jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2110373 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL VIDAL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 novembre 2021, et deux mémoires en réplique enregistrés les 4 avril et 16 mai 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, Mme B C, représentée par Me Vidal, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la métropole Aix-Marseille-Provence à lui verser la somme de 381 890,95 euros en réparation des préjudices subis du fait de sa maladie reconnue imputable au service ;
2°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle a subi des préjudices personnels résultant de sa maladie déclarée le 18 avril 2014, répertoriée au tableau 66 des maladies professionnelles, à hauteur de 381 890,95 euros, répartis comme suit :
- au titre de ses préjudices extrapatrimoniaux :
* un déficit fonctionnel, temporaire à hauteur de 8 679,30 euros et permanent à hauteur de 8 850 euros ;
* des souffrances endurées, temporaires et permanentes, à hauteur de deux fois 4 000 euros ;
* un préjudice esthétique, temporaire à hauteur de 2 000 euros et permanent à hauteur de 8 000 euros ;
* un préjudice moral temporaire à hauteur de 5 000 euros ;
* un préjudice sexuel permanent à hauteur de 20 000 euros ;
* un préjudice d'établissement à hauteur de 10 000 euros ;
* un préjudice d'agrément à hauteur de 35 000 euros ;
* un préjudice d'anxiété à hauteur de 5 000 euros ;
- au titre de ses préjudices patrimoniaux :
* des frais d'expertise à hauteur de 2 508 euros ;
* des frais divers à hauteur de 23 620 euros ;
* des dépenses de santé à hauteur de 19 745,31 euros ;
* une perte de gains professionnels actuels et futurs à hauteur de 129 180,24 euros ;
* des frais de véhicule adapté à hauteur de 109 euros ;
* des frais d'adaptation de son logement à hauteur de 716 euros ;
* une assistance à tierce personne à hauteur de 110 483,10 euros.
Par un mémoire enregistré le 1er décembre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône demande à être mise hors de cause.
Elle soutient que la requérante n'est pas affiliée au régime général de la sécurité sociale, et que la métropole gère elle-même le risque professionnel, ainsi que les conséquences éventuelles des faits engageant sa responsabilité.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er et 25 mars 2022, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par la SELARL Sindres, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à ce que le montant de l'indemnisation allouée à Mme C soit limité à la somme de 23 748 euros.
Elle soutient que :
- aucune faute ne peut lui être imputée ;
- elle ne peut être condamnée à régler une somme supérieure à 23 748 euros.
Par une ordonnance du 29 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 mai 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les ordonnances du président du tribunal administratif de Marseille n° 1600997 du 4 octobre 2016 et n° 1910885 du 25 janvier 2021 taxant et liquidant les frais et honoraires des expertises confiée à M. D aux sommes de 2 508 euros et de 3 006 euros toutes taxes comprises ;
- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Marseille n° 1705558 du 11 décembre 2017.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- les observations de Me Beauquis, représentant Mme C,
- et les observations de Me Chavalarias, représentant la métropole Aix-Marseille-Provence.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, fonctionnaire territoriale titulaire du grade d'adjoint administratif de 2ème classe depuis 2008, a été affectée en 2011 dans l'emploi d'agent de piscine à la direction des sports de la communauté d'agglomération du pays d'Aix. Elle a été placée en congé de maladie ordinaire à compter de l'année 2013. Un cancer du système lymphatique, dit lymphome de Malt, lui a été diagnostiqué en mars 2014 au niveau pulmonaire, puis en octobre 2015 au niveau gastrique. Par une décision du 19 novembre 2015, la communauté d'agglomération du pays d'Aix, aux droits de laquelle est venue la métropole Aix-Marseille-Provence, a reconnu l'imputabilité au service du lymphome de Malt dont la requérante a souffert et l'a placée en congé pour maladie professionnelle à compter du 13 avril 2014. Par une ordonnance du 6 avril 2016, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a désigné un expert afin de déterminer les préjudices subis par la requérante des suites de la maladie professionnelle dont elle a été victime. Dans le rapport qu'il a rédigé à l'issue de la réunion expertale tenue le 19 juillet 2016, l'expert a considéré que la maladie de Mme C n'était pas consolidée. Par ordonnance n°1705558 du 11 décembre 2017, le juge des référés de ce tribunal a condamné la métropole Aix-Marseille Provence à verser à la requérante une provision de 15 000 euros à valoir sur l'indemnisation définitive de son préjudice. A la suite de sa nouvelle désignation par ordonnance du 9 mars 2020, l'expert désigné a rendu ses conclusions le 29 décembre 2020. Par courrier du 29 juillet 2021 reçu le 2 août suivant, Mme C a adressé à la métropole une demande indemnitaire préalable tendant au versement de la somme de 472 493,40 euros en réparation des préjudices subis du fait de la maladie qu'elle a contractée dans l'exercice de ses fonctions, à laquelle la métropole n'a pas répondu. Elle demande au tribunal de condamner la métropole Aix-Marseille-Provence à lui verser la somme totale de 381 890,95 euros.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne le principe de responsabilité :
2. Dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions, le fonctionnaire peut obtenir de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité réparant les préjudices qu'il subit du fait de l'invalidité ou de la maladie, de nature patrimoniale et résultant de l'atteinte à l'intégrité physique ou des préjudices personnels.
3. Il ressort des pièces du dossier, notamment des rapports d'expertise établis les 19 juillet 2016 et 29 décembre 2020 par le professeur D, que la requérante a présenté un lymphome de Malt de localisation pulmonaire puis un lymphome de Malt gastrique, qui a nécessité un traitement de chimiothérapie jusqu'au 2 mai 2016. La pathologie pulmonaire a été reconnue comme relevant de celle inscrite au tableau n°66 des maladies professionnelles de l'annexe II du code de la sécurité sociale. Mme C, dont la date de consolidation de l'état de santé a été fixée par l'expert au 2 mai 2019, peut ainsi prétendre, même en l'absence de faute de la métropole Aix-Marseille-Provence, à l'indemnisation des préjudices personnels et des préjudices patrimoniaux qu'elle a subis en raison de sa maladie déclarée le 17 mars 2014 alors qu'elle était employée par la communauté du pays d'Aix.
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
4. En premier lieu, si la requérante sollicite la somme de 129 180,24 euros au titre des pertes de revenus causées par son incapacité à réintégrer le service jusqu'à la fin de sa période d'activité, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 29 décembre 2020, qu'elle a été maintenue en situation de congé pour invalidité temporaire imputable au service au moins jusqu'au mois de février 2022, et qu'elle a perçu pendant cette période, ainsi que la métropole le fait valoir sans être contestée et ainsi qu'il ressort de ses bulletins de paie de janvier et février 2022, l'intégralité de son traitement indiciaire brut, de l'indemnité de résidence et de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise, et qu'elle a conservé ses droits à l'avancement. Par suite, la requérante ne peut se prévaloir de l'incidence professionnelle alléguée qui résulterait de l'incapacité physique causée par sa maladie professionnelle, et n'est pas fondée à prétendre à l'indemnisation de pertes de revenus correspondantes. En outre, il ressort du rapport d'expertise susmentionné que l'expert n'a retenu pour Mme C aucune contre-indication à travailler dans un autre secteur d'activité ou à bénéficier d'un reclassement dans d'autres fonctions. Dès lors, en l'état de l'instruction et à défaut de tout autre élément produit sur la situation de l'intéressée à la date du présent jugement, le préjudice lié à l'incidence professionnelle de sa maladie dont la requérante demande l'indemnisation ne présente pas de caractère certain.
5. En deuxième lieu, si Mme C se prévaut de la perte depuis huit ans du bénéfice de vingt tickets restaurants qui lui étaient alloués chaque mois pour un montant unitaire de 9 euros, et d'une prime de 200 euros correspondant à l'astreinte dominicale mensuelle qu'elle assumait, soit un montant total de 36 480 euros, elle ne peut prétendre, alors qu'elle se trouvait en situation de congé pour invalidité temporaire imputable au service, au versement de ces primes et avantages matériels destinés à compenser des frais, charges ou contraintes spécifiques liés à l'exercice effectif des fonctions. Par suite, la requérante n'est pas fondée à demander l'indemnisation de ces pertes financières.
6. En troisième lieu, si l'expert a retenu l'existence de dépenses de santé à hauteur de 165 euros correspondant à trois consultations d'ostéopathie, et de 26,89 euros pour des compléments nutritionnels, soit un total de 191,89 euros justifié par des factures produites lors de l'expertise, la métropole fait valoir en défense que Mme C n'établit pas ne pas en avoir été remboursée par sa mutuelle et la requérante n'apporte aucune précision sur ce point. Ce poste de préjudice ne peut donc être retenu.
7. En quatrième lieu, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert, que les dépenses spécifiques de soins dentaires et capillaires dont Mme C demande le remboursement seraient en lien avec sa maladie. En outre, la nécessité de recourir à une chirurgie esthétique et à des travaux prothétiques dentaires tous les cinq ans ne présente qu'un caractère éventuel. Par suite, il n'y a pas lieu de retenir d'indemnisation au titre de ce poste de préjudice.
8. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que l'expert n'a pas conclu à un besoin d'assistance par une tierce personne au bénéfice de Mme C. Si une telle assistance est préconisée par un document établi le 10 mai 2021 par un ergothérapeute consulté par la requérante, celle-ci n'apporte toutefois aucun élément de nature à justifier la nécessité de l'aide dont elle aurait besoin et qui serait adaptée à un handicap dont elle fait état sans toutefois le définir précisément. De même, Mme C ne justifie pas que son état de santé nécessiterait un aménagement de son véhicule, de sa salle de bain et de son logement, alors notamment que l'expert n'a retenu aucun besoin de cette nature du fait des conséquences impliquées par sa maladie.
9. En sixième lieu, les sommes liées aux frais du divorce de l'intéressée, incluant les honoraires des 25 octobre 2016, 28 février 2017 et 31 juillet 2018 de Me Simon, les honoraires de la SCP d'avocats IAFA, et ceux versés à Me Aboudaram et à Me Ragetly exposés pour cette procédure ou pour la procédure en assistance éducative relative à la garde de l'enfant de la requérante, de même que les charges de copropriété que Mme C a dû supporter seule après sa séparation d'avec son époux, ne présentent pas, dès lors que cet événement ne peut être regardé comme la conséquence directe et certaine du développement de la maladie professionnelle de la requérante, un caractère indemnisable.
10. En septième lieu, si la métropole admet que la requérante a exposé des honoraires d'avocat utiles à la solution du litige, les factures des 30 novembre 2015 et 4 février 2016 de la SCP Amiel-Susini pour la somme de 1 200 euros et celles des 10 octobre 2019 et 22 avril 2021 de Me Ragetly pour les sommes de 452 et 1 108 euros, correspondent soit à des frais engagés à l'occasion de la requête en référé provision présentée devant le tribunal en 2017 au titre de laquelle la somme de 1 200 euros a d'ailleurs été mise à la charge de la métropole par l'ordonnance du 11 décembre 2017, soit à la présente procédure contentieuse, et relèvent par suite des frais exposés et non compris dans les dépens tels que prévus par les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :
11. En premier lieu, il résulte des rapports d'expertise de 2016 et 2020 que Mme C a subi un déficit fonctionnel temporaire total pendant vingt-trois jours, puis diverses périodes de déficit fonctionnel temporaire partiel, en particulier un déficit temporaire partiel évalué à 75% pendant 179 jours, à 50 % pendant 147 jours, à 25 % pendant 61 jours et enfin à 10 % depuis le 17 juillet 2017 jusqu'au 2 mai 2019 sauf deux jours, soit 1 673 jours. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 6 845 euros.
12. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme C, née en 1972, s'est vu reconnaître un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) consécutif à cette maladie de 5%. Eu égard à l'âge de la requérante, soit 47 ans, à la date de consolidation fixée au 2 mai 2019 comme rappelé au point 3, il sera fait une juste appréciation du montant de la réparation à accorder au titre du déficit fonctionnel permanent de la requérante, à hauteur de 5 650 euros.
13. En troisième lieu, il résulte du rapport de l'expert que la requérante a enduré, en raison de sa maladie, des souffrances dont l'intensité a été évaluée à 2,5/7 par l'expert. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, sans en différencier le caractère temporaire avant consolidation ou définitif dès lors que l'expert ne l'a pas estimé de manière différente, en l'évaluant à la somme de 3 000 euros.
14. En quatrième lieu, l'expert a retenu un préjudice esthétique avant consolidation qu'il a évalué à 1,5/7 dans son rapport du 19 juillet 2016, en raison des conséquences induites par les séances de chimiothérapie suivies par la requérante. Il a également évalué le préjudice esthétique de Mme C après consolidation à 2,5 sur une échelle de 7, compte tenu de l'apparition d'une pigmentation cutanée au niveau des membres supérieurs après la chimiothérapie qui lui a été administrée. Il sera par suite fait une juste appréciation du préjudice esthétique global de la requérante, dont il ne résulte ni de l'instruction ni des éléments versés par la requérante qu'il aurait été sous-estimé par l'expert, en l'évaluant à la somme de 3 500 euros.
15. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que Mme C a manifesté une anxiété liée à la conscience d'être atteinte d'une pathologie potentiellement incurable, pour lequel il sera fait une juste appréciation à hauteur de la somme de 2 000 euros.
16. En sixième lieu, si Mme C se prévaut d'un préjudice d'agrément issu de l'arrêt de sa pratique sportive, elle ne produit aucun élément permettant d'établir l'existence d'activités sportives ou de loisir antérieures auxquelles elle aurait renoncé du fait de sa maladie professionnelle. Le rapport de l'ergothérapeute mentionné au point 8 ainsi que le courriel de " Keep Cool La Pioline " se bornant à indiquer qu'elle s'était inscrite dans cet établissement en mars 2016 et ne s'y est plus rendue depuis 2017, sont insuffisants sur ce point, alors par ailleurs que l'expert n'a retenu aucune contre-indication à la pratique du sport.
17. En septième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que le préjudice d'établissement dont Mme C se prévaut, correspondant à la perte de chance de réaliser normalement un projet de vie familiale, serait la conséquence de la pathologie imputable au service dont elle s'est trouvée atteinte. A ce titre, le rapport de l'ergothérapeute mentionnant que la requérante aurait " perdu tout espoir de réaliser un projet personnel de vie, notamment d'élever des enfants en raison des complications liés à sa maladie " entre en contradiction avec les conclusions de l'expert qui retient que Mme C ne présente pas de séquelles physiques lourdes liées à sa maladie ni de risque d'évolution séquellaire.
18. En huitième lieu, si Mme C se prévaut encore d'un préjudice moral temporaire, issu des craintes ressenties durant le temps de sa maladie, ce préjudice relève, d'une part, des souffrances physiques et psychiques endurées et du préjudice d'anxiété qui ont été indemnisées aux points 13 et 15, d'autre part, pour ce qui concerne les troubles dans les conditions d'existence de toute nature et notamment la perturbation de la vie familiale, de l'indemnisation du déficit fonctionnel temporaire accueilli au point 11.
19. En dernier lieu, il résulte de l'instruction qu'alors que l'expert n'a pas retenu l'existence d'un préjudice sexuel, Mme C n'apporte aucun élément précis de nature à contredire cette analyse, en-dehors du rapport de l'ergothérapeute insuffisant à le démontrer.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les préjudices subis par Mme C s'élèvent à la somme totale de 20 995 euros. Par suite, la métropole Aix-Marseille-Provence doit être condamnée à verser à la requérante la somme de 5 995 euros, après déduction de la provision de 15 000 euros déjà allouée par le juge des référés par ordonnance du 11 décembre 2017.
Sur les frais d'expertise :
21. Par deux ordonnances des 4 octobre 2016 et 25 janvier 2021, le président et la première vice-présidente du Tribunal ont liquidé et taxé les frais et honoraires des expertises confiées à M. D à la somme totale de 5 514 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge définitive de la métropole Aix Marseille Provence en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
Sur la déclaration de jugement commun :
22. La caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône mise en cause, a déclaré ne pas intervenir à l'instance. Par suite, il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur les frais d'instance :
23. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence le versement à la requérante de la somme de 2000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La métropole Aix-Marseille-Provence est condamnée à verser à Mme C la somme de 5 995 euros, déduction faite de la somme de 15 000 euros allouée par le juge des référés par ordonnance du 11 décembre 2017, en réparation de ses préjudices.
Article 2 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à une somme totale de 5 514 euros, sont mis à la charge définitive de la métropole Aix-Marseille-Provence.
Article 3 : La métropole Aix-Marseille-Provence versera à Mme C la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C E et à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Copie en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et au professeur D, expert.
Délibéré après l'audience du 9 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
signé
E. A
La présidente,
signé
M-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2110373
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026