vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105997 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAILLET-DOSSETTO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2021, la société Hémotech, représentée par Me Maillet, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Briançon à lui verser la somme de 82 429 euros au titre des prestations réalisées entre le 30 juin et le 5 décembre 2019, assortie des intérêts moratoires ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Briançon à lui verser la somme de 120 euros au titre des frais de mise en demeure ;
3°) d'ordonner la capitalisation des intérêts à chaque échéance annuelle ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Briançon la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est fondée à demander le paiement des prestations de 3 178 séances de dialyse supplémentaires non déclarées par le centre hospitalier ;
- le centre hospitalier ne peut faire valoir que ces séances de dialyse supplémentaires ont été réalisées par l'association grenobloise de dialyse des urémique chronique (AGDUC) dès lors qu'elle n'a aucune relation contractuelle avec cette dernière ;
- il ne peut procéder à une décomposition du tarif forfaitaire des séances de dialyse dès lors que le prix de chaque séance est contractuellement établi au prix forfaitaire de 31,20 euros TTC, que ce montant est indivisible et doit ainsi être appliqué aux 3 178 séances supplémentaires ;
- le tarif du bidon d'acide citrique est contractuellement établi au prix unitaire de 35 euros ;
- le centre hospitalier ne justifie pas le tarif de 26,40 euros par séance de dialyse appliqué à deux-cent-quatre-vingt-dix-sept séances réalisées au cours du mois de mai 2019 ;
- elle est fondée à réclamer l'application du taux d'intérêt légal à compter du lendemain de l'expiration du délai de paiement de la facture du 5 novembre 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2021, le centre hospitalier de Briançon, représenté par Me Vivien, conclut au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que le montant de la créance de la société Hémotech soit limité à la somme de 498,96 euros toutes taxes comprises au titre des prestations de dialyse et à 1 166 euros hors taxe au titre de la fourniture des bidons d'acide citrique.
Il soutient que :
- la société requérante n'établit pas le bien-fondé de sa créance dès lors, d'une part, que le constat d'huissier dont elle se prévaut est partiel et a été réalisé tardivement et de manière non contradictoire et, d'autre part, qu'elle se borne à produire une facture sans démontrer l'existence d'un accord sur le montant ou sur les quantités des fournitures et des prestations dont elle réclame le paiement ;
- à titre subsidiaire, le montant de la créance réclamée est erroné :
. les prestations de dialyse sont surévaluées dès lors, d'une part, qu'elle ne peut lui réclamer le paiement de la mise à disposition de générateurs de dialyse à l'AGDUC, d'autre part, qu'elle ne peut contester le principe d'une décomposition des prix contractuellement accepté afin d'éviter au centre hospitalier de commettre une libéralité et, enfin, qu'il est détenteur de deux avoirs d'un montant de 41 558,40 euros et de 7 837,24 euros portant la créance de la société requérante relative aux prestations de dialyse à 498,96 euros TTC ;
. le prix unitaire des bidons d'acide citrique étant de 11 euros, la créance relative à la fourniture de l'acide citrique est de 1 166 euros HT pour 106 bidons ;
. les deux-cent-quatre-vingt-dix-sept séances de dialyse réalisées au mois de mai 2019 n'apparaissent pas dans la facture du 5 novembre 2019 et ne sont pas établies.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Delzangles ;
- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique ;
- les observations de Me Maillet pour la société requérante et de Me Deschaume pour le centre hospitalier de Briançon.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement signé le 16 mai 2014, le centre hospitalier de Briançon a confié à la société Hémotech le marché public de fourniture de dispositifs médicaux de dialyse et de mise à disposition de générateurs associés pour une durée de sept ans, renouvelable deux fois pour une durée de deux ans. Par un courrier du 9 mars 2018, le centre hospitalier a mis fin au marché au 21 mai 2018. À l'expiration du marché, le centre a sollicité de la société Hémotech le maintien de certaines prestations jusqu'à la mise en œuvre d'un nouveau marché. Le 5 novembre 2019, la société Hémotech a adressé au centre hospitalier une facture d'un montant de 114 742,58 euros pour les prestations accomplies postérieurement à la date d'expiration du marché. En l'absence de paiement par le centre hospitalier, la société requérante a adressé à ce dernier, le 25 juin 2020, une mise en demeure de payer une somme de 81 021,42 euros assortie de 3 494,59 euros au titre des intérêts moratoires avant d'adresser le 2 décembre 2020 une nouvelle mise en demeure de payer une somme à 82 429,20 euros assortie de 6 070,40 euros au titre des intérêts moratoires. Le 17 mars 2021, la société Hémotech adressait un nouveau courrier au centre lui demandant le paiement de la somme de 82 429,20 euros assortie des intérêts moratoires d'un montant de 8 214,98 euros. La société Hémotech demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Briançon à lui verser la somme de 82 429 euros au titre des prestations réalisées entre le 30 juin et le 5 décembre 2019, assortie des intérêts moratoires d'un montant de 8 214,89 euros à actualiser au jour du paiement.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Selon les stipulations de l'article 4.1.4 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) applicable au marché : " () Les prix unitaires du bordereau de prix seront appliqués aux quantités réellement exécutées. ". Selon les stipulations de l'article 4.2.2 du CCAP : " Les factures afférentes au marché seront établies en un original et 1 copie portant, outre les mentions légales, les indications suivantes : Nom et adresse du créancier ; Numéro de son compte bancaire ou postal tel qu'il est précisé à l'acte d'engagement ; Numéro et date du marché et de chaque avenant ; Numéro et date du bon de commande ; Délai de livraison indiqué dans le bon de commande ; Date de livraison ; Fourniture livrée ; Montant hors T.V.A. de la fourniture livrée (éventuellement remisée) ; Taux et montant de la T.V.A. ; Montant total des fournitures livrées ; Toute facture non conforme aux dispositions ci-dessus sera automatiquement retournée à son auteur et ne fera pas l'objet d'un paiement ".
3. Il est constant que, à l'expiration du marché en litige, la société Hémotech a maintenu certaines prestations, à la demande du centre hospitalier de Briançon, jusqu'à la mise en œuvre du nouveau marché. La société requérante réclame tout d'abord le paiement des prestations assurées pour 3 178 séances de dialyses supplémentaires, que le centre hospitalier n'aurait pas déclarées et qu'elle déduit du nombre d'heures d'utilisation des sept générateurs DBB-07 mis à disposition du centre sur la période concernée relevé sur le compteur horaire de chacun d'eux par un huissier, à sa demande, le 9 avril 2020. Il résulte toutefois de l'instruction que ce procès-verbal, qui au demeurant fait état de 83 820,5 heures d'utilisation des sept générateurs précités et non de 111 531 heures, comme le soutient la requérante, a été établi le 9 avril 2020 alors que la société Hémotech indique avoir repris possession de ses générateurs le 6 novembre 2019 et ne démontre pas, comme le fait valoir le centre hospitalier en défense, que ces générateurs n'ont pas été utilisés entre-temps. Par suite, ni le procès-verbal de constat d'huissier ni les calculs auxquels se livre la société requérante ne permettent d'établir le montant d'éventuelles séances de dialyses supplémentaires dont le centre hospitalier ne se serait pas acquitté. En tout état de cause, l'unique facture, datée du 5 novembre 2019, dont se prévaut la société Hémotech à l'appui de sa demande indemnitaire ne comporte aucun numéro ni aucune date de bon de commande correspondant aux prestations facturées, mentions pourtant exigées par les stipulations précitées du CCAP.
4. Ensuite, si la société Hémotech réclame le paiement de bidons d'acides citriques qu'elle soutient avoir fourni au centre hospitalier de Briançon, elle ne précise pas dans sa requête le nombre de bidons concernés ni ne démontre que les bidons d'acide citrique dont elle réclame le paiement ont été commandés par le centre hospitalier et effectivement livrés. Par suite, la société requérante, qui réclame des sommes pour des prestations dont la réalité est contestée en défense, dont le service rendu n'a été ni constaté ni approuvé par le centre hospitalier et dont le mode de facturation ne correspond pas à celui prévu au marché, n'établit pas le bien-fondé de sa créance.
5. Il résulte de ce qui précède que la société Hémotech n'est pas fondée à demander la condamnation du centre hospitalier de Briançon à lui verser la somme de 82 429 euros au titre des prestations réalisées entre le 30 juin et le 5 décembre 2019.
Sur les frais liés d'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Briançon, qui n'est pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance, la somme demandée par la société Hémotech au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1 : La requête de la société Hémotech est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Hémotech et au centre hospitalier de Briançon.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Trottier, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
B. DelzanglesLe président,
Signé
T. Trottier
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026