mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108396 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | PACINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 septembre 2021 et le 22 décembre 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Pierres et Carrelages du Monde, représentée par Me Herisson, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquels elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période correspondant à ces années, ainsi que des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu en résultant mises à la charge du maître de l'affaire ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration n'apporte pas la preuve de ce que les sommes qu'elle a versées à la société A Developpement procèderaient d'une gestion anormale ;
- la somme de 74 625 euros portée au crédit du compte courant d'associé de M. A correspond à des frais qu'il a engagés pour son compte.
Par un mémoire, enregistré le 26 novembre 2021, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la société Pierres et Carrelages du Monde ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour contester les impositions mises à la charge du maître de l'affaire, qui est un contribuable distinct.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Claudé-Mougel,
- les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Pierres et Carrelages du Monde a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration a remis en cause les sommes acquittées auprès de la SAS A Developpement sur le fondement d'une convention confiant à cette dernière le soin de développer son réseau de fournisseurs et de client, ainsi que le crédit figurant au compte courant de M. A, son associé à hauteur de 50 % des parts, et l'a assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée. La SAS Pierres et Carrelages du Monde demande au tribunal la décharge de ces impositions supplémentaires.
Sur la recevabilité des conclusions à fin de décharge des revenus distribués au maître de l'affaire :
2. Si, par son mémoire enregistré le 22 décembre 2022, la société requérante demande, outre la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige, celle des distributions imposées entre les mains du maître de l'affaire, dont elle ne précise au demeurant pas même l'identité, elle ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour contester ces impositions mises à la charge d'un contribuable distinct. Ces conclusions sont, par suite, irrecevables.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne les sommes versées à la SAS A Developpement :
3. En vertu des dispositions combinées des articles 38 et 209 du code général des impôts, le bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés est celui qui provient des opérations de toute nature faites par l'entreprise, à l'exception de celles qui, en raison de leur objet ou de leurs modalités, sont étrangères à une gestion normale. Constitue un acte anormal de gestion l'acte par lequel une entreprise décide de s'appauvrir à des fins étrangères à son intérêt.
4. Il résulte de l'instruction que l'administration a remis en cause, en le qualifiant d'acte anormal de gestion, le versement de commissions au cours des années 2015 et 2016, à hauteur respectivement de 111 455,40 euros et 94 528,07 euros, représentant 19 % et 17 % du chiffre d'affaires hors taxes réalisé par la société requérante au cours de ces deux années, à la société A Developpement, dont M. A, par ailleurs associé et directeur général de la société requérante, détient la totalité des parts avec son épouse. Ces commissions ont été versées sur le fondement de conventions annuelles produites à l'instance, ayant pour objet le démarchage de clients et de fournisseurs, et prévoyant, pour celle conclue au titre de l'année 2015, le versement à cette société d'une somme mensuelle de 11 000 euros et, pour celle conclue au titre de l'année 2016, le versement d'une somme mensuelle de 12 à 18 % du chiffre d'affaires, sans aucune obligation de résultat en contrepartie. Si la SAS Pierres et Carrelages du Monde soutient que cette prestation était efficace au vu du chiffre d'affaires réalisé au cours de ces deux années, elle ne produit aucun élément susceptible d'en établir la réalité, notamment, ainsi que l'a relevé la commission des impôts dans sa séance du 29 octobre 2020 qui a émis un avis favorable à ces rehaussements, des bons de commandes ou de quelconques échanges avec la société A Developpement. A cet égard, la société requérante ne démontre pas que les pièces produites à l'instance, censées justifier les frais de déplacements de M. A, pour la plupart illisibles, auraient un lien quelconque avec cette prestation, alors par ailleurs que ce dernier était son directeur général et pouvait en cette qualité assurer cette activité de prospection commerciale, ni même, au demeurant et plus largement, que ces déplacements auraient une nature professionnelle. Elle ne démontre pas davantage la réalité de cette prestation par les listes de contacts ou d'achats rédigées à la main, dont le contenu, lorsqu'il est lisible, n'est pas compréhensible. Il résulte en outre de l'instruction que la société A Developpement a pour objet social l'activité de marchand de biens. Dans ces conditions, l'administration établit que le versement de ces sommes est constitutif d'un acte anormal de gestion, et était fondée à les réintégrer au résultat de la société requérante.
En ce qui concerne le solde créditeur du compte courant d'associé de M. A :
5. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts, applicable en matière d'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code et à l'exercice en litige : " 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. ". Il appartient au contribuable, pour l'application de ces dispositions, de justifier, par la production de tous éléments suffisamment précis, l'inscription d'une dette au passif du bilan de son entreprise.
6. L'administration a réintégré au résultat imposable de la SAS Pierres et Carrelages du Monde au titre de l'exercice clos en 2015, la somme de 74 625 euros inscrite au crédit du compte courant d'associé ouvert au nom de M. A, en l'absence de la totalité des pièces justifiant ce crédit, et de l'absence corrélative de justification du passif correspondant. Si la société requérante soutient que cette somme correspond à des achats de marchandises effectués par M. A pour le démarrage de son activité, elle ne l'établit pas en produisant un tableau d'achats de travertin censé récapituler ces apports, qui n'est étayé que de quelques factures non datées et d'une attestation censée émaner d'un fournisseur du 3 mai 2021, postérieure aux opérations de contrôle, sans autre document de nature à les relier avec son activité.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de la SAS Pierres et Carrelages du Monde tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Pierres et Carrelages du Monde est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Pierres et Carrelages du Monde et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente,
M. Claudé-Mougel, premier conseiller,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
Le rapporteur,
signé
A. Claudé-Mougel La présidente,
signé
A. Menasseyre
La greffière,
signé
R. Berkat
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026