vendredi 10 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108622 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | FOUDIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires enregistrés le 4 octobre 2021, le 1er avril, le 26 mai et le 27 juillet 2022, ainsi qu'un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative enregistré le 20 avril 2023, la société civile de construction vente (SCCV) 2 Traverse CAS, représentée par Me Foudil, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes qui lui ont été réclamées pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa comptabilité n'est pas irrégulière ;
- à supposer même que sa comptabilité soit irrégulière, elle est en droit de déduire la taxe sur la valeur ajoutée acquittée, appuyée de tous les justificatifs nécessaires ;
- c'est à tort que l'administration a refusé, en juin 2014, l'inscription d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée de 16 486 euros, inscrit au compte " crédit de taxe sur la valeur ajoutée à reporter " ;
- si l'administration soutient que la taxe sur la valeur ajoutée correspondant à la facture du cabinet Pinet aurait dû être déduite en juillet, cette taxe sur la valeur ajoutée n'a pas été déduite en juin 2014 mais en août 2014 ;
- contrairement aux affirmations de l'administration, un trop récupéré n'a pas été inscrit en juin 2014, au crédit du compte de taxe sur la valeur ajoutée déductible ;
- les montants de 430 euros et 731 euros de taxe sur la valeur ajoutée déductible, inscrits sur les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée d'août et octobre 2014, correspondent à des factures comptabilisées ;
- elle est en droit d'obtenir la déduction de la somme de 2 733 euros de taxe sur la valeur ajoutée, inscrite en janvier 2015 au débit du compte correspondant ;
- elle est en droit d'obtenir la déduction de la somme de 574 euros de taxe sur la valeur ajoutée, inscrite en février 2015 au débit du compte correspondant ;
- elle est en droit d'obtenir la déduction de la somme de 1 666 euros de taxe sur la valeur ajoutée, inscrite en mai 2015 au débit du compte correspondant ;
- l'administration fiscale ne peut contester au contentieux, le crédit de taxe sur la valeur ajoutée de 17 579 euros, qui correspond au solde figurant à l'à nouveau du premier exercice vérifié, validé par le service à l'issue de la période de contrôle ;
- la taxe sur la valeur ajoutée déductible du mois de décembre 2013 n'impacte pas le montant du crédit de taxe sur la valeur ajoutée au 31 décembre 2015 ;
- l'administration a effectué un calcul erroné, le crédit de taxe sur la valeur ajoutée n'étant pas égal à 65 euros mais à 22 700 euros ;
- le solde du compte crédit de taxe sur la valeur ajoutée à reporter ne correspond pas au montant du crédit à reporter à la clôture de l'exercice ;
- contrairement aux affirmations du service la somme de 6 501,45 euros n'a pas été déduite puisque comptabilisée au débit du compte taxe sur la valeur ajoutée déductible et qu'elle ne figure pas sur la déclaration de taxe sur la valeur ajoutée.
Par des mémoires en défense enregistrés le 1er mars, le 26 avril, le 24 juin 2022 et le 16 mai 2023, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SCCV 2 Traverse CAS ne sont pas fondés et demande une substitution de motifs.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,
- et les conclusions de M. Secchi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SCCV 2 Traverse CAS a fait l'objet d'un examen de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018, à l'issue duquel lui a été notifiée une proposition de rectification en date du 11 décembre 2019. L'administration a, entre autres, remis en cause, faute de justification, un crédit de taxe sur la valeur ajoutée de 22 700 euros déclaré par la société au titre du mois de janvier 2016. En conséquence, le service a réclamé à la SCCV 2 Traverse CAS, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 25 210 euros en droits et pénalités au titre des périodes du 1er janvier au 31 décembre des années 2016 à 2018. La société demande la décharge de ces rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes.
Sur l'étendue du litige :
2. Par décision du 1er mars 2022, postérieure à l'introduction de la requête et devenue définitive, l'administrateur adjoint des finances publiques a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, à concurrence d'une somme de 1 093 euros, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée réclamés à la SCCV 2 Traverse CAS au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2018. Les conclusions de la requête de la société requérante relatives à cette imposition sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
3. Il résulte de l'instruction, et notamment des termes de la proposition de rectification du 11 décembre 2019, que l'administration a motivé les rectifications en litige par le fait que le crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 22 700 euros, reporté en janvier 2016, n'a pas été justifié et n'était donc pas reportable. L'administration a recalculé la différence entre la taxe sur la valeur ajoutée collectée et la taxe sur la valeur ajoutée déductible au 31 décembre des années 2016, 2017 et 2018 pour constater que la taxe sur la valeur ajoutée due s'élevait, au 31 décembre 2018, à 23 463 euros et qu'il n'y avait plus de crédit de taxe sur la valeur ajoutée reportable.
4. Dans le dernier état de ses écritures, l'administration constate que la société requérante a présenté une partie de sa comptabilité, de ses factures et de ses relevés bancaires. Elle demande dans ces conditions au tribunal de substituer au motif initial de la rectification, tenant à l'absence de justificatif, les motifs suivants tenant à :
- la discordance de 15 118 euros entre le solde débiteur du compte " 44567 crédit de TVA à reporter " au 31 décembre 2015, et le crédit de taxe sur la valeur ajoutée imputé sur la déclaration de janvier 2016 ;
- la déduction injustifiée de la somme de 6 501,45 euros le 31 décembre 2013 ;
- le défaut de déclaration d'un montant de taxe sur la valeur ajoutée exigible en décembre 2013 de 21 086 euros ;
- la déduction injustifiée de la somme de 5 286 euros en juin 2014 ;
- le défaut de déclaration d'une taxe sur la valeur ajoutée collectée en décembre 2014 pour un montant de 2 405 euros.
5. Si l'administration peut, à tout moment de la procédure, invoquer un nouveau motif de droit propre à justifier l'imposition, une telle substitution ne saurait avoir pour effet de priver le contribuable de la faculté, prévue par les articles L. 59 et L. 59 A du livre des procédures fiscales, de demander la saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, lorsque celle-ci est compétente pour connaître du différend relatif à une question de fait dont la solution commande le bien-fondé du nouveau motif invoqué par l'administration. En l'espèce, la requérante n'est privée d'aucune garantie du fait de cette substitution, à laquelle il convient donc de faire droit.
6. D'une part, ainsi que l'indique l'administration, il résulte de l'instruction que la requérante a, en décembre 2013, débité son compte " 44571190 TVA collectée à 19,6 % " de 21 086 euros, montant qu'elle n'a pas reporté sur sa déclaration de décembre 2013. La société ayant déclaré ce mois-ci 1 282 euros de taxe sur la valeur ajoutée collectée, l'administration indique sans être sérieusement contredite que le crédit de taxe sur la valeur ajoutée en litige est infondé à hauteur de 19 804 euros.
7. D'autre part, l'administration indique, sans être sérieusement contredite, que la SCCV 2 Traverse CAS a débité le compte " 44571190 TVA collectée à 19,6 % " de 2 405 euros, sans porter ce montant sur sa déclaration de taxe sur la valeur ajoutée de décembre 2014. La société n'ayant déclaré aucune taxe sur la valeur ajoutée exigible en 2014, le crédit de taxe sur la valeur ajoutée réclamé est infondé à hauteur de 2 405 euros.
8. La somme de ces deux montants de taxe sur la valeur ajoutée collectée et non déclarée s'élève ainsi à 22 209 euros, supérieure au montant du crédit de taxe sur la valeur ajoutée restant en litige, qui est de 21 631 euros. Ces seuls motifs justifient la rectification en litige.
9. Les autres moyens soulevés par la SCCV2 Traverse CAS devenant inopérants du fait de la substitution de motifs susmentionnée, il résulte de tout ce qui précède que le surplus des conclusions de la requête de la SCCV 2 Traverse CAS doit être rejeté, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la SCCV 2 Traverse CAS à concurrence des dégrèvements de rappels de taxe sur la valeur ajoutée prononcés par le l'administrateur adjoint des finances publiques au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2018 à hauteur de 1 093 euros en droits et pénalités.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCCV 2 Traverse CAS est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV 2 Traverse CAS et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
G. Pouliquen
Le président,
signé
J.B. BrossierLa greffière,
signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026