jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2110904 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP PLANTARD ROCHAS VIRY & ROUSTAN BERIDOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 décembre 2021, la société civile immobilière (SCI) de Saint-Joseph Le Haut, représentée par Me Plantard, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de condamner la société Enedis à lui verser une indemnité de 8 200 euros en réparation des préjudices visuel, d'ensoleillement et de perte de valeur locative qu'elle estime avoir subis en raison de l'implantation d'un transformateur électrique sur une parcelle cadastrée section AI n° 341, jouxtant la parcelle section AI n° 343 lui appartenant, située sur le territoire de la commune des Pennes-Mirabeau ;
2°) d'enjoindre à la société Enedis d'enlever le transformateur électrique dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la société Enedis la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- dès lors que le transformateur électrique en litige est un ouvrage public affecté à l'exécution du service public de distribution d'électricité, la société Enedis est responsable sans faute du fait des nuisances qu'elle subit sur sa propriété, qui excèdent les sujétions normales de voisinage ;
- ses préjudices visuel et d'ensoleillement doivent être réparés par l'allocation d'indemnités de 2 000 et de 3 000 euros ;
- la perte de valeur locative correspondant à la période d'avril 2019 à décembre 2021 doit être réparée par le versement d'une indemnité de 3 200 euros, somme à parfaire et la perte de valeur vénale de son bien par celui d'une indemnité de 20 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 septembre 2023, la société Enedis, représentée par Me Büsch, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 8 000 euros soit mise à la charge de la SCI de Saint-Joseph le Haut au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la réalité des préjudices allégués, qui ne sont en tout état de cause pas anormaux, n'est pas démontrée ;
- au demeurant, la requérante a accepté la localisation du transformateur électrique, elle n'est donc pas fondée à s'en plaindre aujourd'hui ;
- ce transformateur dessert une trentaine de logements et son déplacement de l'autre côté de la voie engendrerait un coût très important, qui a été chiffré en 2020 à la somme de 62 354,40 euros TTC, montant à réévaluer compte tenu de l'inflation d'au moins 20%.
La clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2023.
Vu :
- l'ordonnance n° 2003868 du 23 septembre 2020 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a désigné comme expert M. A ;
- l'ordonnance de taxation n° 2003868 du 5 mars 2021 par laquelle la vice-présidente du tribunal administratif de Marseille a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise à la somme de 2 978,74 euros ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ollivaux,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- et les observations de Me Pusch pour Enedis.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) Saint-Joseph Le Haut a vendu le 15 septembre 2017 des terrains nus à un promoteur immobilier, la société coopérative d'intérêt collectif Gambetta Provence Alpes Côte d'Azur, en vue de la réalisation d'un projet immobilier comportant des logements collectifs, des garages et des emplacements de parking. Aux termes de l'acte de vente, la SCI Saint Joseph le Haut a conservé la propriété d'un immeuble situé rue de la Tuilerie aux Pennes-Mirabeau (13170), sur une parcelle cadastrée section AI n° 343, jouxtant la parcelle cadastrée section AI n° 341 où est implanté le transformateur électrique, en novembre 2018, au droit de l'immeuble d'habitation dont la SCI requérante est propriétaire. Après avoir formé une demande préalable d'indemnisation auprès d'Enedis le 8 octobre 2021, expressément rejetée par cette dernière le 3 décembre 2021, la société Saint-Joseph Le Haut demande au tribunal de condamner Enedis à lui verser la somme de 36 400 euros en réparation des préjudices subis en raison de la présence du transformateur électrique et d'enjoindre à Enedis de le déplacer.
Sur les conclusions aux fins d'indemnités et d'injonction :
2. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers sont tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent, sauf si le dommage présente un caractère accidentel.
3. La société civile immobilière Saint-Joseph Le Haut a la qualité de tiers par rapport à l'ouvrage public en litige, et met en cause la responsabilité du maître d'ouvrage à raison de l'existence même de ce dernier. A supposer que soit tenue pour établie la réalité du dommage, il lui appartient de démontrer le caractère grave et spécial des préjudices qu'elle allègue.
4. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise déposé le 19 février 2021, que le plan d'aménagement annexé à l'acte de vente du 15 septembre 2017 prévoyait, contrairement à ce que la requérante soutient, le transformateur en litige sur les lieux où il a été implanté. Il résulte également de ce rapport que cet ouvrage d'une hauteur de 2,70 mètres est situé à une distance de 2,85 mètres de la façade de l'immeuble dont la SCI est propriétaire. L'expert relève par ailleurs que seul l'appartement situé au premier étage de l'immeuble, qui en comporte trois, est concerné par le dommage allégué. En outre, il précise que la perte de luminosité dans ce logement est à nuancer en raison de l'exposition nord de la façade et de la présence d'un auvent en éverites opaques formant déjà un brise lumières. De plus, n'est visible que le sommet du transformateur depuis la fenêtre de cet appartement. Par ailleurs, le " bâtiment du transformateur est suffisamment éloigné pour ne pas empêcher la lumière de pénétrer dans la chambre et la salle de bain du premier étage ". Enfin, l'expert constate la difficulté de conclure à une dénaturation du paysage alors que le transformateur est situé dans un environnement déjà urbanisé et aménagé, et que la gêne visuelle est minime pour écarter le désordre visuel. Dans ces conditions, les préjudices allégués résultant de l'implantation de l'ouvrage en litige qui ne peuvent être regardés comme excédant les inconvénients que les riverains d'un ouvrage public doivent supporter sans indemnité, ne présentent pas de caractère grave. La responsabilité d'Enedis à ce titre, à l'égard de la SCI Saint-Joseph Le Haut, ne peut dès lors pas être recherchée.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les dépens :
6. Les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 23 septembre 2020 et confiée à M. B A, taxés à la somme de 2 978,74 euros par ordonnance n°2003868 du 5 mars 2021, sont mis à la charge définitive de la SCI Saint-Joseph Le Haut.
Sur les frais de l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requérante tendant à leur application et dirigées contre la société Enedis, qui n'est pas partie perdante. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI Saint-Joseph le Haut la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Enedis et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Saint-Joseph le Haut est rejetée.
Article 2 : La SCI Saint-Joseph le Haut versera à la société Enedis une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 2 978,74 (deux mille neuf cent soixante-dix-huit et soixante-quatorze centimes) euros, sont définitivement mis à la charge de la SCI Saint-Joseph le Haut.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Saint-Joseph le Haut et à la société Enedis.
Copie en sera adressée à M. A, expert.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistées de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
La rapporteure,
signé
J. Ollivaux
La présidente,
signé
M. Lopa DufrénotLe greffier,
signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026