vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2110833 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SEMERIVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 décembre 2021, Mme A B, représentée par Me Semeriva, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 mars 2021, par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 5 981, 66 euros constitué sur la période d'avril 2019 à octobre 2020 ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a confirmé l'indu de revenu de solidarité active de 5 981, 66 euros mis à sa charge, constitué sur la période d'avril 2019 à octobre 2020 ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône ou au conseil départemental des Bouches-du-Rhône de lui rembourser les sommes prélevées sur ces prestations ;
4°) de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'illégalité, dès lors que la procédure de contrôle de la caisse d'allocations familiales est entachée d'une absence de contradictoire dans la mesure où elle n'a pas été mesure de se défendre et la décision du 24 mars 2021 a été prise sans qu'elle puisse présenter des observations écrites ou orales ;
- la somme de 5 981, 66 euros réclamée par la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône correspond à des périodes où elle se trouvait en France, de sorte que l'administration ne pouvait légalement récupérer un prétendu indu du 1er avril 2019 au 31 octobre 2020.
Le département des Bouches-du-Rhône a produit l'entier dossier de l'allocataire le
1er juin 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2024, le département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. Fédi, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapporteur de M. Fedi, vice-président et les observations de Mme. PICQ Noeillie conseillère juridique pour le département des Bouches-du-Rhône.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été bénéficiaire du revenu de solidarité active dans le département des Bouches-du-Rhône. A la suite d'un contrôle, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge, par une décision du 24 mars 2021, un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 5 981, 66 euros constitué sur la période d'avril 2019 à octobre 2020. Mme B demande l'annulation de cette décision et de la décision implicite de rejet prise par le département des Bouches-du-Rhône.
Sur l'étendue du litige :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () " L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité.
3. Mme B a formé un recours administratif préalable obligatoire auprès de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône par un courrier du 23 avril 2021. Suite au silence gardé par l'administration, une décision implicite de rejet est née, laquelle s'est substituée à la décision initiale du 24 mars 2021. Les conclusions de la requête doivent donc être regardées comme étant dirigées contre la décision implicite de rejet, qui est seule susceptible de faire l'objet d'une contestation devant le juge administratif.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne la régularité de l'indu :
4. Mme B soutient que la procédure de contrôle dont elle a fait l'objet ne respecte pas le principe du contradictoire dès lors qu'elle n'a pas été en mesure de se défendre et que la décision initiale du 24 mars 2021 a été prise sans qu'elle ait pu présenter des observations orales ou écrites. Toutefois, alors qu'il résulte du rapport d'enquête que Mme B était présente lors du contrôle du 14 décembre 2020, les conclusions de la requête étant dirigées contre la décision implicite de rejet née du silence de l'administration, la requérante ne peut utilement se prévaloir de ce qu'elle n'a pas été en mesure de présenter ses observations orales avant la décision initiale du 24 mars 2021. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu :
5. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
6. Aux termes de l'article L 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. "
7. Il résulte de ces dispositions que pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elles mentionnent et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête du 14 décembre 2020, que l'indu a pour origine la circonstance que Mme B ne résidait pas sur le territoire français pour une période allant du 1er avril 2019 au 31 octobre 2020. Si Mme B soutient, quant à elle, qu'elle réside en France de manière permanente et que son séjour en Algérie du 17 avril 2019 au 18 juin 2019 a duré moins de trois mois et que toute sa famille réside en France, elle n'apporte toutefois aucune pièce allant au soutien de ses allégations. En outre, si la requérante précise qu'elle a dû rejoindre, en novembre 2019, son conjoint en Algérie afin qu'il puisse rencontrer son deuxième enfant né en France, et alors même qu'elle n'apporte aucune justification de son absence du territoire français au cours de la période en litige, Mme B ne peut être regardée comme remplissant la condition de résidence permanente et effective en France. Par suite, le moyen, tiré de ce que l'indu en litige serait infondé dès lors qu'elle remplissait la condition de résidence permanente et effective en France, doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite, par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a confirmé la mise à sa charge d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 5 981, 66 euros constitué sur la période allant du 1er avril 2019 au 31 octobre 2020. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées. En conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge du département des Bouches-du-Rhône, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
G. FédiLa greffière,
Signé
S. Lakdhari
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026