vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2107839 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | CEARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 septembre 2021, et un mémoire enregistré le 23 février 2022, Mme B C, représentée par Me Céard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 6 juillet 2021 par laquelle le centre hospitalier intercommunal Aix-Pertuis (CHIAP) a refusé de lui verser l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) ;
2°) d'enjoindre au CHIAP de réexaminer sa situation administrative et de lui verser l'ARE rétroactivement à compter du 7 mars 2020 jusqu'au 27 avril 2021, date de sa demande préalable, à hauteur de 27 085 euros ;
3°) de mettre à la charge du CHIAP la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le CHIAP a commis une erreur de droit en refusant de lui verser l'ARE ;
- le versement de l'ARE n'est pas subordonnée à une recherche infructueuse d'emploi ;
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 janvier et 11 avril 2022, le CHIAP, représenté par Me Laillet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme C une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été introduite hors délai ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme A,
-les conclusions de M. Ricard, rapporteur public,
- et les observations de Me Vicente pour le CHIAP.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, rhumatologue, était assistante des hôpitaux au CHIAP depuis le 2 novembre 2017. Recrutée initialement pour un an, son contrat a été renouvelé le 2 novembre 2018. Au cours de l'exécution de ce second contrat, elle a été placée en congé de maternité du 27 juillet au 29 novembre 2019. Un avenant a été signé pour la période du 2 novembre 2019 au 6 mars 2020. Mme C a effectué son inscription à Pôle emploi dès le 9 mars 2020. Par un courriel du 15 mars 2020, le chef de service de rhumatologie a indiqué à Mme C que son contrat ne serait pas renouvelé. Le 18 mars suivant, l'intéressée a sollicité par courriel auprès du CHIAP la délivrance de l'attestation Pôle emploi. En l'absence de réponse, sa demande était renouvelée par courrier le 30 mars 2020. Le CHIAP lui a remis une attestation Pôle emploi le 8 juin 2020, soit 3 mois après la fin de son avenant. Mme C a sollicité en vain auprès du CHIAP le versement de l'ARE. Elle demande l'annulation de la décision implicite de rejet opposée à cette demande, à ce qu'il soit enjoint au CHIAP de réexaminer sa situation et à sa condamnation au versement de la somme de 27 085 euros.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le CHIAP à la requête :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ". Aux termes de l'article L. 112-6 du même code : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation () ". Les dispositions de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration excluent l'application aux litiges relatifs aux relations entre l'administration et ses agents des règles posées par les dispositions des articles précités de ce code. Enfin, aux termes de l'article L. 411-2 du même code : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai () ".
4. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics. Par ailleurs, un requérant n'est pas recevable à contester une décision confirmative d'une décision de rejet devenue définitive.
5. Il ressort des pièces du dossier qu'ainsi que cela a été exposé au point 1, Mme C a sollicité, par un courrier du 13 novembre 2020, réceptionné le 18 novembre suivant par l'administration, le bénéfice de l'ARE. Une décision implicite de rejet de sa demande est née le 18 janvier 2021 du silence gardé par l'administration. La circonstance que cette demande n'a pas fait l'objet d'un accusé de réception comportant la mention des voies et délais de recours est sans incidence sur le déclenchement du délai de recours contentieux de deux mois, dès lors que les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration n'étaient pas applicables à la requérante. Par un courrier du 27 avril 2021, reçu par l'administration le 6 mai 2021, Mme C a de nouveau formulé la même demande de versement de l'ARE. Toutefois, ce recours gracieux formé après l'expiration du délai de deux mois suivant la naissance de la décision implicite de rejet née le 18 janvier 2021, n'a pas été de nature à conserver à son profit le délai de recours contentieux. En l'absence de changement dans les circonstances de droit ou de fait, la décision implicite de rejet de ce recours gracieux, née le 6 juillet 2021, présente le caractère d'une décision purement confirmative de la décision implicite de rejet née le 18 janvier 2021. Dans ces conditions, la requête, enregistrée le 3 septembre 2021 au greffe du tribunal, est tardive et la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier intercommunal Aix-Pertuis doit être accueillie.
6. Il résulte ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme que le CHIAP réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du CHIAP présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au centre hospitalier intercommunal Aix-Pertuis.
Copie en sera adressée à Pôle emploi Provence-Alpes-Côte-d'Azur.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Karine Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Elisa Fabre, première conseillère,
Mme Ludivine Journoud, conseillère,
Assistées de Mme Ibram, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
Ludivine A La présidente,
signé
Karine JORDA-LECROQ
La greffière,
signé
Stéphanie IBRAM
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026