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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2110787

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2110787

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2110787
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP ALCADE & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 3 et le 17 décembre 2021, le 12 juillet 2022 et le 10 juillet 2023, la SA Cabinet C Cofirex, représentée par la SCP Alcade et Associés, agissant par Me Amiel, demande au tribunal :

1°) de prononcer le sursis de paiement des impositions en litige ;

2°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 à 2018, ainsi que des pénalités correspondantes.

Elle soutient que :

- aucun CD-Rom n'a été joint à la proposition de rectification, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;

- la décision de rejet de sa réclamation est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne mentionne pas les créances dont la perte a été admise ;

- la procédure est irrégulière dès lors que l'administration a méconnu le principe du contradictoire ;

- la méthode retenue par l'administration est radicalement viciée dès lors que les encaissements figurant sur les relevés bancaires ne constituent pas des données comptables, que le service a comptabilisé à tort des recettes correspondant à des créances qui ont été enregistrées au cours de l'année antérieure et que le contenu des encaissements bancaires est faussé par la prise en compte des apports en compte courant réalisés par son dirigeant ;

- si l'administration avait appliqué une bonne méthode de calcul, elle lui aurait réclamé un montant de 23 954 euros de taxe sur la valeur ajoutée ;

- c'est à tort que l'administration a remis en cause la déduction du résultat imposable de l'indemnité versée à M. B A dès lors que cette charge a été engagée dans l'intérêt du cabinet et qu'il ne s'agit pas d'un acte anormal de gestion ;

- c'est à tort que le service a remis en cause la perte pour créances irrécouvrables alors qu'elle a essayé, sans succès, de recouvrer ces créances, que le coût de recouvrement de ces créances est souvent plus important que le montant de celles-ci, qu'elles sont détenues sur des sociétés ayant déposé le bilan, ou qu'elles correspondent à des prestations que le client a refusé de payer ;

- c'est à tort que le service a refusé la déduction de charges correspondant à des frais de déplacement de son dirigeant, alors qu'elle possède tous les justificatifs ;

- dès lors que l'administration a remis en cause la déduction d'une provision pour travaux, elle aurait dû symétriquement réduire le résultat imposable de la reprise de la provision ;

- c'est à tort que l'administration a remis en cause un montant de 28 965 euros correspondant à l'A Nouveau créditeur résultant de la différence entre les soldes créditeurs au 1er janvier 2016 et au 31 décembre 2014 puisque d'une part, la société avait déjà fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle le solde créditeur n'avait pas été rectifié et d'autre part, le chef de rectification portant sur la différence entre 2014 et 2016 amènerait à contester les apports en compte courant qui auraient été effectués au cours de l'année 2015, année exclue de la période de contrôle ;

- c'est à tort que l'administration a remis en cause l'inscription en compte courant d'associé, de la somme de 47 051 euros, correspondant, à hauteur de 32 000 euros, à des apports de la SARL Soc Patrimonial Invest, dans laquelle M. C détenait un compte courant d'associé ;

- c'est à tort que le service a remis en cause l'inscription en compte courant d'associé d'un montant de 18 212,94 euros ;

- c'est à tort que le service a remis en cause les apports réalisés par M. C via le compte courant qu'il détenait dans la société AAC d'un montant de 4 472 euros et 6 708 euros ;

- c'est à tort que le service a remis en cause l'inscription en compte courant d'associé de la somme de 2 350 euros, correspondant au paiement de l'assurance de responsabilité du cabinet par M. C ;

- c'est à tort que le service a remis en cause l'inscription en compte courant d'associé de la somme de 10 000 euros, correspondant à des remboursements de dettes effectués par son gérant, qu'elle avait envers l'ARCCO et la caisse de retraite ;

- c'est à tort que le service a remis en cause l'inscription en compte courant d'associé des sommes de 4 500 euros, 7 500 euros, 2 361 euros, 1 800 euros, 2 000 euros et 8 000 euros, correspondant à des chèques remis par son gérant au crédit de son compte courant d'associé ;

- c'est à tort que le service a remis en cause l'inscription en compte courant d'associé de la somme de 3 247,24 euros, correspondant au paiement d'un salaire par la SCI Pont de la Clue 2 dont M. C est associé ;

- c'est à tort que le service a remis en cause l'inscription en compte courant d'associé de la somme de 28 544 euros, correspondant au remboursement d'une dette de l'URSSAF, dont 20 000 euros ont été acquittés par la SCI Le Medicis, dont M. C est associé ;

- elle est fondée à demander l'inscription en compte courant d'associé de la somme de 30 000 euros, correspondant au remboursement d'une dette de la caisse d'assurance vieillesse des experts-comptables et des commissaires aux comptes, acquittée par la SCI Pont de la Clue 2, dont M. C est associé.

Par des mémoires en défense enregistrés le 10 juin et le 8 août 2022, la directrice du contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la SA Cabinet C Cofirex ne sont pas fondés.

L'administration a été invitée, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des éléments ou des pièces en vue de compléter l'instruction.

La directrice du contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer a produit la proposition de rectification du 3 décembre 2019, qui n'a pas été communiquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,

- et les conclusions de M. Secchi, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SA Cabinet C Cofirex, cabinet d'expertise comptable, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration lui a réclamé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018 et l'a assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2016 à 2018. La SA Cabinet C Cofirex doit être regardée comme demandant la décharge des impositions ainsi mises à sa charge, et des pénalités correspondantes.

Sur la demande de sursis de paiement :

2. Le présent jugement se prononce sur le fond de l'affaire. Les conclusions de la requête tendant au sursis de paiement des impositions contestées se trouvent donc privées d'objet.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

En ce qui concerne la régularité de la procédure :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / Sur demande du contribuable reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours. () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du livre des procédures fiscales : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article ". Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées.

4. Il résulte de l'instruction que, s'agissant des rehaussements relatifs à de la taxe sur la valeur ajoutée collectée non reversée, le service a eu à recours à une méthode consistant à rapprocher les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée souscrites et les encaissements bancaires pour mettre en évidence les discordances. Le service indique qu'un CD-Rom contenant l'ensemble des encaissements retenus, correspondant aux règlements de prestations facturées, a été joint à la proposition de rectification en date du 3 décembre 2019. Si la société requérante soutient qu'elle s'est plainte, à plusieurs reprises, de n'avoir jamais reçu le CD-Rom pour contester les montants retenus, elle ne produit aucun élément pour l'établir. Au surplus, à supposer que l'administration n'ait pas joint le CD-Rom à son envoi à la SA Cabinet C Cofirex, cette circonstance n'a pas fait obstacle à ce que celle-ci engage, comme elle l'a fait, utilement une discussion avec l'administration. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la procédure d'imposition est irrégulière au motif que la proposition de rectification en date du 3 décembre 2019 était matériellement incomplète.

5. En deuxième lieu, une insuffisance de motivation d'une décision de rejet d'une réclamation préalable est sans influence sur la régularité et le bien-fondé de l'imposition et ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions en réduction ou en décharge de celle-ci. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision du 1er octobre 2021 doit être écarté comme inopérant.

6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que le service vérificateur s'est rendu à quatre reprises au siège de la société requérante entre le 20 septembre 2019 et le 7 novembre 2019. L'administration a également échangé avec la SA Cabinet C Cofirex, de nombreux courriels. Par suite, cette dernière n'est pas fondée à soutenir que la procédure est irrégulière dès lors que l'administration a méconnu le principe du contradictoire.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

S'agissant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée :

7. En premier lieu, en l'absence de remise en cause du caractère régulier, sincère et probant de la comptabilité, l'administration fiscale ne peut, pour apporter la preuve qui lui incombe de ce que la société n'aurait pas déclaré la taxe sur la valeur ajoutée grevant l'ensemble des recettes encaissées, recourir à une méthode d'évaluation moins précise que les écritures comptabilisées. Il lui est en revanche loisible de procéder à des tests de cohérence des déclarations de taxe sur la valeur ajoutée en les rapprochant d'autres éléments tirés de la comptabilité de la société, tels les soldes des comptes de produits et ceux des comptes des clients, corrigés de leurs variations entre l'ouverture et la clôture de la période considérée.

8. Aucun texte ni aucun principe n'empêchait l'administration d'avoir recours à la méthode décrite au point 3, qui s'appuie sur la comparaison entre les encaissements bancaires et les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée souscrites. Si la société soutient que certaines recettes correspondent à des créances qui ont été enregistrées au cours de l'année antérieure, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration aurait comptabilisé à tort de telles sommes. En tout état de cause, la société requérante n'indique pas le montant que représentent ces sommes que le service aurait, à tort, prises en compte, et ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations. En outre, si la SA Cabinet C Cofirex soutient que le contenu des encaissements bancaires est faussé par la prise en compte des apports en compte courant réalisés par le dirigeant, l'administration indique sans être contredite qu'elle s'est fondée sur les encaissements bancaires " correspondant uniquement au règlement des prestations facturées ". Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la méthode retenue par l'administration est radicalement viciée.

9. En second lieu, la société conteste la méthode de calcul retenue par le vérificateur, soutenant que le montant des encaissements devait être calculé ainsi : " clients à l'ouverture + CA ttc - pertes sur clients - clients à la clôture ", de manière à arriver à un montant rectifié de 23 954 euros. Toutefois, d'une part, ainsi qu'il l'a été dit au point précédent, l'administration pouvait se fonder sur les encaissements bancaires effectifs pour fonder les rectifications de taxe sur la valeur ajoutée. D'autre part, la société requérante n'indique pas ce qu'elle entend par " clients à l'ouverture " et " clients à la clôture ", sur quelles données elle s'appuie et à quelle année elle fait référence. Par suite, son moyen n'est pas assorti de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.

S'agissant des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés :

10. En premier lieu, si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du même code que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite à l'administration, si elle s'y croit fondée, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.

11. Il résulte de l'instruction que l'administration a remis en cause la déduction du résultat imposable de l'indemnité versée à M. B A au motif que cette dépense n'avait pas été engagée dans l'intérêt de la société. Le service s'est notamment fondé sur les circonstances que, d'une part, l'accord transactionnel signé par MM. A et C indique que la SA Cabinet C Cofirex n'est pas la seule société à être débitrice de cette indemnité puisque la société Infovar SARL est une des parties citées, d'autre part, l'indemnité serait légitimée par la cessation du contrat de travail liant M. A avec les deux autres parties alors que celui-ci n'était salarié que de la seule société Infovar, seule société concernée en tant qu'employeuse par un litige de cessation des relations de travail. En réponse, si la société requérante oppose que le versement à M. A d'une indemnité constituait une condition essentielle de la cession de clientèle de La Londe à la Société Art Expertise Comptable et visait à prévenir un litige auquel la SA Cabinet C Cofirex aurait été exposée sans le versement de cette indemnité, elle ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations. La seule mention, dans l'accord transactionnel, selon lequel M. A " renonce à faire valoir tous moyens de droit et renonce à toute instance ou action présente ou à venir, devant quelque juridiction que ce soit, à l'encontre des sociétés INFOVAR SARL / CABINET C COFIREX " ne saurait constituer la preuve d'une contrepartie effective et suffisante justifiant la déduction de l'indemnité versée à M. B A, du résultat imposable, alors que la requérante n'apporte aucune précision quant à la nature du différend qui l'opposait à M. A. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a remis en cause la déduction du résultat imposable de cette indemnité.

12. En deuxième lieu, en vertu du 2 de l'article 38 du code général des impôts : " Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés ". Aux termes du 1 de l'article 39 du même code : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature ". Il résulte des dispositions combinées de ces deux articles, applicables à l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code, que le bénéfice net est établi sous déduction des charges, comprenant notamment les pertes sur les créances devenues définitivement irrécouvrables à la clôture d'un exercice postérieur à celui de leur naissance. La déductibilité, au titre d'un exercice, d'une perte résultant d'une créance n'est possible que si celle-ci présente un caractère certain et définitif à la clôture de cet exercice. Le caractère irrécouvrable d'une créance est subordonné à la preuve, qu'il incombe au contribuable de rapporter, d'une part, de l'accomplissement de diligences et de démarches conduites en vue de leur recouvrement et demeurées infructueuses et, d'autre part, de l'insolvabilité des débiteurs.

13. La seule production par la requérante, pour des créances différentes, d'un courrier d'un conseil de la SA Cabinet C Cofirex lui demandant des pièces en vue du recouvrement, d'un courrier de désignation d'un administrateur provisoire, d'un courrier demandant à la débitrice de payer ou encore d'un rappel avant taxation de frais d'huissier, ne suffit pas à établir l'irrécouvrabilité des créances inscrites en perte. Ainsi, dès lors que, pour aucune des créances dont la perte a été déduite du résultat imposable, la société requérante ne produit d'éléments suffisants établissant à la fois l'accomplissement de diligences et de démarches conduites en vue de leur recouvrement et demeurées infructueuses, et l'insolvabilité des débiteurs, elle n'est pas fondée à soutenir que l'administration fiscale ne pouvait pas légalement lui refuser la déductibilité de ces créances. En outre, la circonstance que le coût de recouvrement est élevé au regard du faible montant des créances en litige est sans incidence sur le bien-fondé de la rectification.

14. En troisième lieu, la SA Cabinet C Cofirex ne produisant aucune pièce justifiant de la réalité et du montant des frais de déplacement de son dirigeant, elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le service a refusé la déduction de telles charges.

15. En quatrième lieu, aux termes du 1. De l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : () / 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice ".

16. Il résulte des dispositions du 5° du 1 de l'article 39 du code général des impôts qu'une provision ne saurait être déduite du résultat de l'exercice si elle n'a pas été effectivement constatée dans les écritures comptables à la clôture de l'exercice. Le défaut de constitution d'une provision n'est ainsi pas susceptible de faire l'objet d'une correction demandée par voie de réclamation ou, après l'expiration du délai de réclamation, par voie de compensation à l'occasion d'un rehaussement.

17. La société requérante soutient que, dès lors que l'administration a remis en cause la déduction d'une provision pour travaux, elle aurait dû symétriquement réduire le résultat imposable de la reprise de la provision. Toutefois, elle n'indique pas au cours de quel exercice une telle reprise a été effectuée. A supposer que la provision constituée par la SA Cabinet C Cofirex ait été reprise au cours des exercices 2017 ou 2018, elle ne figurait plus au bilan de clôture de ces exercices. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'administration aurait dû réduire le résultat imposable de la reprise de la provision.

18. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que l'administration a remis en cause un montant de 28 965 euros correspondant à l'A Nouveau créditeur résultant de la différence entre les soldes créditeurs au 1er janvier 2016 et au 31 décembre 2014 du compte courant d'associé de M. C. D'une part, si la société requérante invoque le fait qu'elle avait déjà fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle le solde créditeur n'avait pas été rectifié, l'administration n'a pas remis en cause le montant du solde créditeur du compte courant d'associé de M. C au 31 décembre 2014, mais a justement soumis à l'impôt sur les sociétés la seule différence entre ce solde au 1er janvier 2016 et au 31 décembre 2014, en l'absence de justificatif expliquant sa variation. D'autre part, aucun texte ni aucun principe n'empêchait le service de tenir compte, pour rectifier le résultat imposable au titre de l'année 2016, des apports injustifiés effectués au cours de l'exercice clos en 2015, alors même que l'année 2015 était exclue de la période de vérification, dès lors que ces montants constituaient l'A Nouveau créditeur non justifié du compte courant du dirigeant au 1er janvier 2016, année inclue dans la période de vérification. Par suite, la SA Cabinet C Cofirex n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a remis en cause un montant de 28 965 euros correspondant à l'A Nouveau créditeur du compte courant du dirigeant.

19. En sixième lieu, si la société requérante soutient que c'est à tort que l'administration a remis en cause l'inscription en compte courant d'associé de la somme de 47 051 euros, correspondant, à hauteur de 32 000 euros, à des apports de la SARL Soc Patrimonial Invest, elle ne produit aucun élément de nature à établir que M. C détenait un compte courant d'associé dans cette dernière société. Par suite, le moyen doit être écarté.

20. En septième lieu, en se bornant à soutenir que certains montants inscrits au crédit d'un compte courant d'associé, relevés par le service, ne correspondent pas à ceux figurant dans son grand livre général, la SA Cabinet C Cofirex, qui ne produit aucun élément de nature à établir la réalité et le montant de ces apports en compte courant, n'établit pas que c'est à tort que le service a remis en cause l'inscription d'un montant total de 18 212,94 euros.

21. En huitième lieu, il résulte de l'instruction que la somme de 4 472 euros figurant dans le grand livre général de la société requérante n'est pas libellée au nom de M. C. S'agissant de la somme de 6 708 euros, si elle figure bien dans le grand livre général sous le libellé " CC - C Gérard ", cette seule pièce ne suffit pas à établir que le montant correspond bien à un apport en compte courant d'associé du gérant de la SA Cabinet C Cofirex, alors que celle-ci ne produit aucune preuve de versement effectif et n'indique pas à quoi correspond cette somme. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le service a remis en cause les apports réalisés par M. C via le compte courant qu'il détenait dans la société AAC pour des montants de 4 472 euros et 6 708 euros.

22. En neuvième lieu, en se bornant à produire une facture, au nom de M. C et non pas au nom de la SA Cabinet C Cofirex, de frais d'assurance de responsabilité du cabinet d'un montant de 2 350 euros, sans aucune preuve de paiement effectif par le gérant, la société requérante n'établit pas que cette somme a bien été avancée par M. C pour la société. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le service a remis en cause l'inscription au compte courant d'associé du gérant, de la somme de 2 350 euros.

23. En dixième lieu, en se bornant à produire trois chèques datés de 2018 et 2019, pour un montant total de 6 500 euros, et deux avis de poursuites datés de 2017 et 2018 pour des montants de 11 880,33 euros, la société requérante n'établit pas que l'inscription en compte courant d'associé de la somme de 10 000 euros, correspond à des remboursements de dettes effectués par son gérant, qu'elle avait envers l'ARCCO et la caisse de retraite.

24. En onzième lieu, si la SA Cabinet C Cofirex soutient que c'est à tort que le service a remis en cause l'inscription en compte courant d'associé des sommes de 4 500 euros, 7 500 euros, 2 361 euros, 1 800 euros, 2 000 euros et 8 000 euros, correspondant à des chèques remis par son gérant au crédit de son compte courant d'associé, elle ne produit que deux chèques à l'appui de ses allégations, de 4 500 et 2 000 euros, qui n'ont pas été émis par M. C mais par des personnes morales. Par suite, en l'absence de toute preuve produite par la société requérante, le moyen doit être écarté.

25. En douzième lieu, en se bornant à produire un chèque de 3 247,24 euros de la SCI Pont de la Clue 2, la société requérante n'établit pas que ce versement correspond au paiement d'un salaire au bénéfice de la SA Cabinet C Cofirex par la SCI Pont de la Clue 2. Par suite, la SA Cabinet C Cofirex n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le service a remis en cause l'inscription en compte courant d'associé de la somme de 3 247,24 euros.

26. En treizième lieu, si la société requérante soutient que la somme de 20 000 euros inscrite en compte courant d'associé, correspond au remboursement d'une dette de l'URSSAF acquittée par la SCI Le Medicis, dont M. C est associé, elle ne produit, pour l'établir, qu'un courrier du 29 novembre 2018 de l'URSSAF déterminant cet échéancier et un tableau manuscrit censé récapituler les sommes versées, qui ne mentionne aucun apport de 20 000 euros. Quant aux quatre chèques produits par la SA Cabinet C Cofirex, ils ont été réglés par la SCI Pont de la Clue 2 et non pas par la SCI Le Medicis. De plus, l'un des chèques produits a été signé en 2019 alors que l'inscription en compte courant d'associé contestée concerne l'année 2018. Enfin, ainsi que l'indique l'administration, ces montants ne figurent pas dans les écritures de comptes courant. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le service a remis en cause l'inscription en compte courant d'associé de la somme de 28 544 euros.

27. En quatorzième et dernier lieu, en se bornant à produire un tableau récapitulatif de cotisations, qui ne comporte pas la mention de la caisse d'assurance vieillesse des experts-comptables et des commissaires aux comptes et qui indique un solde à payer de 37 413,20 euros, ainsi qu'un chèque de 30 000 euros de la SCI Pont de la Clue 2, la société requérante n'établit pas que cette somme correspond au remboursement d'une dette de caisse d'assurance vieillesse des experts-comptables et des commissaires aux comptes, acquittée par la SCI Pont de la Clue 2. Par suite, elle n'est pas fondée à contester le refus d'inscription en compte courant d'associé de la somme de 30 000 euros.

28. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SA Cabinet C Cofirex doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de se prononcer sur les conclusions aux fins de sursis de paiement.

Article 2 : La requête de la SA Cabinet C Cofirex est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SA Cabinet C Cofirex et à la directrice du contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.

Délibéré après l'audience du 19 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Brossier, président,

Mme Charpy, première conseillère,

Mme Pouliquen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.

La rapporteure,

Signé

G. Pouliquen

Le président,

Signé

J.B. BrossierLa greffière,

Signé

D. Dan

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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