vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2110830 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | THELYS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 décembre 2021, la SCI Bruxelles 23, représentée par Me Bastianelli, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge et la restitution de la cotisation primitive de taxe d'enlèvement des ordures ménagères à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est en droit de bénéficier de l'exonération prévue au II de l'article 1521 du code général des impôts dès lors que ses locaux constituent une usine au sens de ces dispositions ;
- elle est fondée à invoquer l'instruction référencée BOI-IF-AUT-90.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SCI Bruxelles 23 ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,
- les conclusions de M. Secchi, rapporteur public,
- et les observations de Me Bastianelli, pour la société requérante.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Bruxelles 23 a été assujettie à une cotisation primitive de taxe d'enlèvement des ordures ménagères au titre de l'année 2020 à raison d'un local situé au 25 avenue de Bruxelles, à Vitrolles. Par une réclamation du 30 avril 2021, elle a demandé à être déchargée de cette imposition, estimant qu'elle pouvait bénéficier de l'exonération prévue au II de l'article 1521 du code général des impôts. Sa réclamation ayant été implicitement rejetée, elle demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation primitive de taxe d'enlèvement des ordures ménagères à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020.
Sur le terrain de la loi fiscale :
2. Aux termes du II de l'article 1521 du code général des impôts, les usines sont exonérées de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Doivent être regardées comme usines, au sens de cette disposition, tous les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d'une autre activité, est prépondérant.
3. Il résulte de l'instruction que la SCI Bruxelles 23 loue son local à la société Thyssenkrupp Materials France. L'article 7 du bail conclu entre les deux sociétés le 13 décembre 2012, qui n'a pas été modifié dans l'avenant du 1er janvier 2017, stipule que " le preneur déclare qu'il utilisera l'ensemble des locaux, objet du présent bail, à usage de négoce de produits métallurgiques et industriels ". De plus, l'activité principale déclarée par la société Thyssenkrupp Materials France est le " commerce de gros (commerce interentreprises) de minerais et métaux ". Si la SCI Bruxelles 23 indique que sa locataire possède " neuf machines présentes sur site qui permettent de réaliser les opérations de découpes de matière ", elle ne précise pas quelle proportion de son activité représente ces opérations de découpe. Par suite, au regard de l'ensemble de ces circonstances, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les locaux qu'elle loue à la société Thyssenkrupp Materials France constituent une usine au sens du II de l'article 1521 du code général des impôts.
Sur l'interprétation de la loi fiscale :
4. Si la requérante invoque le paragraphe 130 de l'instruction référencée BOI-IF-AUT-90-10, dans sa version en vigueur du 12 septembre 2012 au 27 mai 2014, celle-ci n'était plus en vigueur à la date du fait générateur de l'imposition. Par suite, la SCI Bruxelles 23 n'est pas fondée à invoquer ce paragraphe.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SCI Bruxelles 23 doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Bruxelles 23 est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Bruxelles 23 et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, première conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
G. Pouliquen
Le président,
Signé
J.B. BrossierLa greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026