jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2200402 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | DUPIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 janvier 2022 et le 2 janvier 2023, M. F E, représenté par Me Dupire, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à sa charge au titre des années 2016 et 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que c'est à tort que l'administration a qualifié de revenus d'origine indéterminée les sommes de 1 520 euros en 2017, le versement de 10 900 euros sur le compte joint, le remboursement de 3 950 euros, les sommes versées par la société Lotougool services à hauteur de 36 577,06 euros en 2016 et de 5 150,35 euros en 2017, ainsi que les sommes versées par la société FSIP à hauteur de 46 477,80 euros en 2016, de 31 626 euros et de 5 590 euros en 2017.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Charpy,
- les conclusions de M. Secchi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. F E a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017. L'administration fiscale a estimé que les justifications apportées par le contribuable dans ses courriers des 4 septembre et 14 novembre 2019, en réponse respectivement à sa demande de justification du 26 juin 2019 et à sa mise en demeure du 1er octobre 2019, étaient insuffisantes. Elle lui a par suite notifié, par une proposition de rectification en date du 10 décembre 2019 et selon la procédure de taxation d'office, des rehaussements de ses revenus dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée ainsi que de la base des contributions sociales auxquelles il est assujetti. Les impositions supplémentaires en découlant ayant été mises en recouvrement le 30 juin 2020, et les deux réclamations contentieuses qu'il a formées les 7 août 2020 et 18 juin 2021 ayant fait l'objet de décisions d'acceptation partielle en date respectivement des 23 mars 2021 et 10 novembre 2021, M. E demande au tribunal, dans la présente instance, de prononcer la décharge partielle, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à sa charge au titre des années 2016 et 2017.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " dans tous les cas où une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes des dispositions de l'article R* 193-1 du même code : " Dans le cas prévu par l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ".
3. Il résulte de l'instruction que les rectifications en matière d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2016 et 2017 ont été effectuées selon la procédure de taxation d'office prévue par l'article L. 69 du livre des procédures fiscales. Dès lors, et en application des dispositions citées au point précédent, la charge de la preuve de l'exagération des bases d'imposition incombe à M. E.
En ce qui concerne les revenus d'origine indéterminée :
4. En premier lieu, si M. E fait valoir que la somme de 1 520 euros portée au crédit de son compte bancaire en 2017 correspond à l'encaissement d'une caution d'agence immobilière, il ne produit toutefois pas les justificatifs annoncés au soutien de cette affirmation.
5. En deuxième lieu, si le requérant soutient que les versements par chèques d'un montant total de 10 900 euros constatés sur son compte joint correspondent à des prêts familiaux réalisés en 2017, il n'apporte aucun élément en justifiant.
6. En troisième lieu, le requérant affirme que la somme de 3 950 euros correspond à des remboursements de frais de voyage au Sénégal qu'il aurait engagés pour le compte de M. A C. Toutefois, les pièces qu'il produit, constituées d'une facture d'agence de voyage en date du 11 août 2016 pour un montant de 990 euros toutes taxes comprises, de la copie d'un chèque du 30 novembre 2017 d'un montant de 1 700 euros signé de M. ou Mme E D à destination de Mme E B et de l'attestation manuscrite non datée de M. A C, sont insuffisantes pour le démontrer, dès lors qu'elles ne permettent pas de corréler les dates et les montants entre eux, ni de justifier le montant total en litige.
7. En quatrième lieu, le requérant soutient que les sommes qui lui ont été versées par la société Lotougool services à hauteur de 36 577,06 euros en 2016, et de 5 150,35 euros en 2017 doivent être qualifiées de compléments de rémunération imposables dans la catégorie des traitements et salaires, conformément à l'article 82 du code général des impôts, dans la mesure où il est salarié de cette entreprise, et que ces sommes correspondent à des remboursements de frais kilométriques à hauteur de 22 502,90 euros en 2016 et à des remboursements de frais de représentation pour le solde. Toutefois, d'une part, l'administration fait valoir sans être contestée que la communication par le requérant des bulletins de salaire de 2016 pour un total de 12 731,74 euros a déjà permis l'abandon d'une partie des rectifications dans la première décision d'acceptation partielle du 23 mars 2021. D'autre part, la seule production d'un relevé de kilomètres parcourus ne suffit pas pour justifier le montant des crédits bancaires en litige et ainsi la nature des sommes en litiges. Dans ces conditions, la circonstance que l'origine des versements soit connue, et qu'ils proviennent de l'employeur du requérant, ne suffit pas à justifier de la catégorie d'imposition dont les sommes correspondantes relèvent, de sorte que M. E n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a qualifié ces sommes de revenus d'origine indéterminée. À cet égard, l'intéressé ne saurait utilement invoquer la doctrine BOI-RSA-BASE-30- 50-30-20 n° 530, qui n'ajoute rien à la loi.
8. En cinquième lieu, le requérant soutient que les sommes de 46 477,80 euros en 2016 et de 31 626 euros et 5 590 euros en 2017, qui lui ont été versées par la société FSIP, dont son frère est le gérant, correspondent au remboursement d'aides intrafamiliales et de loyers. D'une part, si le requérant se prévaut de la présomption de prêt familial, l'administration fiscale fait toutefois valoir que l'intéressé, étant salarié de la société FSIP, était en relation d'affaires avec cette société, ce qui n'est pas contesté. La présomption de prêt familial ne s'applique ainsi pas, et M. E n'apporte pas la preuve de la nature de remboursement d'avance de la somme en litige. D'autre part, le requérant ne saurait sérieusement soutenir que, dès lors que les sommes en cause ont été tirées de la société FSIP depuis les comptes " rémunération gérance " et " compte courant d'associé ", celles-ci ont nécessairement été imposées deux fois car une première fois entre les mains de M. D E, le dirigeant de la société. Enfin, contrairement à ce que soutient le requérant, la seule circonstance que l'origine des versements soit connue, et qu'ils proviennent de son employeur, ne suffit pas à justifier de la catégorie d'imposition dont elles relèvent. Il s'en suit que M. E n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a qualifié ces sommes de revenus d'origine indéterminée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à la décharge des impositions en litige doivent être rejetées, et par voie de conséquence celles formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'État n'étant pas partie perdante dans le présent litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F E et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, première conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
C. Charpy
Le président,
Signé
J.B. Brossier
La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026