LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2107565

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2107565

lundi 23 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2107565
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8è ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantCHAMPEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 août 2021 et 21 janvier 2023, Mme C A, représentée par Me Champeau, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 000 euros au titre des préjudices qu'elle aurait subis, assortie des intérêts au taux légal, à parfaire à la date du jugement à intervenir ;

2°) d'enjoindre à l'Etat de présenter son dossier de demande de logement social aux commissions d'attribution prévues par l'article L. 441-2 du code de la construction et de l'habitation et de prendre les mesures nécessaires pour l'attribution d'un logement correspondant à ses besoins et à ses capacités dans le délai de six mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- le préfet des Bouches-du-Rhône a commis une faute en ne respectant pas son obligation de lui proposer un logement adapté à ses besoins et à ses capacités ; les propositions de logement auxquelles le préfet se réfère sont antérieures à la décision du 1er août 2019 de la commission de médiation l'ayant reconnue comme prioritaire et comme devant être logée d'urgence ;

- elle et sa famille ne sont toujours pas relogées et sont maintenues dans un logement sur-occupé et en très mauvais état ; cette situation est à l'origine de troubles dans leurs conditions d'existence et persiste ;

- contrairement à ce que soutient le préfet, elle n'a jamais été radiée de la liste des demandeurs de logement social et, en tout état de cause, une telle circonstance ne met pas fin à l'obligation du préfet ;

- elle est fondée à solliciter que soit enjoint au préfet, en l'absence de logement proposé, de présenter son dossier aux bailleurs sociaux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal limite la condamnation de l'Etat à un montant de 2 437,49 euros.

Il fait valoir que :

- Mme A ne dispose pas d'un intérêt à agir suffisant pour demander la condamnation de l'Etat ;

- à titre principal, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés et, à titre subsidiaire, la période de responsabilité de l'Etat a débuté le 1er février 2020 pour une durée de seulement treize mois.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2021/017748 du 10 août 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les observations de Me Champeau, représentant Mme A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, vivant avec son conjoint M. D, leurs cinq enfants et un à naître, a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée d'urgence par la commission départementale de médiation des Bouches-du-Rhône par une décision du 1er août 2019 dans un logement répondant à ses besoins et à ses capacités. Par un jugement du 1er octobre 2020, le tribunal a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône d'assurer le logement de la requérante dans le délai de quatre mois à compter la notification de ce jugement. Par une lettre du 2 juin 2021, Mme A a demandé au préfet de l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis. Cette demande a été implicitement rejetée. Elle demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 000 euros et de lui enjoindre de présenter le dossier de sa demande de logement social aux commissions d'attribution prévues par l'article L. 441-2 du code de la construction et de l'habitation ainsi que de prendre les mesures nécessaires pour l'attribution d'un logement correspondant à ses besoins et à ses capacités.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée du défaut d'intérêt pour agir de Mme A :

2. La circonstance, à la supposer avérée, que Mme A ait été radiée de la liste des demandeurs de logement à la date d'enregistrement de la requête est sans incidence sur la recevabilité de celle-ci dès lors que ses conclusions se fondent sur la responsabilité de l'Etat et tendent à l'indemnisation de la requérante suite au refus opposé par l'administration à sa demande préalable indemnitaire du 2 juin 2021. Ainsi, la requête est recevable.

En ce qui concerne la responsabilité :

3. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'Etat à toute personne qui () n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ". Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du même code : " () Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement () / La commission de médiation transmet au représentant de l'Etat dans le département la liste des demandeurs auxquels doit être attribué en urgence un logement. / () Le représentant de l'Etat dans le département désigne chaque demandeur à un organisme bailleur disposant de logements correspondant à la demande () / En cas de refus de l'organisme de loger le demandeur, le représentant de l'Etat dans le département qui l'a désigné procède à l'attribution d'un logement correspondant aux besoins et aux capacités du demandeur sur ses droits de réservation () ". Aux termes de l'article L. 441-2-3-1 de ce code : " I.-Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte ". Enfin, l'article R. 441-16-1 dudit code précise que ledit recours peut être introduit passé un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation.

4. Il résulte des dispositions précitées que, lorsqu'un demandeur a été reconnu comme prioritaire et comme devant être relogé en urgence par une commission de médiation, il incombe au représentant de l'Etat dans le département de définir le périmètre au sein duquel le logement à attribuer doit être situé, sans être tenu par les souhaits de localisation formulés par l'intéressé dans sa demande de logement social. Le refus, sans motif impérieux, d'une proposition de logement correspondant à ses besoins et à ses capacités est de nature à faire perdre à l'intéressé le bénéfice de la décision de la commission de médiation, pour autant qu'il ait été préalablement informé de cette éventualité conformément à l'article R. 441-16-3 du code de la construction et de l'habitation.

5. Si le préfet des Bouches-du-Rhône fait valoir qu'à la suite d'une précédente décision du 19 octobre 2017 de la commission de médiation, deux logements de type T5 ont été proposés à Mme A les 24 novembre 2017 et 23 février 2018 mais ne lui ont pas été attribués au motif qu'elle n'a produit que des dossiers incomplets, cette circonstance, à la supposer avérée, est sans incidence sur l'obligation faite au préfet de proposer à la requérante un logement adapté à ses besoins et à ses capacité dans le délai de six mois à compter de l'intervention de la décision du 1er août 2019 de la commission de médiation soit avant le 1er février 2020. De plus, à supposer même que la demande du 15 juin 2016 de logement social de la requérante soit devenue caduque le 17 juillet 2017 en l'absence de renouvellement, cette circonstance est également sans incidence sur l'obligation susmentionnée dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'elle caractérisait une renonciation de la requérante à sa demande ou une entrave à l'exécution de la décision de la commission de médiation. Dans ces conditions, le préfet n'est pas fondé à considérer être délié de l'obligation qui pèse sur lui. Dès lors qu'il résulte de l'instruction que le préfet n'a proposé aucun logement à Mme A depuis le 1er février 2020, soit six mois après la décision de la commission de médiation et ce jusqu'à la date du présent jugement, il doit être regardé comme ayant commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat durant cette période.

En ce qui concerne les préjudices :

6. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court à l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour provoquer une offre de logement.

7. La période de responsabilité de l'Etat s'étendant du 1er février 2020 au 23 octobre 2023, il y a lieu, par suite, d'allouer à Mme A, au titre des préjudices de toute nature ayant résulté pour elle et sa famille, de leur maintien dans un logement sur-occupé avec des enfants mineurs dont l'un handicapé à charge en l'absence de relogement, une somme de 6 520 euros sur la base d'une indemnisation de 250 euros par an et par personne composant le foyer soit sept personnes comme indiqué par la requérante, tous intérêts compris à la date du présent jugement.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

8. Lorsque le juge administratif statue sur un recours indemnitaire tendant à la réparation d'un préjudice imputable à un comportement fautif d'une personne publique et qu'il constate que ce comportement et ce préjudice perdurent à la date à laquelle il se prononce, il peut, en vertu de ses pouvoirs de pleine juridiction et lorsqu'il est saisi de conclusions en ce sens, enjoindre à la personne publique en cause de mettre fin à ce comportement ou d'en pallier les effets.

9. Il résulte de l'instruction que le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas proposé à Mme A de logement adapté à ses besoins et à ses capacités postérieurement à la durée de six mois après la décision de la commission de médiation du 1er août 2019 et qu'à la date du présent jugement, cette carence, qui constitue un comportement fautif, perdure. Dans ces conditions, il est enjoint au préfet de remplir son obligation dans le délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette mesure d'injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Champeau, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de celui-ci le versement à Me Champeau de la somme de 1 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme A la somme globale de 6 520 euros.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de proposer à Mme A un logement adapté à ses besoins et à ses capacités dans le délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Champeau une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône et à Me Champeau.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.

La magistrate désignée,

Signé

E-M. B

La greffière,

Signé

N. Faure

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions