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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2108355

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2108355

mardi 30 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2108355
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantPORTALIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 septembre 2021, M. G D, alors représenté par Me Heam, demande au tribunal de prononcer la décharge en droits et pénalités des cotisations supplémentaires, d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 ;

Il soutient que :

- la décision statuant sur sa réclamation préalable a été signée par une autorité incompétente ;

- c'est à tort que l'administration a refusé de prendre en compte les dépenses engagées par la SCI Immo JBP, d'une part au titre de dépenses de réparation, d'entretien ou d'amélioration et d'autre part au titre des frais d'administration et de gestion alors que les justificatifs produits étaient suffisants pour admettre ces charges en déduction des bénéfices de cette société.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2021, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 mai 2023 :

- le rapport de Mme Charbit,

- les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique,

- les observations de Me Portalis, représentant M. D.

Considérant ce qui suit :

1. M. G D est associé à 10 % de la SCI Immo JBP, Mme C et M. E D, ses parents, en détenant 90 %. Cette société a fait l'objet d'un contrôle sur pièces portant sur les années 2016 et 2017 à l'issue duquel l'administration fiscale a remis en cause des charges foncières initialement déduites et a tiré les conséquences de ces rectifications en imposant le requérant à raison des parts détenues dans cette société. Il demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a ainsi été assujetti au titre des années 2016 et 2017, et des pénalités correspondantes.

Sur l'étendue du litige :

2. Par décision en date du 17 novembre 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, à concurrence d'une somme de 326 euros, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle M. D a été assujetti. Les conclusions relatives à cette imposition sont, dans cette mesure, devenues sans objet.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

3. Aux termes du a) du 1° du I de l'article 408 de l'annexe II au code général des impôts, le directeur a seul pouvoir de statuer sur les réclamations contentieuses des contribuables mentionnées à l'article L 190 du livre des procédures fiscales. Toutefois, le directeur peut être remplacé par des délégataires autorisés, dans les conditions fixées par les II à V de l'article 408 de l'annexe II au code général des impôts. Mme B a reçu délégation le 9 septembre 2020 et en tout état de cause, la circonstance que la décision rejetant la réclamation préalable du requérant serait entachée d'incompétence est sans incidence sur la régularité ou le bien-fondé de l'imposition. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de cette décision est inopérant.

Sur le bien-fondé des impositions :

4. En vertu de l'article 28 du code général des impôts, les revenus des propriétés bâties sont imposables, dans la catégorie des revenus fonciers, à raison de " () la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété ". Selon le I de l'article 31 du même code, ces charges déductibles comprennent notamment : " 1° pour les propriétés urbaines : a) les dépenses de réparation et d'entretien () ; b) les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement () ". Au sens de ces dispositions, doivent être regardés comme des travaux de reconstruction, ceux qui comportent la création de nouveaux locaux d'habitation, ou qui ont pour effet d'apporter une modification importante au gros-œuvre, ainsi que les travaux d'aménagement interne qui, par leur importance, équivalent à des travaux de reconstruction, et, comme des travaux d'agrandissement, ceux qui ont pour effet d'accroître le volume ou la surface habitable des locaux existants. Les dépenses de réparation, d'entretien ou d'amélioration doivent notamment, pour être admises en déduction, avoir été effectuées par le propriétaire, réellement payées au cours de l'année d'imposition, et il appartient au contribuable de justifier de la réalité, de la consistance et, par suite, du caractère déductible de ces charges en produisant toutes pièces justificatives, telles que des factures, des plans, des photographies, et de tous autres éléments permettant d'établir avec précision la nature, le montant et la réalité de la charge supportée.

5. Conformément au e) du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige, sont déductibles pour leur montant réel, lorsqu'ils ont été effectivement supportés par le propriétaire : les frais de rémunération des gardes et concierges, les frais de rémunération, honoraire et commission versés à un tiers pour la gestion des immeubles, les frais de procédure, les autres frais de gestion sont réputés couverts par une somme forfaitaire.

S'agissant de l'année 2016 :

Quant aux travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration :

6. Le procès-verbal d'huissier, en date du 22 septembre 2020, ne permet pas de pallier le défaut d'adresse du lieu des travaux, ce qui rend impossible la vérification de la réalité des dépenses réalisées. Par suite, la preuve du caractère déductible des charges litigieuses n'est pas apportée.

Quant aux frais d'administration et de gestion :

7. L'administration a retenu le montant figurant sur la déclaration de revenus foncier de la SCI Immo JBP de l'année 2016, soit la somme de 2 852 euros au titre des frais d'administration et de gestion, la somme de 100 euros au titre des autres frais de gestion et la somme de 563 euros au titre des primes d'assurance. Le requérant n'apportant pas de justification de frais supplémentaires, sa contestation ne peut qu'être écartée sur ce point.

S'agissant de l'année 2017 :

Quant aux travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration :

8. Pour refuser d'admettre la déduction des sommes mentionnées sur la facture en date du 21 juillet 2017, le service fait valoir que celle-ci ne comporte aucune adresse du logement dans lequel les travaux ont été effectués et qu'en raison du nombre d'appartements de type 2 loués dans la résidence, il est impossible d'identifier le bien concerné. Néanmoins, l'attestation de l'agent commercial de cette même entreprise indique que les travaux d'un montant de 4 744,38 euros TTC ont été réalisés dans le T2 au 1er étage de la propriété située Chemin de Saint Pierre à Marignane, qui appartient à la SCI Immo JBP. Les autres factures sont incomplètes quant au lieu de réalisation des travaux. Concernant la facture de E Baumier du 2 octobre 2017, d'un montant de 500 euros, le service soutient sans être contredit qu'il ressort de l'examen des documents produits que les travaux de peinture, normalement à la charge du propriétaire, dont la déduction est sollicitée se retrouvent dans les charges locatives de Madame A F, telles qu'elles apparaissent dans le rapport de gestion de l'agence gestionnaire du bien. En conséquence, les requérants ne sauraient solliciter la déduction de ce montant en dépenses de réparations d'entretien, ce d'autant qu'aucune régularisation pour charges n'a été portée sur la déclaration de revenus fonciers de la SCI Immo JBP. Par suite, seul le montant de 4 744,38 euros peut être admis en déduction du revenu foncier de la SCI Immo JBP au titre de l'année 2017.

Quant aux frais d'administration et de gestion :

9. L'administration a admis la déductibilité du montant figurant sur la déclaration de revenus fonciers de la SCI Immo JBP de l'année 2017, soit la somme de 2 936 euros au titre des frais d'administration et de gestion, la somme de 100 euros au titre des autres frais de gestion et la somme de 587 euros au titre des primes d'assurance, telle que retenue par le service. Faute de justifier de dépenses supplémentaires, le requérant n'est pas fondé à revendiquer la déduction de charges supplémentaires à ce titre.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de contributions sociales à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2017 résultant de la réintégration, dans ses revenus fonciers, de dépenses d'un montant de 4 744,38 euros regardées comme non déductibles, ainsi que des pénalités correspondantes.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge de la requête de M. D dans la mesure du dégrèvement partiel prononcé postérieurement l' introduction de la requête.

Article 2 : Les bases de l'impôt sur le revenu et des cotisations sociales assignées à M. D au titre de l'année 2017 sont réduites d'une somme 4 744, 38 euros.

Article 3 : M. D est déchargé de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de contributions sociales à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2017, correspondant à la réduction de la base d'imposition définie à l'article 2, ainsi que des pénalités correspondantes.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. G D et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 2 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Menasseyre, présidente,

M. Claudé-Mougel, premier conseiller,

Mme Charbit, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.

La rapporteure,

Signé

C. Charbit

Le greffier,

Signé

I. Abed

La présidente,

Signé

A. Menasseyre La République mande et ordonne à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

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