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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2202335

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2202335

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2202335
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSELARL ABEILLE & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mars 2022, M. A C, représenté par Me Reynaud, demande au tribunal :

1°) de condamner la métropole d'Aix-Marseille-Provence au versement d'une somme de 37 890 euros en réparation du préjudice corporel qu'il estime avoir subi du fait de sa chute sur la voie publique le 7 septembre 2019 ;

2°) de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Il soutient que :

- il a chuté sur une planche de protection de chantier posée sur la chaussée, qui recouvrait une cavité où étaient réalisés des travaux de réfection des canalisations de gaz ;

- le lien de causalité entre le dommage et l'ouvrage public est démontré ;

- aucune faute ne peut lui être reprochée ;

- suite au dépôt du rapport d'expertise judiciaire le 17 décembre 2021, il est en droit de se voir allouer une indemnité de 37 890 euros correspondant à son préjudice corporel.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 mai 2022, la métropole d'Aix-Marseille Provence, représentée par Me Pontier, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que l'indemnisation soit ramenée à de plus justes proportions, et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

La procédure a régulièrement été communiquée à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et à la mutuelle Harmonie, qui n'ont pas produit d'observations.

La clôture de l'instruction a été fixée au 15 mai 2023.

Vu :

- l'ordonnance n° 2009274 du 15 février 2021 du juge des référés du tribunal administratif de Marseille, désignant le Dr B D ;

- le rapport d'expertise médicale déposé au greffe du tribunal le 17 décembre 2021 ;

- l'ordonnance n° 2009274 du 12 janvier 2022 par laquelle la vice-présidente du tribunal a taxé et liquidé les frais d'expertise ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ollivaux,

- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,

Considérant ce qui suit :

1. M. A C expose avoir chuté, le 7 septembre 2019, sur une plaque protégeant une cavité où se situait le chantier de réfection de canalisations GRDF, entre les n°s 79 et 89 du boulevard Oddo à Marseille (13 015). La métropole d'Aix-Marseille-Provence ayant implicitement rejeté la demande préalable d'indemnisation que lui avait adressée M. C par courrier du 10 janvier 2022, le requérant engage la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille Provence et demande sa condamnation à lui verser une somme de 37 890 euros en réparation de ses préjudices.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage, des dommages qu'ils ont subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, les usagers doivent démontrer devant le juge administratif, d'une part, la réalité de leur préjudice et, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur elle, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage, soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer la faute de la victime ou l'existence d'un évènement de force majeure.

3. A l'appui de sa demande d'indemnisation, Monsieur C verse à l'instance d'une part un procès-verbal d'huissier constatant la présence de trous sur la chaussée et de perturbations de la circulation, auquel sont annexées des photographies des travaux prises boulevard Oddo entre le 11 septembre 2019 et le 27 juillet 2020, d'autre part un certificat médical initial daté de deux jours après le dommage allégué, et enfin une attestation de témoin faisant état de la chute de l'intéressé, néanmoins dépourvue de précisions sur le lieu exact de l'accident et postérieure de plus de deux mois aux faits décrits. A supposer la matérialité des faits allégués établie, il résulte de l'instruction, et notamment du constat d'huissier et des photographies y afférentes, qu'au cours des travaux publics non contestés sur le boulevard Oddo, dont le n° 75 est situé à une minute à pied seulement du lieu de résidence de M. C, la métropole d'Aix-Marseille Provence démontre par l'installation même de la plaque sur laquelle le requérant expose avoir glissé, ainsi que par la barrière de signalisation longeant cette plaque, avoir procédé à l'entretien normal de la voie. Par suite, ni les circonstances exactes de réalisation du dommage, ni le lien de causalité entre le dommage et l'ouvrage public incriminé n'étant démontrés, et la preuve de l'entretien normal de l'ouvrage étant apportée par la collectivité publique, le requérant n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. C à fin d'indemnisation doivent être rejetées.

Sur la déclaration de jugement commun :

5. La caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et la mutuelle Harmonie, mises en cause, n'ont pas produit d'observations. Il y a lieu, dès lors, de leur déclarer commun le présent jugement.

Sur les dépens :

6. Les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 15 février 2021 et confiée à M. B D, taxés à la somme de 1 500 euros par ordonnance n° 2009274 de la vice-présidente du tribunal administratif du 12 janvier 2022, sont mis à la charge définitive de M. C.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du requérant tendant à leur application et dirigées contre le la métropole d'Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C la somme demandée par la métropole d'Aix-Marseille-Provence au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 500 (mille cinq cent) euros sont mis à la charge définitive de M. C.

Article 3 : Les conclusions présentées par la métropole d'Aix-Marseille Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et à la mutuelle Harmonie.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la métropole d'Aix-Marseille Provence, à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et à la mutuelle Harmonie.

Copie en sera adressée pour information à M. D, expert.

Délibéré après l'audience du 26 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Lopa Dufrénot, présidente,

Mme Niquet, première conseillère,

Mme Ollivaux, première conseillère,

Assistées de M. Giraud, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

La rapporteure,

signé

J. Ollivaux

La présidente,

signé

M. Lopa Dufrénot

Le greffier,

signé

P. Giraud

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

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