vendredi 12 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2107093 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BRES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 août 2021 et le 19 mars 2023, M. A B, représenté par Me Arena Blanchard, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 220 843 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la faute de l'administration quant à la mauvaise gestion administrative de sa situation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'administration a commis une faute en s'abstenant de proroger son contrat jusqu'à la date d'expiration de son congé maladie ;
- l'administration a commis une faute en s'abstenant de le placer d'office en congé de longue maladie à l'issue de ses six mois de congé maladie ;
- il est fondé à demander la somme de 110 203 euros, correspondant au plein traitement qu'il aurait dû percevoir pendant trois ans et six mois diminué des indemnités journalières de sécurité sociale qu'il a perçues ;
- il est fondé à demander la somme de 107 640 euros, en réparation du préjudice consistant en l'absence de perception de sa retraite pendant une période de six ans et six mois ;
- il est fondé à demander la somme de 3 000 euros en réparation de son préjudice moral.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 10 février 2022 et le 6 avril 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable du fait de l'absence d'une demande indemnitaire préalable liant le contentieux et de l'absence d'un recours administratif préalable obligatoire présenté devant la commission des recours des militaires ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,
- et les conclusions de M. Secchi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B s'est engagé dans l'armée de terre à compter du 1er octobre 1999. Le 16 mai 2018, lors d'un entraînement militaire de boxe française, il a été victime d'un accident déclenchant des douleurs et une diminution de la motricité de son genou droit. Le 8 février 2021, M. B a saisi la commission des recours des militaires afin de contester un protocole transactionnel proposé par l'administration aux fins de réparation de ses préjudices extrapatrimoniaux pour un montant de 185 euros. La commission a partiellement accepté sa demande, en lui proposant une indemnisation globale à hauteur de 1 500 euros. M. B demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 110 203 euros correspondant au plein traitement qu'il aurait dû percevoir pendant trois ans et six mois diminué des indemnités journalières de sécurité sociale qu'il a perçues, la somme de 107 640 euros en réparation du préjudice consistant en l'absence de perception de sa retraite pendant une période de six ans et six mois, ainsi que la somme de 3 000 euros en réparation de son préjudice moral.
2. Aux termes du I de l'article R. 4125-1 du code de la défense : " Tout recours contentieux formé par un militaire à l'encontre d'actes relatifs à sa situation personnelle est précédé d'un recours administratif préalable, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. / Ce recours administratif préalable est examiné par la commission des recours des militaires, placée auprès du ministre de la défense ". Aux termes de l'article R. 4125-2 du même code : " A compter de la notification ou de la publication de l'acte contesté, ou de l'intervention d'une décision implicite de rejet d'une demande, le militaire dispose d'un délai de deux mois pour saisir la commission par tout moyen conférant date certaine de réception de cette saisine au secrétariat permanent placé sous l'autorité du président de la commission. () / La saisine de la commission est accompagnée d'une copie de l'acte contesté et mentionne les griefs formulés contre cet acte. Dans le cas d'une décision implicite de rejet, la saisine est accompagnée d'une copie de la demande. / Si la copie de l'acte ou, dans le cas d'une décision implicite de rejet, la copie de la demande ne sont pas jointes à l'envoi, le secrétariat permanent de la commission met l'intéressé en demeure de la produire dans un délai de deux semaines ; en l'absence de production dans ce délai, l'intéressé est réputé avoir renoncé à son recours. Le président de la commission en dresse le constat et en informe l'intéressé ".
3. Au terme du premier paragraphe du courrier de saisine de la commission des recours des militaires, rédigé par M. B le 8 février 2021, celui-ci conteste un protocole transactionnel en date du 14 décembre 2020, proposé par l'administration aux fins de réparation des préjudices extrapatrimoniaux subis par le requérant en raison de son accident de service. Dans ce recours, M B affirme également que : " cet accident de service aurait dû être mieux pris en charge. () Je vais donc me battre pour récupérer les 6 mois de solde pleine et l'équivalent des sommes à titre de CLD qui me sont dues de plein droit. Car jusqu'à 3 jours avant une RDC, un contrat doit être renouvelé en cas de blessure en service ". Par cette formulation exprimant de façon peu précise sa simple volonté d'engager une procédure ultérieure, sans précision suffisante quant à un fondement de responsabilité recherché, M. B ne peut être regardé comme ayant demandé à la commission des recours des militaires de reconnaître les fautes de l'administration de ne l'avoir pas placé en congé de longue durée à l'issue de son congé maladie et de n'avoir pas renouvelé son contrat d'engagement jusqu'à l'échéance d'un tel congé. En outre, dans l'extrait précité de ce courrier du 8 février 2021, le requérant ne demande ni l'indemnisation de son préjudice tenant à l'absence de perception de son plein traitement pendant une période de trois ans et demi, ni celle de son préjudice tenant à la non-perception de sa pension de retraite pendant six ans et demi, ni celle de son préjudice moral. Dans ces conditions, le requérant ne peut être regardé comme ayant exercé un recours administratif préalable obligatoire devant la commission des recours des militaires.
4. Au surplus, la commission des recours des militaires ne peut être régulièrement saisie que d'un recours formé contre une décision administrative, y compris en matière indemnitaire. Le président de la commission a le pouvoir de rejeter le recours formé par un militaire devant la commission au motif qu'il doit être réputé, en l'absence de décision administrative préalable, y avoir renoncé. Il incombe au juge, s'il est saisi par le militaire d'un recours qui n'a ainsi été valablement précédé d'aucun recours administratif préalable, de le rejeter comme irrecevable, alors même que l'administration présenterait devant lui des observations au fond.
5. En l'espèce, le requérant a saisi l'administration d'une demande préalable indemnitaire par un courrier qui ne lui est parvenu que le 21 mars 2023. Par suite, à supposer même que le recours du 8 février 2021 puisse être regardé comme un recours administratif préalable obligatoire tendant à l'indemnisation des trois préjudices mentionnés au point 1, la saisine de la commission des recours des militaires serait irrégulière, faute pour le requérant d'être en mesure de présenter une demande indemnitaire adressée préalablement à l'administration.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. B sont irrecevables et ne peuvent donc qu'être rejetées. Doivent être rejetées par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 22 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2024.
La rapporteure,
Signé
G. Pouliquen
Le président,
Signé
J.B. BrossierLa greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026