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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2111171

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2111171

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2111171
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSELARL CABANES NEVEU ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 22 décembre 2021, 13 juillet 2023 et 17 novembre 2023, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Cabanes, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de condamner solidairement l'Atelier A. Khelif, le BET Sarlec, la société Travaux du midi Provence, la société Isolbat et le bureau Veritas à lui verser la somme de 980 087 euros TTC, assortie des intérêts et de leur capitalisation ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner, à hauteur de leur responsabilité respective, l'Atelier A. Khelif, la société Travaux du midi Provence, le BET Sarlec, la société Isolbat et le bureau Veritas à lui verser la somme de 980 087 euros TTC, assortie des intérêts et de leur capitalisation ;

3°) de mettre à la charge de ces sociétés les frais d'expertise ;

4°) de mettre à la charge solidaire de ces sociétés une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, les désordres affectant l'enceinte de la piscine, qui rendent l'ouvrage impropre à sa destination, sont de nature à permettre l'engagement de garantie décennale des constructeurs ;

- les vices de conception sont imputables à l'Atelier A. Khelif ;

- les vices d'exécution sont imputables à l'Atelier A. Khelif, à la société Travaux du midi et à la société Isolbalt ;

- l'Atelier A. Khelif et le Bureau Veritas sont responsables d'un défaut de contrôle des travaux ;

- la responsabilité quasi-délictuelle de la société Isolbat est engagée en qualité de sous-traitant ;

- à titre subsidiaire, la responsabilité contractuelle de l'Atelier A. Khelif, ainsi que celle du BET Sarlec et du bureau Veritas est engagée pour défaut de conseil ;

- elle doit être indemnisée du coût des travaux de reprises des désordres en litige, soit 980 087 euros TTC ;

- les défendeurs doivent être condamnés solidairement à réparer son préjudice ;

- les dépens doivent être mis à leur charge.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2023, la société Isolbat conclut :

1°) à titre principal, au rejet des conclusions présentées à son encontre ou, à titre subsidiaire, à ce que les sommes demandées soient réduites à de plus justes proportions ;

2°) à ce que soit mise à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la métropole n'est pas fondée à rechercher l'engagement de la responsabilité décennale à son encontre dès lors qu'elle intervenait en qualité de sous-traitante ;

- la solidité du complexe aquatique n'est pas compromise et les désordres en cause ne le rendent pas impropre à sa destination ;

- les désordres en cause ne lui sont pas imputables dès lors que le lien de causalité avec l'absence de jointage n'est pas démontré ;

- l'installation d'un dispositif cathodique pour 400 000 euros HT au titre des travaux de reprise n'est pas justifiée ;

- le remplacement des châssis vitrés pour un montant de 55 000 euros HT n'est pas justifié ;

- la pose d'une bavette sur la tête de mur formant une goutte d'eau, pour un montant de 4 030 euros HT, consiste en une amélioration de l'ouvrage et ne saurait donc être indemnisée ;

- le poste de ravalement de façade pour un montant total de 23 305 € HT fait double emploi avec le revêtement d'imperméabilisation de façade proposée par la société Freyssinet pour 75 000 € HT ;

- les frais de 8% au titre de la maîtrise d'œuvre et de 10% au titre des aléas de réalisation des travaux ne sont pas justifiés ou, à tout le moins, surévalués et ne peuvent être appliqués que sur des montants hors taxes soit sur la somme de 135 913,50 euros HT.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2023, la société Travaux du midi Provence conclut :

1°) à titre principal, au rejet des conclusions présentées à son encontre ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que les sociétés Atelier A. Khelif, Isolbat, BET Sarlec et le bureau Veritas la relèvent et la garantissent des condamnations prononcées à son encontre ;

3°) à ce que soit mise à la charge de toute partie perdante une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les désordres étaient apparents au moment de la réception des travaux, sa responsabilité décennale ne peut donc être engagée ;

- elle n'était pas en charge de la réalisation de la jonction entre le mur de refend et le bac acier du plafond acoustique ;

- la reprise des joints de dilatation n'est pas justifiée ;

- la mise en œuvre de portes coupe-feu assortie d'un système de fermeture automatique constitue une plus-value devant restée à la charge de la métropole ;

- l'installation d'un dispositif cathodique pour un montant de 400 000 euros n'est pas justifié et constitue une plus-value apportée à l'ouvrage ;

- le remplacement des châssis vitrés pour un montant de 55 000 euros HT n'est pas justifié ;

- la pose d'une bavette sur la tête de mur formant une goutte d'eau, pour un montant de 4 030 euros HT, consiste en une amélioration de l'ouvrage et ne saurait donc être indemnisée ;

- le poste correspondant au ravalement de façade pour un montant total de 23 305 euros HT fait double emploi avec le revêtement d'imperméabilisation de façade proposée par la société Freyssinet pour 75 000 euros HT ;

- les frais de 8%, au titre de la maîtrise d'œuvre et de 10% au titre des aléas de réalisation des travaux ne sont pas justifiés ;

- les sociétés Atelier A. Khelif, Isolbat, BET Sarlec et Bureau Veritas doivent la garantir des condamnations prononcées à son encontre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, la société bureau Veritas construction, venant aux droits de la société bureau Veritas conclut :

1°) à titre principal, au rejet des conclusions présentées à son encontre ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que les sociétés Atelier A. Khelif, Isolbat, BET Sarlec et Travaux du midi la relèvent et la garantissent à hauteur de 98% des condamnations prononcées à son encontre de sorte que sa part de responsabilité n'excède pas 2% ;

4°) à titre principal, à ce que soit mis à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire, à ce que soit mis à la charge de toute partie perdante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les désordres ne lui sont pas imputables dès lors qu'ils ne relèvent que d'un problème de conception, de cloisonnement clos couvert et d'installations de traitement ;

- la mise en œuvre de portes coupe-feu assortie d'un système de fermeture automatique constitue une plus-value devant restée à la charge de la métropole ;

- toute condamnation doit être limitée au coût de remplacement des portes, à hauteur de 9 600 euros HT ;

- elle ne peut pas être condamnée solidairement avec les autres constructeurs en raison du régime de responsabilité spécifique s'appliquant au contrôleur technique, l'article L. 125-2 du code de la construction limitant sa part de responsabilité vis-à-vis des autres constructeurs aux seuls manquements commis dans l'exercice de ses missions telles que définies par le contrat la liant au maître d'ouvrage ;

- sa part de responsabilité ne saurait excéder 2% ;

- les sociétés Atelier A. Khelif, Isolbat, BET Sarlec et Travaux du midi la garantissent à hauteur de 98% des condamnations prononcées à son encontre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, les sociétés Atelier A. Khelif et Sarlec concluent :

1°) à titre principal, au rejet des conclusions présentées à leur encontre ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que les sociétés LCO Ingénierie, Groupe Etudes Aménagement Construction (GEPAC), 139 Paysages, Acoustique et Conseil, Isolbat, Travaux du midi et bureau Veritas les relèvent et les garantissent des condamnations prononcées à son encontre.

Elles soutiennent que :

- la requête est irrecevable, la métropole Aix-Marseille-Provence n'a pas d'intérêt à agir du fait du transfert de la maîtrise d'ouvrage à la société Vert Marine, délégataire de service public ;

- la métropole n'est pas fondée à rechercher la responsabilité contractuelle de l'Atelier A. Khelif dès lors que la notification du décompte général définitif a mis fin à ses obligations contractuelles ;

- les désordres n'ont pas de caractère décennal dès lors qu'ils étaient apparents au moment de la réception ;

- l'ouvrage n'est pas impropre à sa destination ;

- il n'y a pas d'atteinte portée à la solidité de l'ouvrage ;

- les sociétés Atelier A. Khelif, Isolbat, BET Sarlec, Bureau Veritas, LCO Ingénierie, GEPAC, 139 Paysages, Acoustique et Conseil doivent la garantir des condamnations prononcées à leur encontre ;

- le quantum des demandes n'est pas justifié ;

- le remplacement des châssis vitrés pour un montant de 55 000 euros HT n'est pas justifié ;

- la reprise des armatures acier pour 645 000 euros HT est injustifiée, cette réparation n'excède pas 264 000 euros ;

- les postes " peinture d'imperméabilisation " pour 41 250 euros et " ravalement de façade " pour 23 305 euros constituent des doublons ;

- le poste " aléas ", à hauteur de 83 058 euros, est injustifié ;

- les sociétés LCO Ingénierie, Groupe Etudes Aménagement Construction (GEPAC), 139 Paysages, Acoustique et Conseil, Isolbat, Travaux du midi et Bureau Veritas doivent les garantir des condamnations prononcées à son encontre.

Par un courrier du 20 février 2024, Me Simon Laure informe le tribunal de la clôture des opérations de liquidation judiciaire de la société GEPAC par un jugement du tribunal de commerce du 20 juillet 2020.

Vu :

- le rapport de M. A, expert désigné par ordonnance du juge des référés du tribunal du 14 août 2013, daté du 8 juillet 2020 ;

- la décision désignant M. B en qualité de sapiteur ;

- l'ordonnance du tribunal du 25 septembre 2020 liquidant les frais et honoraires de l'expertise de M. A à la somme de 113 959,20 TTC et de M. B à la somme de 2 500 euros TTC ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des marchés publics ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Simeray ;

- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique ;

- les observations de Me Girard représentant la société requérante, de Me Bouillon, représentant la société Travaux du Midi et de Me Digonnet, représentant le bureau Veritas.

Une note en délibéré présentée par la société les Travaux du midi a été enregistrée le 12 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. En 2005, la métropole Aix-Marseille-Provence a initié le projet de construction du centre nautique des Gorguettes sur la commune de Cassis. Par un acte d'engagement conclu le 30 janvier 2006, elle a confié la maîtrise d'œuvre des travaux à un groupement solidaire composé de l'atelier A. Khelif, architecte, mandataire, du bureau d'études SARLEC ainsi que des sociétés LCO Ingénierie, BEGP, GEPAC, Atelier de paysage perspectives au droit duquel vient 139 Paysages, Acoustique et Conseil et B.E.S.T. Les travaux nécessaires à l'opération ont été divisés en 19 lots. Par un acte d'engagement conclu le 13 février 2009, la réalisation des travaux du lot n°2 " gros œuvre " a été confié à la société Dumez Méditerranée, aux droits de laquelle est venu la société Travaux du midi Provence, le lot n°4 " couverture étanchéité " a été attribué à la société Sud écran par un acte d'engagement signé le 25 août 2008, et le lot n°7 " cloison, peinture, faux-plafonds " à la société SCPA, laquelle a délégué les travaux à la société Isolbat en qualité de sous-traitant. Le bureau Veritas s'est vu confier une mission de contrôle technique par acte d'engagement signé le 10 août 2004. La réception des travaux a été prononcée le 30 septembre 2010 avec levée des réserves le 30 novembre 2010. Quatre mois après l'ouverture du centre nautique le 18 décembre 2010, une dégradation des murs extérieurs orientés au nord-ouest du bâtiment est apparue, due à un phénomène d'humidité anormalement élevée. La réalisation de travaux de reprise du revêtement isolant mis en place sur le mur extérieur n'a pas permis de remédier aux désordres. Le 3 août 2012, la métropole Aix-Marseille-Provence a saisi le juge des référés du tribunal aux fins de réaliser une expertise portant sur ces désordres. Par une ordonnance n°1205336 du 27 septembre 2012, le juge des référés a fait droit à cette demande. L'expert a déposé son rapport le 8 juillet 2020. Par la présente requête, la métropole Aix-Marseille-Provence demande au tribunal de condamner solidairement l'Atelier A. Khelif, la société Travaux du midi Provence, le BET Sarlec, la société Isolbat et le bureau Veritas à lui verser la somme de 980 087 euros TTC au titre des désordres affectant le centre nautique.

Sur la fin de non-recevoir soulevée par l'Atelier A. Khelif :

2. Aux termes du cahier des clauses administratives particulières du marché de maîtrise d'œuvre et de celui de marché public de travaux litigieux, la métropole Aix-Marseille-Provence est désignée comme maître d'ouvrage de l'opération de travaux. La circonstance que, le 1er janvier 2020, la métropole Aix-Marseille-Provence a confié l'exploitation du centre nautique à la société Vert Marine, incluant les travaux d'investissement et de gros entretien de l'ouvrage, n'a pas pour effet de déposséder le maître d'ouvrage de son droit d'action au titre de la garantie décennale. Cette circonstance est également sans incidence sur la recevabilité de l'action engagée par la métropole Aix-Marseille-Provence au titre de la responsabilité contractuelle des intervenants à l'opération de construction. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par l'atelier A. Khelif tirée de ce que la métropole Aix-Marseille-Provence ne justifierait pas d'un intérêt à agir dans la présente instance doit être écartée.

Sur la responsabilité contractuelle de l'Atelier A. Khelif, du BET Sartec et du Bureau Veritas :

3. La réception, qui est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve, met fin aux rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage. En l'absence de stipulations particulières prévues par les documents contractuels, lorsque la réception de l'ouvrage est prononcée avec réserves, les rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs ne se poursuivent qu'au titre des travaux ou des parties de l'ouvrage ayant fait l'objet des réserves.

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la réception des travaux a été prononcée le 30 octobre 2010. Par suite, métropole Aix-Marseille-Provence n'est pas fondée à rechercher la responsabilité contractuelle du Bureau Veritas, contrôleur technique à l'opération en litige.

5. La responsabilité des maîtres d'œuvre pour manquement à leur devoir de conseil peut être engagée dès lors qu'ils se sont abstenus d'appeler l'attention du maître d'ouvrage sur des désordres affectant l'ouvrage et dont ils pouvaient avoir connaissance, en sorte que la personne publique soit mise à même de ne pas réceptionner l'ouvrage ou d'assortir la réception de réserves.

6. La société Atelier Khelif, qui se borne à produire une note d'honoraires d'un montant de 19 201,22 euros, ne démontre pas que la métropole lui aurait notifié le décompte général définitif du marché litigieux. Par suite, la métropole Aix-Marseille-Provence est fondée à rechercher la responsabilité de l'Atelier Khelif au titre de la responsabilité contractuelle du maître d'œuvre pour défaut de conseil lors de la réception des travaux.

7. Toutefois, la métropole n'invoque aucun préjudice résultant des manquements qu'elle invoque, qui serait en outre distinct du préjudice consécutif aux désordres affectant le bâtiment dont la réparation est demandée sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs. Dans ces conditions, les conclusions de la métropole tendant à engager la responsabilité contractuelle du maître d'œuvre pour défaut de conseil doivent être rejetées.

Sur la garantie décennale :

8. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres, apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, engagent la responsabilité de ces constructeurs s'ils sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination.

9. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.

10. En outre, d'une part, aux termes de l'article L. 111-23 du code de la construction et de l'habitation : " Le contrôleur technique a pour mission de contribuer à la prévention des différents aléas techniques susceptibles d'être rencontrés dans la réalisation des ouvrages. Il intervient à la demande du maître de l'ouvrage et donne son avis à ce dernier sur les problèmes d'ordre technique. Cet avis porte notamment sur les problèmes qui concernent la solidité de l'ouvrage et la sécurité des personnes ". Aux termes de l'article L. 111-24 du même code : " Le contrôleur technique est soumis, dans les limites de la mission à lui confiée par le maître de l'ouvrage à la présomption de responsabilité édictée par les articles 1792, 1792-1 et 1792-2 du code civil () ". Il résulte de ces dispositions que l'obligation de garantie décennale s'impose non seulement aux architectes et aux entrepreneurs, mais également au contrôleur technique lié par contrat au maître de l'ouvrage dans la limite de la mission qui lui a été confiée. Par suite, le bureau Veritas n'est pas fondé à soutenir qu'il ne pourrait être condamné solidairement avec les autres constructeurs sur le fondement de la garantie décennale que dans le cas où il aurait concouru à la réalisation des désordres en cause.

En ce qui concerne les désordres :

11. Il résulte de l'instruction que le mur extérieur orienté nord du bâtiment présente une dégradation importante du fait d'une humidité anormalement élevée, tant sur les surfaces intérieure et extérieure que dans sa structure même. Ces dégradations se manifestent, sur la façade intérieure, par l'apparition d'auréoles sur le revêtement isolant du mur constitué de plaques de plâtre avec isolant en polystyrène ainsi que, dans la zone la plus touchée, notamment dans la coursive d'accès aux gradins, entre les deux portes de communication, par la dégradation totale de ce revêtement et l'apparition de moisissures. Sur la façade extérieure, un cloquage du revêtement en différents points est constaté, sur lequel apparaissent des moisissures et des traces de rouille. Enfin, des coulures récurrentes sont constatées sur les menuiseries extérieures, ce malgré des opérations de nettoyage fréquentes. Enfin, il résulte de l'instruction que la présence de chlore dans l'eau imbibant le mur a également causé la corrosion des aciers en plusieurs points ainsi que la carbonatation du béton le composant, ce qui est de nature à porter atteinte à la solidité de l'ouvrage.

12. Il résulte du rapport d'expertise que les désordres en cause sont apparus en mars 2011. S'il résulte de l'instruction que l'absence de jointage entre le mur de refend et le bac acier du plafond acoustique était visible au moment de la réception des travaux dès lors que les faux-plafonds n'étaient pas en place, les conséquences de ce vice d'exécution ne s'étaient toutefois pas révélées au moment de la réception. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que le maître d'ouvrage en aurait eu connaissance et était en mesure d'en prévoir la gravité et les conséquences. Dans ces conditions, contrairement à ce que font valoir l'atelier A. Khelif et la société Travaux du midi, les désordres en litige ne peuvent être regardés comme ayant été apparents lors de la réception des travaux.

13. Il s'ensuit que la métropole Aix-Marseille-Provence est fondée à rechercher la responsabilité décennale de l'Atelier A. Khelif, du BET Sarlec, de la société Travaux du midi Provence et du bureau Veritas, constructeurs à l'opération en litige.

En ce qui concerne l'imputabilité des désordres :

14. Il ressort du rapport d'expertise que les désordres précités ont pour origine des transferts d'air chargé de vapeur d'eau chlorée depuis les bassins vers les pièces de la zone dite sèche (pièces sanitaires, salle de réunion, vestiaires, locaux et bureaux), ainsi que la mise en contact de cette vapeur d'eau chlorée avec des points froids de la paroi interne du mur extérieur, formant des ponts thermiques et générant des phénomènes importants de condensation. Ils sont amplifiés par le maintien fréquent, en position ouverte, des portes de communication de la coursive d'accès aux gradins, notamment celle donnant directement sur les bassins.

15. Ce transfert d'air chargé d'eau chloré provient, pour la partie haute du mur située au-dessus du faux plafond de la coursive d'accès aux gradins, la plus touchée, d'un défaut de jointage entre le bac acier perforé du plafond acoustique et le mur de refend séparant les bassins des zones sèches. Il provient également, pour cette même partie du mur ainsi que pour la partie située en haut des gradins dans l'espace des bassins, de l'absence de remplissage des alvéoles du bac acier du plafond acoustique, lesquelles ont seulement été comblées par de la laine de roche, laquelle ne constitue pas une barrière hermétique au passage de la vapeur chlorée. Ce transfert est accentué, ainsi qu'il a été dit, par le maintien en position ouverte des deux portes de communication situées dans la coursive d'accès aux gradins.

16. Si le cahier des clauses techniques particulières du marché litigieux ne contient pas de descriptif précis du calfeutrement ou jointage à réaliser entre le mur de refend et le bac acier du plafond acoustique, sa page 33 " ouvrages béton armé en superstructure " précise que " la fourniture [en béton armé] comprend également tous les calfeutrements et joints assurant l'étanchéité à l'air et à l'eau entre les éléments préfabriqués ". La page 3 " présentation générale " indique par ailleurs " réservations et rebouchage pour tous les corps d'états ". L'expert considère qu'en dépit de l'absence de description précise, la jonction permettant la réalisation d'une étanchéité à l'air entre le mur de refend et le bac acier du plafond acoustique, hors remplissage des alvéoles perforées de ce plafond, devait être considérée comme à la charge du lot n°2. Il résulte en outre des procès-verbaux du chantier que l'atelier A. Khelif, en charge du suivi des travaux, a demandé à maintes reprises à la société Travaux du midi de réaliser les rebouchages, de manière générale, ainsi que celui, plus spécifique, de la liaison du mur de refend avec le bac acier du plafond acoustique. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que cette entreprise aurait signalé, en cours de chantier, qu'elle considérait que cette prestation ne relevait pas de son lot. En conséquence, la réalisation de l'ensemble des rebouchages doit être regardée comme relevant du lot n°2 " gros œuvre " et la société Travaux du midi n'est pas fondée à soutenir que cette mission ne lui incombait pas dès lors qu'elle ne concernait pas des éléments préfabriqués. Dans ces conditions, sa responsabilité est engagée pour les désordres en cause.

17. Il résulte de l'instruction que l'atelier A. Khelif, à qui la rédaction du cahier des clauses techniques particulières incombait, est responsable d'un défaut de conception en raison de l'absence de descriptif précis, dans le cahier des clauses techniques particulières du marché litigieux, de la jonction entre le mur de refend et le bac acier du plafond acoustique, ainsi que de prescription concernant le remplissage par " bourrage " des alvéoles perforées du bac acier du plafond. Ce maître d'œuvre est également responsable d'un défaut de coordination des travaux entre le lot n°2 " gros œuvre " et le lot n°4 " couverture et étanchéité ". L'architecte ne conteste d'ailleurs pas ne pas avoir contrôlé si le rebouchage demandé à plusieurs reprises à la société Travaux du midi avait été réalisé, et ainsi avoir été défaillant dans sa mission de suivi des travaux. Enfin, l'atelier A. Khelif est également responsable d'un défaut de conception et d'exécution s'agissant de l'absence de mise en place d'un dispositif permettant le maintien en position fermée des portes de communication de la coursive d'accès aux gradins. Le BET Sarlec, qui a conçu la dissociation de l'espace des bassins de celui des pièces " sèches ", n'a pas attiré l'attention de l'atelier A. Khelif sur la nécessité de mettre en place un tel dispositif. Sa responsabilité est donc engagée pour les désordres en litige.

18. Il résulte de l'instruction que le bureau Veritas, selon acte d'engagement signé le 10 août 2004, s'est vu confier une mission de contrôle technique comportant une mission de type " L " portant sur la solidité des ouvrages et éléments d'équipement indissociables et une mission de type " P1 " relative à la solidité des éléments d'équipement non indissociablement liés et une mission " TH " relative à l'isolation acoustique. Selon le paragraphe 3. 4 de la norme NFP 03-100 à laquelle se réfère le bureau Veritas, " le contrôle technique de la construction porte sur les documents techniques de conception et d'exécution définissant les ouvrages et sur la réalisation de ceux-ci sur le chantier ". Par ailleurs, son paragraphe 4.2.2 indique que la mission type comporte le rapport initial de contrôle technique après examen des documents de conception, la formulation d'avis après examen des documents d'exécution ainsi que la formulation d'avis, après examen sur chantier des ouvrages et des éléments d'équipement soumis à son contrôle. Dès lors, contrairement à ce que fait valoir le bureau Veritas, il lui incombait de formuler un avis relatif à l'absence d'un dispositif permettant le maintien en position fermée des portes de communication de la coursive d'accès aux gradins, ce qu'il n'a pas fait. La responsabilité du bureau Veritas est donc engagée en raison de ce manquement.

19. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité solidaire de l'Atelier A. Khelif, du BET Sarlec, de la société Travaux du midi Provence et du bureau Veritas, constructeurs à l'opération en litige, est engagée sur le fondement de la garantie décennale au titre des désordres en cause.

Sur la responsabilité quasi-délictuelle de la société Isolbat :

20. Il appartient, en principe, au maître d'ouvrage qui entend obtenir la réparation des conséquences dommageables d'un vice imputable à la conception ou à l'exécution d'un ouvrage de diriger son action contre le ou les constructeurs avec lesquels il a conclu un contrat de louage d'ouvrage. Il lui est toutefois loisible, dans le cas où la responsabilité du ou des cocontractants ne pourrait pas être utilement recherchée, de mettre en cause, sur le terrain quasi-délictuel, la responsabilité des participants à une opération de construction avec lesquels il n'a pas conclu de contrat de louage d'ouvrage, mais qui sont intervenus sur le fondement d'un contrat conclu avec l'un des constructeurs. S'il peut, à ce titre, invoquer, notamment, la violation des règles de l'art ou la méconnaissance de dispositions législatives et réglementaires, il ne saurait, toutefois, se prévaloir de fautes résultant de la seule inexécution, par les personnes intéressées, de leurs propres obligations contractuelles. En outre, alors même qu'il entend se placer sur le terrain quasi délictuel, le maître d'ouvrage ne saurait rechercher la responsabilité de participants à l'opération de construction pour des désordres apparus après la réception de l'ouvrage et qui ne sont pas de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination.

21. La métropole Aix-Marseille-Provence n'est pas fondée à rechercher la responsabilité quasi-délictuelle de la société Isolbat, sous-traitante de la société SCPA, titulaire du lot n°4 du marché litigieux, dans la mesure où elle aurait pu utilement rechercher la responsabilité de la société SCPA sur le fondement de la garantie décennale. Par suite, ses demandes dirigées contre la société Isolbat doivent être rejetées.

Sur les préjudices :

22. Il résulte de l'instruction que les travaux à réaliser concernent, d'une part, les travaux de reprise permettant de remédier aux causes des désordres, d'autre part, les travaux permettant de remédier aux dégradations causées sur le mur extérieur.

23. Les travaux de reprise permettant de remédier aux causes des désordres incluent la reprise de l'étanchéité à l'air sous toiture en tête du mur de séparation entre les bassins et les zones " sèches ", le bourrage des perforations du bac acier du plafond acoustique sur toute la longueur du mur de refend ainsi que sur la partie haute du mur situé au-dessus des gradins, la reprise des joints de dilatation entre poteaux et enfin, le remplacement des portes de circulation dans la coursive d'accès aux gradins par des portes jointives et équipées d'un dispositif de maintien automatique en position fermée. Le coût de ces travaux a été évalué, par l'expert, à 38 434 euros TTC. La société Travaux du midi n'est pas fondée à soutenir que la reprise des joints de dilatation ne ferait pas partie des travaux de reprise nécessaires dès lors que l'expert a expressément inclus la reprise de ces joints entre poteaux, côté intérieur et extérieur. Il résulte de l'instruction que la mise en place d'une porte coupe-feu assortie d'un système de fermeture automatique dans la coursive d'accès aux gradins s'avère nécessaire dès lors que l'ouverture permanente des portes a contribué à la survenue des désordres. Ce poste de travaux ne correspond donc pas à une plus-value de l'ouvrage, contrairement à ce que font valoir la société Travaux du midi et l'atelier A. Khelif. Par suite, il y a lieu d'admettre le montant de ces travaux au titre des travaux de reprise. Il s'ensuit que l'Atelier A. Khelif, le BET Sarlec, la société Travaux du midi Provence et le bureau Veritas doivent être condamnés solidairement à indemniser la métropole Aix-Marseille-Provence à hauteur de 38 434 euros au titre de ces travaux.

24. Les travaux permettant de remédier aux dégradations concernent la reprise du revêtement mural isolant, le remplacement des châssis vitrés, le traitement des armatures, le bourrage des performations du bac acier du plafond acoustique sur toute la longueur du mur extérieur orienté nord, la reprise de l'isolant mural dans la coursive d'accès aux gradins et enfin, le ravalement de la façade. Ces travaux ont été estimés par l'expert et son sapiteur à un montant de 792 148,82 euros TTC. Il résulte de l'instruction que deux types de réparation peuvent être envisagés pour les structures en bêton, une réparation " traditionnelle " et une réparation électrochimique, par la mise en place d'une protection cathodique. Toutefois, il résulte du rapport de l'expert que la réparation par procédé électrochimique est l'unique solution permettant de remédier de façon pérenne aux dégradations du mur impacté par les désordres. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit, que la présence de chlorure dans le mur a généré une corrosion des aciers dans le béton, mais également une corrosion des châssis métalliques des menuiseries, justifiant leur remplacement. L'expert a par ailleurs préconisé la pose d'une bavette en tête de mur afin que l'eau ne ruisselle pas le long de la façade, de sorte que ce poste, évalué à 4 030 euros HT, ne constitue pas une amélioration de l'ouvrage. Il résulte encore de l'instruction que le revêtement d'imperméabilisation suivant devis de la société Freyssinet ne constitue qu'une protection et donc que le ravalement de façade prévu ne fait pas double emploi avec la prestation de cette société. Il y a lieu également d'admettre les frais de maîtrise d'œuvre à hauteur de 8% du montant des travaux. En revanche, il n'y a pas lieu de retenir un montant de 10% des travaux relatifs aux aléas de réalisation dès lors que la métropole ne justifie pas du caractère certain de ce préjudice. Par suite, le montant des travaux permettant de réparer les désordres en cause peut être évalué à la somme de 897 029,44 euros, qu'il y a lieu de condamner solidairement l'Atelier A. Khelif, le BET Sarlec, la société Travaux du midi Provence et le bureau Veritas à verser à la métropole Aix-Marseille-Provence.

25. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner solidairement l'Atelier A. Khelif, le BET Sarlec, la société Travaux du midi Provence et le bureau Veritas à verser la somme totale de 935 463,44 euros à la métropole Aix-Marseille-Provence au titre des préjudices résultant des désordres affectant le centre nautique des Gorguettes.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

26. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure () ".

27. La métropole Aix-Marseille-Provence a droit aux intérêts au taux légal sur la somme mentionnée au point 25 à compter du 22 décembre 2021, date d'enregistrement de la requête.

28. La capitalisation des intérêts a été demandée le 22 décembre 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 22 décembre 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les appels en garantie :

29. Il incombe au juge administratif, en vue de la répartition finale de la dette, de prendre en compte l'importance respective des fautes quasi-délictuelles commises par les constructeurs condamnés solidairement à indemniser le maître d'ouvrage, à l'exclusion des fautes susceptibles d'être imputées à des tiers qui n'ont pas été mis en cause dans l'instance.

30. Il résulte de l'acte d'engagement du marché de maîtrise d'œuvre que la société LCO Ingénierie était uniquement en charge du traitement d'eau et d'air de la piscine et a été mise hors de cause par l'expert. Le GEPAC était quant à lui chargé des voiries et réseaux divers, l'Atelier Paysages et perspectives est intervenu en qualité de paysagistes, la société Acoustique et Conseil au titre de l'acoustique. Les missions de ces sociétés étant sans lien avec les désordres en cause, il y a lieu de rejeter les conclusions d'appel en garantie formées par les sociétés Atelier A. Khelif et BET Sarlec à leur encontre.

31. Il résulte de ce qui a été dit au point 17 que l'atelier A. Khelif a une responsabilité prépondérante dans la survenance des désordres du fait des manquements commis dans ses missions de conception et de suivi de l'exécution des travaux. Le bureau Sarlec a également commis une faute en n'alertant pas l'atelier A. Khelif sur la nécessité de concevoir un dispositif de portes fermées. La société les Travaux du midi n'a pas procédé au jointage ou calfeutrement entre le mur de refend et le bac acier du plafond acoustique, ce qui constitue la cause principale des désordres en cause. La société Isolbat n'a pas procédé au remplissage des alvéoles du plafond acoustique par un matériau adapté. Enfin, le bureau Veritas n'a pas signalé l'absence de dispositif permettant de maintenir les portes fermées. Compte-tenu de ces fautes, il sera fait une juste appréciation des responsabilités en présence dans la survenance des désordres affectant le centre nautique en fixant les quotes-parts de responsabilité de la société Atelier A. Khelif à hauteur de 50%, de la société Sarlec à hauteur de 5%, de la société Travaux du midi à hauteur de 30%, de la société Isolbat à hauteur de 10% et du Bureau Veritas à hauteur de 5%.

32. Les sociétés Atelier A. Khelif, BET Sarlec, Isolbat, Travaux du midi et Bureau Veritas sont donc fondées à s'appeler mutuellement en garantie, dans cette limite, selon leur conclusion respective.

Sur les dépens :

33. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, de mettre les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 116 459, 20 euros TTC, à la charge définitive des sociétés Atelier A. Khelif, BET Sarlec, Isolbat, Travaux du midi et Bureau Veritas, suivant les quote-part de responsabilité définies au point 31.

Sur les frais liés au litige :

34. Il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge des sociétés Atelier A. Khelif, BET Sarlec, Travaux du midi, Bureau Veritas et Isolbat une somme de 750 euros chacune au titre des frais exposés par la métropole Aix-Marseille-Provence et non compris dans les dépens. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des sociétés défenderesses présentées sur ce fondement.

D É C I D E :

Article 1er : L'Atelier A. Khelif, le BET Sarlec, la société Travaux du midi Provence et le bureau Veritas sont condamnés solidairement à verser la somme de 935 463,44 euros TTC à la métropole Aix-Marseille-Provence, assortie des intérêts au taux légal à compter du 22 décembre 2021. Les intérêts échus à la date du 22 décembre 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : L'Atelier A. Khelif est condamné à relever et garantir la société Travaux du midi, le BET Sarlec et le bureau Veritas à hauteur de 50% de la condamnation prononcée à leur encontre à l'article 1.

Article 3 : Le BET Sarlec est condamné à garantir l'atelier A. Khelif, la société Travaux du midi et le bureau Veritas à hauteur de 5% de la condamnation prononcée à leur encontre à l'article 1.

Article 4 : La société Travaux du midi est condamnée à garantir l'Atelier A. Khelif, le BET Sarlec et le bureau Veritas à hauteur de 30 % de la condamnation prononcée à leur encontre à l'article 1.

Article 5 : La société Isolbat est condamnée à garantir la société Travaux du midi, l'Atelier A. Khelif, le BET Sarlec et le bureau Veritas à hauteur de 10% de la condamnation prononcée contre eux à l'article 1.

Article 6 : La société Bureau Veritas est condamnée à garantir la société Travaux du midi, l'Atelier A. Khelif et le BET Sarlec à hauteur de 5 % de la condamnation prononcée contre eux à l'article 1.

Article 7 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme totale de 116 459, 20 euros, sont mis à la charge définitive de l'Atelier A. Khelif, du BET Sarlec, de la société Isolbat, de la société Travaux du midi et du Bureau Veritas à hauteur respectivement de 50%, 5%, 10%, 30% et 5%.

Article 8 : L'Atelier A. Khelif, le BET Sarlec, la société Travaux du midi, le Bureau Veritas et la société Isolbat verseront à la métropole Aix-Marseille-Provence une somme de 750 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 10 : Le présent jugement sera notifié à la présidente du conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence, à l'Atelier A. Khelif, au BET Sarlec, à la société Travaux du midi, au Bureau Veritas, à la société Isolbat, à LCO Ingénierie, à la société Acoustique et Conseil, à la société 139 Paysages et à la société GEPAC.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président,

Mme Simeray, première conseillère,

Mme Delzangles, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

C. SimerayLe président,

Signé

P-Y. Gonneau

La greffière,

Signé

A. Martinez

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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