jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2106347 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LEONETTI-PASTACALDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 15 juillet 2021, 25 janvier 2022, ainsi que les 10 mai et 17 juin 2023, M. C A, représenté en dernier lieu par Me Botrel, demande au tribunal :
1°) de condamner in solidum la métropole d'Aix-Marseille-Provence et la société Enedis, à titre subsidiaire, la métropole et, à titre infiniment subsidiaire, la société Enedis à lui verser la somme de 12 773 euros, en ce compris les dépens, notamment au titre de la réparation des préjudices subis du fait de sa chute sur la voie publique, assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 juillet 2015 et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence et d'Enedis, ou de l'une d'entre elles, la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est usager de la voie et tiers par rapport à l'excavation dans laquelle il a chuté ;
- la personne responsable est la métropole d'Aix-Marseille-Provence, gestionnaire de la voie, ou la société Enedis, dont la métropole soutient qu'elle effectuait des travaux sur le site ;
- il est en droit de prétendre à la réparation de son déficit fonctionnel temporaire partiel par l'allocation d'une somme de 583 euros, de son déficit fonctionnel permanent par le versement de celle de 5 300 euros, de ses souffrances endurées par l'octroi d'une indemnité de 2 500 euros ;
- les indemnités dues au titre de la réparation de son préjudice esthétique temporaire et les soins dentaires résultant de sa chute doivent s'élever respectivement aux sommes de 2 000 euros et de 1 640 euros ;
- les frais d'expertise liquidés à la somme de 720 euros doivent être mis à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence et de la société Enedis.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 septembre 2021, 3 août 2022 et 26 mai 2023, la société anonyme Enedis, représentée par Me Leonetti-Pastacaldi, conclut à titre principal à sa mise hors de cause, à titre subsidiaire au rejet des conclusions de la ville de Marseille, et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la communauté urbaine de Marseille, aux droits de laquelle vient la métropole d'Aix-Marseille-Provence, est seule responsable de l'entretien de la voie ;
- il n'est pas établi qu'elle ait procédé à des travaux sur le site en cause ;
- les demandes formulées par la ville de Marseille dans son mémoire du 2 mai 2023 sont incohérentes.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 novembre 2021 et 5 juin 2023, la métropole d'Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Pontier, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que les demandes indemnitaires du requérant soient ramenées à de plus justes proportions, à la condamnation de la société Enedis à la relever et garantir de toutes condamnations prononcées à son encontre, et à la mise à la charge de tout succombant de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- aucun défaut d'entretien normal du trottoir en cause ne peut lui être reproché ;
- la taille de l'excavation en cause n'est pas exactement connue et la défectuosité n'excède pas les inconvénients normaux auxquels les usagers doivent raisonnablement s'attendre ;
- l'indemnisation du préjudice né du déficit fonctionnel temporaire partiel ne peut excéder la somme de 473 euros, le déficit fonctionnel permanent, celle de 2 100 euros ;
- le préjudice né des souffrances endurées peut être réparé par le versement d'une somme de 2 000 euros ;
- la réparation du préjudice esthétique ne peut excéder la somme de 1 800 euros ;
- la créance de la ville de Marseille n'est pas établie ;
- le trou en cause résulte de l'exécution de travaux par Enedis, dont la responsabilité est seule susceptible d'être engagée.
Par des mémoires en intervention enregistrés les 2 mai et 27 juin 2023, la commune de Marseille, représentée par son maire en exercice, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à la condamnation du tiers responsable de l'accident de M. A au versement de la somme de 9 584,86 euros.
Elle soutient que sa créance correspond aux plein traitements et demi-traitements versés au requérant entre le 20 juin et le 20 décembre 2014, au titre de son recours subrogatoire, ainsi que les charges patronales pour cette même période, au titre de son recours direct.
La clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 septembre 2023 par une ordonnance du 7 juillet précédent.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Niquet,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- et les observations de Me Magnaldi substituant Me Botrel pour M. A, ainsi que celles de Me Durand pour la métropole d'Aix-Marseille-Provence et Me Leonetti-Pastacaldi pour la société Enedis.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été victime d'une chute le 19 juin 2014, boulevard Charles Kaddouz à Marseille. Il demande au tribunal de condamner, solidairement ou non, la métropole d'Aix-Marseille-Provence et la société Enedis à l'indemniser des préjudices qu'il a subis en raison de cette chute, à hauteur de 12 733 euros, ainsi que les intérêts au taux légal et capitalisation de ces intérêts.
Sur la responsabilité :
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur une voie publique, de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction, en particulier des deux attestations des témoins directs de l'accident ainsi que de l'attestation du bataillon des marins-pompiers de Marseille, intervenus ce même jour, que l'accident dont M. A a été victime, le 19 juin 2014 vers 16h10, a été provoqué par la présence d'une excavation sur le trottoir du boulevard Charles Kaddouz, ouvrage public, sur lequel il circulait à pied avec sa canne. M. A, non-voyant à 80 % depuis un accident survenu en 1988, a chuté dans cette excavation située sur le trottoir, en face du numéro 230 de ce boulevard. Il résulte des pièces médicales produites aux débats que l'intéressé a été immédiatement transporté au service des urgences de l'hôpital de la Conception à Marseille, où il a été constaté une fracture articulaire de la deuxième phalange du pouce droit ainsi que la cassure de la dent n° 21 cassée, et le caractère " inutilisable sans dévitalisation " de la dent n° 22. Dans ces conditions, la matérialité des faits ainsi que le lien de causalité entre le dommage et l'ouvrage public sont établis.
Sur la personne publique responsable :
En ce qui concerne Enedis :
4. Si, aux termes d'un courriel du 16 février 2016, l'assureur de la société Enedis a proposé au conseil de M. A le versement d'une provision de 1 000 euros, il ne résulte toutefois pas de l'instruction, en particulier pas des seules déclarations de la métropole d'Aix-Marseille-Provence ou des photographies du boitier implanté ensuite aux lieux mêmes de la chute, que les aménagements réalisés l'auraient été par la société Enedis et qu'ainsi, cette société serait responsable des conséquences de la chute de M. A.
En ce qui concerne la métropole d'Aix-Marseille-Provence :
5. Il n'est pas contesté que la métropole d'Aix-Marseille-Provence est gestionnaire de la voie publique en cause. Il résulte d'une part de l'instruction que l'excavation dans laquelle M. A a chuté n'était pas recouverte depuis cinq jours selon l'attestation d'un des témoins directs de l'accident, établie le 27 juin 2014, de sa plaque de protection en cuivre. D'autre part, cette défectuosité du trottoir n'était pas signalée, jusqu'à l'intervention des marins-pompiers de Marseille lors de la chute de M. A, à la suite de laquelle ceux-ci ont placé une balise dans la cavité afin de matérialiser le danger. Il résulte de l'instruction que la cavité présentait une taille d'environ 15 à 20 centimètres par l'un des témoins directs dans une attestation complémentaire du 25 janvier 2022, laquelle est confortée par les photographies produites au vu desquelles le poteau-balise placé par les pompiers est bien enfoncé dans le trottoir, corroborant l'ampleur de l'excavation.
6. La métropole d'Aix-Marseille-Provence, pour s'exonérer de sa responsabilité et établir l'entretien normal de la voie, soutient, d'une part, qu'elle n'a pas été informée de cette excavation, qui n'est que peu restée béante. Or, cette circonstance n'est pas de nature à la regarder comme ayant réalisé un entretien normal de la voie en cause. D'autre part, la métropole d'Aix-Marseille-Provence fait valoir que l'excavation en cause était située en bordure de trottoir, d'une taille raisonnable et qu'elle n'excède pas les inconvénients auxquels les usagers peuvent raisonnablement s'attendre. Toutefois, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il résulte de l'instruction que l'excavation était d'une taille importante, qui ne permettait pas à l'intéressé, au demeurant atteint de cécité, de s'y préparer. Par suite, la présence de cette excavation dans le trottoir de la chaussée révèle un défaut de l'entretien normal incombant à la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conséquences dommageables de l'accident de M. A sont exclusivement imputables au défaut d'entretien normal du trottoir en cause par la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Sur le préjudice :
En ce qui concerne les demandes de M. A :
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
8. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire établi le 21 juin 2018, qu'en conséquence de la chute dont il a été victime, M. A a connu des périodes de déficit fonctionnel temporaire partiel du 19 juin au 19 juillet 2014 à hauteur de 33 %, du 20 juillet au 20 septembre 2014 à hauteur de 25 % et du 21 septembre au 20 décembre 2014, date de consolidation de son état de santé, à hauteur de 10 %. Par conséquent, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice, sur la base d'un forfait journalier de 13 euros, en lui allouant la somme de 450 euros.
9. En deuxième lieu, il résulte du rapport d'expertise que M. A a subi un préjudice esthétique temporaire évalué à 2 sur une échelle de 1 à 7, résultant de la fracture d'une incisive centrale supérieure et de la perte d'une incisive latérale supérieure avant son remplacement, pendant la période du 19 juin au 19 août 2014. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en lui allouant la somme globale de 1 000 euros.
10. En troisième lieu, l'intéressé a éprouvé durant la période du 19 juin 2014 au 20 décembre 2014, date de consolidation de son état de santé, des souffrances dont l'intensité a été évaluée par l'expert judiciaire à 2,5 sur une échelle de 0 à 7, correspondant aux souffrances au moment du choc, aux soins dentaires et à l'immobilisation par attelle. Il y a lieu de faire une juste appréciation de ce préjudice en fixant l'indemnité destinée à le réparer à la somme de 2 500 euros.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents :
11. Il résulte du rapport d'expertise que le déficit fonctionnel permanent de M. A a été évalué à 4 %. Compte tenu de ce taux et de l'âge de l'intéressé, né en 1965, à la date de consolidation le 20 décembre 2014, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en en fixant à la somme de 4 500 euros, l'indemnité qui doit lui être versée.
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
12. Il résulte du rapport d'expertise judiciaire que des dépenses d'un montant de 1 670 euros ont été engagés pour des soins dentaires et la pose d'un implant sur l'incisive latérale supérieure affectée par la chute. Toutefois, en dépit de la demande qui lui a été envoyée par le tribunal, mise à sa disposition dans l'application dite Télérecours le 25 septembre 2023 puis de nouveau le 13 octobre suivant, M. A n'a pas utilement déféré à la mesure d'instruction diligentée sur ce point, tendant à justifier que cette somme n'a pas été prise en charge par une assurance ou une mutuelle. Dans ces conditions, faute de justifier de la prise en charge de cette dépense, les conclusions à fin de remboursement de la somme de 1 670 euros doivent être rejetées.
S'agissant des intérêts :
13. D'une part, aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure () ". Aux termes de l'article L. 1231-7 du même code : " En toute matière, la condamnation à une indemnité emporte intérêts au taux légal même en l'absence de demande ou de disposition spéciale du jugement. Sauf disposition contraire de la loi, ces intérêts courent à compter du prononcé du jugement à moins que le juge n'en décide autrement () ". Les intérêts moratoires dus en application de cet article, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.
14. D'autre part, aux termes de l'article 1343-2 de ce même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Pour l'application de ces dispositions, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande ne peut toutefois prendre effet que lorsque les intérêts sont dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.
15. Le requérant demande que la somme au versement de laquelle est condamnée la métropole d'Aix-Marseille-Provence soit augmentée des intérêts à compter du 16 juillet 2015, date de " la mise en demeure " qui lui a été adressée. Toutefois, il résulte de l'instruction que la demande de paiement du principal est parvenue à la métropole Aix-Marseille-Provence seulement le 11 mai 2021. Par suite, il y a lieu de faire courir les intérêts au taux légal à compter du cette date.
16. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 15 juillet 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 15 juillet 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
17. Il résulte de tout ce qui précède que la métropole d'Aix-Marseille-Provence doit être condamnée à verser à M. A la somme de 8 450 euros (huit mille quatre cent cinquante euros), assortie des intérêts au taux légal à compter du 11 mai 2021. Les intérêts échus à la date du 15 juillet 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
En ce qui concerne les demandes de la commune de Marseille :
18. D'une part, aux termes de l'article L. 825-1 du code général de la fonction publique : " L'Etat, les collectivités territoriales () disposent de plein droit contre le tiers responsable du décès, de l'infirmité ou de la maladie d'un agent public, par subrogation aux droits de ce dernier ou de ses ayants droit, d'une action en remboursement de toutes les prestations versées ou maintenues à l'agent public ou à ses ayants droit et de toutes les charges qu'ils ont supportées à la suite du décès, de l'infirmité ou de la maladie ". D'autre part, aux termes de l'article L. 825-2 du même code : " La personne publique est admise à poursuivre directement contre le responsable du dommage ou son assureur : / () 2° Le remboursement des charges patronales afférentes à la rémunération maintenue ou versée au fonctionnaire pendant la période de son indisponibilité ". La commune de Marseille est en droit de demander, en sa qualité d'employeur de M. A, le remboursement des frais engagés du fait de l'accident de ce dernier.
19. D'une part, la commune de Marseille justifie, par la production d'un état liquidatif détaillé, non contesté dans son dernier état, avoir servi à M. A durant les arrêts de travail ayant résulté de son accident, un plein traitement pour la période du 20 juin au 17 septembre 2014 pour un montant de 5 621,74 euros, et un demi-traitement pour la période du 18 septembre au 9 octobre 2014, pour un montant de 724,49 euros. D'autre part, elle établit avoir versé le montant de 3 238,63 euros au titre des charges patronales afférentes à la rémunération versée pour la même période. Dans ces conditions, la commune de Marseille est fondée à demander, en application des dispositions précitées, la condamnation de la métropole d'Aix-Marseille-Provence à lui verser une somme totale de 9 584,86 euros.
Sur l'appel en garantie :
20. La métropole d'Aix-Marseille-Provence fait état de ce que l'excavation en litige aurait été réalisée par la société Enedis lors de l'implantation de câbles. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 4, il ne résulte pas de l'instruction que la société Enedis ait réalisé de tels travaux. Par suite, l'appel en garantie présenté par la métropole d'Aix-Marseille-Provence à l'encontre de la société Enedis doit être rejeté.
Sur les dépens :
21. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".
22. La décision par laquelle la juridiction administrative met les frais d'expertise à la charge d'une partie ayant le caractère d'une condamnation à une indemnité, au sens de l'article 1231-7 du code civil, les intérêts sur le montant des frais et honoraires de l'expert ne courent qu'à compter de la date à laquelle ils ont été fixés par la décision juridictionnelle.
23. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise, liquidés et taxés à la somme totale de 720 euros par ordonnance du 21 août 2018, à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence. M. A est fondé à demander que ces frais produisent intérêt à compter du jour du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la société Enedis tendant à leur application et dirigées contre le requérant, qui n'est pas partie perdante. Ces mêmes dispositions font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la métropole d'Aix-Marseille-Provence dirigées contre Enedis ou M. A, qui ne sont pas parties perdantes. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence le versement à M. A d'une somme de 2 500 euros au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La métropole d'Aix-Marseille-Provence est condamnée à verser à M. A la somme de 8 450 euros (huit mille quatre cent cinquante euros) assortie des intérêts au taux légal à compter du 11 mai 2021. Les intérêts échus à la date du 15 juillet 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : La métropole d'Aix-Marseille-Provence est condamnée à verser à la commune de Marseille la somme de 9 584,86 euros (neuf mille cinq cent quatre-vingt-quatre euros et quatre-vingt-six centimes).
Article 3 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme totale de 720 euros par ordonnance du 21 août 2018, sont mis à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence. Ils porteront intérêts à compter du jour du présent jugement.
Article 4 : La métropole d'Aix-Marseille-Provence versera à M. A la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A, à la société Enedis, à la commune de Marseille et à la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Copie en sera délivrée à M. B, médecin expert.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistés de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
A. Niquet
La présidente,
signé
M. Lopa Dufrénot
Le greffier,
signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026