LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2106013

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2106013

mardi 30 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2106013
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSCP RENAULT ET ASSOCIES - LAMARTINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 2 juillet 2021 et le 10 juin 2022, M. B A, représenté par Me Hermant, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014 ;

2°) de condamner l'Etat au versement d'intérêts moratoires en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- en mettant en recouvrement la contribution sociale généralisée et la contribution pour le remboursement de la dette sociale dues sur la vente des actions cédées le 22 mai 2015, l'administration fiscale a méconnu sa compétence, a méconnu les dispositions de l'article 136-5 du code de la sécurité sociale et méconnu les dispositions applicables au débiteur légal de ces sommes dès lors que ces cotisations auraient dû être recouvrées par l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF) auprès de son employeur ;

- il est fondé à se prévaloir de l'interprétation de la loi fiscale par l'administration, en vertu de laquelle la contribution salariale prévue à l'article L. 137-14 du code de la sécurité sociale est due au jour de la cession à titre gratuit ou à titre onéreux des titres acquis grâce à l'option ou à l'attribution gratuite ;

- les traitements et salaires n'étant ni des revenus du patrimoine ni des revenus du placement mais des revenus du travail, ils ne peuvent être assujettis à la contribution sociale généralisée et à la contribution au remboursement de la dette sociale, sur le fondement des articles 1600-0 G et 1600-0 H du Code général des impôts ;

- dès lors que les actions gratuites n'ont pas été imposées sur le fondement de l'article 80 quaterdecies du code général des impôts, le service n'était pas fondé à imposer le résultat de la cession des actions en 2014 à la contribution salariale prévue à l'article L. 137-14 du Code de la Sécurité Sociale ;

- il est fondé à demander l'application du régime du quotient prévu à l'article 163-0 du code général des impôts dès lors que les revenus résultant de la cession des titres sont exceptionnels de par leur nature et leur montant ;

- le fait qu'il ait réalisé en 2015 et 2016 des plus-values mobilières est sans incidence sur l'application du régime du quotient sur le complément de salaire perçu en 2014, ces revenus n'étant pas de même nature et ayant été perçus postérieurement à celui pour lequel il sollicite l'application du quotient.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 9 mai 2022 et le 16 janvier 2023, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en l'absence de preuve de réception de la réclamation préalable du 23 décembre 2020 ;

- les moyens relatifs à la nature du gain d'acquisition imposable, aux prélèvements sociaux et à la contribution salariale de 10 % sont irrecevables en raison de l'autorité de chose jugée qui s'attache au jugement rendu 12 février 2020 ;

- les moyens déjà examinés par le tribunal dans l'instance n° 1805539 sont inopérants du fait de l'autorité de chose jugée attachée au jugement rendu 12 février 2020 ;

- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la tardiveté de la réclamation préalable du 23 décembre 2020.

En réponse à ce moyen d'ordre public, M. A a produit des observations, le 21 mars 2023, qui ont été communiquées.

La réponse de l'administration à ces observations, en date du 23 mars 2023, a été communiquée.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant au versement par l'Etat d'intérêts moratoires, dès lors qu'il n'existe aucun litige né et actuel entre le comptable et le requérant concernant ces intérêts.

M. A a produit des observations, le 5 mai, en réponse à ce moyen d'ordre public, qui ont été communiquées.

Par ordonnance du 15 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 16 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 mai2023 :

- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,

- les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique,

- et les observations de Me Lamartine, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été assujetti à une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et à des contributions sociales au titre de l'année 2014, à raison des revenus issus de la vente d'actions qui lui avaient été attribuées gratuitement le 20 décembre 2012 par son employeur, la société Financière Shark. M. A a introduit une réclamation tendant à la décharge de ces impositions, le 15 mars 2018. Celle-ci ayant été rejetée, il a saisi aux fins de décharge le tribunal administratif de Marseille qui, par un jugement n° 1805539 du 12 février 2020, a rejeté sa requête. Par une nouvelle réclamation datée du 23 décembre 2020, M. A a de nouveau contesté la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et les contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014. Sa réclamation ayant été implicitement rejetée, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.

Sur la fin de non-recevoir :

2. Aux termes de l'article R.190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition ".

3. Il résulte de l'instruction que le requérant a adressé à l'administration fiscale une réclamation parvenue à cette dernière le 28 décembre 2020, ainsi que cela ressort de l'accusé réception produit par M. A. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de preuve de réception de la réclamation préalable du 23 décembre 2020, opposée par l'administration, doit être écartée.

Sur les conclusions aux fins de décharge de l'imposition en litige :

4. Le tribunal administratif de Marseille, dans son jugement n° 1805539 du 12 février 2020, a jugé que la circonstance que les actions ont été cédées avant l'expiration d'une période d'indisponibilité de deux ans prévue par les dispositions de l'article L. 225-197-1 du code de commerce ne faisait pas obstacle à l'application de l'article 80 quaterdecies du code général des impôts. Il en a déduit que l'administration était fondée à assujettir le gain d'acquisition de ces actions à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires, au titre de l'année 2014. Le tribunal a également jugé que, d'une part, l'administration n'avait commis aucune erreur quant à la date du fait générateur des prélèvements sociaux auxquels M. A a été assujetti. Le jugement précise, d'autre part, que les prélèvements sociaux étant assis et recouvrés selon les règles applicables en matière d'impôt sur le revenu, il n'appartenait pas à l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF) de recouvrer la contribution sociale généralisée, la contribution pour le remboursement de la dette sociale, et la contribution salariale auxquelles a été assujetti le gain d'acquisition des actions au titre de l'année 2014. Le présent litige a le même objet, concerne le même contribuable et s'appuie en partie sur les mêmes moyens que ceux qui ont été soumis et tranchés par le tribunal dans sa décision du 12 février 2020, par laquelle le tribunal administratif de Marseille a épuisé sa compétence, sur les points qu'il a jugés. Par suite, l'administration est fondée à opposer l'autorité de la chose jugée du jugement du 12 février 2020 sur ces points. Les moyens soulevés dans la présente instance par M. A concernant l'année d'imposition du gain en litige, la nature de ce gain, l'assujettissement aux prélèvements sociaux et à la contribution salariale sont donc inopérants et doivent être écartés.

5. Aux termes de l'article 163-0 A du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. - Lorsqu'au cours d'une année un contribuable a réalisé un revenu qui par sa nature n'est pas susceptible d'être recueilli annuellement et que le montant de ce revenu exceptionnel dépasse la moyenne des revenus nets d'après lesquels ce contribuable a été soumis à l'impôt sur le revenu au titre des trois dernières années, l'intéressé peut demander que l'impôt correspondant soit calculé en ajoutant le quart du revenu exceptionnel net à son revenu net global imposable et en multipliant par quatre la cotisation supplémentaire ainsi obtenue. () / III. - Les dispositions prévues aux I et II ne s'appliquent qu'aux seuls revenus exceptionnels ou différés imposés d'après le barème progressif prévu à l'article 197 ".

6. En l'espèce, l'administration, qui pouvait s'appuyer sur des circonstances postérieures à l'année 2014 pour déterminer si le revenu litigieux présentait un caractère exceptionnel ou si, au contraire, il était susceptible d'être recueilli annuellement, fait valoir que M. A a réalisé en 2015, une plus-value de cession de valeurs mobilières, droits sociaux et titres assimilés pour un montant de 539 481 euros, et en 2016 une plus-value de valeur mobilières pour un montant de 1 591 302 euros. Toutefois, ces plus-values de cessions, dont la première a d'ailleurs été imposée selon le mécanisme du quotient, ne peuvent être regardés comme de même nature que le gain d'attribution de 289 632 euros réalisé en 2014 du fait de l'attribution gratuite d'actions de la société Financière Shark, imposé dans la catégorie des traitements et salaires. Par suite, ce gain d'attribution constitue un revenu exceptionnel au sens de l'article 163-0 A du code général des impôts.

7. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2014 à raison de l'application du régime du quotient.

Sur les conclusions tendant au versement par l'Etat d'intérêts moratoires :

8. Aux termes de l'article L. 208 du livre de procédures fiscales : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal ou quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable () ". Il résulte de ces dispositions que le présent jugement accordant la réduction des impositions en litige, le remboursement des sommes correspondantes est de droit. En l'absence de litige né et actuel opposant le requérant au comptable concernant le versement des intérêts moratoires, les conclusions tendant au versement par l'administration de ces intérêts sont prématurées et doivent être rejetées comme irrecevables.

Sur les frais d'instance :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La somme de 289 632 euros correspondant à un gain d'attribution d'action gratuites de la société Financière Shark sera imposée dans les conditions prévues par les dispositions du 1er alinéa de l'article 163-0 A du code général des impôts.

Article 2 : M. A est déchargé de la différence entre la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2014 à raison du gain d'attribution d'action gratuites de la société Financière Shark et les droits résultant de l'article 1er ci-dessus.

Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Menasseyre, présidente,

M. Claudé-Mougel, premier conseiller,

Mme Pouliquen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.

La rapporteure,

signé

G. Pouliquen

La présidente,

signé

A. MenasseyreLa greffière,

signé

R. Berkat

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions