jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2201323 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LO PINTO, MAMELLI "SAJEF AVOCATS" |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 février 2022 et le 5 juillet 2022, M. et Mme B et A C, représentés par la SELARL SAJEF Associés, agissant par Me Tournu, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge totale des majorations de 40 % pour manquement délibéré dont l'administration a fait application au titre des années 2016 et 2017 ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la décharge partielle des majorations de 40 % pour manquement délibéré dont l'administration a fait application au titre des années 2016 et 2017 ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- à défaut pour eux d'avoir déposé leur déclaration BNC, l'administration fiscale ne pouvait leur appliquer la majoration pour manquement délibéré prévue par les dispositions de l'article 1729 du code général des impôts ;
- l'administration ne démontre pas l'existence d'un manquement délibéré, le défaut de déclaration BNC résultant seulement d'un oubli de leur part ;
- c'est à tort que l'administration a appliqué la majoration pour manquement délibéré à la totalité du rehaussement, alors que celui-ci résulte en grande partie de leurs déclarations spontanées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
A titre principal, elle fait valoir que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés ;
A titre subsidiaire, elle demande que par voie de substitution de base légale la pénalité de l'article 1728-1 a du code général des impôts soit substituée à celle de l'article 1729-a du même code.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Charpy,
- les conclusions de M. Secchi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'activité individuelle de kinésithérapeute de M. C a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les années 2016 et 2017, au cours de laquelle l'intéressé a procédé au dépôt de ses déclarations de revenus non commerciaux. M. et Mme C se sont ensuite vu adresser une proposition de rectification en date du 7 août 2018 leur notifiant des rehaussements en matière de d'impôt sur le revenu. Les impositions en découlant ayant été mises en recouvrement les 30 décembre 2018 et 31 janvier 2019, et la réclamation contentieuse qu'ils ont formée le 27 mai 2021 ayant fait l'objet d'une décision de rejet en date du 13 décembre 2021, M. et Mme C demandent au tribunal, dans la présente instance, de prononcer la décharge totale, et subsidiairement partielle, des majorations de 40 % pour manquement délibéré dont l'administration a fait application.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne la majoration de 40 % prévue à l'article 1729 du code général des impôts :
2. Aux termes des dispositions de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
3. Il est constant que M. et Mme C, s'ils ont procédé, dans les délais légaux, au dépôt de leur déclaration d'ensemble pour les années 2016 et 2017, n'ont souscrit la déclaration des bénéfices non commerciaux réalisés par M. C au titre son activité de kinésithérapeute pour ces années que le 22 juin 2018.
4. D'une part, si la pénalité pour absence de bonne foi prévue par les dispositions de l'article 1729 du code général des impôts, est applicable aux droits correspondant aux insuffisances, inexactitudes ou omissions afférentes aux déclarations même souscrites tardivement, ces dispositions ne sont toutefois pas applicables aux déclarations souscrites après réception par le contribuable d'un avis de vérification de comptabilité. En l'espèce, M. C étant soumis au régime de la déclaration contrôlée prévue par les dispositions combinées de l'article 97 du code général des impôts et de l'article 40 A de l'annexe III, il aurait dû, en application de ces dispositions, souscrire la déclaration n° 2035 concernant ses bénéfices non commerciaux au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le premier mai de chaque année. Le dépôt de déclaration par M. C, le 22 juin 2018, était donc tardif. Il a de plus eu lieu après réception par le contribuable de l'avis de vérification de comptabilité le 28 mai 2018.
5. D'autre part, la date limite prévue par les dispositions précitées de l'article 40 A de l'annexe III est différente de celle fixée, pour la déclaration de revenu global n° 2042, laquelle doit, en application de l'article 175 du code général des impôts, en principe et sauf prolongation accordée par décret, parvenir à l'administration au plus tard le 1er mars. Par suite, la déclaration de revenu global que M. C a souscrite dans les délais légaux n'a pu remplacer la déclaration annexe de bénéfices non commerciaux qu'il n'a déposée que tardivement.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les dispositions de l'article 1729 du code général des impôts ne sont pas applicables aux droits, auxquels a été assujetti M. C, correspondant aux rehaussements de son revenu au titre des bénéfices non commerciaux qu'il a réalisés au cours des années 2016 et 2017.
En ce qui concerne la majoration de 10 % prévue au a. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts :
7. L'administration demande dans ses écritures en défense, subsidiairement, à substituer la pénalité de 10 % prévue à l'article 1728 du code général à celle de l'article 1729 du même code.
8. Si l'administration est en droit, à tout moment de la procédure contentieuse, de justifier d'une pénalité en en modifiant le fondement juridique, c'est à la double condition que la substitution de base légale ainsi opérée ne prive le contribuable d'aucune des garanties de procédure prévues par la loi et que l'administration invoque, au soutien de sa demande de substitution de base légale, des faits qu'elle avait retenus pour motiver la pénalité initialement appliquée.
9. Aux termes des dispositions du 1. de l'article 1728 du code général des impôts : " Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de :/ a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ".
10. En l'espèce, il résulte de la lecture de la proposition de rectification du 7 août 2018 que les pénalités de mauvaise foi infligées à M. et Mme C en application de l'article 1729 du code général des impôts étaient fondées sur le fait que M. C s'était abstenu de produire sa déclaration fiscale de bénéfices non commerciaux. Si une telle carence ne peut servir de fondement aux pénalités de mauvaise foi prévues l'article 1729, elle est de nature à justifier légalement l'application de la pénalité prévue au a. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts relatifs aux pénalités encourues en cas de défaut de déclaration. Il y a donc lieu, comme demandé par l'administration fiscale, de substituer à la majoration pour manquement délibéré la majoration de 10 % prévue au a. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts.
11. Il résulte de ce que qui précède que M. et Mme C sont fondés à demander la décharge à hauteur de 30 % (40% -10%) des pénalités afférentes aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu qui leur ont été appliquées au titre des années 2016 et 2017.
Sur les frais liés au litige :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La majoration de 10 % prévue par les dispositions du a. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts est substituée, au titre des années 2016 et 2017, à la majoration de 40 % prévue par les dispositions du a. de l'article 1729 du même code.
Article 2 : M. et Mme C sont déchargés des pénalités afférentes aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu qui leur ont été appliquées au titre des années 2016 et 2017 dans mesure de la substitution décidée par l'article 1er.
Article 3 : L'État versera à M. et Mme C une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et A C et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, première conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
C. Charpy
Le président,
Signé
J.B. Brossier
La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026