mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2201455 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7è Ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | CABINET BRINGUIER - RICHELME - ROUSSET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 février 2022, Mme A B, représentée par Me Rousset, demande au tribunal
1°) d'annuler la décision du 8 septembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales du département des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge des indus de prime d'activité, de 373,14 euros constitué sur la période du 1er mai 2019 au 30 avril 2020, 6 437,63 euros constitué sur la période du 1er août 2019 au 31 janvier 2021 et de 6 437,22 euros constitué sur la période du 1er février 2018 au 31 juillet 2019.
2°) d'annuler le courrier du 8 septembre 2021 par lequel elle était informée du possible prononcé d'une pénalité administrative à son encontre d'un montant de 3 870 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle a déclaré avec exactitude le montant de ses ressources.
Par un courrier du 11 avril 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que la décision était susceptible d'être fondée sur des moyens d'ordre public soulevés d'office tiré de :
- l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de conclusions à fin d'annulation d'une décision prononçant une pénalité administrative ;
- l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 8 septembre 2021, dès lors que la décision implicite de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône s'y est substituée.
Par un courrier du 9 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a été mise en demeure, en application des dispositions de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, de produire ses observations dans un délai de 30 jours.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le tribunal est incompétent pour connaître de concluions dirigées contre une décision relative à une pénalité administrative ;
- la demande est irrecevable dès lors qu'en ayant sollicité une remise gracieuse la requérante a reconnu être débitrice des indus.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Menasseyre vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été, sur sa proposition, dispensée du prononcé de ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Menasseyre, rapporteure a été entendu au cours de l'audience publique du 2 mai 2023.
Par une ordonnance du 2 mai 2023, la clôture de l'instruction a été différée au 12 mai 2023 à 12 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a été bénéficiaire de la prime d'activité dans le département des Bouches-du-Rhône. Par une décision du 8 septembre 2021 la caisse d'allocations familiales du département lui a réclamé le reversement d'indus de prime d'activité, de 373,14 euros constitué sur la période du 1er mai 2019 au 30 avril 2020, 6 437,63 euros constitué sur la période du 1er août 2019 au 31 janvier 2021 et de 6 437,22 euros constitué sur la période du 1er février 2018 au 31 juillet 2019. Par un courrier du même-jour, cet organisme l'informait qu'il envisageait de prononcer à son encontre une pénalité administrative d'un montant de 3 870 euros. Par un recours administratif en date du 22 octobre 2021, adressé à la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, Mme A B a contesté le bien-fondé de ces indus. Cette demande a été rejetée par une décision implicite de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.
Sur la compétence :
2. Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I. Peuvent faire l'objet d'un avertissement ou d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : 1° L'inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations faites pour le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; 2° L'absence de déclaration d'un changement dans la situation justifiant le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; () La mesure prononcée est motivée et peut être contestée devant le tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. () ".
3. La pénalité administrative prononcée en application des dispositions précitées de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale relève de la compétence du tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. Par suite, les conclusions présentées par Mme B tendant à l'annulation du courrier du 8 septembre 2021 relatif au prononcé d'une pénalité administrative doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
En ce qui concerne l'indu de prime d'activité :
4. Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1.() ".
5. L'institution, par les dispositions de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale d'un recours administratif préalable à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente, pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge. Il en résulte que Mme A B doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la commission de recours amiable sur sa réclamation préalable formée contre la décision du 8 septembre 2021 mettant à sa charge les indus de prime d'activité précités.
6. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
7. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer () ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources () prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; () 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu ". Aux termes de l'article R. 844-2 du code de la sécurité sociale alors applicable : " Ont le caractère de revenus de remplacement en application du 2° de l'article L. 842-4 du code de la sécurité sociale :1° Les avantages de vieillesse ou d'invalidité relevant d'un régime obligatoire législatif ou conventionnel () ". Aux termes de l'article D. 843-3 du même code " La fraction des revenus professionnels mentionnée au 1° de l'article L. 842-3 est égale à 61 % ". Il résulte de ces dispositions que le montant de la prime d'activité est égal à la différence entre, d'une part, un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté de 61 % des revenus professionnels des membres du foyer, d'autre part, les ressources du foyer. Une pension de retraite ne présente pas le caractère d'un revenu professionnel au sens de ces dispositions.
8. Aux termes de l'article D.712-13 du code de la sécurité sociale " Les fonctionnaires peuvent, sur leur demande, être reconnus en état d'invalidité temporaire s'ils sont atteints d'une invalidité réduisant au moins des deux tiers leur capacité de travail, sans pouvoir reprendre immédiatement leurs fonctions ni être mis ou admis à la retraite ". Il résulte de ces dispositions que l'allocation d'invalidité temporaire est une prestation versée à la place du traitement en cas d'invalidité temporaire d'un fonctionnaire qui est dans l'incapacité de reprendre ses fonctions et n'a plus droit à congés maladie et n'a pas droit à être mis en retraite pour invalidité.
9. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que l'allocation d'invalidité temporaire prévue à l'article D. 712-13 du code de la sécurité sociale ne figure pas au nombre des revenus professionnels, ou qui en tiennent lieu au sens et pour l'application des dispositions des articles L. 842-4 et L.842-8 du code de la sécurité sociale pour le calcul de la prime d'activité, mais constitue un avantage d'invalidité au sens du 1° de l'article R. 844-2 du code de la sécurité sociale ayant le caractère de revenu de remplacement en application du 2° de l'article L. 842-4 du code de la sécurité sociale.
10. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête du 26 février 2021, que les indus en litige mis à la charge de Mme B résultent de l'absence de déclaration d'une pension alimentaire d'un montant mensuel de 360 euros, de l'absence de déclaration de la totalité de ses salaires et de la déclaration de sa pension d'invalidité en tant que salaires. Mme B, qui prétend ignorer les motifs ayant conduit à la mise à sa charge des indus en litige, ne conteste pas la perception d'une pension alimentaire et se borne à soutenir que ses revenus n'ont pas évolué pour être constitués d'un demi-traitement. Toutefois, il résulte de l'attestation de son employeur qu'elle a perçu un demi-traitement dans le cadre d'un congé longue durée du 30 octobre 2017 au 20 octobre 2019, puis du 20 novembre 2019 au 31 décembre 2019 dans le cadre d'une disponibilité pour maladie et est en invalidité depuis le mois de janvier 2020. Il résulte également du rapport d'enquête que l'intéressée n'a pas déclaré son activité de micro-entrepreneure et les ressources en découlant. Par suite, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône était fondée à prendre en compte la pension alimentaire perçue, rectifier la prise en compte des sommes perçues au titre de sa pension d'invalidité et à réintégrer des traitements non déclarés aux ressources perçues par Mme A B pour déterminer ses droits à prime d'activité.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir, que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par Mme A B doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761 du code de justice administrative :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de quelque personne que ce soit, le versement de la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme B tendant à l'annulation du courrier du 8 septembre 2021 relatif au prononcé d'une pénalité administrative sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié Mme A B et à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
La magistrate désignée,
Signé
A. MenasseyreLe greffier,
Signé
I. Abed
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026