 5 328 euros prononcé en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCI Marseille City est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Marseille City et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente,
M. Claudé-Mougel, premier conseiller,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
Le rapporteur,
signé
A. Claudé-Mougel La présidente,
signé
A. MenasseyreLa greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026