jeudi 14 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2200672 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | VICQUENAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2022, la société Main Sécurité, représentée par Me Vicquenault, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 mars 2021 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône lui appliqué des pénalités à hauteur de 28 000 euros et la décision du 3 mai 2021 par laquelle cette même autorité a rejeté son mémoire de réclamation ;
2°) d'annuler la décision du 17 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté son recours contre la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 10 mars 2021 ;
3°) de la décharger du paiement des pénalités réclamées ou de condamner l'État à lui payer le montant des pénalités sous déduction du montant des pénalités modulées par le tribunal ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le préfet des Bouches-du-Rhône ne pouvait se fonder sur la méconnaissance de l'article 6.2.1 du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) pour justifier l'application des pénalités dès lors que cet article ne concerne que les attestations de formation des agents du titulaire et est sans rapport avec l'agrément préfectoral nécessaire pour réaliser les palpations de sécurité ;
- le manquement invoqué par le préfet des Bouches-du-Rhône, tenant au défaut d'agrément préfectoral pour effectuer des palpations de sécurité, ne pouvait être rattaché au point de l'article 12.2 du cahier des clauses administrative particulières (CCAP) relatif au non-respect " des procédures et consignes ", dès lors que les seules procédures prévues dans le CCTP portent sur le règlement des factures par voie dématérialisée et sur l'accès en zone protégée et que le contrat ne prévoit aucune procédure ou consigne relative aux agréments des agents pour procéder à des opérations de palpation ;
- en tout état de cause, le défaut d'agrément préfectoral de ses agents ne constitue pas une infraction majeure, " portant atteinte à la sûreté du site " au sens de l'article 12.2 du CCAP dès lors que ses agents étaient titulaires de la formation requise, qu'elle ne parvenait pas à obtenir de l'administration l'agrément préfectoral requis pour les opérations de palpation, que le pouvoir adjudicateur était informé de cette difficulté et qu'il a mis en place les mesures nécessaires pour pallier cette difficulté en confiant aux agents de police du site la réalisation des palpations jusqu'à obtention des autorisations préfectorales le 22 décembre 2020 ;
- le mode de calcul des pénalités est erroné dès lors que le manquement ne peut être caractérisé qu'une fois et non quatre fois pour chaque agent et que les pénalités ne peuvent pas être comptabilisées par jour.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mars 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête de la société Main Sécurité est irrecevable dès lors qu'elle n'a pas adressé de mémoire en réclamation dans le délai de deux mois à compter du jour où le différend est apparu et que le courrier du 16 avril 2021 ne constitue pas un mémoire de réclamation au sens de l'article 37.2 du cahier des clauses administratives générales des marchés publics de fournitures courantes et de services ;
- le manquement contractuel est caractérisé dès lors qu'en ne disposant pas de l'agrément préfectoral nécessaire permettant à ses agents d'effectuer des palpations de sécurité, la société Main Sécurité a méconnu les dispositions législatives et règlementaires prévues aux articles L. 613-2 et R. 613-6 du code de la sécurité intérieure ainsi que celles de l'article 3.3.3 du CCTP du marché en litige imposant le respect de ces dispositions ;
- le défaut d'agrément préfectoral des agents de sécurité à effectuer des palpations de sécurité relève de la rubrique " non application des procédures et consignes " prévue à l'article 12.2 du CCAP dès lors que cet agrément constitue une procédure préalable à la réalisation de ces opérations ;
- le défaut d'agrément préfectoral des agents de sécurité à effectuer des palpations de sécurité relève de la qualification d'" infraction majeure portant atteinte à la sûreté du site " prévue à l'article 12.2 du CCAP dès lors que la délivrance de ces agréments permet de s'assurer que les opérations de palpation - missions importantes et sensibles pour la sécurité du centre de rétention administratif - soient effectuées par des agents disposant de toutes les compétences nécessaires ;
- la société Main Sécurité n'est pas fondée à contester le calcul du montant des pénalités appliquées dès lors que, même si ce sont au total sept agents de sécurité qui étaient dépourvus d'agrément entre le 15 et le 22 décembre 2020, il n'en a comptabilisé que quatre compte tenu du fait que chaque jour, quatre agents étaient prévus sur le site, et que les manquements s'étant répétés, il a légitimement multiplié la pénalité par le nombre de jour concerné ; en outre, les carences ayant été constatées jusqu'au 23 décembre 2020, il a donc fait preuve de bienveillance en ne comptabilisant que sept jours de carences et non neuf ;
- la société Main Sécurité n'est pas fondée à solliciter la modulation du montant des pénalités dès lors qu'elle n'établit pas que le montant de ces pénalités serait excessif et que les pénalités infligées étaient pleinement justifiées puisqu'elle a été dans l'incapacité d'affecter des personnels agrémentés à effectuer les missions qui lui étaient contractuellement confiées pendant plus de quatre mois suivant la notification du marché.
Par ordonnance du 11 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au même jour.
La société Main Sécurité a produit un mémoire, enregistré le 17 août 2023, qui n'a pas été communiqué.
Le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas produit de mémoire en défense.
Le 24 novembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation des décisions du 10 mars 2021 et du 3 mai 2021 par lesquelles le préfet des Bouches-du-Rhône a appliqué des pénalités à la société Main Sécurité et a rejeté son mémoire de réclamation, et de la décision implicite du ministre de l'intérieur du 17 juillet 2021 rejetant son recours contre la décision du 10 mars 2021 dès lors que le juge du contrat n'a pas, en principe, le pouvoir de prononcer, à la demande de l'une des parties, l'annulation de mesures prises par l'autre partie, comme contraires aux clauses du contrat et qu'il lui appartient seulement de rechercher si ces mesures sont intervenues dans des conditions de nature à ouvrir un droit à indemnité.
La société Main Sécurité a produit des observations en réponse à ce moyen d'ordre public le 28 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Devictor ;
- les conclusions de Mme Dyèvre, rapporteure publique ;
- les observations de Me El Yousfi, substituant Me Vicquenault, représentant la société Main sécurité et de Mmes A et Boussouka, représentant l'État.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre du marché de prestation d'accueil du public, d'accompagnement du retenu et de gardiennage du centre de rétention administratif de Marseille passé avec le préfet des Bouches-du-Rhône le 1er septembre 2020, les agents de la société Main Sécurité, pour réaliser les opérations de palpation de sécurité, doivent être titulaires d'un certificat de qualification professionnelle et obtenir un agrément en préfecture. Toutefois, la société requérante n'a pas réussi à obtenir les autorisations préfectorales autorisant ses agents à procéder à des palpations avant le 22 décembre 2020. Le 15 décembre 2020, un agent de police du centre de rétention administratif a constaté le défaut d'agrément de quatre agents de la société Main Sécurité pour procéder aux palpations de sécurité. Par un courrier du 29 janvier 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône a appliqué à la société Main Sécurité des pénalités d'un montant de 36 000 euros pour défaut d'agrément préfectoral concernant quatre agents sur une période de neuf jours. À l'issue d'une réunion de médiation organisée entre la société Main Sécurité et le préfet des Bouches-du-Rhône en février 2021, ce dernier a adressé par courrier du 10 mars 2021 à la société requérante un nouveau décompte de pénalités d'un montant de 28 000 euros sur sept jours, annulant et remplaçant le précédent décompte. Par un courrier du 16 avril 2021, la société Main Sécurité a contesté l'application de ces pénalités. Par un courrier du 3 mai 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté cette demande. Par un courrier du 12 mai 2021, la société Main Sécurité a formé un recours auprès du ministre de l'intérieur, qui a été implicitement rejeté le 17 juillet 2021. Par la présente requête, la société Main Sécurité demande l'annulation de la décision du 10 mars 2021 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a appliqué les pénalités, de la décision du 3 mai 2021 par laquelle le préfet a rejeté son mémoire de réclamation, de la décision du 17 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté implicitement son recours et demande à être déchargée, en totalité ou en partie, du paiement des pénalités appliquées et à ce que l'État soit condamné à lui verser la somme de 28 000 euros.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article 37.2 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) des marchés publics de fournitures courantes et de services dans sa version applicable au marché en litige : " Tout différend entre le titulaire et le pouvoir adjudicateur doit faire l'objet, de la part du titulaire, d'un mémoire de réclamation exposant les motifs et indiquant, le cas échéant, le montant des sommes réclamées. Ce mémoire doit être communiqué au pouvoir adjudicateur dans le délai de deux mois, courant à compter du jour où le différend est apparu, sous peine de forclusion ". Aux termes de l'article L. 243-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 243-3, une mesure à caractère de sanction infligée par l'administration peut toujours être retirée ".
3. D'une part, le courrier du 16 avril 2021 de la société Main Sécurité adressé au préfet des Bouches-du-Rhône énonce le différend qui l'oppose au préfet des Bouches-du-Rhône, à savoir l'application des pénalités à son encontre pour un montant de 28 000 euros, et les motifs pour lesquels elle considère que ces pénalités ne sont pas dues, précisant que leur rattachement aux pénalités pour des infractions majeures prévues à l'article 12.2 du cahier des clauses administratives particulières relève d'une mauvaise interprétation du contrat, et que seules des pénalités pour des infractions mineures pourraient lui être appliquées. Le courrier mentionne également le calcul des pénalités contestées, ainsi que les bases de calcul et le montant de 800 euros qu'il propose de retenir. Par suite, ce courrier comportant l'énoncé d'un différend et exposant, de façon précise et détaillée, les chefs de la contestation en indiquant, d'une part, les montants des sommes dont le paiement est demandé et, d'autre part, les motifs de ces demandes, notamment les bases de calcul des sommes réclamées, il a la nature de mémoire de réclamation au sens de l'article 37.2 du CCAG précité.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 10 mars 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône a adressé à la société requérante un nouveau décompte de pénalités pour un montant de 28 000 euros à l'issue d'une réunion de médiation, après l'envoi d'un premier décompte de pénalités adressé par courrier du 29 janvier 2021 pour un montant de 36 000 euros. Le courrier du 10 mars 2021 indique que ce nouveau décompte " remplace et annule le précédent ". Le préfet des Bouches-du-Rhône a, par cette décision, retiré la décision de sanction infligée du 29 janvier 2021, ainsi qu'il avait la possibilité de le faire en application des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration et pris une nouvelle mesure de sanction qui doit être considérée comme ayant fait naître le litige. Ainsi, la décision attaquée du 10 mars 2021 ayant été notifiée à la société Main Sécurité le 16 mars 2021, le mémoire de réclamation du 16 avril 2021 notifié le 19 avril 2021 au préfet des Bouches-du-Rhône, soit dans le délai de deux mois prévu à l'article 37.2 du CCAG précité, n'est pas tardif.
5. Le ministre de l'intérieur n'est donc pas fondé à soutenir que le courrier du 16 avril 2021 ne constituerait pas un mémoire de réclamation au sens de l'article 37.2 du CCAG ni qu'il serait tardif. La fin de non-recevoir doit par suite être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Le juge du contrat n'a pas, en principe, le pouvoir de prononcer, à la demande de l'une des parties, l'annulation de mesures prises par l'autre partie, comme contraires aux clauses du contrat. Il lui appartient seulement de rechercher si ces mesures sont intervenues dans des conditions de nature à ouvrir un droit à indemnité.
7. Par suite, les conclusions à fin d'annulation des décisions du préfet des Bouches-du-Rhône du 10 mars 2021 et du 3 mai 2021 par lesquelles cette autorité a appliqué des pénalités à la société Main Sécurité et rejeté son mémoire de réclamation, les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite du ministre de l'intérieur du 17 juillet 2021 rejetant son recours contre la décision du 10 mars 2021 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Aux termes de l'article R. 613-6 du code de la sécurité intérieure dans sa version applicable au litige : " Les employés exerçant une activité de surveillance ou de gardiennage mentionnée au 1° de l'article L. 611-1 () doivent avoir été habilités par leur employeur, puis agréés par le préfet de département ou, (), dans le département des Bouches-du-Rhône, par le préfet de police des Bouches-du-Rhône, pour procéder aux palpations de sécurité prévues à l'article L. 613-2 ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les personnes physiques exerçant l'activité mentionnée au 1° de l'article L. 611-1 peuvent, en cas de circonstances particulières liées à l'existence de menaces graves pour la sécurité publique ou lorsqu'un périmètre de protection a été institué en application de l'article L. 226-1, procéder, avec le consentement exprès des personnes, à des palpations de sécurité ".
9. Aux termes de l'article 12 du CCAP applicable au marché en litige et relatif aux pénalités : " 12.1. Défaillance dans l'exécution des prestations du fait du Titulaire. / Le Titulaire s'engage à exécuter le présent marché dans les conditions prévues au présent CCAP et au CCTP. () Le représentant du pouvoir adjudicateur pourra appliquer des pénalités en cas de non-respect des demandes de qualité exposées ci-dessous. Les pénalités peuvent être constatées par un procès-verbal et retenues à tout moment par le CRA. () 12.2. Définition des pénalités. () Respect des procédures et consignes : Non application des procédures et consigne : 200 € / infraction mineure (ne portant pas atteinte à la sûreté du site : biens et personnes) ; 1 000 € / infraction majeure (portant atteinte à la sûreté du site : biens et personnes) () ". Aux termes de l'article 3.3 du CCTP applicable au marché portant sur les obligations règlementaires : " 3.3.3. Applicables aux prestations. Le présent marché devra respecter le cadre réglementaire et l'ensemble des textes, lois, décrets, Code du travail et conventions collectives relatives à la profession. () Codes : Code de la sécurité intérieure, version consolidée du 16 juin 2017, et notamment le livre VI () ".
10. L'obtention d'un agrément par l'employeur auprès du préfet des Bouches-du-Rhône, pour permettre à ses agents de procéder aux opérations de palpation de sécurité prévues à l'article L. 613-2 du code de la sécurité intérieure, constitue une obligation règlementaire imposée par l'article R. 613-6 du code de la sécurité intérieure et reprise à l'article 3.3.3 précité du CCTP. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que cette obligation constitue une consigne ou une procédure au sens de l'article 12 du CCAP, items qui font référence à la manière dont les agents exercent leurs fonctions, encadrée et prévue à l'article 5 du CCTP relatif à l' " organisation générale des prestations " et à l'article 6 du même cahier relatif à la " définition des prestations et moyens à fournir par le titulaire ". Il ne résulte pas davantage de l'instruction que le manquement à l'obligation d'obtenir un agrément préfectoral figure au nombre des cas listés par l'article 12 du CCAP. Ainsi, si le défaut d'agrément constitue bien un manquement au CCTP, il ne relève pas des cas prévus par le marché pour lesquels le pouvoir adjudicateur peut infliger des pénalités à son cocontractant.
11. Par suite, la société Main Sécurité est fondée à soutenir que le préfet des Bouches-du-Rhône ne pouvait lui infliger une sanction sur le fondement de l'article 12.2 du CCAP. Il en résulte que l'État doit être condamné à verser la somme de 28 000 euros à la société Main Sécurité.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D É C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser la somme de 28 000 euros à la société Main Sécurité.
Article 2 : L'État versera la somme de 3 000 euros à la société Main Sécurité en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Main Sécurité et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Devictor, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
É. DevictorLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026