mercredi 29 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108398 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | KHENDOUDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 septembre 2021 et 8 mars 2022, M. A C, représenté par Me Khendoudi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'ordre de versement d'un montant de 4 860 euros émis par la ville de Marseille le 23 juillet 2019, " ensemble le courrier du 27 juillet 2019 " ;
2°) d'annuler le " courrier " du 27 juillet 2021 par lequel la direction régionale des finances publiques Provence Alpes Côte d'Azur (PACA) et du département des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de remise gracieuse ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les décisions litigieuses sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré les 22 novembre 2021, la direction régionale des finances publiques PACA et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'ordre de versement émane de la ville de Marseille à qui il appartient de défendre sur ce point ;
- le moyen tiré de ce que le rejet de la remise gracieuse est insuffisamment motivé est inopérant ;
- le second moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2022, la ville de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les conclusions à fin d'annulation de l'ordre de versement du 23 juillet 2019 et du courrier du 27 juillet 2019 sont irrecevables car tardives.
Par courrier du 7 mai 2024, les parties ont été informées de ce qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'ordre de versement du 23 juillet 2019 et contre le courrier du 27 juillet 2019 au regard de la jurisprudence issue de la décision du Conseil d'Etat, Assemblée, 13 juillet 2016, M. B, n° 387763.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2008-227 du 5 mars 2008 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Forest,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été nommé régisseur des recettes du service de santé publique et des handicapés de la ville de Marseille par arrêté du 30 août 2017. A la suite d'un audit des comptes de la régie, la trésorerie a dressé le 16 juillet 2019 un procès-verbal de vérification indiquant que quatre versements étaient manquants dans la caisse du comptable pour un total de 4860 euros, sans que M. C ne puisse justifier la disparition de ces fonds. Le 23 juillet 2019, un ordre de versement de 4 860 euros a été émis par la ville de Marseille à l'encontre de M. C. Le 9 septembre 2019, celui-ci a adressé une demande de remise gracieuse à la direction régionale des finances publiques PACA et du département des Bouches-du-Rhône. L'adjoint délégué aux finances de la ville de Marseille ainsi que le conseil municipal ont émis un avis défavorable à cette demande, laquelle a été rejetée par la direction régionale des finances publiques PACA et du département des Bouches-du-Rhône par décision du 9 juillet 2021, transmise au requérant par courrier du 27 juillet 2021. M. C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'ordre de versement du 23 juillet 2019, notifié par courrier du 27 juillet 2019, ainsi que la décision du 9 juillet 2021, transmise par courrier du 27 juillet suivant, rejetant sa demande de remise gracieuse.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense aux conclusions à fin d'annulation de l'ordre de versement du 23 juillet 2019 notifié le 27 juillet suivant :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Il résulte des dispositions de l'article R. 421-5 du code de justice administrative que la notification d'une décision administrative doit, s'agissant des voies de recours, mentionner, le cas échéant, l'existence d'un recours administratif préalable obligatoire ainsi que l'autorité devant laquelle il doit être porté ou, dans l'hypothèse d'un recours contentieux direct, indiquer si celui-ci doit être formé auprès de la juridiction administrative de droit commun ou devant une juridiction spécialisée et, dans ce dernier cas, préciser laquelle.
3. D'autre part, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. Il ressort des termes mêmes de la requête de M. C que l'ordre de versement en cause lui a été notifié le 27 juillet 2019. La décision contestée et son courrier d'accompagnement, s'ils mentionnent le délai de recours, ne précisent pas la juridiction administrative susceptible d'accueillir un recours éventuel. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 23 juillet 2019, notifiée le 27 juillet 2019, dont le tribunal n'a été saisi que le 27 septembre 2021, ont été introduites au-delà d'un délai d'un an à compter de cette notification et, sont, en l'absence de circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, tardives et donc irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de rejet de la demande de remise gracieuse formée par le requérant :
5. L'octroi d'une remise gracieuse n'est qu'une simple faculté pour l'administration. La décision refusant une remise gracieuse ne peut être utilement déférée au juge de l'excès de pouvoir que si elle est entachée d'une erreur de fait ou d'une erreur de droit ou si elle repose sur une appréciation manifestement erronée des circonstances de l'affaire.
6. En premier lieu, eu égard à ce qui a été exposé au point 5, le moyen tiré du défaut de motivation du refus de remise gracieuse est inopérant et doit pour ce motif être écarté.
7. En second lieu, aux termes de l'article 12 du décret du 5 mars 2008 abrogeant et remplaçant le décret n° 66-850 du 15 novembre 1966 relatif à la responsabilité personnelle et pécuniaire des régisseurs, dans sa version alors en vigueur : " Le régisseur mis en débet peut demander au ministre chargé du budget la remise gracieuse des sommes mises à sa charge, intérêts compris ". Aux termes de l'article 13 du même décret, dans sa version alors en vigueur : " Le ministre chargé du budget statue sur la demande en remise gracieuse, après avis de l'ordonnateur de l'organisme public intéressé et du comptable public assignataire () ".
8. Il ressort des termes mêmes de sa demande de remise gracieuse que M. C a indiqué qu'il exerçait d'autres activités que celle de régisseur et qu'il ne disposait plus du temps et des conditions nécessaires à l'exercice serein de celle-ci. Il précise, dans le cadre de la présente instance, avoir anticipé des écritures comptables en se projetant sur des dates de dépôt qu'il ne pouvait réaliser faute de temps. Il explique également n'avoir cessé de solliciter en vain des formations, s'être toujours montré rigoureux et investi, que des dysfonctionnements antérieurs avaient déjà été déplorés et qu'il existe des incertitudes sur les causes exactes de la disparition des fonds. Outre le fait que l'anticipation d'écritures comptables est contraire aux règles de la comptabilité publique, ce que ne pouvait ignorer l'intéressé, celui-ci ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations, en particulier quant au caractère démesuré de la charge de travail qui était alors la sienne. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que la direction régionale des finances publiques PACA et du département des Bouches-du-Rhône, après avis défavorables du conseil municipal de la ville de Marseille et du comptable public, a rejeté sa demande de remise gracieuse. Par suite, M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 juillet 2021 transmise par courrier du 27 juillet suivant.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. C doivent être rejetées, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la ville de Marseille et à la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Balussou, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mai 2024.
La rapporteure,
signé
H. Forest
La présidente,
signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
signé
N. Faure
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026