jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2201235 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CAVASINO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 11 février 2022, le 7 décembre 2023 et le 30 janvier 2024, Mme C B, représentée par Me Cavasino, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015, 2016 et 2017, et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure est irrégulière faute pour l'administration d'avoir justifié auprès de la requérante qu'elle a détruit les fichiers des écritures comptables avant de mettre les impositions en recouvrement ;
- la procédure relative aux rectifications de l'année 2015 est irrégulière, faute pour l'administration de lui avoir notifié la proposition de rectification et faute d'établir que le pli de cette proposition de rectification a été mis en instance pendant quinze jours et n'a pas été retiré dans le délai imparti ;
- les propositions de rectification reçues par la SNC Lucy sont insuffisamment motivées, faute pour l'administration d'avoir mentionné la liste des montants de taxe sur la valeur ajoutée dont elle a refusé la déduction en l'absence de facture et d'avoir répondu à l'objection de la société liée au vol de factures ;
- l'administration a méconnu l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales en s'abstenant de mentionner, dans les propositions de rectification de la SNC Lucy, les fournisseurs qui n'ont pas répondu à ses demandes de communication ;
- c'est à tort que l'administration a refusé la déduction de charges correspondant à des frais de voyage et de déplacement, des frais d'entretien de véhicule et des frais de maintenance du local commercial ;
- c'est à tort que l'administration a refusé la déduction de frais de déplacement entre son lieu de travail et son domicile alors que ce dernier est éloigné du premier car elle doit s'occuper de sa mère malade ;
- elle est fondée à invoquer les paragraphes n°40 et 50 de l'instruction référencée BOI-BIC-CHG-10-20-20 et de la réponse ministérielle de M. A, AN n° 23880, publiée au journal officiel du 1er septembre 1980, p. 3669.
Par des mémoires en défense enregistrés le 16 mars 2022 et le 11 décembre 2023 la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 1er février 2024 et non communiqué, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut aux mêmes fins que celles de ses précédentes écritures, par les mêmes moyens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,
- et les conclusions de M. Secchi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SNC Lucy exploite un bar, tabac, glacier, grill et débit de boissons, à Martigues. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos en 2015, 2016 et 2017. L'administration a remis en cause certaines charges déduites. En conséquence, elle a notifié à Mme B des rectifications en matière de bénéfices industriels et commerciaux, à hauteur de sa participation dans la SNC Lucy. Le service a également remis en cause des indemnités kilométriques déclarés en frais réels. Mme B demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015, 2016 et 2017, et des pénalités correspondantes.
Sur la régularité de la procédure :
2. En premier lieu, aux termes du I. de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales : " Lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés, le contribuable qui fait l'objet d'une vérification de comptabilité satisfait à l'obligation de représentation des documents comptables mentionnés au premier alinéa de l'article 54 du code général des impôts en remettant au début des opérations de contrôle, sous forme dématérialisée répondant à des normes fixées par arrêté du ministre chargé du budget, une copie des fichiers des écritures comptables définies aux articles 420-1 et suivants du plan comptable général. () / L'administration détruit, avant la mise en recouvrement, les copies des fichiers transmis. ".
3. Les dispositions précitées de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales font obligation à l'administration fiscale de détruire les copies des fichiers d'écritures comptables avant la mise en recouvrement des impositions. Ces dispositions sont destinées à garantir au contribuable que des impositions ultérieures ne seront pas établies sur la base des données contenues dans ces fichiers. L'omission de destruction des copies des fichiers en cause, en méconnaissance des dispositions précitées, est susceptible d'entacher la régularité des impositions qui viendraient à être ultérieurement établies sur la base des données qu'ils contiennent. Elle est, en revanche, sans influence sur les impositions mises en recouvrement après la consultation et l'exploitation des fichiers. Par suite, Mme B ne peut utilement soutenir que la procédure est irrégulière faute pour l'administration d'avoir justifié qu'elle a détruit les fichiers des écritures comptables avant de mettre en recouvrement les impositions en litige.
4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". D'autre part, aux termes de l'article R. 1-1-6 du code des postes et des communications électroniques : " Lorsque la distribution d'un envoi postal recommandé relevant du service universel est impossible, le destinataire est avisé que l'objet est conservé en instance pendant quinze jours calendaires. A l'expiration de ce délai, l'envoi postal est renvoyé à l'expéditeur lorsque celui-ci est identifiable ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 7 février 2007 pris en application de l'article R. 2-1 du code des postes et des communications électroniques et fixant les modalités relatives au dépôt et à la distribution des envois postaux : " En cas d'absence du destinataire à l'adresse indiquée par l'expéditeur lors du passage de l'employé chargé de la distribution, un avis du prestataire informe le destinataire que l'envoi postal est mis en instance pendant un délai de quinze jours à compter du lendemain de la présentation de l'envoi postal à son domicile ainsi que du lieu où cet envoi peut être retiré ".
5. En vertu des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, l'administration adresse à la société, qui a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, une proposition de rectification. Si le contribuable conteste que cette proposition de rectification lui a bien été notifiée, il incombe à l'administration fiscale d'établir qu'une telle notification lui a été régulièrement adressée et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve établissant que l'intéressé a été avisé de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste et qu'il n'a pas été retourné avant l'expiration du délai de mise en instance. Toutefois, alors même que l'administration fiscale ne serait pas en mesure de justifier du respect du délai de mise en instance du pli comportant la notification de la proposition de rectification du contribuable, celui-ci ne peut se prévaloir de ce que les conditions de notification l'auraient privé de la garantie qu'il tient des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales s'il n'établit pas, notamment par la production d'une attestation du service postal, avoir tenté, en vain, de retirer le pli en cause dans ce délai.
6. Il résulte de l'instruction que, d'une part, la date de vaine présentation du pli recommandé notifiant la proposition de rectification du 13 décembre 2018, relative aux bénéfices industriels et commerciaux réalisés par la SNC Lucy au cours de l'année 2015, n'apparaît pas sur l'avis de réception de ce pli retourné à l'administration. Toutefois, le pli comporte la mention manuscrite " Avisé le 20/12/18 Riez " et a été retourné à l'administration avec l'information " pli avisé et non réclamé ". D'autre part, Mme B n'établit pas ni même n'allègue avoir vainement tenté de récupérer son pli auprès de la Poste dans le délai de mise en instance. Dans ces conditions, elle n'est fondée à soutenir, ni que l'administration ne lui aurait pas notifié la proposition de rectification du 13 décembre 2018, ni que la procédure serait irrégulière faute pour l'administration d'établir que le pli de cette proposition de rectification a été mis en instance pendant quinze jours et n'a pas été retiré dans le délai imparti.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article. ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations.
8. Il résulte de l'instruction que les revenus de Mme B ont été rehaussés à raison du rehaussement des bénéfices industriels et commerciaux de la SNC Lucy, à proportion des parts détenues par la requérante dans la société. Toutefois, ce rehaussement des revenus de l'intéressée a été calculé uniquement à partir du rejet de charges déduites, d'amortissements excédentaires et de la minoration d'actif, à l'exclusion du rehaussement correspondant au profit sur le Trésor. Par suite, Mme B ne peut utilement soutenir que les propositions de rectification reçues par la SNC Lucy sont insuffisamment motivées faute pour l'administration d'avoir mentionné la liste des montants de taxe sur la valeur ajoutée dont elle a refusé la déduction en l'absence de facture.
9. En quatrième lieu, aucun texte ni aucun principe n'imposait à l'administration de mentionner, dans les propositions de rectification du 13 décembre 2018 et du 7 février 2019, le vol des factures de la SNC Lucy. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'elles sont insuffisamment motivées en l'absence de telles mentions.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ". Il résulte de l'instruction que la SNC Lucy a transmis à l'administration une liste de fournisseurs auprès desquels l'administration a fait usage de son droit de communication. En annexe de la proposition de rectification du 7 février 2019, l'administration a communiqué la liste des factures obtenues des fournisseurs qui avaient bien voulu répondre au droit de communication. L'administration n'avait pas à communiquer la liste des fournisseurs n'ayant pas répondu au droit de communication, dès lors que le redressement en litige n'est pas fondé sur des renseignements ou documents obtenus de ces tiers. Par suite, le moyen, qui est inopérant, doit être écarté.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
11. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, () notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature () ".
12. Si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts, que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Pour être admises en déduction du résultat imposable, les charges doivent être exposées dans l'intérêt direct de l'exploitation ou se rattacher à la gestion normale de l'entreprise et être appuyées de justifications suffisantes. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée.
13. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la SNC Lucy a déduit des frais de déplacements exposés par la gérante, indiquant à l'administration qu'il s'agissait de frais d'acheminement de produits exposés par la gérante. Toutefois, la société, dans le cadre des échanges avec l'administration, et Mme B, dans le cadre de la présente instance, n'ont produit aucune facture ni aucun autre justificatif attestant de la réalité de ces dépenses. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a refusé la déduction de ces charges des bénéfices industriels et commerciaux de la SNC Lucy.
14. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la SNC Lucy a déduit, de ses bénéfices industriels et commerciaux, des frais d'entretien de véhicule. L'administration, qui a refusé la déduction de ces charges, indique sans être contredite que, si, dans ses observations, la SNC Lucy a fourni quelques factures d'entretien, elles ne correspondent pas aux véhicules immobilisés. D'une part, ces charges ne sont pas appuyées de justifications suffisantes. D'autre part, la requérante ne démontre pas que ces charges ont été exposées dans l'intérêt direct de la SNC Lucy ou se rattachent à la gestion normale de l'entreprise. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a refusé la déduction des frais d'entretien de véhicule du bénéfice industriel et commercial de la SNC Lucy.
15. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que la SNC Lucy a déduit de ses bénéfices industriels et commerciaux des frais de maintenance immobilière. Toutefois, la société, dans le cadre des échanges avec l'administration, et Mme B, dans le cadre de la présente instance, n'ont produit aucune facture ni aucun autre justificatif attestant de la réalité de ces dépenses. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a refusé la déduction de ces charges des bénéfices industriels et commerciaux de la SNC Lucy.
16. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que l'administration a remis en cause la déduction de frais de déplacement entre le domicile de Mme B et l'établissement exploité par la SNC Lucy, trajet de 126 kilomètres que l'intéressée effectuerait une fois par semaine à l'aller et au retour. La requérante a produit, à l'appui de ses observations, un calcul forfaitaire de ses indemnités kilométrique et des péages, une capture d'écran du site Michelin indiquant un coût de trajet approximatif et deux expertises de 2010 relatives à l'état de santé de la mère de Mme B, qui justifierait le choix de cette dernière d'habiter à plus de 40 kilomètres de l'établissement. Toutefois, ces seules pièces ne permettent pas d'établir la réalité du déplacement hebdomadaire qu'effectuerait la requérante. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a refusé la déduction de frais de déplacement entre son lieu de travail et son domicile.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale par l'administration :
17. En premier lieu, la requérante n'est pas fondée à invoquer, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, le paragraphe 40 de l'instruction référencée BOI-BIC-CHG-10-20-20 du 19 mai 2014, qui concerne les menues acquisitions de produits consommables, étrangères aux charges dont Mme B demande la déduction.
18. En deuxième lieu, Mme B ne saurait se prévaloir, sur le terrain de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe 50 de la doctrine administrative référencée BOI-BIC-CHG-10-20-20 du 19 mai 2014, qui ne comporte pas d'interprétation différente de la loi fiscale que celle dont il a été fait application aux points précédents.
19. En troisième et dernier lieu, Mme B ne saurait se prévaloir, sur le terrain de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de la réponse ministérielle A, AN n° 23880, publiée au journal officiel du 1er septembre 1980, p. 3669, qui ne comporte pas d'interprétation différente de la loi fiscale que celle dont il a été fait application aux points précédents.
20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, première conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
G. Pouliquen
Le président,
Signé
J.B. BrossierLa greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026