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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2109767

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2109767

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2109767
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELARL DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 novembre 2021 et 30 octobre 2023, M. N I, M. G I, Mme K I, M. O I, Mme C A, M. J A, M. L A, représentés par Me Adrai-Lachkar, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner, à titre principal, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), et à titre subsidiaire l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille (AP-HM) et Relyens, son assureur, à leur verser une somme de 74 090 euros en qualité d'ayants droit P H E, épouse A, en réparation des préjudices subis par la défunte ;

2°) de condamner, à titre principal, l'ONIAM, et à titre subsidiaire l'AP-HM et Relyens, son assureur, à verser à M. L A une somme de 20 000 euros en réparation du préjudice d'affection subi du fait du décès de sa mère ;

3°) de condamner, à titre principal, l'ONIAM, et à titre subsidiaire l'AP-HM et Relyens, son assureur, à verser à M. N I, M. G I, Mme K I, Mme C A et M. J A, une somme de 10 000 euros chacun en réparation du préjudice d'affection subi du fait du décès de leur grand-mère ;

4°) de condamner, à titre principal, l'ONIAM et à titre subsidiaire l'AP-HM et Relyens, son assureur, à verser à M. O I une somme de 5 000 euros en réparation du préjudice d'affection subi du fait du décès de sa belle-mère ;

5°) de mettre à la charge de toute partie succombante les sommes de 3 000 euros au titre des frais d'expertise et de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- à titre principal, le décès P E résulte d'un accident médical non-fautif, le traitement antibiotique ayant eu pour conséquence anormale et grave un syndrome de Lyell puis son décès ;

- à titre subsidiaire, ce décès résulte d'une faute de l'AP-HM de nature à engager sa responsabilité ;

- le préjudice P E, victime principale, doit être réparé à hauteur de 1 590 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 42 500 euros au titre des souffrances endurées, 30 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;

- le préjudice d'affection de M. L A, son fils, doit être indemnisé à hauteur de 20 000 euros ;

- le préjudice d'affection de M. N I, M. G I, Mme K I, Mme C A et M. J A, ses petits-enfants, doit être indemnisé à hauteur de 10 000 euros chacun ;

- le préjudice d'affection de M. O I, son gendre, doit être indemnisé à hauteur de 5 000 euros.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 20 juin 2023, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, représentée par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et associés, demande, dans le dernier état de ses écritures, de condamner solidairement l'AP-HM et la SHAM, aujourd'hui société Relyens Mutual Insurance, à lui verser une somme de 38 059,62 euros, avec intérêts au taux légal à compter de l'enregistrement de son premier mémoire, l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et, en outre, une somme de 600 € en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2023, l'ONIAM, représenté par la SELARL de la Grange et Fitoussi, conclut à sa mise hors de cause, et demande qu'il soit mis à la charge de toute partie succombante la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- deux fautes ont été commises par l'AP-HM, une compresse ayant été oubliée lors d'une intervention chirurgicale et la traçabilité et le traitement d'un corps étranger n'ayant pas été diligents ;

- les fautes commise par l'AP-HM sont à l'origine de l'entier dommage, ce qui exclut l'indemnisation au titre de la solidarité nationale, celle-ci ayant un caractère subsidiaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2023, l'AP-HM et Relyens, son assureur, représentés par la SELARL Carlini et associés, concluent au rejet de la requête.

Ils font valoir que :

- le syndrome de Lyell dont a été victime Mme E, relève d'un aléa thérapeutique, dont l'indemnisation incombe à la solidarité nationale du fait de sa rareté et de la gravité de ses conséquences ;

- l'infection contractée par la patiente ne résulte pas de l'oubli de la compresse lors de l'intervention du 1er avril 2016.

L'ONIAM a présenté un mémoire le 14 décembre 2023, non communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Le 10 avril 2024, les parties ont été avisées, au titre de l'article L. 611-7 du code de justice administrative que la demande d'indemnisation par l'AP-HM de M. G I, Mme K I, M. O I, M. J A était susceptible d'être rejetée en l'absence de demande préalable.

Par un courrier, enregistré le 12 avril 2024, les requérants ont produit leurs observations sur le moyen d'ordre public.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- les ordonnances du 9 août 2021, par lesquelles la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par le professeur D B à hauteur de 1 800 euros et de celle réalisée par le Dr M F à hauteur de 1 200 euros.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Derollepot, rapporteur,

- les conclusions P Lourtet, rapporteure publique,

- et les observations de Me Baverel, substituant Me Carlini, pour l'AP-HM et Relyens.

Considérant ce qui suit :

1. Suite à une chute à son domicile, Mme H E, épouse A, alors âgée de 84 ans, a bénéficié d'une opération le 1er avril 2016 à l'hôpital de la Timone, relevant de l'AP-HM, en vue de la pose d'une prothèse de hanche gauche. Le 6 mai 2016, des radiographies ont mis en évidence l'existence d'une compresse oubliée entre la tête de la prothèse et le cotyle natif. Suite à un syndrome de Lyell, Mme E est décédée le 28 juin 2016. Par la présente requête, les requérants demandent au tribunal de condamner l'ONIAM au titre de la solidarité nationale ou, à défaut, l'AP-HM pour faute à les indemniser des préjudices subis par la défunte, en tant qu'ayants droit, et de leurs propres préjudices.

Sur la recevabilité des conclusions de M. G I, Mme K I, M. O I, M. J A :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif même si, dans son mémoire en défense, l'administration n'a pas soutenu que cette requête était irrecevable, mais seulement que les conclusions du requérant n'étaient pas fondées.

4. S'il résulte de l'instruction que chacun des requérants a formé une demande indemnitaire auprès de l'ONIAM, aucune demande indemnitaire n'a été formée auprès de l'AP-HM pour M. G I, Mme K I, M. O I et M. J A, ni préalablement à la requête, ni en cours d'instance, de sorte qu'aucune décision administrative de rejet n'est née à leur égard. En application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, ils sont irrecevables à demander à l'AP-HM directement indemnisation dans la présente instance.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne l'indemnisation au titre de la solidarité nationale et la responsabilité de l'AP-HM :

5. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les () établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. () ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence. ". Aux termes de l'article L. 1142-22 du même code : " L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est un établissement public à caractère administratif de l'Etat, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé. Il est chargé de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale, dans les conditions définies au II de l'article L. 1142-1, à l'article L. 1142-1-1 et à l'article L. 1142-17, des dommages occasionnés par la survenue d'un accident médical, d'une affection iatrogène ou d'une infection nosocomiale () ".

6. Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1. Si les dispositions du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique font obstacle à ce que l'ONIAM supporte au titre de la solidarité nationale la charge de réparations incombant aux personnes responsables d'un dommage en vertu du I du même article, elles n'excluent toute indemnisation par l'office que si le dommage est entièrement la conséquence directe d'un fait engageant leur responsabilité.

7. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport du 23 juillet 2021 de l'expertise diligentée par le tribunal, qu'une compresse radiomarquée a été oubliée lors de l'intervention chirurgicale du 25 mars 2016. Visible sur la radiographie post-opératoire du 29 mars 2016, elle ne sera explantée que lors d'une nouvelle intervention le 7 mai 2016, dans le cadre de la prise en charge pour un écoulement brutal sur l'arthroplastie P E, alors qu'il y avait une plyctène avec écoulement depuis deux jours. Cet écoulement en présence d'un corps étranger a rendu nécessaire la mise en place d'une antibiothérapie, laquelle a causé chez la patiente un syndrome de Lyell, puis son décès. Si le syndrome de Lyell, maladie très rare ne comptant qu'environ 120 cas en France par an et dont l'évolution peut entrainer le décès dans 25% des cas, a entrainé le décès P E et rempli à la fois les critères tenant à la gravité et à l'anormalité du dommage, ce syndrome n'a été rendu possible que par l'oubli d'une compresse lors de l'intervention du 25 mars 2016, la seule présence de ce corps étranger justifiant l'antibiothérapie. Il résulte du rapport d'expertise que l'oubli d'une compresse expose à l'inflammation locale, à l'infection, et justifiait ainsi le traitement antibiotique, malgré l'impossibilité pour les experts d'affirmer la réalité d'un phénomène infectieux autour de ce corps étranger. L'oubli d'une compresse constituant une faute de nature à engager la responsabilité de l'AP-HM, cette faute initiale porte en elle l'entier dommage corporel P A dont elle est à l'origine directe et certaine. Les conclusions présentées à titre principal par les requérants contre l'ONIAM ne peuvent dès lors qu'être rejetées.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à obtenir la réparation intégrale des préjudices causés par la faute commise par l'AP-HM.

Sur l'évaluation des préjudices :

En ce qui concerne les préjudices des requérants en qualité d'ayants-droit :

9. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède avant d'avoir elle-même introduit une action en réparation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers. Chaque héritier a dès lors qualité, le cas échéant sans le concours des autres indivisaires, pour exercer l'action indemnitaire tendant à obtenir, au bénéfice de la succession, la réparation du préjudice subi.

10. M. L A, M. N I, Mme C A établissent leur qualité d'héritiers et peuvent par suite exercer une action indemnitaire au bénéfice de la succession de leur mère et de leur grand-mère.

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

11. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que Mme E a subi un déficit fonctionnel temporaire total du 7 mai au 28 juin 2016, soit 52 jours. Ce préjudice sera exactement réparé, sur une base de 17 euros par jour, par la somme de 884 euros.

S'agissant des souffrances endurées :

12. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par Mme E doivent être évaluées à 7 sur une échelle de 7 du fait du syndrome de Lyell dont elle a été atteinte. Ce préjudice sera justement réparé à hauteur de la somme de 42 500 euros.

S'agissant du préjudice esthétique temporaire :

13. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme E a été victime du syndrome de Lyell causant des érosions cutanées multifocales et les bulles cutanées avec de vastes surfaces d'épiderme décollé mettant à nu le derme, présentant de ce fait une image dégradée d'elle-même. Dans les circonstances particulières de l'espèce, ce préjudice sera justement réparé par la somme de 10 000 euros.

14. Il résulte de ce qui précède que les préjudices P E entrés dans sa succession s'élèvent à 53 384 euros, mis à la charge de l'AP-HM et Relyens.

En ce qui concerne les préjudices des victimes indirectes :

15. M. L A, fils majeur P Mme E, a subi un préjudice d'affection en raison des conséquences du décès de celle-ci, qui sera justement apprécié à la somme de 6 500 euros mis à la charge de l'AP-HM et Relyens.

16. M. N I et Mme C A, petits enfants P H A, ont également subi un préjudice d'affection en raison des conséquences du décès de celle-ci, qui sera justement réparé par la somme de 4 500 euros chacun mis à la charge de l'AP-HM et Relyens.

Sur les conclusions de la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône :

En ce qui concerne les débours assortis des intérêts au taux légal :

17. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " Lorsque, sans entrer dans les cas régis par les dispositions législatives applicables aux accidents du travail, la lésion dont l'assuré social ou son ayant droit est atteint est imputable à un tiers, l'assuré ou ses ayants droit conserve contre l'auteur de l'accident le droit de demander la réparation du préjudice causé, conformément aux règles du droit commun, dans la mesure où ce préjudice n'est pas réparé par application du présent livre ou du livre Ier. / Les caisses de sécurité sociale sont tenues de servir à l'assuré ou à ses ayants droit les prestations prévues par le présent livre et le livre Ier, sauf recours de leur part contre l'auteur responsable de l'accident () ".

18. La caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, sollicite la prise en charge de débours à hauteur de 38 059,62 euros lesquels correspondent aux frais hospitaliers durant la période du 7 mai au 28 juin 2016. L'état des débours produit est suffisamment détaillé et est accompagné d'une attestation d'imputabilité du médecin conseil, laquelle retient l'ensemble de ces frais. Ces frais apparaissent en lien direct et certain avec la prise en charge P E des suites de la faute de l'AP-HM. La caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône est par suite fondée à solliciter le remboursement de ses débours, soit la somme de 38 059,62 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de son mémoire, soit au 20 juin 2023.

En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :

19. En application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 susvisé, et eu égard à la somme dont elle obtient le remboursement dans le présent jugement, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, est en droit d'obtenir le versement d'une indemnité forfaitaire de gestion d'un montant de 1 191 euros par l'AP-HM et Relyens.

Sur les dépens :

20. En application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge définitive de l'AP-HM et Relyens, parties perdantes, les frais de l'expertise ordonnée en référé le 11 août 2020, taxés et liquidés à la somme totale de 3 000 euros par ordonnances du 9 août 2021.

Sur les frais d'instance :

21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HM et son assureur, Relyens, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. L A, M. N I et Mme C A et non compris dans les dépens. Il y a également lieu de mettre à la charge de l'AP-HM et son assureur, Relyens, une somme de 800 euros à l'ONIAM et une somme de 600 euros à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'AP-HM et son assureur, Relyens, sont condamnés solidairement à verser les sommes de 53 384 euros à la succession P H A, de 6 500 euros à M. L A et de 4 500 euros chacun à M. N I et Mme C A.

Article 2 : L'AP-HM et son assureur, Relyens, sont condamnés solidairement à verser à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, les sommes de 38 059,62 euros avec intérêts au taux légal à compter du 20 juin 2023 et de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Les frais d'expertise taxés et liquidés à hauteur de 3 000 euros sont mis à la charge définitive de l'AP-HM et son assureur, Relyens.

Article 4 : L'AP-HM et son assureur, Relyens, verseront solidairement la somme de 1 500 euros à M. L A, M. N I et Mme C A, une somme de 800 euros à l'ONIAM et la somme de 600 euros à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. N I, à M. G I, à Mme K I, à M. O I, à Mme C A, à M. J A, à M. L A, à la Caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes (CPAM), à l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux et à Relyens.

Copie en sera adressée au professeur B et au docteur F, experts.

Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Simon, présidente,

M. Derollepot, premier conseiller,

Mme Journoud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.

Le rapporteur,

signé

A. Derollepot

La présidente,

signé

F. Simon

La greffière,

signé

A. Vidal

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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