LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2110143

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2110143

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2110143
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCP PREEL HECQUET PAYET-GODEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 novembre 2021, le 19 mai 2023, le 16 août 2023 et le 26 octobre 2023, l'association syndicale autorisée (ASA) du canal de Gap, représentée par Me Sevaux et Mathonnet, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de condamner solidairement les sociétés Tractebel Engineering, Liotard et Provence génie civil et canalisations (PROGEC) à lui verser la somme de 1 084 740,86 euros HT en réparation de ses préjudices résultant des désordres affectant la prise d'eau des Ricoux ;

2°) de condamner solidairement ces entreprises au paiement des frais d'expertise ;

3°) de mettre à la charge solidaire de ces sociétés une somme de 74 444,13 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les désordres affectant le radier du chenal de dégravement, les pré-bassins et l'entrée du chenal de dégravement, qui n'étaient pas apparents à la date de réception, rendent ces ouvrages impropres à leur destination et en affectent la solidité, et sont donc de nature à permettre l'application de garantie décennale des constructeurs ;

- de nouveaux désordres affectant les radiers des pré-bassins 1 et 2 et la partie basse des murs de soutènement sont apparus en janvier 2021 ;

- ces désordres sont imputables aux sociétés Tractebel Engineering, maître d'œuvre, Liotard et Progec ;

- à titre subsidiaire, la responsabilité contractuelle de ces sociétés est engagée ;

- les parties ont reconnu une réception tacite à la date du 23 août 2016 ;

- son préjudice s'élève à la somme totale de 1 131 920,20 euros :

- 170 864,22 euros en ce qui concerne le radier du chenal de dégravement : 257,67 euros au titre de la réalisation du constat d'huissier et 170 606,55 euros au titre des travaux de reprise ;

- 69 379 euros en ce qui concerne les travaux de reprise des désordres affectant les pré-bassins ;

- 98 173,24 euros en ce qui concerne les travaux de reprise des désordres affectant l'entrée du chenal de dégravement ;

- 710 339,40 euros en ce qui concerne les désordres affectant le radier des pré-bassins, les murs de soutènement et la partie basse des murs d'enrochement ;

- 83 164,34 euros au titre des frais de suivi d'expertise, incluant les honoraires d'expertise et d'avocat ;

- eu égard au court délai écoulé entre l'achèvement des travaux et la survenance des désordres, aucun abattement pour vétusté ne doit être appliqué.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2022, la société Eaux, terrassement et rivières de montagne (ETRM), représentée par Me Pontier, conclut à sa mise hors de cause et à ce que soit mis à la charge de toute partie perdante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle n'est pas responsable des désordres en cause dès lors qu'elle n'était pas mandatée pour définir le type de matériau à mettre en place ;

- l'expert n'a retenu aucune imputabilité à son encontre.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 janvier et 19 octobre 2023, les sociétés Liotard et Progec, représentées par Me Cadoz, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de toute partie perdante une somme de 15 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la matérialité des désordres affectant la partie amont du radier ainsi que les pré-bassins et les parties intermédiaire et aval du radier n'est pas démontrée ;

- en tout état de cause, l'ASA a renoncé à toute action sur les désordres affectant la partie amont du radier du chenal de dégravement par la signature d'un protocole d'accord le 10 octobre 2017 ;

- les travaux de reprise consistant en la pose d'un blindage ont été réalisés antérieurement à l'expertise, le constat des désordres a donc été réalisé sur la base de documents établis de manière non contradictoire ;

- les désordres affectant la partie amont du radier du chenal de dégravement étaient apparents à la date de réception ;

- la disparition des blocs de grès et l'érosion des bétons ont été constatées par le maître d'ouvrage au plus tard le 6 janvier 2016, date de lancement de la consultation pour réaliser le blindage en amont du chenal de dégravement, et donc antérieurement à la réception ;

- les désordres affectant la partie intermédiaire et aval du radier et les pré-bassins étaient connus de l'ASA antérieurement à la date de réception de l'ouvrage et étaient donc apparents à la réception ;

- les documents de consultation imposaient le choix des matériaux ;

- elles n'ont pas failli à leur devoir de conseil ;

- la matérialité des désordres apparus après l'expertise n'a pas été constatée de manière contradictoire ;

- les désordres ne leur sont pas imputables dès lors que le groupement n'avait pas la charge de mission de conception mais seulement d'exécution ;

- l'ASA n'est pas fondée à rechercher leur responsabilité contractuelle dès lors que les travaux ont été réceptionnés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2023, la société Tractebel Engineering, venant aux droits de la société Stucky, représentée par Me Hecquet, conclut :

1°) au rejet des conclusions dirigées à son encontre ;

2°) à ce que le montant réclamé par l'ASA soit réduit à de plus justes proportions ;

3°) à ce que soit mise à la charge de l'ASA une somme de 8 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa responsabilité doit être partagée avec l'ASA, maître d'ouvrage sachant ;

- l'ASA s'est largement impliquée dans sa mission de maîtrise d'œuvre, laquelle est restée très limitée ;

- les désordres affectant le radier étaient apparents le 10 octobre 2017, date de la signature du protocole transactionnel à laquelle l'ASA a décidé de la réception des travaux, de sorte que la responsabilité décennale ne peut être engagée ;

- le coût des travaux de reprise susceptibles d'être mis à la charge des constructeurs ne saurait excéder 43 582,80 euros HT dès lors que la pose d'un blindage en acier Hardox correspond à une plus-value pour l'ASA ;

- le recours à un constat d'huissier en octobre 2017 n'était pas nécessaire ;

- les sommes sollicitées au titre des opérations d'expertise relèvent de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et ne peuvent être incluses dans le montant du préjudice de l'ASA ;

- les désordres affectant les pré-bassins étaient apparents à la date de la signature du protocole transactionnel, le 10 octobre 2017, la responsabilité décennale ne peut donc être engagée ;

- les travaux de reprise doivent être limités à la somme de 18 208 euros HT et en tout état de cause, à la somme de 69 379 euros HT ;

- l'origine des désordres affectant l'entrée du chenal de dégravement est inconnue et leur constat a été fait de manière non contradictoire ;

- les travaux de reprise susceptibles d'être mis à la charge de constructeurs ne sauraient excéder la somme de 28 200 euros HT ;

- il n'y a pas lieu de retenir des frais de maîtrise d'œuvre, le montant des travaux doit donc être limité à 89 248,40 euros HT ;

- la matérialité des désordres affectant les radiers des pré-bassins, les murs de soutènement et la partie basse des murs d'enrochement, constatée courant janvier 2021, n'est pas établie ;

- ces désordres peuvent avoir comme origine un défaut d'entretien de l'ASA ainsi qu'un défaut d'exécution de l'entreprise Charles Queyras ;

- le coût des travaux de reprise susceptibles d'être mis à la charge de constructeurs ne saurait excéder 112 184,30 euros HT.

Par une ordonnance du 9 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au même jour en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.

Un mémoire, enregistré pour la société Tractebel Engineering le 13 mars 2024, n'a pas été communiqué.

Vu :

- le rapport de M. A, expert désigné par ordonnance du juge des référés du tribunal n°1709012 du 28 février 2018 ;

- l'ordonnance du président du tribunal du 27 octobre 2020 liquidant les frais et honoraires de l'expertise de M. A à la somme de 56 615,21 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des marchés publics ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Simeray ;

- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique ;

- les observations de Me Mathonnet, représentant l'association requérante, de Me Bruillard, représentant la société Tractebel engineering, de Me Cadoz, représentant les sociétés Liotard et Progec et de Me Durand, représentant la société ERTM.

Une note en délibéré présentée par la société Tractebel Engineering, enregistrée le 11 octobre 2024, n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. En 2010, l'ASA du canal de Gap a entrepris le réaménagement de la prise d'eau des Ricoux dans le but d'améliorer le transit sédimentaire, de restaurer la continuité piscicole par l'aménagement d'une passe à poissons et de réguler les débits de prise d'eau sur le Drac. Sur la base d'une étude rendue par la société ERTM en 2010, l'ASA a confié la maîtrise d'œuvre du projet à un groupement conjoint composé de la société Stucky ingénieurs conseil, mandataire, aux droits de laquelle est venue la société Tractebel, et de la société Venna ingénierie, par un marché conclu le 25 mai 2012. La réalisation des travaux a été confiée, par un acte d'engagement signé le 26 juillet 2013, à groupement solidaire composé des sociétés Liotard et Progec pour un montant total de 2 854 823,50 euros. La réception partielle des travaux a été prononcée le 2 juin 2015. Peu après cette date, l'ASA a constaté, sur la partie amont du radier, le descellement de pierres. Le 23 août 2016, l'ASA a résilié le marché conclu avec les entreprises Liotard et Progec à leurs frais et risques. Par un protocole transactionnel conclu le 10 octobre 2017, l'ASA et ces entreprises ont requalifié la résiliation en résiliation conventionnelle et décidé de prononcer la réception des travaux avec levée des réserves le 23 août 2016. Au cours du deuxième semestre 2017, une nouvelle détérioration des blocs de grés et une érosion des bétons par percussion et abrasion a été constatée. Afin de remédier à ces désordres, l'ASA a procédé à la pose, en novembre 2017, d'un blindage complémentaire en acier sur l'intégralité des trois parties du radier. Le 10 novembre 2017, l'ASA du canal de Gap a saisi le juge des référés du tribunal afin d'ordonner d'une expertise portant sur ces désordres. Par une ordonnance n°1709012 du 18 février 2018, le juge des référés a fait droit à cette demande. L'expert a déposé son rapport le 1er octobre 2020. Courant janvier 2021, l'ASA a constaté de nouveaux désordres affectant les radiers des deux pré-bassins, les murs de soutènement et la partie basse des murs d'enrochement. L'ASA a fait procéder à un constat de ces désordres par un huissier le 24 mars 2021. Par la présente requête, l'ASA du canal de Gap demande au tribunal de condamner solidairement les sociétés Tractebel Engineering, Liotard et Progec à lui verser la somme de 1 084 740,86 euros HT en réparation de ses préjudices.

Sur la responsabilité :

Sur la responsabilité contractuelle :

2. La réception d'un ouvrage est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve. Elle vaut pour tous les participants à l'opération de travaux, même si elle n'est prononcée qu'à l'égard de l'entrepreneur, et met fin aux rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage. Elle interdit, par conséquent, au maître de l'ouvrage d'invoquer, après qu'elle a été prononcée, et sous réserve de la garantie de parfait achèvement, des désordres apparents causés à l'ouvrage ou des désordres causés aux tiers, dont il est alors réputé avoir renoncé à demander la réparation. Il en résulte qu'indépendamment de la décision du maître d'ouvrage de réceptionner les prestations de maîtrise d'œuvre, la réception de l'ouvrage met fin aux rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre en ce qui concerne les prestations indissociables de la réalisation de l'ouvrage, au nombre desquelles figurent, notamment, les missions de conception de cet ouvrage.

3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la réception des travaux a été fixée, par un protocole transactionnel conclu le 10 octobre 2017, au 23 août 2016. Il résulte de cette transaction que l'ASA a accepté de lever l'ensemble des réserves à cette dernière date. Par suite, les relations contractuelles entre l'ASA et ses cocontractants sont réputées avoir pris fin au 23 août 2016.

4. Il résulte de ce qui précède que l'ASA n'est pas fondée à rechercher la responsabilité contractuelle de la société Tractebel et des entreprises Liotard et Progec pour les désordres en litige.

Sur la garantie décennale :

5. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres, apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, engagent la responsabilité de ces constructeurs s'ils sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables. La responsabilité décennale des constructeurs, néanmoins, ne peut être engagée que si les désordres procèdent de vices qui n'étaient pas connus du maître de l'ouvrage lors de la réception. En cas de réception prononcée à titre rétroactif, c'est la date à laquelle cette réception est décidée, et non la date retenue pour sa prise d'effet, qui doit être prise en compte pour apprécier le caractère apparent ou non des malfaçons désignées comme causes des désordres.

6. Ainsi qu'il a été dit aux points 1 et 3, par un protocole transactionnel signé le 10 octobre 2017, les parties ont décidé de prononcer la réception à titre rétroactif de l'ouvrage le 23 août 2016. Dès lors qu'une décision expresse de réception de l'ouvrage a été prononcée par le maître d'ouvrage, l'ASA n'est pas fondée à soutenir qu'il y aurait eu réception tacite à la date du 23 août 2016. Par suite, c'est la date du 10 octobre 2017 qui doit être prise en compte pour apprécier le caractère apparent ou non des désordres observés.

En ce qui concerne les désordres affectant le radier du chenal de dégravement et les voiles des pré-bassins :

7. Contrairement à ce que font valoir les entreprises Liotard et Progec, il ne résulte pas des stipulations du protocole transactionnel conclu le 10 octobre 2017 que l'ASA aurait renoncé à toute action en responsabilité tenant aux désordres affectant l'ouvrage dès lors, en tout état de cause, que ledit protocole ne portait que sur les désordres de la partie amont du chenal de dégravement.

8. Il résulte du rapport d'expertise que les désordres relatifs à la disparition de blocs de grès en protection du radier, en amont du chenal de dégravement, sont apparus le 15 décembre 2015, soit environ un an après la mise en eau de l'ouvrage et donc antérieurement à sa réception. Toutefois, l'ASA ne recherche pas la responsabilité des intervenants au titre de ce désordre, qui a fait l'objet de travaux de reprise de la part des sociétés Liotard et Progec en mars 2016 et a donné lieu la conclusion du protocole transactionnel précité.

9. Il résulte de l'instruction que, courant 2017, sont apparues des usures anormales du béton anti-usure, du platelage en bois de mélèze, du radier en dessous des madriers de mélèze disparus, de la longrine de béton en aval du chenal et des voiles en enrochements bétonnés des pré-bassins, ainsi que des déchaussements des blocs de grès en haut du seuil amont. Ces désordres ont fait l'objet d'un constat d'huissier le 19 octobre 2017, et l'expert estime que leur apparition peut être fixée au 30 mai 2017. Par suite, ces désordres étaient apparents au moment de la réception, le 10 octobre 2017. L'ASA n'est donc pas fondée à rechercher la responsabilité des constructeurs au titre de ces désordres.

En ce qui concerne les désordres affectant le seuil d'entrée du chenal de dégravement :

10. Il résulte de l'expertise que les désordres relatifs à disparition de pierres scellées au sommet du seuil d'entrée du chenal de dégravement ont été constatés le 31 janvier 2020. Il résulte de l'instruction que l'expert n'a pas pu constater directement les désordres allégués dès lors que l'ASA a commandité, par un marché conclu le 4 juillet 2017, des travaux de reprise en urgence réalisés par la société Charles Queyras TP à la fin de l'automne 2017. Cette entreprise a procédé au blindage du chenal de dégravement par des tôles en acier Hardox(r) 500, ainsi qu'à la réparation et au blindage des voiles des pré-bassins début 2018. En revanche, l'expert a pu directement constater l'usure par abrasion des madriers en bois de mélèze, qui constituaient la protection du radier en béton du chenal de dégravement en aval de la vanne secteur, dès lors que ceux-ci avaient été démontés et stockés sur berge. S'agissant des autres désordres, l'expert s'est fondé sur le constat d'huissier du 19 octobre 2017, sur les photos transmises par l'ASA ainsi que par l'entreprise Charles Queyras TP, lesquels ont été soumis au contradictoire. L'expert a notamment constaté que les photos de l'ASA concordaient avec les constats de l'huissier ainsi qu'avec celles transmises par l'entreprise Charles Queyras TP. Par suite, les défendeurs ne sont pas fondés à soutenir que la matérialité de ces désordres n'a pu être constatée et qu'ils n'auraient pas été soumis au contradictoire. Par suite, ces désordres, qui n'étaient pas apparents à la réception et qui sont apparus dans le délai de dix ans à compter de la réception des travaux, sont susceptibles d'engager la responsabilité décennale des constructeurs.

En ce qui concerne les désordres affectant le radier des pré-bassins, les murs de soutènement et la partie basse des murs d'enrochements :

11. L'ASA soutient que des désordres affectant le radier des deux pré-bassins, les murs de soutènement et la partie basse des murs d'enrochements sont apparus en janvier 2021, après l'expertise judiciaire, et qu'ils ne pouvaient être constatés avant cette date dès lors que les conditions permettant l'observation des radiers ne sont réunies que quelques jours par an, lors de l'étiage. Si la société Tractebel fait valoir que l'ASA aurait pu solliciter une extension des opérations d'expertise lors la période d'étiage en janvier 2020, il ressort du rapport d'expertise que ces désordres n'étaient pas apparents à cette date. L'ASA s'appuie sur un constat d'huissier et des résultats de relevés topographiques d'un géomètre-expert réalisés lors d'une opération de mise hors de l'eau de l'ouvrage le 24 mars 2021 à la suite du constat d'anomalies provenant du fond des bassins, laquelle a permis d'avoir une visibilité sur les radiers. Il ressort de ces différents éléments que le béton des pré-bassins est érodé et se désolidarise des blocs d'enrochement, et que les murs de soutènement sont endommagés et érodés en partie basse, rendant apparentes les ferrailles. Selon l'ASA, l'érosion ainsi constatée est la même que celle affectant les autres parties de l'ouvrage, sans que la reprise des désordres ne puisse faire cesser ce phénomène. Contrairement à ce que fait valoir la société Tractebel, il résulte de la note de l'expert, qu'elle a missionné sur site le 13 septembre 2021, que ce dernier a bien constaté les désordres liés aux murs d'enrochement et aux voiles des pré-bassins et que, s'il n'a pas pu confirmer la matérialité des désordres liés aux radiers des pré-bassins, c'est parce qu'il n'a pas été en mesure de les observer. Si les défendeurs font valoir que ces éléments n'ont pas été soumis au contradictoire, il résulte de l'instruction, d'une part, qu'ils n'ont pas déféré aux convocations adressées par l'ASA aux opérations d'expertise qu'elle a menées, d'autre part, que ces pièces leur ont été adressées par l'ASA à la suite de ces observations et que la société Tractebel a, d'ailleurs, missionné un expert le 13 septembre 2021 pour constater les désordres allégués. Enfin, et en tout état de cause, les pièces sur lesquels s'appuient l'ASA pour justifier des désordres en cause ont été versées au dossier dans le cadre de l'instance, de sorte que les parties ont pu présenter leurs observations au cours de la procédure.

12. Dans ces conditions, la matérialité des désordres affectant le radier des pré-bassins, les murs de soutènement et la partie basse des murs d'enrochements doit être regardée comme établie et l'ASA est fondée à rechercher la responsabilité décennale des constructeurs au titre de ces désordres.

13. Il résulte de ce qui précède que l'ASA est fondée à rechercher la responsabilité décennale des constructeurs au titre des désordres affectant le seuil d'entrée du chenal de dégravement ainsi que ceux affectant le radier des pré-bassins, les murs de soutènement et la partie basse des murs d'enrochements.

Sur le caractère décennal des désordres :

14. Il résulte de l'instruction que l'usure et la disparition partielle des protections, notamment des madriers du platelage en mélèze, a entraîné l'abrasion du radier, ce qui a affecté la solidité de l'ouvrage. Il résulte également de l'instruction que les désordres affectant les pré-bassins sont tels qu'ils ne permettent plus de maintenir les niveaux d'eau nécessaires pour autoriser l'accès de l'échelle à poissons à la faune piscicole, et rendent donc inopérante la passe à poissons. Enfin, ces désordres ont conduit à fermer la vanne de secteur pour le passage des solides, ce qui limite le passage du débit du Drac et donc le transport solide et n'est pas conforme aux conditions d'exploitation prévues par l'arrêté préfectoral du 2 avril 2013 relatif à la mise en conformité de la prise d'eau des Ricoux. Dans ces conditions, ces désordres rendent l'ouvrage impropre à sa destination et sont ainsi susceptibles d'engager la responsabilité décennale des constructeurs.

En ce qui concerne l'imputabilité des désordres :

S'agissant des désordres liés à l'entrée du chenal de dégravement :

15. Il ressort du rapport d'expertise judiciaire que l'ensemble des désordres a pour origine, d'une part, le manque de résistance de la liaison entre les blocs de grès et le mortier de scellement, constituant l'angle supérieur du seuil d'entrée du chenal de dégravement, aux chocs générés par les pierres charriées par le Drac en crue, d'autre part, le manque de résistance à l'abrasion des matériaux de construction de la nouvelle prise d'eau, et tout particulièrement des matériaux de protection.

16. Il résulte de l'instruction que la maîtrise d'œuvre avait en charge l'étude de projet, laquelle avait pour objet de compléter, contrôler, puis valider le projet de l'ouvrage envisagé par l'ASA. Or, l'entreprise Tractebel pas réalisé les études relatives à la portance des sols, aux fondations de l'ouvrage et aux dimensionnements du génie civil. Surtout, la société Tractebel n'a pas procédé aux calculs de dimensionnement hydraulique de l'ouvrage ni vérifié les matériaux à mettre en œuvre au regard des contraintes de l'ouvrage, en procédant notamment à une étude de définition d'un indice d'abrasion des matériaux utilisés par rapport à la matière solide charriée. Cette société a sous-estimé le flux et l'action de matière solide entrainée par le débit d'eau à travers le chenal, alors même que le transit de la matière solide par le chenal de dégravement avait été défini par le maître d'ouvrage. Si la société Tractebel se prévaut d'avoir conseillé à l'ASA d'opter pour un blindage en acier, que l'association aurait refusé pour des motifs budgétaires, elle n'apporte aucune preuve de ce fait. Il résulte ainsi de l'instruction que le maître d'œuvre a validé les solutions techniques consistant à recourir à des matériaux moins onéreux (bois de mélèze, béton anti-usure et pavage), lesquels étaient inadaptés. Il résulte ainsi de l'instruction que la société Tractebel a failli à la mission qui lui incombait en ne réalisant pas les études nécessaires et en commettant des manquements dans sa mission de validation du projet. Il s'ensuit que la responsabilité la société Tractebel est engagée au titre de ces désordres.

17. Il résulte du cahier des clauses techniques particulières du marché de travaux que la société Liotard, mandataire du groupement, et la société Progec, cotraitante, avaient en charge la définition des principes constructifs de l'ouvrage, la fourniture des matériaux et leur mise en œuvre dans les règles de l'art. Il résulte toutefois des stipulations du cahier des clauses techniques particulières que les matériaux de protection étaient précisément définis, qu'ils ne pouvaient être remis en cause, et qu'aucun objectif de résultat concernant les protections contre l'abrasion n'avait été donné aux entrepreneurs. L'expert ne relève aucun manquement dans l'exécution des travaux qui incombaient à ces entreprises. Dans ces conditions, leur responsabilité n'est pas engagée.

S'agissant des désordres affectant le radier des deux pré-bassins, les murs de soutènement et la partie basse des murs d'enrochements :

18. Il résulte de l'instruction que ces désordres, de même nature que ceux observés durant l'expertise, ont la même origine, à savoir le manque de résistance des liaisons entre les blocs de grés et le mortier de scellement. La société Tractebel fait valoir que ces désordres pourraient être imputables à l'intervention de la société Queyras lors de la réfection des enrochements des pré-bassins en 2018 ou à un défaut d'exécution du groupement d'entreprises. Il résulte toutefois de l'instruction que l'expert a expressément écarté comme origine des désordres l'intervention de la société Queyras et n'a relevé aucun manquement de la part des entreprises de travaux, la réception des travaux de reprise ayant été prononcée sans réserve. Par suite, la responsabilité de la société Tractebel est engagée au titre de ces désordres.

En ce qui concerne la faute du maître d'ouvrage :

19. La société Tractebel se prévaut des compétences techniques de l'ASA, maître d'ouvrage " sachant ", lequel aurait limité sa mission de maître d'œuvre. Il résulte de l'instruction que la mission de maîtrise d'œuvre confiée à la société Tractebel incluait l'étude de projet, ayant pour objet de compléter, contrôler et valider le projet de l'ouvrage envisagé par l'ASA. Il résulte également du rapport d'expertise que si l'ASA a défini ses besoins avec précision, ce qui lui a permis d'élaborer un projet détaillé et abouti, l'association ne possède pas pour autant les compétences pour réaliser les calculs de portance des sols ainsi que les dimensionnements de génie civil et hydrauliques, objet de l'étude de projet. En outre, la circonstance que les missions ingénierie et étude de projet représenteraient une faible part financière au regard des autres missions de maîtrise d'œuvre prévues au marché n'est pas de nature à exonérer Tractebel des études et calculs qu'elle s'était engagée à produire.

20. Si la société Tractebel invoque également un défaut d'entretien des rives pour ce qui concerne le mur bajoyer, ainsi qu'un curetage réalisé en 2021, il ne résulte pas de l'instruction que l'ASA serait responsable d'un défaut d'entretien des pré-bassins ou qu'un curetage pourrait être à l'origine des désordres constatés en 2021. Par suite, la société Tractebel n'est pas fondée à faire valoir sur le maître d'ouvrage a commis une faute de nature à l'exonérer partiellement de sa responsabilité.

21. Il résulte de ce qui précède que l'ASA est fondée à solliciter la condamnation de la société Tractebel à l'indemniser des préjudices nés des désordres en litige.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les travaux de reprise des désordres affectant le seuil d'entrée du chenal de dégravement :

22. Il résulte de l'instruction que le montant des travaux de reprise correspondant à la zone où ont disparu les blocs de grès situés en crète de seuil a été chiffré par l'expert à 89 248,40 euros HT sur la base du devis établi par la société Charles Queyras, auquel peuvent être ajoutés 10% de frais de maîtrise d'œuvre et d'études, soit 8 924,40 euros HT, lesquels, contrairement à ce que fait valoir la société Tractebel, sont nécessaires à la réalisation des travaux. Le préjudice de l'ASA s'élève donc à la somme de 98 173,24 HT. Il y a donc lieu de condamner la société Tractebel à indemniser l'ASA du canal de Gap d'un montant de 98 173,24 euros pour son préjudice lié à la reprise des désordres relatifs à la disparition blocs de grès situés en crète de seuil d'entrée du chenal de dégravement.

En ce qui concerne les travaux de reprise des désordres affectant les radiers des pré-bassins, les murs de soutènement et la partie basse des murs d'enrochement :

23. L'ASA sollicite la somme totale de 682 122,73 euros au titre des coûts des travaux de reprise des désordres affectant les radiers des pré-bassins, les murs de soutènement et de la partie basse des murs d'enrochement, consistant au blindage acier de ces zones. Ces coûts incluent des dépenses de publicité correspondants à la mise en ligne d'un appel d'offres pour la réalisation des travaux ayant abouti à la sélection de l'entreprise Manang à hauteur de 631,72 euros HT, l'organisation de deux pêches électriques de sauvegarde pour vider les bassins pour un montant de 3 391 euros HT, des frais de mesure du débit d'eau pour 1 865 euros HT, des honoraires du bureau Veritas pour une mission de coordination SPS des chantiers pour 931,04 euros HT ainsi que le coût des travaux de blindage de la zone correspondante. Si l'ASA avait dans un premier temps conclu un marché fixant les travaux de blindage de la zone à 299 307 euros HT, il résulte de l'instruction que le prix des travaux de reprise a été réévalué à 666 346,97 euros HT en raison de l'augmentation du cours de l'acier, après signature d'un avenant le 5 octobre 2022 avec la société Manang. Il y a donc lieu d'admettre ce montant au titre du coût des travaux de blindage. En revanche, il n'y a pas lieu d'admettre la facture de l'entreprise Charles Queyras correspondant aux frais de suspension d'un échafaudage et d'arrêt du chantier pour cause de pêche électrique à hauteur de 8 957 euros HT, cette dépense n'étant pas suffisamment justifiée au regard des travaux en question. En conséquence, le préjudice de l'ASA au titre des désordres affectant les radiers des pré-bassins, les murs de soutènement et la partie basse des murs d'enrochement peut être évalué à la somme totale de 673 165,73 euros HT.

24. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la société Tractebel à indemniser l'ASA du canal de Gap d'une somme totale de 771 338, 97 euros au titre des travaux de reprise des désordres affectant la prise d'eau des Ricoux.

Sur les dépens :

25. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, de mettre les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés par une ordonnance du tribunal du 27 octobre 2021 à la somme de 56 615, 21 euros, à la charge définitive de la société Tractebel.

Sur les frais liés au litige :

26. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

27. L'ASA justifie avoir eu recours à un constat d'huissier, à un géomètre dans le cadre de l'expertise, ainsi qu'à une étude de la part d'ETRM afin de faire constater les désordres apparus en 2017, pour un montant total de 7 607,56 € HT lesquels ont été utiles à la solution du litige. Les honoraires d'avocat pour le suivi de l'expertise, justifiées à hauteur de 27 225 euros, peuvent également être admis. L'ASA justifie également de frais d'huissier pour constater les désordres liés aux pré-bassins, le 24 mars 2021, pour un montant de 257,67 euros HT ainsi qu'un relevé topographique d'un géomètre, pour un montant de 675 euros HT, soit un montant total de 932,67 euros HT. Il résulte encore de l'instruction que pour procéder au constat de ces désordres, l'ASA a dû procéder à une opération de déblai et de pompage des pré-bassins pour un montant total de 27 254 euros HT, lequel peut être admis au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. L'ASA justifie donc avoir exposé des frais relatifs aux constats des désordres et au suivi de l'expertise à hauteur de 63 019,13 euros.

28. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la société Tractebel une somme totale de 66 000 euros au titre des frais exposés par l'ASA du Canal de Gap et non compris dans les dépens. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des sociétés défenderesses présentées sur ce fondement.

D É C I D E :

Article 1er : La société Tractebel est condamnée à verser à l'ASA du canal de Gap la somme de 771 338,97 euros.

Article 2 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme totale de 56 615,21 euros, sont mis à la charge définitive de la société Tractebel.

Article 3 : La société Tractebel versera à l'ASA du canal de Gap une somme de 66 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'Association syndicale autorisée du Canal de Gap, aux sociétés Liotard Travaux Publics, Progec, Tractebel engineering et Eaux, terrassement et rivières de montagne.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président,

Mme Simeray, première conseillère,

Mme Devictor, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

C. SimerayLe président,

Signé

P-Y. Gonneau

La greffière,

Signé

A. Martinez

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions