mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108771 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LEGRANDGERARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 octobre 2021 et 27 juillet 2022, M. A C, représenté par Me Vaissiere, demande au tribunal :
1°) de condamner l'assistance publique - hôpitaux de Marseille (AP-HM) à lui verser une somme de 25 233,44 euros en réparation des préjudices subis du fait de sa prise en charge fautive à l'hôpital de la Timone le 25 novembre 2015 ;
2°) de mettre les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 4 204,80 euros à la charge définitive de l'AP-HM ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HM une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a subi une erreur de diagnostic lors de sa prise en charge à l'hôpital de la Timone le 25 novembre 2015 qui a entrainé un retard de prise en charge et de soins adaptés ayant eu pour conséquences une aggravation des séquelles de sa fracture du poignet et, par suite, la responsabilité pour faute de l'AP-HM doit être engagée ;
- les préjudices qu'il a subi du fait de l'erreur de diagnostic dont il a été victime doivent être indemnisés à hauteur de 2 086 euros s'agissant des dépenses de santé actuelles restées à sa charge, de 5 758,50 euros s'agissant du déficit fonctionnel temporaire, de 3 500 euros s'agissant des souffrances endurées, de 2 000 euros s'agissant du préjudice esthétique temporaire, de 1 588,94 euros s'agissant des pertes de revenus, de 6 300 euros s'agissant du déficit fonctionnel permanent, de 1 500 euros s'agissant du préjudice esthétique permanent, de 1500 euros s'agissant du préjudice d'agrément et de 1 000 euros s'agissant du préjudice sexuel ;
- le taux de perte de chance de 20% n'est applicable qu'à certains postes de préjudice identifiés comme tels par l'expert.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2022, l'AP-HM, représentée par Me Deguitre, conclut à la réduction des prétentions indemnitaires du requérant après application d'un taux de perte de chance de 20%.
Elle fait valoir que :
- elle s'en rapporte au tribunal quant au principe de sa responsabilité ;
- en cas d'engagement de sa responsabilité, le tribunal fera nécessairement application du taux de perte de chance de 20% ;
- le taux journalier du déficit fonctionnel temporaire ne saurait excéder 13 euros, soit en l'espèce un montant global de 499 euros après application du taux de perte de chance de 20% ;
- l'indemnisation du déficit fonctionnel permanent de 3% ne saurait excéder la somme de 694 euros après application du taux de perte de chance de 20% ;
- les souffrances endurées évaluées à 2/7 seront justement indemnisées à hauteur de 360 euros après application du taux de perte de chance ;
- les préjudices esthétiques temporaire et permanent respectivement évalués à 2/7 et 0,5/7 par l'expert seront justement indemnisés par une somme globale de 500 euros après application du taux de perte de chance ;
- l'indemnisation du préjudice sexuel retenu par l'expert ne saurait excéder la somme de 160 euros après application du taux de perte de chance de 20% ;
- les demandes formulées au titre du préjudice d'agrément, des dépenses de santé actuelles et de la perte de gains professionnels actuels devront être rejetées en ce qu'elles ne sont pas fondées.
Par un mémoire enregistré le 6 septembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines, représentée par Me Legrandgerard, demande au tribunal :
1°) de condamner l'AP-HM, à lui rembourser les débours versés pour la prise en charge de M. C à hauteur de 500,07 euros après application du taux de perte de chance de 20%, assortis des intérêts au taux légal à compter de la date du jugement à intervenir ;
2°) de condamner l'AP-HM, à lui verser une somme de 166,69 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 alinéa 9 du code de la sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HM, une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les ordonnances du 27 mai 2019 et du 9 mars 2021 par lesquelles la présidente du tribunal administratif de Marseille a taxé et liquidé les frais d'expertise à hauteur de 4 204,80 euros.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêt du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ludivine Journoud, conseillère,
- les conclusions de Mme Amélie Lourtet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Deguitre, pour l'AP-HM.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, âgé de 25 ans au moment des faits, a été victime le 25 novembre 2015 d'un accident lors d'un match de football responsable d'un traumatisme de la face et du poignet gauche. Il a été admis aux urgences de l'hôpital de la Timone, relevant de l'AP-HM, le jour même à 22 heures 43. Des radiographies ont été réalisées mettant en évidence une fracture non déplacée proximale du scaphoïde. Le diagnostic retenu sera celui d'une entorse du poignet gauche avec prescription d'une immobilisation par attèle. Il a ensuite subi deux interventions chirurgicales qui laissent néanmoins persister des séquelles. M. C demande au tribunal de condamner l'AP-HM à réparer les préjudices qu'il estime avoir subi lors de sa prise en charge consécutive à l'accident du 25 novembre 2015.
Sur la responsabilité de l'AP-HM :
En ce qui concerne la faute médicale :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de justice administrative : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
3. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise définitif déposé le 26 février 2021 au greffe du tribunal, que lors de la prise en charge de M. C au service des urgences de l'hôpital de La Timone, l'intéressé a subi une erreur puis un retard de diagnostic, qui ont entraîné une perte de chance d'éviter une aggravation des séquelles de sa fracture du poignet. Cette erreur de diagnostic dans l'analyse de la radiographie, non contestée en défense, est ainsi constitutive d'une faute médicale de nature à engager la responsabilité de l'AP-HM.
4. Il résulte de ce qui précède que M. C est donc fondé à demander la réparation des préjudices résultant de la faute médicale commise durant sa prise en charge aux services des urgences de l'établissement le 25 novembre 2015.
En ce qui concerne le taux de perte de chance :
5. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
6. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que compte-tenu de l'âge du requérant, 25 ans au moment des faits, de l'absence d'état antérieur d'aucune nature, il y a lieu de retenir que l'erreur de diagnostic et le retard dans la prise en charge de M. C a fait perdre à ce dernier une chance de limiter les conséquences dommageables de la fracture du poignet gauche dont il a été victime, qui peut être évaluée dans les circonstances de l'espèce à 20 %. La responsabilité de l'AP-HM est donc engagée à hauteur de cette fraction du dommage.
Sur l'évaluation des préjudices :
En ce qui concerne les préjudices temporaires :
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que M. C a présenté un déficit fonctionnel temporaire total les 27 février 2017 et le 13 mars 2018, soit 2 jours. Mais également un déficit fonctionnel temporaire partiel à hauteur de 25% pour les périodes du 25 novembre au 15 décembre 2015 (21 jours), du 22 février au 22 août 2017 (182 jours) et du 14 mars au 14 avril 2018 (32 jours). Il a ensuite subi un déficit fonctionnel temporaire partiel de 15% du 16 décembre 2015 au 16 mars 2016 (92 jours), du 23 août 2017 au 12 mars 2018 (202 jours) et du 15 avril au 15 octobre 2018 (184 jours). Enfin, il a subi un déficit partiel de 10% pour les périodes du 17 mars 2016 au 20 février 2017 (341 jours) et du 16 octobre 2018 au 11 septembre 2019 (331 jours), date de consolidation de son état de santé. Il sera fait une juste évaluation du préjudice résultant du déficit fonctionnel temporaire de M. C, en le fixant, sur une base de 13,33 euros par jour, à la somme de 2 662 euros et 532,40 euros après application du taux de perte de chance de 20%.
8. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par M. C ont été évaluées par l'expert à 2 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à 1 800 euros, soit 360 euros après application du taux de perte de chance retenu.
9. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, principalement du rapport d'expertise, que l'erreur de diagnostic dont M. C a été victime est à l'origine pour l'intéressé d'un préjudice esthétique temporaire évalué à 2 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste en l'évaluant à la somme de 1 800 euros, soit 360 euros après application du taux de perte de chance retenu.
10. En quatrième lieu, le requérant soutient qu'il a dû assumer la prise en charge financière de certaines dépenses de santé non couverte par la sécurité sociale à hauteur de 2 086 euros. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction que cette somme n'aurait pas été effectivement prise en charge par la mutuelle de l'intéressé. Par suite, la demande indemnitaire de M. C pour ce poste de préjudice doit être rejetée.
11. En dernier lieu, M. C soutient qu'il a subi une perte nette de revenus pour la période du 21 février au 21 mars 2017 à hauteur de 1 588,84 euros en tenant compte des indemnités journalières versées par l'assurance maladie et des prestations de prévoyance versées par son employeur. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'aucune indemnité journalière ne lui a été versée pour cette période au seul motif que le montant moyen de ses revenus d'activité des trois dernières années étaient inférieurs à 10% de la moyenne des valeurs annuels du plafond de la sécurité sociale. Enfin, il n'est pas établi que la mutuelle de l'intéressé n'aurait pas pris en charge son arrêt de travail. Par suite, la demande indemnitaire de M. C au titre des pertes de gains professionnels actuels doit être rejetée.
En ce qui concerne les préjudices permanents :
12. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. C présente un déficit fonctionnel permanent résiduel évalué à 6% par l'expert. L'intéressé étant âgé de 30 ans à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice à hauteur de 7 014 euros, soit 1 403 euros après application du taux de perte de chance retenu.
13. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, principalement du rapport d'expertise, que l'erreur de diagnostic dont M. C a été victime est à l'origine pour l'intéressé d'un préjudice esthétique permanent évalué à 0,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste en l'évaluant à la somme de 1 000 euros, soit 200 euros après application du taux de perte de chance retenu.
14. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'erreur de diagnostic dont M. C a été victime est à l'origine pour l'intéressé d'un préjudice sexuel positionnel. Compte-tenu de son âge il sera fait une juste appréciation de son préjudice sexuel à hauteur de 1 000 euros, soit 200 euros après application du taux de perte de chance retenu.
15. En dernier lieu, M. C soutient que l'erreur de diagnostic dont il a fait l'objet le 25 novembre 2015 à l'hôpital de la Timone a engendré des séquelles qui limitent aujourd'hui sa capacité à pratiquer le football, la boxe ou encore la natation et le bricolage. Compte tenu de l'âge de l'intéressé et du déficit fonctionnel permanent résiduel retenu par l'expert, il sera fait une juste appréciation de son préjudice d'agrément à hauteur de 701 euros, soit 140 euros après application du taux de perte de chance de 20%.
16. Il résulte de tout ce qui précède, que l'AP-HM doit être condamnée à verser une somme de 3 195,40 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'erreur de diagnostic dont il a fait l'objet dans le cadre de sa prise en charge à l'hôpital de la Timone le 25 novembre 2015.
Sur les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Yvelines :
En ce qui concerne les débours assortis des intérêts au taux légal :
17. La CPAM des Yvelines sollicite la prise en charge de débours relatifs aux soins servis à M. C à la Clinique internationale du Parc Monceau le 13 mars 2018 à hauteur de 965,58 euros, mais également relatifs aux frais médicaux engagés entre le 2 février 2016 et le 12 juillet 2019 pour 721,87 euros, aux frais pharmaceutiques engagés du 14 mars 2018 au 5 juin 2019 pour 63,09 euros, aux frais d'appareillage du 25 novembre 2015 au 14 mars 2018 à hauteur de 34,67 euros. Par ailleurs, la CPAM des Yvelines fait état d'un versement d'indemnités journalières à M. C du 16 mars au 2 avril 2018, soit 18 jours d'arrêt de travail, à hauteur de 715,14 euros. La CPAM des Yvelines, qui produit en outre une attestation d'imputabilité du médecin conseil qui n'est pas contestée en défense, est fondée à solliciter le remboursement de la somme de 2 500,35 euros au titre de ses débours, soit 500,07 euros après application du taux de perte de chance retenu de 20% et assortie des intérêts au taux légal à compter du 22 octobre 2021, date de réception de son mémoire.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
18. En application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 susvisé et eu égard à la somme dont elle obtient le remboursement dans le présent jugement, la CPCAM des Bouches-du-Rhône est en droit d'obtenir le versement d'une indemnité forfaitaire de gestion d'un montant de 230 euros.
Sur la déclaration de jugement commun :
19. La caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, mise en cause, n'a pas produit de mémoire. Par suite, il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur les frais d'expertise :
20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais d'expertise judiciaire facturés au requérant à hauteur de 4 204,80 euros, à la charge définitive de l'AP-HM.
Sur les frais du litige :
21. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'AP-HM une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens. De même il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HM une somme de 800 euros à verser à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'AP-HM est condamnée à verser une somme de 3 195,40 euros à M. C à titre de dommages et intérêts.
Article 2 : L'AP-HM est condamnée à verser une somme de 500,07 euros à la CPAM des Yvelines en remboursement de ses débours, assortie des intérêts au taux légal à compter du 22 octobre 2021.
Article 3 : L'AP-HM versera une somme de 230 euros à la CPAM au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 alinéa 9 du code de la sécurité sociale.
Article 4 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Article 5 : Les frais d'expertise médicale taxés et liquidés à hauteur de 4 204,80 euros sont mis à la charge définitive de l'AP-HM.
Article 6 : L'AP-HM versera une somme de 1 500 euros à M. C et une somme de 800 euros à la CPAM des Yvelines sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à l'assistance publique - hôpitaux de Marseille, à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au Dr B, expert.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Frédérique Simon, présidente,
M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,
Mme Ludivine Journoud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
L. Journoud
La présidente,
signé
F. Simon
La greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régional de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026