jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2202034 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | AMAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 7 mars et 4 juillet 2022 ainsi que le 22 février 2024, M. B A, représenté par Me Amar, demande au tribunal :
1°) de condamner la société des eaux de Marseille métropole à lui verser la somme de 122 063,33 euros, en réparation du préjudice financier subi du fait des inondations survenues en juin 2011 au rez-de-chaussée de l'immeuble dont il est propriétaire au 22 rue Spinelly à Marseille (13003), ainsi que les intérêts au taux légal, dans un délai d'un mois, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
2°) de condamner la société des eaux de Marseille métropole à lui verser la somme de 60 000 euros, en réparation du préjudice moral subi du fait de ces mêmes inondations, dans un délai d'un mois, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) homologuer le rapport d'expertise du 27 janvier 2016 ;
4°) de mettre à la charge de la société des eaux de Marseille métropole la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la juridiction administrative est compétente dès lors qu'il est tiers au compteur d'eau, ouvrage public en amont duquel une fuite d'eau est survenue ;
- son action n'est pas prescrite ;
- la responsabilité de la société des eaux de Marseille métropole est engagée à son égard ; il est un tiers à l'ouvrage et le dommage présente un caractère accidentel ;
- son préjudice financier s'élève aux sommes de 24 127,92 euros au titre des travaux de reprise, 2 659,20 euros au titre des frais de déménagement des locataires, 88 900 euros au titre des pertes de loyer, ainsi que 3 527,45 euros de frais d'expertises et 2 849,06 euros au titre des dépens ;
- son préjudice moral doit être réparé par l'allocation d'une somme de 60 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 1er juin 2022 ainsi que les 18 mars et 27 mai 2024, la société des eaux de Marseille métropole, représentée par Me Tramoni-Boronad, conclut à titre principal à sa mise hors de cause, à titre subsidiaire à ce que la commune de Marseille soit condamnée à la relever et garantir de toute condamnation, à titre infiniment subsidiaire à ce que le montant de la condamnation soit ramené à de plus justes proportions, et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de tout succombant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- sa responsabilité n'est pas engagée dès lors que le branchement et les robinets du compteur qui pourraient être à l'origine des désordres se situent dans le jardin municipal situé à proximité de l'immeuble en cause ;
- les branchements et ouvrages en cause appartenant à la commune de Marseille, cette collectivité doit être condamnée à la relever et garantir de toute condamnation qui serait prononcée à son encontre ; son action contre la commune de Marseille n'est pas prescrite ;
- les préjudices allégués résultent, pour partie, de l'inaction du requérant lui-même et toute éventuelle condamnation doit être ramenée à de plus justes proportions.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 avril 2024, la commune de Marseille, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de l'appel en cause et en garantie formé par la société des eaux de Marseille métropole à son égard.
Elle soutient que :
- l'action indemnitaire à son égard est prescrite ;
- sa responsabilité n'est pas engagée dès lors que la fuite se situe avant compteur ;
- sa responsabilité ne peut être engagée en qualité de gestionnaire de la voirie, compétence transférée à la communauté urbaine Marseille Provence métropole depuis le 31 décembre 2000 puis à la métropole d'Aix-Marseille-Provence depuis le 31 décembre 2015.
L'instruction a été close en dernier lieu le 2 juillet 2024 par une ordonnance du même jour prise en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Niquet,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- et les observations de Me Amar, pour M. A, ainsi que celles de Me Tramoni-Boronad, pour la société des eaux de Marseille métropole.
Considérant ce qui suit :
1. Propriétaire d'un immeuble d'habitation situé 22 rue Spinelly à Marseille (13003), M. A demande au tribunal de condamner la société des eaux de Marseille métropole à lui verser les sommes de 122 063,63 euros et 60 000 euros en réparation de ses préjudices financier et moral résultant des désordres dus à l'humidité, survenus au rez-de-chaussée de cet immeuble depuis 2012.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le principe de responsabilité :
2. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.
3. Si les ouvrages d'adduction en eau potable constituent des ouvrages publics, quand bien même ils sont implantés dans un immeuble privé, ils n'ont cette qualité que jusqu'au branchement qui amène l'eau aux immeubles des particuliers, c'est-à-dire jusqu'au compteur.
4. Il résulte de l'instruction, éclairée en particulier par le rapport d'expertise judiciaire du 27 février 2016, que le rez-de-chaussée de l'immeuble situé au 22 rue Spinelly à Marseille a fait l'objet, en janvier 2012, d'un dégât des eaux, qui a occasionné de l'humidité persistante dans le sol et sur toute la hauteur des murs de l'appartement de ce rez-de-chaussée. Il résulte par ailleurs de ce rapport d'expertise que cette humidité est due à des fuites survenues sur le réseau d'adduction d'eau d'arrosage du " jardin Spinelly ", jardin public jouxtant l'immeuble en cause, en amont du compteur du système d'arrosage public communal. La société des eaux de Marseille métropole soutient que les désordres constatés dans l'appartement en cause ne sont dus qu'à des remontées capillaires, ainsi que cela résulte du rapport d'expertise du 3 avril 2013 de Cunningham Lindsey, cabinet mandaté par la compagnie Axa, assureur de cet immeuble. Toutefois, alors qu'un expert mandaté par M. A a considéré, dans un rapport du 2 janvier 2014, que " les résurgences d'eau proviennent d'une fuite qui a été constatée sur le réseau d'adduction d'eau de l'arrosage automatique situé dans le jardin municipal ", l'expert désigné par le tribunal judiciaire de Marseille a relevé, en réponse au dire de la compagnie Axa, que " les problèmes de capillarité () contribuaient aux désordres constatés, en aggravant l'état des murs, mais () n'étaient pas à l'origine du désordre qui () est dû au compteur fuyard ", et que " l'origine du sinistre principal est une fuite en amont du compteur du système d'arrosage public communal appartenant à la société des eaux de Marseille métropole, compteur qui a été remplacé par cette dernière en juillet 2012 ". Par ailleurs, l'expert judiciaire a également considéré que les désordres constatés l'ont été sur toute la hauteur du mur alors que les remontées capillaires ne peuvent concerner que les parties basses, jusqu'à un mètre maximum. Dans ces conditions, les désordres ont pour origine la fuite constatée en amont du compteur d'adduction d'eau d'arrosage du jardin public municipal dénommé " jardin Spinelly ", sur la partie de réseau dont a la garde la société des eaux de Marseille métropole. Par suite, seule la responsabilité de cette société en sa qualité de maître de l'ouvrage peut être recherchée.
5. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité de la société des eaux de Marseille métropole est engagée du fait des désordres constatés au rez-de-chaussée de l'immeuble de M. A.
En ce qui concerne les préjudices :
6. En premier lieu, M. A demande la condamnation de la société des eaux de Marseille métropole à lui verser la somme de 24 127,92 euros au titre des travaux à effectuer dans l'appartement en cause. Pour porter sa demande à ce montant, M. A considère que la somme de 12 600 euros chiffrée par l'expert, correspondant aux travaux de reprise de l'appartement après réactualisation " compte tenu de l'aggravation constatée des désordres ", est insuffisante, dès lors qu'elle devrait tenir compte de l'aggravation de la vétusté du fait de l'absence de réalisation des travaux, et de l'inflation. Toutefois, si M. A fait valoir que l'absence de réalisation des travaux depuis 2013 résulte de l'inertie de son propre assureur, cette circonstance est sans lien avec l'origine des désordres résultant du dysfonctionnement de l'ouvrage public en cause. Par ailleurs, en appliquant une hausse de 1 280,88 euros par an entre la période de 2015 à 2024, le requérant n'établit pas davantage la part qu'il impute à la hausse des prix ni ne justifie ses demandes. En outre, si l'expert judiciaire a considéré que l'aggravation des désordres entre la date de l'établissement du devis de l'entreprise ACR travaux en 2012, à hauteur de 8 757,35 euros hors taxe, et celle du rapport d'expertise le 27 février 2016, justifiait l'augmentation du montant de travaux à 10 500 euros HT soit 12 600 euros TTC, il résulte de l'instruction, éclairée en particulier par le rapport d'expertise judiciaire que l'aggravation des désordres dans l'appartement en cause résulte, pour partie, de l'absence d'entretien et de chauffage depuis le départ des locataires fin juin 2012. Dans ces conditions, et alors que l'entretien et le chauffage du logement incombaientt au propriétaire du bien, M. A n'établit pas le lien de causalité entre l'aggravation du dommage et l'humidité occasionnée par la fuite du compteur d'adduction d'eau d'arrosage du jardin public Spinelly. Par suite, la société des eaux de Marseille métropole doit seulement être condamnée à verser la somme de 9 633,10 euros correspondant au montant de 8 757,35 euros retenu par l'expert pour la réparation des dommages auquel est ajouté le montant de la taxe sur la valeur ajoutée à 10%.
7. En deuxième lieu, M. A établit avoir réglé, avec son ex-épouse, les frais de déménagement et de relogement des locataires de l'appartement insalubre du rez-de-chaussée du 22 rue Spinelly à Marseille, par deux factures acquittées de 1 459,20 euros et 1 200 euros correspondant aux frais de prise de bail et de déménagement de ces locataires. Ce déménagement résultant directement de l'humidité persistante dans le logement, du fait de la fuite du compteur d'eau dans le jardin Spinelly jouxtant l'immeuble, la société des eaux de Marseille métropole doit être condamnée à verser la somme réclamée de 2 659,20 euros à M. A.
8. En troisième lieu, M. A sollicite le versement de la somme de 88 900 euros au titre de la perte des loyers depuis le mois de juillet 2012, date de déménagement des locataires. Toutefois, d'une part, si l'expert judiciaire a relevé qu'" il n'a pas été possible d'entreprendre les travaux avant la fin de l'année 2013 et ce, à cause de l'humidité support ", M. A ne justifie l'inexécution des travaux de réhabilitation depuis cette date qu'en raison de l'absence d'indemnisation du sinistre par son assureur, au demeurant contre lequel l'action indemnitaire devant le juge judiciaire a été rejetée, celui-ci considérant dans un jugement du 21 septembre 2020 que M. A et sa conjointe avaient connaissance des désordres préalablement à la souscription du contrat d'assurance, l'affectant d'une nullité relative pour absence de cause. Dès lors, le requérant n'établit pas, pour la période postérieure à décembre 2013, le lien de causalité entre les fuites émanant de l'ouvrage public constitué par le compteur d'eau ayant fui dès 2011 et le préjudice qu'il estime avoir subi. D'autre part, pour la période comprise entre juillet 2012 et décembre 2013, ainsi qu'il a été dit au point 7, l'absence d'entretien et de chauffage du bien par son propriétaire a contribué à sa dégradation. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation des circonstances de l'espèce en mettant à la charge de la société des eaux de Marseille métropole les trois-quarts des conséquences dommageables des fuites affectant l'ouvrage public en litige au titre de la perte des loyers pour la période de juillet 2012, date de départ des locataires à décembre 2013, période à partir de laquelle les travaux pouvaient être réalisés. Par suite, la société des eaux de Marseille métropole doit seulement être condamnée à verser à M. A la somme de 8300 euros correspondant au loyer mensuel de 615 euros tel stipulé dans le bail du 17 février 2009 conclu avec le locataire de l'appartement sis au rez-de-chaussée de l'immeuble en cause, pendant la période de juillet 2012 à décembre 2013, soit dix-huit mois, auquel est appliqué le partage de responsabilité.
9. En quatrième lieu, M. A demande également le versement des sommes correspondant aux frais d'expertise et de procédure devant le juge judiciaire. M. A justifie avoir versé les sommes de 230 euros pour la réalisation du constat d'huissier du 30 juin 2011, 1 235,85 euros de frais de recherche de fuite, 717,60 euros d'expertise par la société Aexeco, ainsi que les frais d'expertise judiciaire taxés et liquidés à la somme de 2 450 euros par ordonnance du tribunal de grande instance de Marseille du 8 avril 2016. En revanche, M. A ne justifie pas de l'utilité pour la présente procédure des frais d'expertises du cabinet CEMI. Par ailleurs, le tribunal judiciaire, dans un jugement du 21 septembre 2020, s'est déclaré incompétent pour connaitre des demandes formulées à l'encontre de la société des eaux de Marseille métropole, a déclaré irrecevables des demandes formées à l'encontre de la ville de Marseille, non assignée à l'instance, a débouté les époux A de leur appel en garantie à l'encontre de la société AXA en l'absence d'aléa au moment de la conclusion du contrat, a rejeté toutes les autres demandes des époux A, " dont celle au titre de la résistance abusive ", et a laissé à leur charge les dépens. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à demander la condamnation de la société des eaux de Marseille métropole à lui verser le montant des dépens engagés dans cette instance. Enfin, si M. A demande le remboursement de frais d'avocat, il résulte de la facture même de ce cabinet que ces frais ont été engagés dans le cadre de l'instance l'opposant à la société Axa. Dans ces conditions, M. A est seulement fondé à demander la condamnation de la société des eaux de Marseille métropole à lui verser la somme de 4 633,45 euros.
10. En dernier lieu, alors que la défectuosité de l'ouvrage public dont la société des eaux de Marseille métropole est responsable n'a jamais été contestée et compte tenu des conclusions du rapport d'expertise judiciaire déposé le 27 février 2016 imputant à titre principal les désordres survenus dans le logement en cause à cette défectuosité, M. A est fondé à soutenir que le refus réitéré de la société des eaux de Marseille métropole de reconnaître sa responsabilité lui a causé un préjudice moral. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de l'indemnité destinée à réparer ce préjudice en la fixant à la somme de 2 000 euros.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la société des eaux de Marseille métropole doit être condamnée à verser à M. A la somme de 27 225,75 euros. Il n'y a pas lieu d'assortir cette condamnation d'une astreinte.
Sur les intérêts :
12. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1153 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.
13. En l'absence de précision apportée sur la date de la réception de sa demande indemnitaire préalable par la société des eaux de Marseille métropole, M. A a droit aux intérêts au taux légal de la somme de 27 225,75 euros à compter de la date d'enregistrement de sa requête au greffe du tribunal, le 7 mars 2022.
Sur l'appel en garantie :
14. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 4 et 5, la société des eaux de Marseille métropole n'est pas fondée à demande la condamnation de la commune de Marseille à la relever et garantir de toute condamnation prononcée à son encontre.
Sur les conclusions tendant à l'homologation du rapport d'expertise :
15. Il n'appartient pas au juge administratif de prononcer l'homologation d'un rapport d'une expertise diligentée par le juge judiciaire en l'absence de tout texte le prévoyant. Par suite, les conclusions du requérant ne peuvent qu'être, en tout état de cause, rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la société des eaux de Marseille métropole tendant à leur application et dirigées contre M. A ou la commune de Marseille, qui ne sont pas parties perdantes. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de la société des eaux de Marseille métropole le versement à M. A d'une somme de 1 500 euros au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La société des eaux de Marseille métropole est condamnée à verser à M. A la somme de 27 225,75 euros (vingt-sept mille deux cent vingt-cinq euros et soixante-quinze centimes) avec intérêts au taux légal à compter du 7 mars 2022.
Article 2 : La société des eaux de Marseille métropole versera à M. A la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Marseille, et à la société des eaux de Marseille métropole.
Copie en sera adressée à M. D C, expert.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistées de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
A. Niquet
La présidente,
signé
M. Lopa Dufrénot
Le greffier,
signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026