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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2108878

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2108878

lundi 18 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2108878
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL FERNANDEZ GUIBERT & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 octobre 2021, Mme A B, représentée par la Selarl Fernandez Guibert et associés, agissant par Me Fernandez, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " n°050813300004 du 4 août 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié le retrait de trois points à la suite de l'infraction constatée le 8 février 2021, a récapitulé les retraits de points précédents et a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) d'enjoindre au ministre de lui restituer, à bref délai, son permis de conduire ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Par courrier enregistré le 19 octobre 2021, Mme B a indiqué maintenir sa requête au fond après rejet de sa requête en référé suspension.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. () ". La délivrance au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Son accomplissement conditionne dès lors la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

3. Il résulte de l'instruction que Mme B a formé, le 29 octobre 2020, une requête en exonération à la suite de l'infraction constatée le 1er octobre 2020, requête qui a donné lieu, le 15 février 2021, à un refus de procéder à un classement sans suite de l'officier du ministère public. Le 28 juin 2021, elle a saisi l'officier du ministère public de sa contestation portant sur cette dernière infraction, ainsi que de celles constatées les 8 et 12 février 2021, en joignant les avis de contravention correspondant à l'appui de sa demande.

4. Les avis de contravention étant réputés comporter à leur verso les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et Mme B ne soutenant pas avoir formé ses requêtes en exonération au vu d'avis incorrects ou incomplets, le moyen tiré de ce que l'intéressée n'aurait pas pu bénéficier des informations prévues à ces articles est manifestement infondé.

5. En deuxième lieu, il résulte de la combinaison des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code la route et des articles 529, 529-1, 529-2 et 530 du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention, ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre exécutoire du fait d'une réclamation, il ne saurait se borner à soutenir qu'il conteste être l'auteur d'une infraction mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a, par suite, entraîné l'annulation du titre. Cette preuve peut être apportée soit par un document émanant de l'autorité judiciaire, soit, au besoin, par le document intitulé " bordereau de situation des amendes et des condamnations pécuniaires ", tenu par le comptable public pour chaque contrevenant.

6. Il ressort de la lecture du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de Mme B, versé aux débats par l'intéressée, que les infractions constatées les 1er octobre 2020, 8 et 12 février 2021 ont donné lieu, respectivement le 12 mars 2021, 3 mai 2021 et 3 mai 2021, à l'émission du titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée. Si Mme B a formé, par des lettres dont elle produit les copies, des réclamations contre les titres exécutoires devant l'officier du ministère public, elle ne produit aucun document permettant d'établir que ces réclamations auraient été regardées comme recevables et auraient, par suite, entraîné l'annulation des titres exécutoires. Dès lors, le moyen tiré de ce que la réalité de l'infraction ne serait pas établie n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.

7. Enfin, le moyen tiré de ce que la décision du 4 août 2021 aurait d'importantes répercussions sur la vie professionnelle et personnelle de Mme B dont l'époux, médecin, indique qu'au vu de l'amplitude de ses horaires de travail et de ses rendez-vous programmés de longue date, il ne pourrait envisager d'assumer les accompagnements de leur fils, âgé de trois ans et demi, à l'école, est inopérant.

8. Il résulte de ce qui précède que, en l'absence de mémoire complémentaire annoncé, il y a lieu de rejeter la requête de Mme B, en toutes ses conclusions, par application des dispositions citées au point 1.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B.

Fait à Marseille, le 18 juillet 2022.

La magistrate désignée,

Signé

S. Caselles

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

N°2108878

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