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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2106884

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2106884

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2106884
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème Chambre
Avocat requérantFIDUCIAL LEGAL BY LAMY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 juillet 2021 et le 3 février 2023, la société de la cale de halage d'Arles (SACHA), représentée par Me Le Chatelier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'établissement public Voies navigables de France (VNF) à lui verser la somme de 45 888 euros avec intérêts au taux légal à compter du 2 novembre 2020 et capitalisation des intérêts ;

2°) de mettre à la charge de VNF la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- VNF est contractuellement responsable à son égard en cas de dommages liés aux travaux d'extension, de modernisation et de mise aux normes de la cale de halage, en vertu de l'article 4.1 de l'avenant n°2 au contrat de concession ;

- elle est fondée à demander la réparation de son préjudice sur le fondement de l'article 4.6 de l'avenant n°2 dès lors que le blocage des voies de hissage 15 et 16 a pour origine les travaux réalisés sous maîtrise d'ouvrage de VNF ;

- le concédant, qui met à la disposition du concessionnaire les ouvrages à exploiter, est tenu de l'indemniser des conséquences dommageables causés par les vices de conception affectant ces ouvrages ;

- subsidiairement, elle est fondée, en tant que tiers aux opérations de travaux publics, à invoquer la responsabilité extracontractuelle de VNF pour l'indemnisation des dommages qui en résultent ;

- l'indisponibilité partielle du slipway a eu pour conséquence directe une réduction de son chiffre d'affaires à 29 483 euros sur la période du 1er décembre 2019 au 10 février 2020 ;

- elle est fondée à demander un montant de 717 euros HT par jour calendaire d'indisponibilité, soit la somme de 45 888 euros correspondant à soixante-quatre jours d'indisponibilité des voies 15 et 16 ;

- le slipway peut de nouveau se bloquer aux frais et risques du concessionnaire.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 décembre 2021, le 8 février 2023 et le 22 mars 2023, VNF demandent au tribunal :

1°) à titre principal, d'ordonner, avant dire droit, une expertise sur le fondement de l'article R. 621-1 du code de justice administrative, au contradictoire de la société Intervia études, à la société Guintoli, à la société Vinci construction maritime et fluvial, à la société Atelier de Fos, à la société Ingerop Conseil et Ingenierie et à la compagnie nationale du Rhône ;

2°) de surseoir à statuer dans l'attente de la remise du rapport de l'expert désigné ;

3°) à titre subsidiaire, de rejeter la requête ;

4°) de mettre provisoirement les frais d'expertise à la charge de la SACHA ou, à titre subsidiaire, à la charge de la SACHA et de VNF à parts égales ;

5°) de mettre à la charge de la SACHA la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la demande de la SACHA tendant à ce que soit engagée sa responsabilité extracontractuelle a été présentée tardivement et est, dès lors, irrecevable ;

- une expertise judiciaire avant dire droit est nécessaire eu égard à la technicité des désordres constatés et à l'impossibilité de déterminer les causes précises des dysfonctionnements litigieux ;

- le rapport d'expertise réalisé par l'entreprise sollicitée par la société requérante ne peut servir de base au règlement du litige en raison des éléments lacunaires qu'il contient et de son caractère non-contradictoire ;

- il y a lieu de mettre en cause les constructeurs ayant participé à la création des voies de hissage 15 et 16 ainsi que leurs assureurs ;

- l'article 4.1 du contrat de concession relatif à sa responsabilité civile concernent ses relations avec les usagers ou les tiers et non les relations contractuelles avec la SACHA ;

- en vertu du dernier alinéa de l'article 4.1 du contrat, la SACHA a renoncé à toute demande indemnitaire autre que celle prévue à l'article 4.6 de l'avenant n°2 ;

- sa responsabilité contractuelle ne saurait être engagée dès lors, d'une part, qu'une faute d'exécution ou de conception commises par les entreprises auxquelles elle a confié la réalisation de l'ouvrage ne peut lui être imputable et, d'autre part, que l'article 4.6 de l'avenant n°2 prévoit seulement une indemnisation pour indisponibilités liées aux travaux ;

- l'entreprise requérante ne démontre pas que les travaux de modernisation et d'extension du slipway seraient à l'origine des dommages allégués ;

- les désordres ayant entraîné l'utilisation limitée du slipway résultent d'une faute d'exploitation ou d'un risque lié à l'exploitation normale de l'ouvrage par la SACHA ;

- la SACHA est tenue, en tant que délégataire, à une obligation d'entretien de l'ouvrage, prévue à l'article 5 du contrat de concession ;

- les manquements de la SACHA à ses obligations contractuelles, dont son devoir de conseil, ont contribué à l'apparition des désordres ;

- la somme demandée par la SACHA au titre de l'indemnisation de son préjudice n'est pas fondée ;

- subsidiairement, son indemnisation doit être limitée en raison de sa responsabilité dans l'apparition des désordres constatés ;

- son action en garantie contre la société Vinci construction maritime et fluvial est recevable.

Par un mémoire, enregistré le 22 septembre 2022, la société Ingerop conseil et ingénierie, représentée par Me Jeambon, demande au tribunal :

1°) de rejeter la requête de la SACHA ;

2°) de rejeter les demandes de VNF ;

3°) de mettre à la charge de VNF la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la demande d'expertise avant dire droit sollicitée par VNF ne présente aucune utilité et doit être rejetée ;

- le rapport d'expertise réalisé par l'entreprise sollicitée par la SASHA doit être écarté ;

- le tribunal dispose de suffisamment d'éléments pour rejeter la requête ;

- depuis les travaux de nettoyage préconisés par le rapport du 17 janvier 2020, aucun autre incident n'a été signalé par la SACHA qui a repris l'exploitation du site ;

- les travaux réalisés sous la maîtrise d'ouvrage de VNF ne sont pas à l'origine des désordres en litige ;

- le montant demandé par la SACHA au titre de l'indemnisation de son préjudice n'est pas fondé.

Par des mémoires, enregistrés le 10 octobre 2022 et le 18 février 2023, la société Atelier de Fos, représentée par Me Savatic, demande au tribunal de rejeter les demandes de VNF dirigées contre elle et de mettre à la charge de VNF la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que sa mise en cause n'est pas justifiée dès lors que les prestations qu'elle a effectuées sont étrangères aux désordres en litige.

Par des mémoires, enregistrés le 19 décembre 2022 et le 31 mars 2023, la société Vinci construction maritime et fluvial, représentée par la SCPA Claudon et associés, demande au tribunal de rejeter la demande de VNF dirigée contre elle et de mettre à la charge de VNF la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la demande de VNF dirigée contre elle est irrecevable dès lors que VNF, en qualité de maître d'ouvrage, ne peuvent invoquer à l'encontre des constructeurs des désordres apparents causés aux tiers par la voie de l'action en garantie après la réception des travaux ;

- la demande d'expertise avant dire droit sollicitée par VNF ne présente aucune utilité et doit être rejetée.

Par un mémoire, enregistré le 1er mars 2023, la société Guintoli, la société Masoni, la société Crozel TP et la société Construction électronique du Sud, représentées par la Selarl Ringle Roy et associés, demandent au tribunal de rejeter les demandes de VNF dirigées à leur encontre et de mettre à la charge de VNF la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles font valoir qu'en tant que titulaire du lot n°1 " voirie et réseaux divers ", elles ne sont pas impliquées dans les désordres en litige.

Vu :

- l'ordonnance du 1er avril 2021 par laquelle le président du tribunal administratif de Marseille a désigné un expert ;

- l'ordonnance du 9 juillet 2021 par laquelle le président du tribunal administratif de Marseille a mis fin aux opérations d'expertise ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code civil ;

- le code des marchés publics ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Delzangles ;

- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique ;

- les observations de Me Bosquet, représentant la société requérante, de Me Cochet, représentant VNF, de Me Cros, représentant la SAS Guintoli, de Me Douzi, représentant la SAS Atelier de Fos.

Considérant ce qui suit :

1. La SACHA est titulaire d'un contrat de concession d'exploitation d'un outillage destiné au hissage des bateaux (slipway) à Arles signé le 1er juin 1984 pour une durée de 30 ans avec l'État, auquel s'est substitué VNF. Par un avenant n°1 du 9 septembre 2004, les parties ont convenu d'une extension du périmètre de la concession ainsi que de la réalisation d'un programme d'investissement et de modernisation du slipway par le concessionnaire et de la prorogation de la concession de dix ans, soit jusqu'au 1er juin 2024. De nouveaux travaux de mise aux normes, d'extension et de modernisation du slipway étant nécessaires, les parties ont convenu, par un avenant n°2 signé le 22 mai 2018, d'une part, que VNF assurerait la maîtrise d'ouvrage des travaux, d'autre part de résilier de façon anticipée et d'un commun accord la concession au 31 décembre 2020 et, enfin, de préciser les modalités de réalisation des travaux et d'indemnisation de la SACHA au titre de l'impact de ces derniers pendant la période d'exploitation. Parmi les travaux réalisés, ont été créés les voies de hissage 15 et 16 ainsi qu'une extension de la dalle. Le 27 février 2019, VNF a prononcé la réception partielle avec réserve du lot n° 4 " Électromécanique " en précisant que ces réserves ne mettaient pas en cause l'utilisation des voies 15 et 16. Par un courrier du 21 février 2019, VNF a adressé à la SACHA les documents provisoires relatifs à la mise en service des voies 15 et 16. Au mois de décembre 2019, des dysfonctionnements sont apparus sur ces deux voies de hissage, matérialisés par le freinage et le blocage du chariot de la voie 15 et par le déraillement du chariot de la voie 16. La SACHA a demandé à VNF, par un courrier du 18 juin 2020, une indemnisation d'un montant de 45 888 euros du fait de l'indisponibilité partielle du slipway du 9 décembre 2019 au 11 février 2020 sur la base des modalités de calcul prévues par l'article 4.6 de l'avenant n° 2 au contrat de concession. VNF ont refusé de faire droit à sa demande le 2 novembre 2020.

2. Par la présente requête, la SACHA demande au tribunal de condamner VNF à lui verser la somme de 45 888 euros en raison de l'indisponibilité des voies de hissage 15 et 16 de la cale de halage entre le 9 décembre 2019 et le 12 février 2020.

Sur la fin de non-recevoir soulevée par VNF :

3. Aux termes de l'article L. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

4. Dans sa requête introductive d'instance enregistrée le 27 juillet 2021, la SACHA a demandé l'indemnisation de son préjudice sur le seul fondement de la responsabilité contractuelle de VNF. Par suite, les conclusions indemnitaires sur le terrain de la responsabilité du fait des dommages causés par la réalisation de travaux publics, présentées en cours d'instance par la société requérante dans son mémoire du 3 février 2023, après l'expiration du délai de recours juridictionnel, sont fondées sur une cause juridique distincte et constituent une demande nouvelle. Dès lors, la fin de non-recevoir tirée de ce qu'il s'agit d'une demande nouvelle présentée tardivement doit être accueillie.

Sur les conclusions indemnitaires :

S'agissant de la responsabilité civile de VNF à l'égard de la SACHA :

5. Aux termes de l'article 1240 du code civil : " Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ". Selon les stipulations de l'article 4.1 de l'avenant n°2 au contrat de concession, conclu entre VNF et la SACHA le 22 mai 2018 : " La responsabilité civile résultant des travaux d'extension, de modernisation et de mise aux normes du Slipway incombe à VNF, sauf à établir par ce dernier la responsabilité civile du concessionnaire ".

6. La SACHA, liée par contrat à VNF, n'est pas fondée à se prévaloir de la responsabilité civile de VNF prévue par les stipulations précitées de l'article 4.1 de l'avenant n°2 dès lors que celle-ci régit les relations entre l'établissement public, en tant que personne responsable, avec les tiers, comme il ressort des dispositions précitées du code civil.

S'agissant de la responsabilité contractuelle de VNF :

7. Aux termes des stipulations de l'article 4.6 de l'avenant n°2 au contrat de concession : " Le planning contractuel des travaux établi entre VNF et l'entreprise chargée de les réaliser a été partagé avec la SACHA concessionnaire pour optimiser l'exploitation du slipway pendant les travaux. Ce planning fait état sur la période 2018-2019, soit 24 mois, de : () - 14 mois de disponibilité totale du slipway où les travaux n'ont pas d'impact sur l'exploitation ; () - de 10 mois de disponibilité partielle où le slipway ne sera accessible qu'aux bateaux de moins de 40 mètres. () Considérant que le chiffre d'affaires cumulé de 2018 et 2019 avant impact de travaux est de 1 047 000€ (785 000/75%), la perte de 50% de chiffre d'affaires pour un jour d'indisponibilité partielle représente 717€ (1 047 000/730*50%) par jour calendaire, soit 219 402€ hors taxe pour les 306 jours d'indisponibilité partielle prévus. () Il en résulte que VNF verserait à SACHA une indemnisation de 219 402 euros hors taxe pour la perte financière estimée correspondant à l'indisponibilité prévue contractuellement dans les marchés de travaux et liée aux travaux. () En cas de dépassement des durées de travaux prévues et donc d'indisponibilité supérieure du slipway, ce montant sera augmenté à hauteur de 717 euros par jour calendaire d'indisponibilité supplémentaire sans pouvoir dépasser 300 000 hors taxe. Au-delà de ce montant de 300 000 hors taxe VNF et la SACHA se réuniront pour examiner la situation et définir les éventuelles indemnités à envisager. () En tout état de cause, seules les indisponibilités liées aux travaux seront prises en compte dans le calcul de l'indemnité ".

8. Tout d'abord, les stipulations précitées régissent les modalités de calcul et de versement des indemnités liées à la perte d'activité induite par l'indisponibilité des ouvrages du slipway concédés par le contrat de concession en raison des travaux de mise aux normes, d'extension et de modernisation du slipway décidés par l'avenant n°2 du 22 mai 2018. Il est constant que les voies de hissage 15 et 16, sur lesquelles ont porté les désordres objet du litige, ont été créées à l'occasion de ces travaux et que, par suite, ces deux voies ne peuvent faire partie des ouvrages indisponibles de la concession ayant fait l'objet d'une perte d'activité d'exploitation. Il s'ensuit que la SACHA ne peut demander, sur le fondement de l'article 4.6 de l'avenant n°2 précité, le versement d'une indemnité pour des restrictions de l'exploitation des voies 15 et 16, inexistantes lors de la signature de l'avenant n°2 et donc exclues du champ d'application de son article 4.6.

9. Ensuite, si la SACHA soutient que VNF, en tant que concédant ayant mis à sa disposition les ouvrages à exploiter, est responsable des malfaçons des travaux réalisés sous sa maîtrise d'ouvrage, elle ne peut sérieusement invoquer des vices de conception affectant les voies de hissage 15 et 16 du slipway nouvellement créées alors qu'il résulte de l'instruction que, d'une part, les dysfonctionnements allégués sur ces voies ont duré une courte période comprise entre le 9 décembre 2019 et le 12 février 2020 et, d'autre part, qu'aucun autre incident n'a été signalé par la SACHA jusqu'au terme de l'exploitation de la concession, ce qu'elle ne conteste pas. Par suite, la demande d'indemnisation de la société requérante fondée sur l'inexécution, par les VNF, du contrat de concession conclu avec la SACHA et de son avenant n°2 doivent être rejetées.

Sur la demande d'expertise présentée par les VNF :

10. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. () ".

11. Il résulte de ce qui précède que la demande d'expertise présentée par

VNF ne présente pas un caractère utile et ne peut, par suite, qu'être rejetée.

Sur les conclusions d'appel en garantie :

12. Le présent jugement ne prononçant aucune condamnation à l'encontre de VNF, l'appel en garantie formé par celui-ci à l'encontre des sociétés Intervia études, Guintoli, Vinci construction maritime et fluvial, Atelier de Fos, Ingerop conseil et ingénierie et Compagnie nationale du Rhône est dépourvu d'objet et doit être rejeté.

Sur les frais liés au litige :

13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de VNF, qui n'est pas la partie perdante, au titre des frais exposés par la SACHA et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la SACHA une somme de 2 500 euros au titre des frais exposés par VNF et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de la société de la cale de halage d'Arles est rejetée.

Article 2 : La société de la cale de halage d'Arles versera une somme de 2 500 euros à Voies navigables de France

Article 3 : Les conclusions à fin d'expertise présentées par Voies navigables de France sont rejetées.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société de la cale de halage d'Arles, à Voies navigables de France, et aux sociétés Ingerop conseil et ingénierie, Atelier de Fos, Vinci construction maritime et fluvial, Guintoli, Masoni, Crozel TP et Construction électronique du Sud.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président,

Mme Simeray, première conseillère,

Mme Delzangles, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

La rapporteure,

Signé

B. DelzanglesLe président,

Signé

P-Y. Gonneau

La greffière,

Signé

A. Martinez

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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