mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2110551 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | MARC |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2103133 le 10 avril 2021, la société Tanude demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté de péril ordinaire du 23 octobre 2020 pris par le maire de la ville de Marseille concernant l'immeuble situé 24, rue de l'église Saint-Michel à Marseille ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure contradictoire est viciée dès lors qu'elle a été initiée à l'encontre de l'ancien propriétaire de l'immeuble ;
- l'administration a commis une erreur de droit en exerçant son pouvoir de police spéciale, en lieu et place de son pouvoir de police générale, pour prendre l'arrêté du 23 octobre 2020 en litige ;
- l'arrêté en litige est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, la ville de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 23 octobre 2020 dès lors que ce dernier a fait l'objet d'une mainlevée par un arrêté du 18 juin 2021 ;
- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2110551 le 4 décembre 2021, la société Tanude, représentée par Me Marc, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis par la ville de Marseille le 5 octobre 2021 pour un montant de 46 992 au titre du recouvrement des frais engagés par cette collectivité pour le relogement provisoire d'un occupant d'un appartement situé 24, rue de l'église Saint-Michel à Marseille dont elle est propriétaire ainsi que la " demande de recouvrement " de la ville de Marseille du 6 octobre 2021 d'un montant de 2 759 euros pour le relogement provisoire de ce locataire ;
2°) de la décharger du paiement de ces sommes ;
3°) de lui accorder le bénéfice du sursis de paiement ;
4°) de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'ordre de reversement ;
- l'ordre de reversement en litige est illégal dès lors que c'est au prix d'une erreur de droit que l'administration a exercé son pouvoir de police spéciale pour prendre les arrêtés des 13 juin 2019 de péril imminent et 23 octobre 2020 de péril ordinaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, la ville de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation du courrier du 6 octobre 2021 sont irrecevables dès lors que ce courrier, purement informatif, ne fait pas grief ;
- l'exception d'illégalité de l'arrêté de péril imminent du 13 juin 2019 est irrecevable, cet arrêté étant devenu définitif ;
- les moyens soulevés par la société Tanude ne sont pas fondés.
Des mémoires ont été enregistrés le 28 juillet 2023 pour la société Tanude et le 16 avril 2024 pour la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône, postérieurement à la clôture d'instruction le 18 novembre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision de renvoi en formation collégiale.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- les observations de Me Marc, représentant la société Tanude, dans l'instance n° 2110551, et de M. A, représentant la ville de Marseille pour les deux instances.
Une note en délibéré, présentée par la ville de Marseille, a été enregistrée le 24 avril 2024 dans l'instance n° 2110551.
Considérant ce qui suit :
1. La société Tanude est propriétaire d'un immeuble situé 24, rue de l'église Saint-Michel à Marseille. Un rapport d'expertise établi le 17 avril 2019, à la suite de la désignation d'un expert par le tribunal, ayant conclu à l'existence d'un péril grave et imminent, le maire de Marseille a interdit, par un arrêté de péril imminent du 10 mai 2019, modifié par un arrêté du 13 juin 2019, l'accès et toute occupation de l'immeuble et a enjoint au propriétaire de réaliser, dans un délai de 15 jours, les travaux nécessaires pour mettre fin aux désordres observés par l'expert. Par un nouvel arrêté du 23 octobre 2020, l'autorité territoriale a constaté l'état de péril ordinaire de l'immeuble et a enjoint au propriétaire de réaliser divers travaux de mise en sécurité dans un délai de six mois, tout en maintenant l'interdiction d'occupation jusqu'à mainlevée de l'arrêté. Par un arrêté du 18 juin 2021, le maire de Marseille, prenant acte de la réalisation des travaux, a prononcé la mainlevée de l'arrêté de péril ordinaire du 23 octobre 2020. Le 5 octobre 2021, un avis des sommes à payer a été émis à l'encontre de la société requérante pour un montant de 46 992 euros, au titre du recouvrement des frais engagés par la commune pour reloger provisoirement l'occupant d'un appartement de l'immeuble. Par courrier du 6 octobre 2021, le maire de Marseille a informé la société Tanude de l'émission prochaine d'un avis des sommes à payer pour un montant de 2 759 euros, au titre de frais supplémentaires engagés par la collectivité pour reloger cet occupant. Par les présentes requêtes, la société Tanude demande l'annulation de l'arrêté de péril ordinaire du 23 octobre 2020, de l'avis des sommes à payer émis le 5 octobre 2021 et de la " demande de recouvrement " émise le 6 octobre 2021. Elle demande également à être déchargée du paiement des sommes résultant de la procédure de mise en recouvrement.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 2103133 et 2110551 sont relatives à la situation d'une même société requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
En ce qui concerne l'arrêté du 23 octobre 2020 :
3. Aux termes de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au litige : " En cas de péril imminent, le maire, après avertissement adressé au propriétaire, demande à la juridiction administrative compétente la nomination d'un expert qui, dans les vingt-quatre heures qui suivent sa nomination, examine les bâtiments, dresse constat de l'état des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin à l'imminence du péril s'il la constate. / Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un péril grave et imminent, le maire ordonne les mesures provisoires nécessaires pour garantir la sécurité, notamment, l'évacuation de l'immeuble. / () / Si les mesures ont à la fois conjuré l'imminence du danger et mis fin durablement au péril, le maire, sur le rapport d'un homme de l'art, prend acte de leur réalisation et de leur date d'achèvement. / Si elles n'ont pas mis fin durablement au péril, le maire poursuit la procédure dans les conditions prévues à l'article L. 511-2 ".
4. La contestation d'un arrêté de péril, pris sur le fondement de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation relève du contentieux de pleine juridiction. Par suite, la légalité d'un tel arrêté s'apprécie à la date à laquelle le juge se prononce.
5. Il résulte de l'instruction que par un arrêté du 18 juin 2021, le maire de Marseille, après avoir pris acte de la réalisation des travaux mettant fin au péril ordinaire constaté dans l'arrêté du 23 octobre 2020, a prononcé la mainlevée de cet arrêté. L'arrêté du 18 juin 2021 ayant mis fin à la procédure de péril ordinaire intervenue en application de l'arrêté du 23 octobre 2020, les conclusions tendant à l'annulation de ce dernier ont perdu leur objet. Par suite, la ville de Marseille est fondée à soutenir qu'il n'y a plus lieu, à la date du présent jugement, de statuer sur ces conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 23 octobre 2020.
En ce qui concerne le courrier du 6 octobre 2021 :
6. La société requérante demande l'annulation du courrier du 6 octobre 2021 par lequel le maire l'a informée qu'elle serait prochainement destinataire d'un avis de sommes à payer d'un montant de 2 759 euros pour les frais de relogement d'un locataire pour la période allant du 1er janvier au 1er février 2021. Or, le courrier attaqué, qui présente ainsi un caractère purement informatif, ne fait pas grief à la société requérante et ne peut, dès lors, faire l'objet d'un recours contentieux. Par suite, les conclusions de la société Tanude tendant à l'annulation du courrier du 6 octobre 2021 doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'ordre de reversement et de décharge :
7. D'une part, il résulte de l'instruction que la créance d'un montant de 46 992 euros au titre du recouvrement des frais engagés par la ville de Marseille au titre du relogement provisoire d'un occupant d'un appartement situé 24, rue de l'église Saint-Michel à Marseille a été mise à la charge de la société Tanude sur le fondement des arrêtés de péril imminent du 13 juin 2019 et de péril ordinaire du 23 octobre 2020. D'autre part, une décision administrative devient définitive à l'expiration du délai de recours contentieux ou, si elle a fait l'objet d'un recours contentieux dans ce délai, à la date à laquelle la décision rejetant ce recours devient irrévocable.
8. Si, par un jugement n° 1905391 du 2 novembre 2021, le tribunal administratif de Marseille a conclu au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de péril imminent du 13 juin 2019, ce jugement pouvait faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans un délai de deux mois à compter de sa notification aux parties. Cet arrêté ne présentait donc pas le caractère d'une décision définitive à la date à laquelle le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cet arrêté a été soulevé dans la présente instance, soit le 4 décembre 2021. Par suite, contrairement à ce que fait valoir la ville de Marseille en défense, la société requérante était à cette date recevable à exciper de l'illégalité des arrêtés de péril, notamment de celui du 13 juin 2019, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de l'avis des sommes à payer du 5 octobre 2021.
9. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 2213-24 du code général des collectivités territoriales : " Le maire prescrit la réparation ou la démolition des murs, bâtiments, édifices ou monuments funéraires menaçant ruine dans les conditions prévues au chapitre Ier du titre Ier du livre V du code de la construction et de l'habitation ". Aux termes de l'article L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation : " La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre et précisées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article L. 511-2 du même code : " La police mentionnée à l'article L. 511-1 a pour objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations suivantes : / 1° Les risques présentés par les murs, bâtiments ou édifices quelconques qui n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants et des tiers () ". Aux termes de l'article L. 511-4 de ce code : " L'autorité compétente pour exercer les pouvoirs de police est : / 1° Le maire dans les cas mentionnés aux 1° à 3° de l'article L. 511-2 () " et aux termes de son article L. 511-9 : " Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. / Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre ". Aux termes de l'article L. 511-10 du même code : " L'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité est pris à l'issue d'une procédure contradictoire avec la personne qui sera tenue d'exécuter les mesures : le propriétaire ou le titulaire de droits réels immobiliers sur l'immeuble, le local ou l'installation, tels qu'ils figurent au fichier immobilier () ", et aux termes de son article L. 511-11 : " L'autorité compétente prescrit, par l'adoption d'un arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité, la réalisation, dans le délai qu'elle fixe, de celles des mesures suivantes nécessitées par les circonstances : 1° La réparation ou toute autre mesure propre à remédier à la situation y compris, le cas échéant, pour préserver la solidité ou la salubrité des bâtiments contigus ; 2° La démolition de tout ou partie de l'immeuble ou de l'installation ; 3° La cessation de la mise à disposition du local ou de l'installation à des fins d'habitation ; 4° L'interdiction d'habiter, d'utiliser, ou d'accéder aux lieux, à titre temporaire ou définitif. / L'arrêté mentionne d'une part que, à l'expiration du délai fixé, en cas de non-exécution des mesures et travaux prescrits, la personne tenue de les exécuter est redevable du paiement d'une astreinte par jour de retard dans les conditions prévues à l'article L. 511-15, et d'autre part que les travaux pourront être exécutés d'office à ses frais. / L'arrêté ne peut prescrire la démolition ou l'interdiction définitive d'habiter que s'il n'existe aucun moyen technique de remédier à l'insalubrité ou à l'insécurité ou lorsque les travaux nécessaires à cette résorption seraient plus coûteux que la reconstruction () ".
10. Les pouvoirs de police générale reconnus au maire par les dispositions précitées des articles L. 2212-2 et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales sont distincts des pouvoirs qui lui sont conférés dans le cadre des procédures de péril ou de péril imminent régies par le chapitre Ier du titre Ier du livre V du code de la construction et de l'habitation auquel renvoie l'article L. 2213-24 du code général des collectivités territoriales, qui doivent être mis en œuvre lorsque le danger provoqué par un immeuble provient à titre prépondérant de causes qui lui sont propres. En présence d'une situation d'extrême urgence créant un péril particulièrement grave et imminent, le maire peut, quelle que soit la cause du danger, faire légalement usage de ses pouvoirs de police générale, et notamment prescrire l'exécution des mesures de sécurité qui sont nécessaires et appropriées, y compris la démolition de l'immeuble.
11. Il résulte de l'instruction que, pour prendre l'arrêté de péril imminent du 13 juin 2019 et l'arrêté de péril ordinaire du 23 octobre 2020, la ville de Marseille a entendu se fonder uniquement sur les pouvoirs de police spéciale que le maire tient du chapitre Ier du titre Ier du livre V du code de la construction et de l'habitation et non sur les pouvoirs de police générale qu'il tient des articles du code général des collectivités territoriales
12. Il résulte en outre de l'instruction qu'un litige devant le juge judiciaire a opposé, à partir de 2018, les propriétaires de l'immeuble situé au 24 rue de l'Eglise Saint Michel et la société qui a édifié l'immeuble voisin, situé au n° 26, quant à l'origine des fissures. Aux termes de l'ordonnance rendue par le juge des référés du tribunal judiciaire de Marseille le 29 décembre 2020, qui s'est fondé sur un pré-rapport d'expert, déposé le 21 septembre 2020 dans le cadre de ce litige, " les fissures situées à la liaison entre le 24 et le 26 de la rue sont consécutives aux travaux " réalisés sur l'immeuble situé au n° 26. En outre, selon les pré-conclusions du 12 novembre 2019 du sapiteur mandaté dans le cadre du rapport d'expertise ordonné par le tribunal de grande instance de Marseille le 14 novembre 2018, les désordres de l'immeuble appartenant à la société Tanude résultent de la construction de l'immeuble voisin situé au n° 26. Alors que le sapiteur observe que les deux blocs d'immeuble situés aux n° 22 et 24 ont basculé ensemble vers le sud en entraînant une fissuration relativement généralisée dans trois logements de l'immeuble appartenant à la société Tanude, il en conclut que ces mouvements d'ensemble sont la conséquence des travaux de réalisation de l'immeuble voisin situé au sud au n° 26. Quant au rapport d'expertise du 12 avril 2019, il conclut d'une part qu'au rez-de-chaussée, dans le hall d'entrée de l'appartement, il existe un risque d'effondrement d'une partie du plancher en voutain qui n'est pas soutenu dans les règles de l'art, et d'autre part, qu'une importante fissure entre la façade et les planchers avec de multiples fissures à chacun des niveaux de l'immeuble dénote une déstructuration localisée du bâti dans l'angle nord-est de l'immeuble avec un risque d'effondrement partiellement localisé. Ce rapport, qui ne se prononce pas sur l'origine des désordres, ne remet pas en cause les constatations effectuées par les hommes de l'art lors de la procédure judiciaire, selon lesquelles le danger provoqué par l'immeuble de la société Tanude ne résulte pas à titre prépondérant de causes qui lui sont propres, mais des travaux d'édification de l'immeuble voisin, qui relèvent d'une cause extérieure. Dès lors, la société Tanude est fondée à soutenir qu'en faisant application de la procédure de péril prévue par les articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation, la ville de Marseille a commis une erreur de droit.
13. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l'avis des sommes à payer du 5 octobre 2021 doit être annulé. Eu égard au motif retenu, l'annulation du titre de recettes du 5 octobre 2021 implique nécessairement la décharge de la somme mise à la charge de la société Tanude.
Sur la demande de sursis de paiement :
14. Le présent jugement se prononce sur le fond de l'affaire. Les conclusions de la requête de la société Tanude tendant au sursis de paiement de l'ordre de reversement contesté se trouvent dès lors, en tout état de cause, privées d'objet.
Sur les frais liés à l'instance :
15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 1 500 euros à verser à la société requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par la société Tanude tendant à l'annulation de l'arrêté de péril ordinaire du 23 octobre 2020.
Article 2 : L'avis des sommes à payer émis par la ville de Marseille le 5 octobre 2021 est annulé.
Article 3 : La société Tanude est déchargée de l'obligation de payer la somme de 46 992 euros.
Article 4 : La ville de Marseille versera à la société Tanude une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Tanude et à la ville de Marseille.
Délibéré après l'audience du 23 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2024.
La rapporteure,
signé
F. Gaspard-Truc
La présidente,
signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°s 2103133,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026