jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2107147 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BARDON & DE FAY- AVOCATS ASSOCIÉS - BF2A |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 août 2021, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler le titre exécutoire émis le 23 avril 2021 par lequel le maire de la commune d'Arles lui réclame la somme de 8 634,56 euros au titre d'un indu de rémunération perçues de mars 2019 à septembre 2020, ainsi que la décision du 11 juin 2021 par laquelle le maire d'Arles a rejeté son recours gracieux contre ce titre de recettes.
Elle soutient que :
- la commune d'Arles a commis une faute dans l'attribution indue des primes dont le remboursement lui est réclamé susceptible d'engager sa responsabilité ;
- elle a subi un important préjudice financier et des troubles dans ses conditions d'existence résultant de la perte de rémunération consécutive à cette faute.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2021, la commune d'Arles, représentée par Me De Faÿ, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B le paiement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la direction régionale des finances publiques Provence-Alpes Côte d'Azur qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- et les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée le 10 janvier 2017 par la voie du détachement sur l'emploi de directrice générale adjointe en charge de la vie sociale au sein des services de la commune d'Arles, qu'elle a occupé à 70 % de son temps de travail, étant détachée également pour 30 % de son temps de travail sur un emploi de directrice d'établissement public des centres sociaux de la même commune. A la suite d'un contrôle de gestion de la chambre régionale des comptes, le maire a émis, le 23 avril 2021, un titre de perception d'un montant de 8 634,56 euros correspondant à des indus de rémunération au titre de l'indemnité de résidence perçue au cours du mois de mars 2019 et au titre de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) et de la prime de responsabilité respectivement perçues au cours de la période courant du 1er mars 2019 au 31 janvier 2020 et du 1er mars 2019 au 30 septembre 2020. Par un courrier du 25 mai 2021, l'intéressée a présenté un recours gracieux qui a fait l'objet d'une décision explicite de rejet du 11 juin 2021. Mme B demande au tribunal l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Une décision administrative explicite accordant un avantage financier crée des droits au profit de son bénéficiaire alors même que l'administration avait l'obligation de refuser cet avantage. En revanche, ne créent pas de droits au profit de son bénéficiaire les mesures qui se bornent à procéder à la liquidation de la créance née d'une décision prise antérieurement. Pour l'application de ces règles à la détermination de la rémunération des agents publics, le maintien du versement d'un avantage financier ne peut être assimilé à une décision implicite accordant un avantage financier et constitue une simple erreur de liquidation non créatrice de droits et ne commet pas d'erreur de droit l'administration qui demande à un agent le remboursement de sommes indûment perçues.
3. Il résulte de l'instruction qu'à la suite d'un contrôle de la commune réalisé par la chambre régionale des comptes Provence-Alpes Côte d'Azur et des observations formulées par celle-ci, la commune d'Arles, alertée du caractère irrégulier de la nomination de Mme B dans l'emploi de directeur général adjoint des services qu'elle occupait depuis le 1er janvier 2017 et d'irrégularités dans le versement de ses primes d'indemnité de résidence, de la NBI et de la prime de responsabilité, a, par délibération du conseil municipal du 27 mars 2019, voté la création de cet emploi. Toutefois, Mme B, qui percevait les primes précitées depuis le 10 janvier 2017, date à laquelle elle a été nommée au poste de directrice générale adjointe des services, n'a fait l'objet d'une demande de remboursement de la part de la commune d'Arles que le 23 avril 2021 par l'émission d'un titre de perception d'un montant de 8 634,56 euros, correspondant à des indus de rémunérations perçues du 1er mars 2019 au 30 septembre 2020. Si l'administration, comme il a été dit au point précédent, pouvait, à bon droit, demander le remboursement des sommes indûment perçues par la requérante, la perception prolongée par celle-ci d'une rémunération indue, en dépit des signalements faits par la chambre régionale des comptes dès le premier trimestre de l'année 2019 à la commune , qui n'a pris de mesures que plus de deux années après avoir été informée de son erreur, est imputable à la carence de l'administration.
4. La requérante soutient que cette carence de la commune d'Arles lui a causé un préjudice financier en raison, en particulier, du calcul des mensualités de remboursement d'un emprunt immobilier contracté en avril 2018 sur les éléments de salaire qu'elle percevait à cette époque, et de sa perte de salaire consécutive à l'émission du titre de perception en cause. Toutefois, en ne produisant aucun élément sur sa situation financière et notamment sur les modalités de remboursement de son emprunt bancaire immobilier et en s'abstenant de caractériser et d'étayer les troubles dans ses conditions d'existence qu'elle soutient avoir subi, Mme B n'établit pas les préjudices dont elle se prévaut.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B à fin d'annulation du titre de recettes du 23 avril 2021 et de la décision de rejet de son recours gracieux du 11 juin 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B tout ou partie de la somme demandée par la commune d'Arles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Arles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la commune d'Arles et à la direction régionale des finances publiques Provence-Alpes Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
La rapporteure,
signé
E. Fabre
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2107147
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026