mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2200437 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL FERNANDEZ GUIBERT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 janvier 2022 et 30 août 2023, la société La Bastide et M. E C, représentés par Me Fernandez, demandent au tribunal:
1°) d'annuler les avis des sommes à payer émis par la ville de Marseille le 18 novembre 2021 à l'encontre de la société La Bastide pour des montants de 13 320 euros et 8 040 euros et à l'encontre de M. E C pour des montants de 1 466 euros, 3 157 euros, 896 euros et 295 euros, au titre du recouvrement des frais engagés par cette collectivité au titre du relogement provisoire d'occupants de l'immeuble situé 14 cours Saint Louis/2 rue de Rome/2 rue Rouget de l'Isle à Marseille et de les décharger du paiement de ces sommes ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
En ce qui concerne les avis des sommes à payer dans leur ensemble :
- ils n'ont pas été signés par une autorité compétente ;
- la preuve de la signature du bordereau du titre de recette contesté n'est pas apportée ;
- ils sont dépourvus de base légale en ce que les locataires pour lesquels le remboursement des frais d'hébergement est réclamé ne sont pas visés par l'arrêté de péril grave et imminent du 9 décembre 2019 prescrivant une interdiction partielle d'occupation de l'immeuble 14 cours Saint Louis/2 rue de Rome/2 rue Rouget de l'Isle à Marseille ;
En ce qui concerne les avis des sommes à payer émis à l'encontre de la société La Bastide :
- le montant de la somme à recouvrer est erroné dès lors que certaines nuitées sont comptabilisées deux fois ;
- ces avis sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où il n'appartient pas au propriétaire de supporter les frais de relogement d'une famille alors le logement mis en location était suroccupé ;
En ce qui concerne les avis des sommes à payer émis à l'encontre de M. C :
- il n'a pas été informé de son obligation de relogement ;
- il n'est pas démontré qu'il aurait fait preuve de défaillance dans le relogement de ses locataires ;
- les avis d'un montant de 1 466 euros et de 896 euros sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'avis d'un montant de 3 157 euros est entaché, d'une part, d'une erreur de fait en ce qu'il vise l'occupation du logement par " la famille B " tandis que le bail signé par Mme B ne mentionne ni colocataire, ni la présence d'enfants dans le foyer et, d'autre part, d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 décembre 2022, 10 février et 25 juillet 2023 la ville de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un courrier du 17 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'absence d'intérêt à agir de la société La Bastide à l'encontre des avis des sommes à payer d'un montant de 1 466 euros, 3 157 euros, 896 euros et 295 euros émis à l'encontre de M. C.
Des observations en réponse à cette communication, présentées pour la société La Bastide et M. C, ont été enregistrées le 21 septembre 2024 et communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision de renvoi en formation collégiale.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de M. D, représentant la ville de Marseille.
Une note en délibéré présentée pour la ville de Marseille a été enregistrée le 1er octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et la société La Bastide, dont il est le représentant légal, sont propriétaires de plusieurs appartements au sein de l'immeuble en copropriété situé 14, cours Saint Louis/2 rue de Rome/2 rue Rouget de l'Isle à Marseille. Un rapport d'expertise établi le 29 novembre 2019, à la suite de la désignation d'un expert par le tribunal, ayant conclu à l'existence d'un danger grave et imminent, une interdiction partielle d'occupation de cet immeuble a été prescrite par un arrêté de péril grave et imminent du maire de Marseille du 9 décembre 2019, pris sur le fondement des articles L 511-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation. Cet arrêté a également enjoint aux propriétaires de réaliser des travaux urgents afin de remédier aux désordres constatés. A la suite de la réalisation de certains travaux, une main levée partielle prononcée par arrêté du maire du 7 février 2020 a permis une réintégration des locaux commerciaux situés en rez-de-chaussée de l'immeuble. Par un arrêté du 3 juin 2020, modifié par un arrêté du 30 septembre 2020, pris à la suite d'une visite des services municipaux du 26 mai 2020 et sur le fondement de ses pouvoirs de police générale résultant des articles L. 2212-2 et suivants du code général des collectivités territoriales, le maire de Marseille a prescrit l'interdiction totale d'occuper l'immeuble. Par un arrêté de péril ordinaire du 24 septembre 2020, modifié par arrêté du 22 juillet 2021, l'interdiction d'occupation de l'immeuble a été confirmée et les travaux nécessaires devant être réalisés par les propriétaires pour mettre fin durablement au péril ont été prescrits. Le 18 novembre 2021, deux avis des sommes à payer ont été émis à l'encontre de la société La Bastide, pour des montants respectifs de 13 320 euros et de 8 040 euros, au titre du recouvrement des frais engagés par la commune pour reloger provisoirement l'occupant de l'appartement lui appartenant au sein de l'immeuble. Le même jour, quatre avis de sommes à payer ont été émis à l'encontre de M. C, pour des montants respectifs de 1 466 euros, 3 157 euros, 896 euros et 295 euros, au titre du recouvrement des frais engagés par la ville pour reloger provisoirement les occupants des appartements lui appartenant au sein de l'immeuble. La société La Bastide et M. C demandent l'annulation des six titres exécutoires émis le 18 novembre 2021, ainsi que la décharge des sommes correspondantes.
Sur l'intérêt à agir de la société La Bastide à l'encontre des avis des sommes à payer d'un montant de 1 466 euros, 3 157 euros, 896 euros et 295 euros :
2. La société La Bastide ne justifie pas d'un intérêt à agir à l'encontre des avis des sommes à payer du 18 novembre 2021 par lesquels l'administration a procédé au recouvrement auprès de M. C des sommes engagées pour le relogement de ses locataires. Les conclusions de la société La Bastide tendant à l'annulation de ces avis sont irrecevables et doivent pour ce motif être rejetées. Les conclusions à fin de décharge présentées à ce titre par la société doivent être rejetées, par voie de conséquence.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
En ce qui concerne les avis des sommes à payer de montants respectifs de 13 320 et 8 040 euros émis à l'encontre de la société La Bastide et 1 466 euros émis à l'encontre de M. C :
3.Aux termes, d'une part, de l'article L. 2213-24 du code général des collectivités territoriales : " Le maire prescrit la réparation ou la démolition des murs, bâtiments, édifices ou monuments funéraires menaçant ruine dans les conditions prévues au chapitre Ier du titre Ier du livre V du code de la construction et de l'habitation ".
4.Aux termes, d'autre part, de l'article L. 521-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Pour l'application du présent chapitre, l'occupant est le titulaire d'un droit réel conférant l'usage, le locataire, le sous-locataire ou l'occupant de bonne foi des locaux à usage d'habitation et de locaux d'hébergement constituant son habitation principale./Le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer le relogement ou l'hébergement des occupants ou de contribuer au coût correspondant dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-1 dans les cas suivants : ()/-lorsqu'un immeuble fait l'objet d'un arrêté de péril en application de l'article L. 511-1 du présent code, si l'arrêté ordonne l'évacuation du bâtiment ou s'il est assorti d'une interdiction d'habiter ou encore si les travaux nécessaires pour mettre fin au péril rendent temporairement le logement inhabitable ; () Cette obligation est faite sans préjudice des actions dont dispose le propriétaire ou l'exploitant à l'encontre des personnes auxquelles l'état d'insalubrité ou de péril serait en tout ou partie imputable ". L'article L. 521-3-1 du même code, dans sa version applicable au litige, dispose que : " I.- Lorsqu'un immeuble fait l'objet d'une interdiction temporaire d'habiter ou d'utiliser ou que son évacuation est ordonnée en application de l'article L. 511-3, le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer aux occupants un hébergement décent correspondant à leurs besoins. / A défaut, l'hébergement est assuré dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-2. Son coût est mis à la charge du propriétaire ou de l'exploitant () ". Aux termes de l'article L. 521-3-2 de ce code : " I. -Lorsqu'un arrêté de péril () [est] accompagné d'une interdiction temporaire ou définitive d'habiter et que le propriétaire ou l'exploitant n'a pas assuré l'hébergement ou le relogement des occupants, le maire ou, le cas échéant, le président de l'établissement public de coopération intercommunale prend les dispositions nécessaires pour les héberger ou les reloger () ".
5.Les pouvoirs de police générale reconnus au maire par les dispositions précitées des articles L. 2212-2 et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales sont distincts des pouvoirs qui lui sont conférés dans le cadre des procédures de péril ou de péril imminent régies par le chapitre Ier du titre Ier du livre V du code de la construction et de l'habitation auquel renvoie l'article L. 2213-24 du code général des collectivités territoriales. Lorsque l'évacuation des occupants est ordonnée sur le fondement de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation, il incombe au propriétaire ou à l'exploitant d'assurer aux occupants un hébergement décent correspondant aux besoins du locataire, et d'en supporter le coût, le maire de la commune ou, le cas échéant, le président de l'établissement public de coopération intercommunale, devant prendre les dispositions nécessaires pour l'hébergement ou les relogement lorsque le propriétaire ou l'exploitant est défaillant.
6.En l'espèce, par l'arrêté de péril grave et imminent du 4 juin 2019, pris sur le fondement de l'article L 511-3 du code de la construction et de l'habitation, le maire a interdit l'occupation des appartements du 5ème étage, des dégagements et des appartements de la partie gauche en sortant de l'ascenseur (côté rue de Rome) des 2ème, 3ème et 4ème étages, de l'appartement du 1er étage à l'angle de la rue de Rome et de la rue Rouget de l'Isle, ainsi que les trois commerces en rez-de-chaussée côté rue de Rome et Cours Saint-Louis. Par l'arrêté du 7 février 2020 de main levée partielle du péril grave et imminent du 4 juin 2019, il a seulement autorisé la réintégration des trois commerces en rez-de-chaussée et maintenu expressément l'interdiction d'occupation résultant de l'arrêté du 4 juin 2019. Les appartements visés par l'arrêté de péril grave et imminent du 4 juin 2019 modifié par l'arrêté du 7 février 2020 étant temporairement interdits à l'habitation, il incombe à la société La Bastide et à M. C d'assurer, à leurs frais, l'hébergement des locataires visés par cet arrêté. Si, par un arrêté de police générale du 3 juin 2020 pris sur le fondement de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, modifié par un arrêté du 30 septembre 2020, la ville de Marseille a prescrit l'interdiction totale d'occuper cet immeuble, il n'appartient pas à la société La Bastide ou à M. C de procéder au relogement des locataires autres que ceux visés dans l'arrêté de péril du 4 juin 2019.
7.D'une part, les avis des sommes à payer de montants respectifs de 13 320 euros et de 8 040 euros ont été émis pour le recouvrement des frais avancés pour le relogement de M. H. Il est constant que le logement occupé par ce dernier concerne le lot n° 8 et il résulte de l'instruction, notamment de l'acte de vente du 22 juillet 2008 de ce lot et de l'état descriptif de division de l'immeuble du 28 février 1985, que ce logement est situé à l'entresol de l'immeuble. L'interdiction d'occupation de cet appartement étant fondée uniquement sur l'arrêté de police générale du 3 juin 2020, et non sur l'arrêté de péril grave et imminent du 4 juin 2019 modifié par l'arrêté du 7 février 2020 qui ne porte pas sur l'entresol de l'immeuble, les frais de relogement incombent à la ville de Marseille.
8.D'autre part, l'avis des sommes à payer d'un montant de 1 466 euros a été émis pour le relogement de M. G. Ainsi qu'en atteste le bail locatif du 6 octobre 2015 entre M. C et l'intéressé, ce logement correspond au lot n° 22 et est situé au 2ème étage côté cours Saint-Louis, ce que confirme l'acte de vente du 20 décembre 1985 faisant état d'un logement dont la façade donne exclusivement sur le cours Saint-Louis. Or, l'arrêté de péril grave et imminent du 4 juin 2019 modifié par l'arrêté du 7 février 2020 interdit l'occupation des seuls appartements situés au 2ème étage dont la façade se situe côté rue de Rome. Il en résulte que l'interdiction d'occupation de cet appartement étant elle aussi exclusivement fondée sur l'arrêté de police général du 3 juin 2020, les frais de relogement incombent à la ville de Marseille.
9.Ainsi, la société La Bastide et M. C sont fondés à soutenir qu'aucune obligation de relogement de M. H et M. G ne leur incombait en vertu de l'arrêté du 3 juin 2020 qui ne mettait en œuvre que des pouvoirs de police générale du maire. Par suite, en l'absence d'une telle obligation incombant aux requérants, le maire de la ville de Marseille, qui a réglé les frais d'hébergement de M. H et M. G ne disposait d'aucune créance résultant de la substitution de la ville au propriétaire ne se conformant pas à ses obligations d'hébergement et de relogement. Il en résulte que ces créances ne pouvaient constituer le fondement des avis des sommes à payer litigieux.
10. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, les avis des sommes à payer du 18 novembre 2021 de montants respectifs de 13 320 euros, 8 040 euros et 1 466 euros doivent être annulés. Eu égard au motif retenu, l'annulation de ces avis des sommes à payer implique nécessairement la décharge des sommes mises à la charge de la société La Bastide et de M. C.
En ce qui concerne les avis des sommes à payer de montants respectifs de 3 157 euros, 896 euros et 295 euros émis à l'encontre de M. C :
11.Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable : " () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. (). / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel () mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours./ Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation () ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif adressé au redevable doit mentionner les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.
12.Il résulte de l'instruction que les avis des sommes à payer des montants respectifs de 3 157 euros, 896 euros et 295 euros adressés à M. C mentionnent que les titres sont émis, par délégation du maire, par M. A F, adjoint aux finances. Si la ville de Marseille a produit un document du 3 janvier 2023 émanant de sa société prestataire Docaposte Fast, spécialisée en procédure de dématérialisation, ce document n'atteste pas que le bordereau dématérialisé des titres de recette en litige, a été signé électroniquement par M. F. Ainsi, les avis des sommes à payer ne sont pas conformes aux dispositions précitées de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation des avis des sommes à payer émis à son encontre le 18 novembre 2021 par la ville de Marseille pour des montants respectifs de 3 157 euros, 896 euros et 295 euros. L'annulation de ces titres exécutoires pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse. En l'absence de moyen fondé de nature à justifier le prononcé de la décharge de ces créances, les conclusions à fin de décharge présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 500 euros à verser à la société La Bastide et la même somme à verser à M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les avis des sommes à payer émis par la ville de Marseille le 18 novembre 2021 pour des montants de 13 320 euros, 8 040 euros, 1 466 euros, 3 157 euros, 896 euros et 295 euros sont annulés.
Article 2 : La société La Bastide est déchargée de l'obligation de payer la somme de 21 360 euros.
Article 3 : M. C est déchargé de l'obligation de payer la somme de 1 466 euros.
Article 4 : La ville de Marseille versera à la société La Bastide la somme de 500 euros et à M. C la somme de 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société La Bastide, à M. E C et à la ville de Marseille.
Délibéré après l'audience du 25 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées de Mme Boyé, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
F. Gaspard-Truc
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
F.-L. Boyé
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604449
Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... B.... Ce dernier demandait, en pleine vague de chaleur et avant un rendez-vous médical, sa réintégration dans un hébergement d'urgence, invoquant une atteinte grave à ses libertés fondamentales (droit à l'hébergement, droit à la vie et à l'intégrité physique). Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie ou que la demande était manifestement mal fondée, au vu des nombreux hébergements déjà proposés au requérant. La décision s'appuie sur les articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles, qui garantissent l'accès à l'hébergement d'urgence, mais dont la carence n'a pas été caractérisée en l'espèce.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2504730
Le Tribunal Administratif de Rennes a pris acte, par ordonnance du 1er juin 2026, du désistement pur et simple de Mme A... de son instance et de l'ensemble de ses conclusions. La requérante demandait initialement la condamnation de la commune de Rennes à l'indemniser de préjudices liés à une maladie professionnelle. Le tribunal, statuant sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, a donné acte de ce désistement et a rejeté les conclusions de la commune présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2520806
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... A... comme manifestement irrecevable. La requérante contestait le refus de la commission d’accès aux documents administratifs de lui communiquer le dossier personnel de son arrière-grand-père. Saisi en plein contentieux, le tribunal a constaté que la requête n'était pas accompagnée de la décision attaquée et que Mme B... A..., résidant en Algérie, n'avait pas élu domicile sur le territoire national comme l'exige l'article R. 431-8 du code de justice administrative. Malgré une demande de régularisation restée sans effet, ces vices n'ont pas été corrigés, justifiant le rejet sur le fondement de l'article R. 222-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2609206
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui délivrer un certificat d’immatriculation pour son véhicule. Le juge a estimé que la mesure sollicitée était manifestement irrecevable car elle aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de la décision administrative de refus d’immatriculation déjà prise. En conséquence, la requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.
01/06/2026