jeudi 14 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2107120 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DE ANGELIS ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2021, la société Apave sudeurope, représentée par la société d'avocats de Angelis et Associés, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de condamner la commune de Marseille à lui verser la somme de 4 088,79 euros ;
2°) d'annuler les titres de recettes des 10 et 27 mai 2021 par lesquels la commune de Marseille a mis à sa charge les sommes, respectivement, de 2 737,04 euros et 1 368 euros.
Elle soutient que les pénalités infligées ne sont pas fondées.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 août 2021 et une pièce complémentaire reçue le 4 novembre 2021, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête au motif que les actes attaqués n'ont pas été communiqués.
Un courrier du 23 décembre 2021 a été adressé aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les informant de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et précisant la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2 du même code.
Par une ordonnance du 13 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée à cette date, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Le mémoire, enregistré le 28 novembre 2023 postérieurement à la clôture de l'instruction, présenté par la commune de Marseille, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gonneau,
- les conclusions de Mme Dyèvre, rapporteur public ;
- les observations de Me Prentczynski, représentant la société Apave sudeurope.
Considérant ce qui suit :
1. La société Apave sudeurope est titulaire d'un marché public portant sur des " missions de contrôle technique des bâtiments et ouvrages divers du patrimoine immobilier de la ville de Marseille pour l'ensemble des services municipaux " notifié le 2 mars 2015 puis d'un second marché public portant sur les mêmes missions notifié le 20 février 2019. Par deux titres de recettes des 10 et 27 mai 2021, la commune de Marseille a mis à la charge de la société Apave sudeurope des pénalités au titre de l'exécution du marché de 2019 d'un montant respectif de 2 737,04 euros et 1 368 euros. Par un avis à tiers détenteur du 25 mai 2021, le comptable de la commune de Marseille a saisi la somme de 4 378,06 euros sur un compte bancaire de la société requérante au titre de huit pénalités prononcées dans le cadres de l'exécution des marchés publics de 2015 et 2019. La société Apave sudeurope doit être regardée comme demandant l'annulation des titres de recettes précités et la condamnation de la commune de Marseille à lui verser la somme de 4 088,79 euros.
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par la commune de Marseille :
2. Aux termes de l'article R. 412-1 du Code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. Cet acte ou cette pièce doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagné d'une copie ".
3. Il ressort des pièces du dossier que bien que n'ayant pas été jointes à la requête introductive d'instance les décisions attaquées ont par suite été produites par la société requérante. La requête a, par suite, été régularisée au cours de l'instance. Il n'y a donc pas lieu de faire droit à la fin de non-recevoir opposée par la commune de Marseille.
En ce qui concerne le titre de recettes du 10 mai 2021 :
4. Il n'est pas contesté par la commune de Marseille que, comme le soutient la société Apave sudeurope, la facture visée par le titre de recettes ne correspondrait à aucune facture émise par la société dans le cadre du marché. Ainsi la pénalité ne peut être regardée comme fondée et il y a lieu, par suite, d'annuler le titre de recettes en litige.
En ce qui concerne le titre de recettes du 27 mai 2021 :
5. Aux termes de l'article 3.2 du CCAP du marché de 2019, relatif aux émission des bons de commande : " () Le délai d'exécution commence à courir à compter de la date de notification du bon de commande ". Aux termes de l'article 14.4 du même CCAP relatif à la présentation des demandes de paiement : " () Les factures sont envoyées à l'attention de Monsieur A émetteur du bon de commande, dans un délai de 30 jours à compter de la réception des prestations ".
6. Il résulte de l'instruction que la commune de Marseille a transmis un bon de commande le 19 mars 2019 pour une période de prestation du 1er mars 2019 au 31 mai 2019. La société Apave sudeurope est intervenue et a transmis son rapport et la facture le 26 avril 2019. Ainsi, la société requérante n'a commis aucun retard ni d'exécution ni de facturation au regard du bon de commande et des stipulations du marché. Il y a donc lieu d'annuler l'avis de sommes à payer du 27 mai 2021.
En ce qui concerne la pénalité d'un montant de 1 050 euros infligée pour l'exécution du marché public de 2015 et la pénalité d'un montant de 289,27 euros dans le cadre du marché public de 2019 :
7. Il n'est pas contesté par la commune de Marseille que, comme le soutient la société Apave sudeurope, la référence de la facture visée par la saisie administrative à tiers détenteur du 25 mai 2021 ne correspondrait à aucune facture émise par la société dans le cadre du marché. La pénalité d'un montant de 1 050 euros ne peut donc être regardée comme fondée et il y a lieu, par suite, de condamner la commune de Marseille à verser cette somme à la société requérante.
8. Il n'est pas contesté par la commune de Marseille que, comme le soutient la société Apave sudeurope, la référence de la facture visée par la saisie administrative à tiers détenteur du 25 mai 2021 ne correspondrait à aucune facture émise par la société dans le cadre du marché. Dans ces conditions, la pénalité d'un montant de 289,27 ne peut être regardée comme fondée, et il y a lieu, par suite, de condamner la commune de Marseille à verser cette somme à la société requérante.
En ce qui concerne les pénalités d'un montant de 416,15 euros, 180 euros et 1 579 euros infligées pour l'exécution du marché public de 2019 :
9. Aux termes de l'article 3.2 du CCAP, relatif aux émission des bons de commande : " () Le délai d'exécution commence à courir à compter de la date de notification du bon de commande ". Aux termes de l'article 14.4 du même CCAP, relatif à la présentation des demandes de paiement : " () Les factures sont envoyées à l'attention de Monsieur A émetteur du bon de commande, dans un délai de 30 jours à compter de la réception des prestations ". Aux termes de l'article 15.3 relatif aux pénalités de retard de dépôt de facture : " Une pénalité de 30 euros par jour de retard sera appliquée conformément aux dispositions de l'article 14.4 du présent CCAP. Cette pénalité sera plafonnée au montant total HT de la facture () ".
10. Il résulte de l'instruction que le 17 juillet 2020, la commune de Marseille a adressé à la société Apave sudeurope un bon de commande pour une exécution entre le 21 juillet 2020 et le 30 août 2020. Toutefois les parties ont convenu que l'intervention de l'Apave se ferait au mois de septembre après le retour de congé de l'interlocuteur de la société. La visite est intervenue le 14 septembre 2020, le rapport de diagnostic adressé le 2 octobre 2020 et la facture a été adressée le 28 septembre 2020. Dès lors, les parties ayant convenu d'une intervention au-delà du délai stipulé par le bon de commande, il ne peut être fait grief par la commune à l'entreprise Apave sudeurope d'un retard d'exécution de cette commande. De plus, la société a procédé par suite à la facturation dans le délai prévu par le marché. Dans ces conditions la pénalité d'un montant de 416,15 n'est pas fondée et il y a donc de condamner la commune de Marseille à verser cette somme à la société requérante.
11. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que le 20 juillet 2020, la commune de Marseille a adressé un bon de commande pour une exécution entre le 2 janvier 2020 et le 3 juin 2020. La société a procédé à la facturation de la prestation le 7 septembre 2020. L'émission du bon de commande étant intervenue après l'expiration de la période d'exécution prévue par celui-ci, aucun délai, ni d'exécution de la prestation, ni de facturation, n'a pu commencer à courir. Dans ces conditions, la pénalité d'un montant de 180 euros n'est pas fondée et il y a donc de condamner la commune de Marseille à verser cette somme à la société requérante.
12. Il résulte de l'instruction que la commune de Marseille a transmis à la société Apave sudeurope le 23 décembre 2019 ou au mois mars 2020 un bon de commande prévoyant une prestation entre le 16 septembre 2019 et le 29 novembre 2019. La société Apave sudeurope a transmis le rapport final le 26 novembre 2019. L'émission du bon de commande étant intervenue, en tout état de cause, après l'expiration de la période d'exécution prévue par celui-ci, aucun délai, ni d'exécution de la prestation, ni de facturation, n'a pu commencer à courir. Dans ces conditions la pénalité d'un montant de 1 579 euros n'est pas fondée et il y a donc de condamner la commune de Marseille à verser cette somme à la société requérante.
En ce qui concerne la pénalité d'un montant de 289,37 euros infligée pour l'exécution du marché public de 2019 :
13. Aux termes de l'article 3.1 du CCAP, relatif au délais : " Les délais d'exécution seront portés sur chaque bon de commande ". Aux termes de l'article 3.2 du même CCAP, relatif aux émission des bons de commande : " Les commandes sont faites au fur et à mesure des besoins par le moyen de bons de commande délivrés par le service et qui comporteront : () Le délai d'exécution, () Les bons de commande seront notifiés par courrier ou par mail (avec accusé de réception). Le délai d'exécution commence à courir à compter de la date de notification du bon de commande ". Aux termes de l'article 15.1 du même CCAP relatif aux pénalités de retard : " Par dérogation à l'article 14.1 du CCAG PI, le titulaire subira par jour de retard, par rapport au délai fixé dans le bon de commande, et sans mise en demeure préalable, une pénalité de 200 Euros. Toutefois, le montant des pénalités de retard ne peut dépasser la moitié du montant total HT de la facture. Par dérogation à l'article 14.3 du CCAG PI, le titulaire n'est pas exonéré des pénalités dont le montant ne dépasse pas 300 euros HT pour l'ensemble du marché ".
14. Il résulte des stipulations précitées que, d'une part, le bon de commande doit expressément mentionner le délai d'exécution de la prestation dont il est question, et d'autre part, que le délai d'exécution ne peut courir qu'à compter de la date de notification du bon de commande.
15. Il résulte de l'instruction qu'un bon de commande a été adressé par la commune de Marseille à la société Apave sudeurope le 24 juillet 2020 qui prévoyait un délai d'exécution débutant le 21 juillet 2020 pour s'achever le 20 août 2020. Ainsi, la date de commencement d'exécution était antérieure à la date de transmission du bon de commande. Dès lors, le délai d'exécution de trente et un jours n'a pu commencer à courir, comme le prévoit l'article 3.2 du CCAP, qu'à compter de la date de transmission du bon de commande, soit le 24 juillet 2020, pour expirer le 24 août 2020. Ainsi, si la commune de Marseille ne pouvait infliger à la société Apave sudeurope, qui a remis son rapport le 24 août 2020, une pénalité de retard. Par suite, il y a lieu de condamner la commune de Marseille à verser la somme de 289,37 euros à la société requérante.
En ce qui concerne la pénalité d'un montant de 285 euros infligée pour l'exécution du marché public de 2019 :
16. Il résulte de l'instruction que la commune de Marseille a adressé le 10 février 2020 un bon de commande prévoyant une période d'intervention entre le 24 février 2020 et le 9 mars 2020. La prestation consistait à attester de la bonne exécution des travaux réalisés par la commune. Or, la société requérante fait valoir sans être contredite qu'elle a constaté de nombreuses non-conformités le 14 février 2020 et qu'elle n'a pu clôturer sa mission et transmettre l'attestation qu'elle devait réaliser qu'après que la commune a remédié à ces non-conformités, soit à compter du 4 juin 2020. La société Apave sudeurope a transmis l'attestation le 8 juin 2020 et la facture le 11 juin 2020. Dans ces conditions, la commune ne pouvait reprocher aucun retard d'exécution ou de facturation. Par suite la pénalité n'est pas fondée et il y a lieu de condamner la commune de Marseille à verser la somme de 285 euros à la société requérante.
D É C I D E :
Article 1er : Les titres de recettes du 10 mai 2021 et du 27 mai 2021 par lesquels la commune de Marseille a mis à la charge de la société Apave sudeurope les sommes, respectivement, de 2 737,04 euros et 1 368 euros sont annulés.
Article 2 : La commune de Marseille est condamnée à verser à la société Apave sudeurope la somme de 4 088,79 euros.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Apave sudeurope et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Devictor, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.
Rendu public par mis à disposition au greffe le 14 décembre 2023.
Le président - rapporteur,
signé
P-Y. GonneauL'assesseure la plus ancienne,
signé
É. Devictor
La greffière,
signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef ;
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026