vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2111195 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 10eme Chambre |
| Avocat requérant | POUILLAUDE |
Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2021, Mme B E et M. C D, représentés par Me Bertrand, demandent au tribunal : 1°) de condamner l'Etat à leur verser la somme de 50 000 euros chacun en réparation du préjudice moral par eux subi du fait des fautes de l'administration pénitentiaires ayant été la cause du décès de leur fils ; 2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à chacun d'entre eux de la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ils soutiennent que : - les fautes commises par l'administration sont à l'origine du décès de leurs fils ; - le préjudice doit être évalué à la somme de 50 000 euros pour chacun. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de procédure pénale ; - la note de service n° 908/2016 du 23 septembre 2016 de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Marseille ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Pecchioli, rapporteur, -les conclusions de M. Argoud, rapporteur public. Considérant ce qui suit : 1. Le 9 août 2017, M. A D a été placé en détention provisoire à la maison d'arrêt des Baumettes à Marseille. Le 10 août 2017, vers 19h00 un surveillant a découvert le détenu sans vie, pendu avec un drap aux barreaux de la fenêtre. Le rapport d'autopsie a conclu que le décès était dû à un suicide. Sur les conclusions à fin d'annulation : 2. La responsabilité de l'Etat en cas de préjudice matériel ou moral résultant du suicide d'un détenu peut être recherchée pour faute des services pénitentiaires en raison notamment d'un défaut de surveillance ou de vigilance. Une telle faute ne peut toutefois être retenue qu'à la condition qu'il résulte de l'instruction que l'administration n'a pas pris, compte tenu des informations dont elle disposait, en particulier sur les antécédents de l'intéressé, son comportement et son état de santé, les mesures que l'on pouvait raisonnablement attendre de sa part pour prévenir le suicide. 3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la notice individuelle rédigé par le magistrat et transmise au centre pénitentiaire des Baumettes lors de son incarcération, mentionnait expressément la présence de troubles psychiatriques et des risques d'actes auto-agressifs, M. A D ayant fait auparavant de nombreuses tentatives de suicide, dont une en garde à vue. Or l'administration pénitentiaire n'a pas tenu compte de cette notice. 4. Cette carence dans la prise de connaissance de la notice et de toute recherche concernant le détenu a conduit les services pénitentiaires à ne pas mettre en place des mesures particulières destinées à prévenir le risque de suicide qui était, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, pourtant formellement identifiés. Ainsi le détenu n'a pas fait l'objet d'une surveillance renforcée. Le placement en cellule individuelle, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait été impérativement nécessaire, a fait obstacle à la possibilité pour un codétenu de donner l'alerte. Enfin, l'administration a également laissé à la disposition du détenu des objets susceptibles de concourir à un passage à l'acte, dont un drap non déchirable. Les fautes commises ont donc été à l'origine d'une perte de chance sérieuse d'éviter le suicide M. A D. 5. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par ses parents, Mme B E et M. C D, en retenant pour chacun la somme de 15 000 euros. Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : 6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à chacun aux requérants, pris ensemble, de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. D É C I D E : Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme E et à M. D, la somme de 15 000 euros chacun.Article 2 : L'Etat versera à Mme E et à M. D, la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à M. C D, au Garde des Sceaux, ministre de la Justice et au fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions.Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient : - M. Pecchioli, président,- Mme Sandrine Caselles, première conseillère,- Mme Charbit, première conseillère,- Assistés de Mme Ibram, greffière. Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024. L'assesseure la plus ancienne, signé S. CASELLES Le président-rapporteur, signé J.-L. PECCHIOLI La greffière, signé S. IBRAM La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne et à tous les commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.Pour expédition conforme,Pour la greffière en chef, La greffière2N° 2111195
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026