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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2200649

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2200649

mardi 25 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2200649
TypeDécision
Formation4ème Chambre
Avocat requérantOLIVIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 janvier 2022, M. F B et Mme E A, représentés par Me Olivier, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Marseille a refusé de leur délivrer un permis de construire modificatif sur un terrain situé 32/34 rue des Bons Voisins ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté en litige est entaché d'incompétence ;

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- le motif tiré de la méconnaissance les dispositions du volet patrimonial du règlement dans les secteurs d'habitat de type " cabanonier " dès lors que la hauteur de façade prévue est en harmonie avec celles observées sur les constructions de la séquence architecturale ;

- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 9 applicable en zone UBp du règlement du plan local d'urbanisme est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que la modification de la toiture s'insère dans le site environnant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2022, la commune de de Marseille conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B et Mme A ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 24 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 24 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cabal, rapporteur,

- les conclusions de M. Trébuchet rapporteur public,

- et les observations de Mme C pour la Ville de Marseille.

Considérant ce qui suit :

1. M. F B et Mme E A sont titulaires d'un permis de construire portant sur la rénovation et la surélévation d'une construction existante tacitement délivré le 7 novembre 2019. Le 10 juin 2021, ils ont sollicité la délivrance d'un permis de construire modificatif portant sur une modification de la hauteur et de la toiture du projet. Par un arrêté du 29 juillet 2021, le maire de Marseille a opposé un refus à cette demande. M. B et Mme A ont sollicité le retrait de cet arrêté. En l'absence de réponse, leur recours gracieux a été tacitement rejeté. M. B et Mme A demandent au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la signataire de la décision en litige, Mme D, adjointe déléguée à l'urbanisme et au développement harmonieux de la ville, a été habilitée par le maire de Marseille à prendre, notamment, toutes les décisions relatives au droit des sols, par un arrêté du 24 décembre 2020, transmis le même jour en préfecture et publié au recueil des actes administratifs de la ville de Marseille daté du 1er janvier 2021 accessible tant au juge qu'aux parties sur le site officiel de la commune de Marseille. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables. ".

4. Il résulte des énonciations de l'arrêté contesté, qui cite notamment les dispositions pertinentes du règlement du plan local d'urbanisme, que le maire de Marseille s'est fondé, pour s'opposer à la demande présentée par M. B et Mme A, sur les motifs tirés de ce que le projet ne respecte pas les dispositions du volet patrimonial du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la hauteur de la façade issue de la modification est supérieure à 6 mètres et de l'article 9 applicable en zone UBp de ce règlement dès lors que la toiture modifiée est de nature à porter atteinte au site environnant. Par suite, l'arrêté en litige est suffisamment motivé en fait. Il suit de là que le moyen tiré du défaut de motivation ne saurait être accueilli.

5. En troisième lieu, une décision rejetant une demande d'autorisation d'urbanisme pour plusieurs motifs ne peut être annulée par le juge de l'excès de pouvoir à raison de son illégalité interne, réserve faite du détournement de pouvoir, que si chacun des motifs qui pourraient suffire à la justifier sont entachés d'illégalité. En outre, en application de l'article

L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, le tribunal administratif saisi doit, lorsqu'il annule une telle décision de refus, se prononcer sur l'ensemble des moyens de la demande qu'il estime susceptibles de fonder cette annulation, qu'ils portent d'ailleurs sur la légalité externe ou sur la légalité interne de la décision. En revanche, lorsqu'il juge que l'un ou certains seulement des motifs de la décision de refus en litige sont de nature à la justifier légalement, le tribunal administratif peut rejeter la demande tendant à son annulation sans être tenu de se prononcer sur les moyens de cette demande qui ne se rapportent pas à la légalité de ces motifs de refus.

6. Aux termes de l'article 5 du règlement du plan local d'urbanisme applicable en zone UB : " a) Lorsque ni la hauteur totale* ni la hauteur de façade* ne sont définies par le règlement graphique (par une prescription de hauteur ou un polygone constructible), la hauteur de façade* des constructions est : / en UBp, fixée en harmonie avec les hauteurs de façade* observées sur les constructions de la séquence architecturale* ; () ". Aux termes des dispositions générales du volet patrimonial de ce règlement applicables aux habitats de type " cabanonier (CA) " : " En cas de contradiction entre les prescriptions communes et les prescriptions spécifiques, ce sont les secondes qui priment () / La hauteur de façade des constructions est limitée à 6 mètres. () ". Aux termes des prescriptions spécifiques applicables au hameau des Goudes : " Dans le respect des hauteurs maximales édictées dans les dispositions générales, l'objectif poursuivi est de rechercher une homogénéité par rapport aux gabarits des constructions avoisinantes afin de conserver un ensemble bâti harmonieux. () ". Le lexique du règlement précise que la hauteur doit être mesurée " En cas de toiture en pente (pente = 10 %) / entre tout point de chaque égout du toit () / et le point bas de la façade situé à son aplomb () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que l'égout du toit de la façade nord est d'une hauteur de 7,51 mètres à son aplomb. Contrairement à ce que soutiennent M. B et Mme A, il n'existe pas de contradiction entre les dispositions générales du volet patrimonial du règlement et ses dispositions spécifiques applicables au hameau des Goudes, alors que ces dernières précisent explicitement que la prescription imposant de " rechercher une homogénéité par rapport au gabarit des constructions avoisinantes " s'applique " dans le respect des hauteurs maximales édictées dans les dispositions générales ". Par suite le maire de Marseille a pu légalement refuser de délivrer le permis de construire modificatif sollicité sur le fondement des dispositions précitées. Ce motif est, à lui seul, de nature à justifier un refus de permis de construire.

8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête relatif au second motif de refus, que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B et Mme A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Marseille, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B et Mme A demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B et Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et Mme E A et à la commune de Marseille.

Délibéré après l'audience du 3 mars 2025, à laquelle siégeaient :

M. Salvage, président,

M. Cabal, premier conseiller,

M. Guionnet Ruault, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2025.

Le rapporteur,

signé

P.Y. CABAL

Le président,

signé

F. SALVAGE

La greffière,

signé

S. BOUCHUT

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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