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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2110906

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2110906

mercredi 10 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2110906
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6e Ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantREYNAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2021, Mme A B, représentée par Me Reynaud, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2011 et 2012, puis des années 2014 à 2020, à raison de l'appartement sis 45 rue d'Aubagne, à Marseille (13001), pour un montant total de 15 462 euros ;

2°) d'enjoindre à l'administration fiscale de lui restituer cette somme ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle occupe seule un appartement dont l'agencement rend impossible son utilisation distincte par plusieurs occupants différents ;

- la valeur locative du lot numéro 15 n'aurait pas dû être intégrée dans le calcul de son imposition, dès lors qu'il constitue une cour " commune aux deux propriétaires indivis " ;

- l'administration fiscale a commis une erreur dans le calcul de ses impositions dans la mesure où elle a, à tort, additionné les valeurs locatives de chaque lot de l'ensemble immobilier ; l'administration fiscale aurait dû calculer le montant de ses impositions à partir de la seule valeur locative de l'appartement dans son ensemble.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête, en soutenant que :

- la requête est partiellement irrecevable, s'agissant des demandes de décharges pour les années allant de 2016 à 2020 incluse, dès lors que la requérante ne justifie pas avoir porté réclamation préalable auprès de l'administration fiscale au titre de ces années ;

- au surplus, aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Brossier, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à cet article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions sur cette affaire, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Brossier.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B est propriétaire d'un appartement sis 45 rue d'Aubagne à Marseille (13001) acquis le 30 septembre 1998. Par une réclamation préalable du 22 février 2020 portée devant l'administration fiscale, la requérante conteste l'imposition qui a été mise à sa charge au titre des cotisations de taxe d'habitation des années 2011 et 2012 puis des années 2014 à 2020, à raison de cet appartement. En l'absence de décision expresse de l'administration fiscale, une décision implicite de rejet est née, que la requérante conteste en demandant au tribunal de prononcer la décharge desdites cotisations de taxe d'habitation sur l'ensemble de la période en cause, pour un montant total de 15 462 euros, et d'enjoindre à l'administration fiscale de lui restituer cette somme.

2. Aux termes de l'article 1494 du code général des impôts : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ". Aux termes de l'article 1495 du même code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation ". Enfin, aux termes de l'article 324 A de l'annexe III du même code : " Pour l'application de l'article 1494 du code général des impôts on entend : / 1° Par propriété normalement destinée à une utilisation distincte : / a. En ce qui concerne les biens autres que les établissements industriels l'ensemble des sols terrains et bâtiments qui font partie du même groupement topographique et sont normalement destinés à être utilisés par un même occupant en raison de leur agencement ; / b. En ce qui concerne les établissements industriels l'ensemble des sols terrains bâtiments et installations qui concourent à une même exploitation et font partie du même groupement topographique. / 2° Par fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte lorsqu'ils sont situés dans un immeuble collectif ou un ensemble immobilier : / a. Le local normalement destiné à raison de son agencement à être utilisé par un même occupant ; / b. L'établissement industriel dont les éléments concourent à une même exploitation. / Est également considéré comme une fraction de propriété l'ensemble des sols terrains bâtiments et parties de bâtiment réservés à l'usage commun des occupants. / L'immeuble collectif s'entend de toute propriété bâtie normalement aménagée pour recevoir au moins deux occupants ".

3. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un contribuable occupe une habitation composée de plusieurs pièces aménageables reliées entre elles, correspondant à plusieurs lots d'un ensemble immobilier, il convient de procéder à l'évaluation de la valeur locative de chacune des pièces dès lors que l'agencement des locaux n'a pas fait l'objet de modifications rendant impossible leur utilisation distincte par des occupants différents.

4. En premier lieu, Mme B soutient que l'administration fiscale aurait commis une erreur dans le calcul de sa taxe d'habitation dans la mesure où elle aurait dû se baser sur la valeur locative globale de son appartement, sans procéder à l'addition des valeurs locatives de chaque pièce.

5. Il résulte de l'instruction que Mme B est propriétaire d'un appartement, acquis en 1998 par acte de propriété du 30 septembre 1998 avec division en sept lots différents numérotés 10, 11, 12, 13, 14, 15 et 31, dont les six premiers sont classifiés en " pièces " et le dernier en " cave + escalier ", ainsi que l'indique l'état descriptif de division du 29 octobre 2015. Il résulte également de l'instruction que la requérante, qui fait valoir qu'elle occupe seule un bien ne pouvant faire l'objet d'une utilisation distincte par des occupants différents, verse au dossiers des éléments insuffisamment probants, tels que le règlement de copropriété et un constat d'huissier dressé le 17 novembre 2021 incluant clichés photographiques, qui ne permettent pas de démontrer que l'agencement des locaux rend impossible leur utilisation distincte par des occupants différents.

6. En second lieu, si la requérante soutient que la pièce afférente au lot numéro 15 constitue une " cour commune aux deux propriétaires indivis " et qu'à ce titre sa valeur locative devait être exclue du calcul du montant de sa taxe d'habitation, elle ne le démontre pas sérieusement dès lors qu'il résulte de l'instruction que cette pièce constitue une dépendance de l'habitation et, ainsi que l'indique l'administration fiscale, que le lot est classé comme " pièce " dans l'état descriptif de division du 29 octobre 2015.

7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme B n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations de taxes d'habitation auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2011 et 2012, puis des années 2014 à 2020. Ses conclusions subséquentes aux fins d'injonction et de remboursement de ses frais de procédure doivent, par suite, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

J.B. Brossier

La greffière,

Signé

C. Croce

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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