jeudi 14 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108333 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEVY & WUST |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 septembre 2021 et le 8 février 2022, Mme D B, représentée par Me Levy, demande au tribunal :
1°) d'ordonner une contre-expertise médicale afin d'évaluer la nécessité de l'assistance par tierce personne définitive ;
2°) de condamner la métropole d'Aix-Marseille-Provence à lui verser la somme de 62 921 euros en réparation du préjudice qu'elle a subi du fait de sa chute sur la voie publique, sous déduction de la provision allouée et de la créance de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône ;
3°) de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence est engagée pour défaut d'entretien normal de l'avenue d'Air Bel ;
- la matérialité des faits et le lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage sont établis ;
- aucune faute ne peut lui être reprochée ;
- les frais d'assistance à expertise s'élèvent à 600 euros ;
- le coût de l'assistance par tierce personne avant consolidation s'élève à 14 476 euros ;
- une contre-expertise doit être diligentée afin de déterminer le préjudice né de l'assistance à tierce personne définitive, dès lors qu'elle reste atteinte d'un déficit fonctionnel permanent de 9 % ;
- son déficit fonctionnel temporaire doit être réparé par l'allocation d'une indemnité de 9 854 euros ;
- son déficit fonctionnel permanent doit être réparé par le versement d'une somme de 22 500 euros ;
- ses souffrances endurées doivent être réparées par une indemnité de 10 000 euros ;
- elle peut prétendre à la réparation de ses préjudices esthétiques temporaire et définitif par l'allocation de sommes de 3 000 et 2 500 euros.
Par un mémoire enregistré le 23 décembre 2021, la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, représentée par Me Constans, conclut à la condamnation de la métropole d'Aix-Marseille-Provence à lui verser la somme de 8 308,32 euros, ainsi que les intérêts à compter de l'enregistrement de son mémoire, et la somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa créance définitive, dont le médecin-conseil, indépendant, atteste qu'elle est en lien avec l'accident, est établie à la somme de 8 308,32 euros ;
- l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale prévoit le versement d'une indemnité forfaitaire de gestion dont le montant s'élève à 1 098 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 18 janvier et 3 mai 2022, la métropole d'Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Pontier, conclut :
1°) à l'appel en cause de la société Seramm et à sa propre mise hors de cause ;
2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête, ou, à ce que la demande indemnitaire soit ramenée à de plus justes proportions ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, à la condamnation de la société Seramm à la relever et garantir des condamnations qui seraient prononcées à son encontre ;
4°) à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la SERAMM est chargée de l'entretien de la plaque d'égout en cause ;
- l'ouvrage ne lui appartient pas ;
- la matérialité des faits n'est pas établie ;
- le lien de causalité entre l'ouvrage et le préjudice n'est pas établi ;
- aucun défaut d'entretien normal ne peut lui être reproché ;
- la chute est due à la faute de la victime ;
- le préjudice est surévalué ;
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2022, la société anonyme SERAMM, représentée par Me Penso, conclut au rejet de la requête et de toutes demandes formulées à son encontre, et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de tout succombant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le lieu de la chute se situe dans une résidence privée ;
- le lien de causalité entre le dommage et l'ouvrage public en cause n'est pas établi ;
- la situation étant imprévisible, aucun défaut d'entretien normal ne peut lui être imputé ;
- la victime a commis une faute d'imprudence et d'inattention ;
- le préjudice est surévalué.
La clôture de l'instruction a été fixée au 6 janvier 2023 par une ordonnance du 20 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Niquet,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- et les observations de Me Ponzio pour la société SERAMM.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B demande au tribunal de condamner la métropole d'Aix-Marseille-Provence, au titre de sa responsabilité pour défaut d'entretien normal, à lui verser la somme de 62 921 euros en réparation du préjudice qu'elle a subi du fait de sa chute sur la voie publique.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne Mme B :
2. Il appartient à la victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public d'apporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public dont elle était usagère et le dommage dont elle se prévaut. La collectivité en charge de l'ouvrage peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de celui-ci, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Mme B soutient qu'elle a chuté, le 29 décembre 2013, " au sein de la résidence Air Bel à Marseille " et " sur l'avenue d'Air Bel ", du fait d'une " plaque d'égout fortement dégradée située au niveau d'un passage piéton ". Elle a précisé à l'huissier qu'elle a chargé de dresser un constat le 5 janvier 2014 que les faits se sont déroulés en fin d'après-midi, lorsqu'elle " se rendait à pied chez son fils M. C E domicilié au 37 rue de la Pinède - cité Air Bel, lorsqu'elle a trébuché sur une plaque d'égout en mauvais état se trouvant sur un passage piéton situé sur son trajet ". Par ailleurs, dans deux attestations, l'une datée du 17 novembre 2014 et l'autre non datée, deux témoins soutiennent avoir vu Mme B tomber et exposent que la chute est due au descellement " d'une plaque d'égout ". Toutefois, Mme B, qui n'a pas relaté, en dépit des contestations de la métropole d'Aix-Marseille-Provence et de la société Seramm sur ce point, les circonstances et la localisation précises de sa chute, n'a pas davantage précisé dans ses déclarations initiales, si la chute a bien eu lieu avenue d'Air Bel comme elle l'indique, à quel niveau de cette avenue longue de près de 500 mètres. Si son conseil situe précisément le lieu de la chute de Mme B dans ses écritures en réplique, la localisation ainsi désignée reste peu cohérente avec les déclarations initiales de la requérante. Par ailleurs, Mme B, ayant déclaré qu'elle se rendait à pied chez son fils, n'expose pas les circonstances qui l'ont conduite à utiliser le passage piéton aux abords duquel se trouvait la plaque en cause, alors qu'ainsi que le relève la société Seramm et que cela résulte de l'instruction, l'autre côté de la rue ne comporte pas de cheminement piéton, mais exclusivement des stationnements de véhicules. Du reste, il résulte de l'instruction que M. C E, fils de l'intéressée, avait lui-même assigné la métropole d'Aix-Marseille-Provence et le groupement d'intérêts économiques d'habitation à loyer modéré Unicil, propriétaire de la résidence Air Bel, pour obtenir réparation des préjudices subis du fait d'une chute sur la même plaque d'égout le 10 mars de la même année 2013. Par conséquent, les circonstances telles que décrites ne permettent pas d'établir leur matérialité. Par suite, Mme B n'est pas fondée à engager la responsabilité de métropole d'Aix-Marseille-Provence.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'indemnisation présentées par Mme B et, par voie de conséquence, celles à fin d'expertise, doivent être rejetées.
En ce qui concerne la caisse primaire centrale d'assurance maladie :
5. Les conclusions indemnitaires présentées par la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône doivent être rejetées par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'indemnisation, présentées par la requérante. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, celles que cette caisse présente au titre de l'indemnité forfaitaire prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Sur l'appel en garantie :
6. En l'absence de condamnation prononcée à son encontre, l'appel en garantie formé par la métropole d'Aix-Marseille-Provence à l'encontre du SERAMM doit être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requérante et de la caisse primaire centrale d'assurance maladie tendant à leur application et dirigées contre la métropole d'Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la métropole d'Aix-Marseille-Provence et la société Seramm présentent au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à la société Seramm, à la caisse primaire centrale d'assurance maladie et à la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Copie en sera adressée à M. A, expert
Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistées de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
A. Niquet
La présidente,
signé
M. Lopa Dufrénot
Le greffier,
signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026