mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2107537 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP MOTEMPS & TRIBOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 août 2021 M. A D, représenté par la SCP Motemps et Tribot, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille (AP-HM) à lui verser la somme de 182 558,40 euros en réparation des préjudices subis à la suite de l'intervention du 22 mai 2007 à l'hôpital Nord, après déduction de la provision déjà versée de 31 245 euros ;
2°) de mettre les frais d'expertise taxés et liquidés à hauteur de 3 050 euros à la charge définitive de l'AP-HM ;
3°) de déclarer le jugement à intervenir commun à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône ;
4°) de mettre à la charge de l'AP-HM une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a contracté une infection nosocomiale au décours de l'intervention de pose d'une prothèse totale de genou et tentative d'artholyse réalisée à l'hôpital Nord de Marseille le 22 mai 2007 ;
- cette infection n'ayant aucune cause antérieure ou postérieure étrangère à l'intervention est susceptible d'engager la responsabilité sans faute de l'AP-HM ;
- après déduction de la provision déjà versée de 32 245 euros, il est fondé à solliciter la réparation de ses préjudices définitifs identifiés par l'expert, à savoir un déficit fonctionnel temporaire à hauteur de 33 296 euros, des souffrances endurées à hauteur de 45 000 euros, une assistance par une tierce personne à hauteur de 28 740 euros, un déficit fonctionnel permanent à hauteur de 19 000 euros, un préjudice esthétique permanent à hauteur de 4 500 euros, une assistance à une tierce personne après consolidation et à titre viager à hauteur de 22 451 euros, une incidence professionnelle à hauteur de 60 000 euros, des frais de communication et de copie de son dossier médical à hauteur de 16 euros et des frais d'assistance à expertise à hauteur de 1 800 euros.
Par des mémoires enregistrés les 25 novembre 2021 et 27 juillet 2023, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes pour le compte de la caisse primaire et centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, représentée par la SCP Vinsonneau-Paliès, Noy, Gauer Avocats, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'AP-HM à lui verser une somme de 106 824,68 €, en remboursement de ses débours, avec intérêts au taux légal à compter de l'enregistrement de son mémoire ;
2°) de condamner l'AP-HM à lui verser une somme de 1 162 €, au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, prévue à l'article L.376-1 alinéa 9 du code de la sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HM une somme de 600 € en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2023, l'AP-HM, représentée par Me Deguitre, conclut à la réduction des prétentions indemnitaires du requérant et au rejet de la créance supplémentaire de la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Elle fait valoir que :
- elle ne conteste pas le principe de sa responsabilité et entend uniquement discuter le quantum des prétentions indemnitaires du requérant ;
- le montant journalier du déficit fonctionnel temporaire ne saurait excéder 16 euros pour un montant total de 14 406,40 euros et 3 161,40 euros après déduction de la provision d'ores et déjà versée ;
- l'indemnisation des souffrances endurées ne saurait excéder la somme de 15 000 euros et que la provision accordée par le juge des référés était satisfactoire ;
- les frais d'assistance par une tierce personne temporaires et permanents ne sauraient excéder 14 euros de l'heure, soit 20 118 euros au global à titre temporaire et 16 033,92 euros à titre permanent ;
- l'indemnisation du préjudice esthétique temporaire ne saurait excéder la somme de 2 600 euros ;
- le montant définitif du DFT inhérent aux séquelles strictement imputables à l'infection ne saurait excéder 10 000€, soit un solde de 5 000 euros ;
- la demande au titre du préjudice d'incidence professionnelle doit être rejetée dès lors que ce poste de préjudice n'est pas en lien direct et certain avec l'infection nosocomiale en cause ;
- enfin, la créance de la caisse primaire d'assurance maladie comporte des incohérences de calcul et ne tient pas compte de la provision de 38 409,89 euros qui doit être considérée comme satisfactoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les ordonnances du 5 février 2016 et 18 juillet 2019 par lesquelles le président du tribunal a taxé et liquidé les frais d'expertise à hauteur de 3 050 euros.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ludivine Journoud,
- les conclusions de Mme Amélie Lourtet, rapporteure publique,
- les observations de Me Bauerel, substituant Me Motemps, pour M. D, et celles de Me Deguitre, pour l'AP-HM.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, âgé de 47 ans au moment des faits, a été victime d'un accident du travail en juin 2003 avec une fracture complexe du plateau tibial externe du genou gauche. Déjà opéré en 2003, il a été réopéré en 2005 du fait d'un cal vicieux, puis en avril 2006 devant la persistance des douleurs. En présence d'une raideur du genou gauche, une prothèse totale du genou avec tentative d'arthrolyse est réalisée le 22 mai 2007 à l'hôpital Nord de Marseille, relevant de l'AP-HM, et une infection s'est déclarée immédiatement au décours de l'intervention. Une nouvelle intervention de lavage du genou et de prélèvement a lieu le 11 juin suivant et a permis d'identifier la présence d'un staphylocoque epidermidis. Le requérant a alors fait l'objet d'un traitement antibiotique long avec une prise en charge hospitalière, puis d'une ablation de la prothèse du genou le 28 mai 2008. Cette infection a été suivie de plusieurs interventions et plusieurs épisodes infectieux successifs ayant conduit le requérant à saisir le juge des référés à plusieurs reprises en expertise et en provision. L'état de santé de M. D étant désormais consolidé, celui-ci saisi le tribunal à fin d'engagement de la responsabilité sans faute de l'AP-HM et d'indemnisation des préjudices imputables à l'infection en litige.
Sur la responsabilité de l'AP-HM :
2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ".
3. Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
4. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que M. D a été victime d'une infection nosocomiale dans les suites directes de l'intervention de mise en place d'une prothèse totale de genou avec tentative d'arthrolyse, qu'il a subi à l'hôpital Nord le 22 mai 2007. Il résulte également de l'instruction que cette infection survenue au décours de la prise en charge de l'intéressée par l'établissement n'était ni présente, ni en incubation avant ou au début de celle-ci et que l'AP-HM, qui ne conteste pas sa responsabilité, n'établit aucune autre origine ou aucune cause étrangère permettant d'exonérer ou d'amoindrir sa responsabilité.
5. Dans ces conditions, M. D est fondée à soutenir que l'AP-HM est responsable de l'infection nosocomiale qu'il a contractée au décours de l'intervention du 22 mai 2007 à l'hôpital Nord.
Sur l'évaluation des préjudices :
6. A titre préliminaire, il résulte de l'instruction que la date de consolidation du requérant doit être fixée au 28 juin 2016.
En ce qui concerne les préjudices temporaires :
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction et principalement des rapports d'expertise, que M. D présente d'une part un déficit fonctionnel temporaire total de 333 jours durant les périodes du 21 mai au 29 mai 2007 (9 jours), du 7 juin au 20 juin 2007 (14 jours), du 6 août au 12 octobre 2007 (68 jours), du 28 mai au 6 juin 2008 (10 jours), du 7 août au 25 août 2008 (19 jours), du 18 mars au 3 avril 2009 (17 jours), du 31 juillet au 5 août 2009 (6 jours), du 12 septembre au 17 septembre 2010 (6 jours), du 28 septembre au 10 novembre 2011 (44 jours) et du 25 mars au 11 août 2015 (140 jours). Et d'autre part M. D présente un déficit fonctionnel temporaire partiel à hauteur de 30% durant les périodes intervalles ainsi que du 11 novembre 2011 jusqu'au 28 juillet 2016, date de consolidation de l'état de santé du requérant, soit 3 024 jours durant les périodes du 30 mai au 6 juin 2007 (8 jours), du 21 juin au 5 août 2007 (46 jours), du 13 octobre 2007 au 27 mai 2008 (228 jours), du 7 juin au 6 août 2008 (61 jours), du 26 août 2008 au 17 mars 2009 (204 jours), du 4 avril au 30 juillet 2009 (118 jours), du 6 août 2009 au 11 septembre 2010 (402 jours), du 18 septembre 2010 au 27 septembre 2011 (375 jours), du 11 novembre 2011 au 24 mars 2015 (1 230 jours) et, enfin, du 12 août 2015 au 28 juillet 2016 (352 jours). Il sera fait une juste appréciation globale du déficit fonctionnel temporaire total et partiel de M. D en l'évaluant à 16 532 euros.
8. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et principalement des rapports d'expertise que les souffrances endurées par M. D ont été évaluées par l'expert à 5,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'indemnisant à hauteur de 18 500 euros.
9. En dernier lieu, lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel nécessitant de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
10. Pour les périodes de déficit fonctionnel temporaire identifiées au point 7, l'état de santé altéré de M. D a nécessité une aide de trois heures par semaine. Il y a lieu, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 13 euros pour une aide active non spécialisée. Par suite, l'indemnisation due au titre de l'assistance par une tierce personne avant consolidation doit être fixée à la somme de 18 637 euros, qui sera mise à la charge de l'AP-HM.
En ce qui concerne les préjudices permanents :
11. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. D, né le 14 avril 1960, présente un taux de déficit fonctionnel permanent de 10 % en lien exclusif avec l'infection nosocomiale dont il a été victime au décours de l'intervention du 22 mai 2007. Eu égard à ce taux et à son âge, 56 ans, à la date de consolidation de son état de santé le 27 juillet 2016, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 11 000 euros.
12. En deuxième lieu, il résulte du rapport d'expertise que M. D présente un préjudice esthétique directement corrélé à l'infection nosocomiale contractée et caractérisé par l'existence d'une cicatrice, d'une forte boiterie et d'une amyotrophie quadricipitale. Ce préjudice a été évalué par l'expert à 2,5 sur une échelle de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de la réparation due au titre de ce poste de préjudice en la fixant à la somme de 2 500 euros
13. En troisième lieu, il résulte de l'instruction qu'en raison de l'importante altération de son état général compte tenu de sa pathologie articulaire, de sa forte boiterie, du fait que son appartement se situe au 15e étage de son immeuble et de son degré de fatigue, M. D ne peut réaliser totalement ses tâches ménagères justifiant pour celui-ci une aide viagère de quatre heures par mois, soit 0,13 heure par jour.
14. Il y a lieu, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travailde calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 13 euros pour une aide active non spécialisée.
15. Par suite, entre la date de la consolidation de l'état de santé de M. D au 28 juillet 2016 et celle de mise à disposition du présent jugement, soit 2 658 jours, il y a lieu d'évaluer ce poste de préjudice à la somme de 5 072 euros (2 658 x 0,13 x 13 x 412/365).
16. À compter du jugement, dès lors que M. D est âgée de 63 ans, en retenant un taux de l'euro de rente viagère fixé à 20,452 par le barème de capitalisation 2022 publié par la Gazette du Palais (taux d'intérêt égal à 0 %), son préjudice s'élève à la somme de 14 240,31 euros (412 x 0,13 x 20,452 x 13).
17. En quatrième lieu, l'incidence professionnelle a pour objet d'indemniser les préjudices périphériques du dommage touchant à la sphère professionnelle, comme le préjudice subi par la victime directe en raison de sa dévalorisation sur le marché du travail, de sa perte d'une chance professionnelle ou de l'augmentation de la pénibilité de l'emploi qu'elle occupe imputable au dommage, ou encore au préjudice subi qui a trait à sa nécessité de devoir abandonner la profession qu'elle exerçait avant le dommage au profit d'une autre qu'elle a dû choisir en raison de la survenance de son handicap.
18. Il est constant que M. D, dont l'état de santé a été déclaré consolidé comme il a été dit précédemment le 27 juillet 2016, soit neuf ans après qu'il ait contracté à l'hôpital Nord une infection nosocomiale a le 22 mai 2007, était déjà en arrêt de travail à cette date à cause de ses problèmes de genou. Par suite, la cessation de son activité professionnelle antérieure n'est pas en lien direct et certain avec l'infection nosocomiale en litige. Par ailleurs, le requérant produit lui-même une attestation de notification de la pension d'invalidité qu'il perçoit depuis le 1er octobre 2017, à hauteur de 4 796 euros bruts annuels. Enfin, compte tenu de l'âge du requérant au moment de la contraction de l'infection, 53 ans, puis à la date de consolidation de ladite infection, 63 ans, sa dévalorisation sur le marché du travail ou ses difficultés à retrouver un emploi, n'apparaissent pas non plus en lien direct et certain avec l'infection en cause. Par suite, la demande indemnitaire formulée au titre de l'incidence professionnelle par M. D doit être rejetée.
19. En dernier lieu, M. D demande le remboursement des frais qu'il a engagés en s'adjoignant le concours du Dr C et dont il justifie pour un montant de 1 800 euros au titre de l'assistance à expertise. En outre il justifie d'une quittance émise par l'AP-HM de 16 euros correspondant à la reproduction et à la communication de son dossier médical. Par suite, il y a lieu de condamner l'AP-HM à lui verser une somme globale 1 816 euros au titre des frais exposés pour les besoins de l'expertise.
20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. D est fondé à obtenir de l'AP-HM le versement d'une somme de 88 297,31 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'infection nosocomiale contractée le 22 mai 2007, soit une somme de 57 052,31 euros après déduction de la provision de 31 245 euros déjà versée.
Sur les conclusions de la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes pour le compte de la caisse primaire et centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône :
En ce qui concerne les débours assortis des intérêts au taux légal :
21. La CCSS des Hautes-Alpes, pour le compte de la CPCAM des Bouches-du-Rhône, sollicite la prise en charge de débours au titre des frais hospitaliers, frais médicaux, frais pharmaceutiques, frais d'appareillage et de transport versés entre le 7 juin 2007 et le 28 juillet 2016 dans le cadre du traitement de l'infection nosocomiale dont M. D a été victime puis des diverses conséquences médicales de celle-ci à hauteur d'un montant global de 25 655,64 euros. L'état des débours indique également des indemnités journalières versées à hauteur de 2 004,30 euros du 18 juin au 15 août 2013, les arrérages échus du 16 août 2013 au 16 avril 2023 et la capitalisation de la rente à titre viager à hauteur d'un montant global de 79 164,74 euros. La CCSS des Hautes-Alpes pour le compte de la CPCAM des Bouches-du-Rhône produit à l'appui de sa demande une attestation d'imputabilité du médecin-conseil qui n'est pas valablement contredite par l'AP-HM qui ne produit aucun élément en défense de nature à remettre en cause l'attestation d'imputabilité produite par la caisse alors que les dates d'engagement des frais sont bien situées entre la date de la contraction de l'infection nosocomiale et la date de consolidation retenue par l'expert. La CCSS des Hautes-Alpes pour le compte de la CPCAM des Bouches-du-Rhône est par suite fondée à solliciter le remboursement de la somme de 68 414,79 euros au titre de ses débours, après déduction de la provision de 38 409,89 euros déjà versée, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de l'enregistrement de son premier mémoire, soit le 25 novembre 2021.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
22. En application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 susvisé, et eu égard à la somme dont elle obtient le remboursement dans le présent jugement, la CCSS des Hautes-Alpes pour le compte de la CPCAM des Bouches-du-Rhône, est en droit d'obtenir le versement d'une indemnité forfaitaire de gestion d'un montant de 1 162 euros.
Sur les frais d'expertise :
23. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise, qui ont été taxés et liquidés à la somme de 3 050 euros par deux ordonnances du président du tribunal du 5 février 2016 et 18 juillet 2019, à la charge définitive de l'AP-HM.
Sur les frais du litige :
24. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'AP-HM une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il y a également lieu de mettre à la charge de l'AP-HM la somme de 600 euros à verser à la CCSS des Hautes-Alpes pour le compte de la CPAM des Bouches-du-Rhône sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'AP-HM est condamnée à verser une somme de 57 052,31 euros à M. D en réparation des préjudices qu'il a subi du fait de l'infection nosocomiale qu'il a contractée au décours de l'intervention du 22 mai 2007, et ce, après déduction de la provision de 31 245 euros déjà versée.
Article 2 : L'APHM est condamnée à rembourser les débours de la CCSS des Hautes-Alpes pour le compte de la CPCAM des Bouches-du-Rhône à hauteur de 68 414,79 euros, après déduction de la provision de 38 409,89 euros déjà versée, assortis des intérêts au taux légal à compter du 25 novembre 2021.
Article 3 : L'AP-HM est condamnée à verser une indemnité forfaitaire de gestion de 1 162 euros à la CCSS des Hautes-Alpes pour le compte de la CPCAM des Bouches-du-Rhône en application de l'article L. 376-1 alinéa 9 du code de la sécurité sociale.
Article 4 : Les frais d'expertise taxés et liquidés à hauteur de 3 050 euros sont mis à la charge définitive de l'assistance publique - hôpitaux de Marseille.
Article 5 : L'AP-HM versera une somme de 1 500 euros à M. D et la somme de 600 euros à la CCSS des Hautes-Alpes pour le compte de la CPCAM des Bouches-du-Rhône sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à l'assistance publique - hôpitaux de Marseille et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes pour le compte de la caisse primaire et centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au Dr B, expert médical.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Frédérique Simon, présidente,
M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,
Mme Ludivine Journoud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
L. Journoud
La présidente,
signé
F. Simon
La greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé de Provence Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026