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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2107925

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2107925

lundi 17 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2107925
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6e Ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantLEONARD

Texte intégral

Vu :

- le jugement du Tribunal n° 1706256 du 20 juillet 2020 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné Mme Markarian, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Markarian,

- les observations de Mme C pour le département des Bouches-du-Rhône.

La clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°s 2107925 et 2108163 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. D, bénéficiaire du revenu de solidarité active, s'est vu notifier, le 20 mai 2015, un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 919,73 euros pour la période du 1er juin 2014 au 30 avril 2015 pour le recouvrement duquel un titre exécutoire n° 2015T23084 a été émis le 14 septembre 2015. Par courrier du 18 mai 2017, l'intéressé a demandé à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône de le rétablir dans ses droits à diverses prestations dont le revenu de solidarité active pour la période du 5 mai 2015 au 9 décembre 2016, de lui payer à ce titre la somme de 8 512 euros, de limiter l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge aux seuls mois de mai et juin 2014 et de constater que la somme correspondante a déjà été remboursée par compensation avec la prime de naissance à laquelle il aurait eu droit et qu'il n'aurait pas perçue. Par une décision du 26 juin 2017, la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de rappel de droits au revenu de solidarité active pour la période de mai 2015 à septembre 2016 et ne s'est pas prononcée sur les autres demandes de M. D. Depuis octobre 2016, M. D a bénéficié à nouveau du revenu de solidarité active et a demandé au Tribunal l'annulation de la décision de la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône du 26 juin 2017 ainsi que l'opposition à tiers détenteur en date du 18 mai 2017. Par un jugement du 20 juillet 2020, le Tribunal a annulé l'opposition à tiers détenteur portant sur la somme de 4 871,73 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er juin 2014 au 30 avril 2015 et a rejeté le surplus des conclusions tendant à enjoindre au département des Bouches-du-Rhône de lui reverser les sommes prélevées sur ses allocations pour rembourser l'indu réclamé. M. D a adressé à la caisse d'allocations familiales, par courrier du 29 mars 2021 reçu le 31 mars suivant, une demande tendant à ce que lui soient versées, d'une part, la somme de 8 512 euros qu'il estime lui être due au titre du revenu de solidarité active entre le 5 mai 2015 et le 9 décembre 2016 et, d'autre part, la somme de 1 656 euros correspondant à l'allocation A qu'il aurait dû percevoir entre les mois de janvier 2016 et septembre 2016. Dans le cadre des deux présentes instances, M. D demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande née le 31 mai 2021 et sollicite du Tribunal, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de procéder à l'exécution du jugement du 20 juillet 2020 et d'enjoindre au département des Bouches-du-Rhône de lui verser rétroactivement l'allocation de revenu de solidarité d'un montant de 8 512 euros et l'allocation A pour un montant de 1 656 euros.

Sur les conclusions relatives à la prestation d'accueil du jeune enfant (A) :

3. Aux termes de l'article L. 142-8 du code de la sécurité sociale : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; () ". Aux termes de l'article L. 142-1 du même code : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ; / () ". Les prestations familiales comprennent, en vertu de l'article L. 511-1 du code de la sécurité sociale, la prestation d'accueil du jeune enfant.

4. Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs aux prestations familiales relèvent de la compétence du tribunal judiciaire. Par suite, les conclusions de la requête, en tant qu'elles concernent l'allocation de base de la A, doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.

Sur les conclusions relatives au revenu de solidarité active :

5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " ; qu'aux termes de l'article L. 911-4 du même code : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. / Le tribunal administratif ou la cour administrative d'appel peut renvoyer la demande d'exécution au Conseil d'Etat " ;

6. Il résulte des dispositions précitées au point 5 qu'en l'absence de définition, par le jugement ou l'arrêt dont l'exécution lui est demandée, des mesures qu'implique nécessairement cette décision, il appartient au juge saisi sur le seul fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'y procéder lui-même en tenant compte des situations de droit et de fait existant à la date de sa décision.

7. D'une part, la décision implicite par laquelle le département des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande préalable M. D n'a eu pour seul effet que de lier le contentieux à l'égard de l'objet de sa demande, qui tend à la condamnation de cette collectivité à lui verser les sommes qu'il réclame et a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Ainsi, M. D ne peut utilement demander l'annulation de cette décision.

8. D'autre part, en l'absence de conclusions tendant à la condamnation du département des Bouches-du-Rhône à lui verser les sommes qu'il réclame, ses conclusions aux fins d'injonction doivent être regardées comme présentées à titre principal. Le requérant sollicite ainsi du Tribunal, selon les termes de la requête, l'exécution du jugement du 20 juillet 2020 et demande au Tribunal d'enjoindre au département des Bouches-du-Rhône de lui verser les sommes qu'il réclame. Toutefois, de telles conclusions ne peuvent être présentées comme en l'espèce sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative mais relèvent du juge de l'exécution qui doit être saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-4 du même code.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. D doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er: Les conclusions des requêtes relatives à l'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant (A) sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement est notifié à M. B D et au département des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2023.

La présidente,

Signé

G. Markarian

La greffière,

Signé

D. Dan

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au préfet des Bouches-du-Rhône, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef

N°s 2107925 et 2108163

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